Blogue Invesco Canada

Perspectives, commentaire et expertise de placement

Juliet Ellis | 14 décembre 2018

Actions de croissance américaines : Le changement alimente la croissance

Points importants à retenir

  • Si l’histoire se répète, il est encore possible de faire preuve d’optimisme à l’égard des actions à l’approche de 2019 et jusqu’au début de 2020.
  • L’objectif principal est de repérer des entreprises qui sont en mesure de gagner des parts de marché grâce aux atouts technologiques de leur modèle de gestion ou en raison des changements perturbateurs dans le comportement des consommateurs.
  • Nous mettons en relief plusieurs domaines dans lesquels la technologie engendre des perturbations et crée de bonnes occasions.

Lorsque nous scrutons 2019, nous croyons que les actions américaines seront encore en mesure de procurer des rendements positifs, mais le ralentissement de la croissance économique pourrait entraîner un plus grand nombre d’événements baissiers – et de plus nombreux investisseurs déroutés – que durant la hausse du marché au cours des dernières années. Selon toute évidence, nous sommes entrés dans un contexte de fin de cycle. À notre avis, la voie qui se trace devant nous ne consistera pas à choisir entre les titres de croissance et ceux de valeur, ou entre les sociétés de petite capitalisation et celles de grande capitalisation. Nous croyons qu’elle consistera à repérer des entreprises qui seront en mesure de gagner des parts de marché grâce aux atouts technologiques de leur modèle de gestion ou en raison des changements dans le comportement des consommateurs, et à éviter celles qui perdront des parts de marché parce qu’elles ont été tout simplement portées à bout de bras par l’expansion de la conjoncture économique des dernières années.

Fin de cycle, mais peut-être aussi un cycle d’une plus longue durée

Même si nous sommes à la fin du cycle, les données économiques sont restées positives et il n’y a pas de signe imminent de ralentissement. Les grands titres sombres sur la conjoncture économique en 2018 ne sont pas tellement différents de ceux que nous avions constatés précédemment pendant cette hausse qui a duré neuf ans, et pourtant les actions américaines se sont appréciées de plus de 400 % depuis mars 20091. En fait, la situation économique est encore tout à fait saine et si l’histoire se répète, il est encore possible de faire preuve d’optimisme à l’égard des actions à l’approche de 2019 et jusqu’au début de 2020. Les deux grands marchés haussiers précédents (1942–1966 et 1982–2000) ont duré respectivement 24 ans et 18 ans, et ils ont procuré un rendement de plus de 1 000 % comparativement au bas que le marché avait atteint auparavant2.

Le ralentissement de la croissance et le plus gros risque que nous entrevoyons

Notre hypothèse de base veut que la croissance ralentisse au cours des 12 à 18 prochains mois. Les avantages positifs de la stimulation fiscale et de la déréglementation aux États-Unis sont contrebalancés en partie par la hausse des taux d’intérêt, l’alourdissement des coûts de la main-d’œuvre et des pressions commerciales. Bien que nous entrevoyions une décélération naturelle de la croissance, nous ne croyons pas pour autant qu’une récession est imminente.

Le plus gros risque dans cette opinion consiste en une erreur de la politique monétaire de la Réserve fédérale (la « Fed »). Nous croyons que la Fed est sur le fil du rasoir : elle met en équilibre les données économiques anticipées et l’inertie de la trajectoire de ses taux prévue avec les effets inconnus des avantages de la réforme fiscale et les conséquences décalées des hausses de taux qui se sont assez rapidement succédées. Si la Fed resserre sa politique monétaire trop vite, l’augmentation des charges financières des sociétés pourrait faire baisser leurs bénéfices et projeter l’économie éventuellement dans une récession en alourdissant considérablement le fardeau financier des entreprises et des particuliers à un moment où la croissance cyclique commence naturellement à ralentir.

L’objectif : Repérer les entreprises qui gagneront des parts de marché

Dans un tel contexte, une véritable croissance deviendra probablement encore plus rare et nous croyons, par conséquent, que le marché continuera de favoriser les entreprises qui sont en mesure de dégager des bénéfices et des taux de croissance composés, quel que soit le cycle économique. Nous croyons que le changement alimente la croissance et que le moment est bien choisi pour faire des placements dans des entreprises qui gagneront des parts de marché, parce que nous connaissons une période de grands changements et les parts de marchés varient rapidement d’une entreprise à l’autre. Les habitudes des consommateurs et les modèles de gestion sont en évolution rapide grâce à l’introduction de nouvelles technologies. Il a été historiquement rare, pratiquement du jamais vu pendant un horizon de placement normal, de saisir des changements qui sont d’envergure mondiale (par contraste à ceux qui ont une dimension régionale ou sont propres au marché). De nos jours, cependant, la technologie abolit les barrières au commerce mondial. Ces changements produisent, selon nous, des gagnants et des perdants, et ils créent un excellent contexte pour l’analyse fondamentale ascendante et la sélection des actions individuelles – la clé de voûte de notre processus de placement au sein de l’équipe responsable des actions américaines de croissance.

La technologie engendre des perturbations et crée des occasions dans plusieurs domaines, notamment dans ceux-ci :

  • Connectivité et appareils mobiles. Les appareils mobiles représentent un point d’inflexion dans la connectivité Internet; les consommateurs des marchés développés passent plus de temps en ligne, et ceux des marchés émergents commencent à avoir accès à Internet pour la première fois, ce qui par conséquent entraîne un changement de leur comportement dans ces deux types de marché. Nous estimons que plus de quatre milliards de personnes dans le monde ont accès à Internet, et nous nous attendons à ce que 1,3 milliard de plus arrivent à y avoir accès au cours des trois prochaines années3.
  • Intelligence artificielle. Rien que dans le secteur de la santé, l’intelligence artificielle a permis de réaliser des progrès comme la chirurgie robotique, les infirmiers auxiliaires virtuels, la gestion électronique de processus, la détection des fraudes et la réduction des erreurs de dosage qui pourraient permettre de réaliser des économies de coûts de 150 milliards de dollars d’ici 20264.
  • Commerce électronique. Le commerce électronique est à un point d’inflexion maintenant qu’il commence à pénétrer les plus importants secteurs verticaux du commerce que sont les produits alimentaires, les biens de consommation et l’automobile. Le commerce électronique compte actuellement pour plus de 12 % des dépenses au détail, et nous croyons que cela pourrait s’accélérer à plus de 30 % au cours des prochaines années au fur et à mesure que des catégories de biens et services supplémentaires seront offertes en ligne, y compris des produits et services alimentaires, des biens de consommation, des automobiles et pièces automobiles, des meubles, des appareils électroménagers et des articles de luxe – qui ont tous actuellement un faible taux de pénétration du commerce électronique5.
  • Musique numérique. Le secteur de la musique numérique qui était jusqu’ici un modèle de distribution individuel se transforme en modèle d’abonnement – ce qui, à notre avis, représente le moyen idéal de saisir la valeur.
    • Une proportion de 53 % des personnes de la génération Y passent plus de trois heures par jour à écouter de la musique6.
    • Les revenus des services de diffusion de musique numérique en continu ont augmenté de plus de 40 % d’une année à l’autre au cours des cinq dernières années6.
    • La diffusion de la musique numérique en continu a créé un point d’inflexion qui a permis au secteur de la musique de renouer avec la croissance après cinq années de déclin6.
  • Publicité en ligne. Les dépenses de publicité en ligne sont en train de rattraper les dépenses des médias publicitaires traditionnels, et elles pourraient continuer de croître à long terme.
    • L’utilisation des appareils mobiles et des ordinateurs personnels représente 57 % du temps que les adultes aux États-Unis consacrent aux médias7, alors que la publicité en ligne n’absorbe que 44 % des budgets de publicité8. La publicité en ligne ravit des parts de marché à la publicité traditionnelle des industries de la presse, de la radio et de la télévision.
  • Jeux vidéo. Les sociétés de jeux vidéo sont bien placées pour élargir leur part de marché et leurs marges grâce à un contenu téléchargeable plus abondant, en augmentant la puissance de traitement des graphiques mobiles et la progression du sport électronique.
    • Le marché actuel de 500 millions de consoles de jeux dynamise les revenus et les marges bénéficiaires des jeux vidéo au moyen de jeux téléchargeables et de mises à jour directement au consommateur9.
    • La puissance de traitement des fonctionnalités graphiques des téléphones intelligents vient tout juste d’atteindre le niveau précédent de production de consoles de jeux vidéo, libérant par conséquent des années de contenu des librairies de jeux vidéo à un marché potentiel de plus de trois milliards de téléphones intelligents9.
  • Génomique. Le coût de séquençage du génome humain a considérablement diminué, de 100 millions de dollars en 2001 à 1 000 dollars en 2017, ouvrant la voie à un diagnostic général et rapide et au traitement des maladies10.

Autres blogues de Juliet Ellis

Actions de croissance américaines : Le changement alimente la croissance
14 décembre 2018

S'abonner au blogue

Abonnez-vous pour être informé sur la publication de : *


Voulez-vous vous abonner an anglais?

Abonnez-vous pour recevoir des courriels d’Invesco Canada Ltée au sujet de ce blogue. Pour vous désabonner, veuillez nous envoyer un courriel à blog@invesco.ca ou communiquez avec nous.

1 Source : Bloomberg L.P., en se fondant sur le rendement cumulatif de l’indice S&P 500 au 30 septembre 2018.
2 Source : Bloomberg L.P., en se fondant sur le rendement cumulatif de l’indice S&P 500.
3 Source : Invesco, ITU, Bank of America, au 31 décembre 2017.
4 Source : Accenture, au 30 avril 2017.
5 Source : Bank of America, au 9 janvier 2018.
6 Source : Edison Research, International Federation of the Phonographic Industry, au 30 mai 2018.
7 Source : eMarketer, Invesco, au 30 avril 2018.
8 Source : eMarketer, MoffetNathanson Research, au 30 janvier 2018.
9 Source : Apple, Microsoft, Invesco, au 20 septembre 2018.
10 Source : National Institutes of Health, National Human Genome Research Institute Genome Sequencing Program, au 25 avril 2018.

Ce contenu est fourni à titre de renseignement seulement et ne constitue pas une recommandation d'une stratégie ou d'un produit de placement pour un investisseur donné. Les épargnants devraient toujours consulter leur conseiller financier avant de prendre des décisions de placement. Les opinions exprimées ci-dessus sont celles des auteurs; elles sont fondées sur la conjoncture actuelle et peuvent changer sans préavis. Ces opinions peuvent différer de celles des autres spécialistes des placements d’Invesco. Rien ne garantit que ces perpectives se réaliseront. Toutes les données au 31 octobre 2018 à moins d'indication contraire. Tous les chiffres sont en dollars américains à moins d’indication contraire.

Tous les placements comportent des risques. Le rendement antérieur n’est pas garant des résultats futurs. Il est impossible d’investir dans un indice. La diversification ne garantit pas un profit et n’élimine pas le risque de perte. Invesco ne fournit pas des conseils fiscaux.

Le cycle économique est la fluctuation naturelle de l’économie entre périodes d’expansion (croissance) et de contraction (récession).
De nombreux produits et services offerts dans les industries liées à la technologie sont exposés à une obsolescence rapide, ce qui peut affaiblir la valeur des émetteurs.
En règle générale, le cours des actions fluctue, parfois même considérablement, en réaction aux activités de la société émettrice, ainsi qu’à la conjoncture des marchés en général, à la situation économique et au climat politique.

Les actions des sociétés en croissance ont tendance à être plus sensibles aux variations de gains et peuvent être plus volatiles.

Le rendement en dividendes est le montant des dividendes versés au cours de l'année précédente divisé par le cours de l'action de la société.

Le ratio cours/bénéfices mesure l’évaluation d’une action en divisant le cours de l’action par les bénéfices par action.