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Kristina Hooper | 12 mars 2018

Cinq événements qui pourraient propulser les marchés

Les marchés ont encore une fois vécu des émotions fortes la semaine dernière. Le taux de rendement des bons du Trésor américain à 10 ans a augmenté à 2,95 % – du jamais vu en quatre ans – mais a diminué à la fin de la semaine.1 Les actions ont également vacillé, surtout en réaction aux fluctuations des taux des bons du Trésor. Les marchés semblent instables et prompts à réagir aux actualités quotidiennes, tant négativement que positivement. Ci-dessous, je vais aborder cinq événements qui pourraient agir comme catalyseurs aptes à influencer les marchés.

Voici cinq événements à surveiller au cours des prochaines semaines :

1) Le témoignage « Humphrey-Hawkins ». Jerome Powell va faire ses débuts comme président de la Réserve fédérale américaine (Fed) en présentant son témoignage semestriel « Humphrey-Hawkins » devant le Congrès. Il va s’adresser à la Chambre des représentants le 28 février et au Sénat le 1er mars. Comme d’habitude, la Fed a publié son rapport sur la politique monétaire avant son témoignage. Même si sa publication est passée plutôt inaperçue, il constitue une mine d’information sur plusieurs sujets spéciaux qui nous donnent une idée des grandes préoccupations de la Fed :

  • Évaluer la gravité de la pénurie de main-d’œuvre
  • Comprendre pourquoi le taux d’inflation est faible dans les économies avancées
  • Examiner de près les règles de politique monétaire

Ces sujets vont probablement être abordés dans le témoignage de M. Powell ou lors de la période de questions qui suivra, compte tenu de l’attention portée par les marchés à l’inflation et à la politique monétaire de la Fed. Tous ces sujets sont importants vu qu’ils ont des retombées sur les décisions prises par la Fed.

2) Poursuite des négociations sur le Brexit. La première ministre du Royaume-Uni, Theresa May, s’est réunie avec son cabinet la semaine dernière afin de s’entendre à l’interne sur les modalités des négociations sur le Brexit avec l’Union européenne (UE). Cette réunion était nécessaire parce que Mme May est censée rencontrer le président du Conseil européen, Donald Tusk, cette semaine. La première ministre se trouve entre l’arbre et l’écorce; elle est accablée par les attentes irréalistes de la majorité des citoyens du Royaume-Uni quant aux modalités qu’elle devrait défendre pour le Brexit et elle fait face à l’insatisfaction généralisée au sein du Royaume-Uni et même de son propre parti en ce qui a trait aux négociations avec l’UE, qui a clairement le gros bout du bâton. Mme May tente apparemment une proposition « de type cafétéria » et prêche en faveur d’un accord commercial similaire à l’accord actuel « de type à la carte », sans avoir à s’acquitter de toutes les obligations additionnelles qui font que les citoyens britanniques ne sont pas intéressés à faire partie de l’UE.

Les négociations semblent vouées à l’échec puisque M.Tusk, comme on pouvait s’y attendre, a déclaré récemment que la position du Royaume-Uni « est purement illusoire » et que le Royaume-Uni ne peut pas « avoir le beurre et l’argent du beurre ». M. Tusk s’est fait clairement comprendre la semaine dernière; il a expliqué que : « dès le tout début, c’était un principe clé de l’UE-27 qu’il n’y aurait pas de dispositions particulières pour un pays ou un autre et que ce serait à prendre ou à laisser… C’est un principe clé et il va le demeurer, je n’en ai aucun doute. » Nous allons suivre de près les négociations, d’autant plus que le Brexit est censé survenir d’ici environ un an; en fait, les négociations ne sont pas aussi avancées que prévu. La lenteur des négociations et le temps qui file à toute allure laissent entendre que la croissance économique pourrait se détériorer encore plus, car l’incertitude en matière de politique économique mène habituellement à une baisse des dépenses des sociétés.

3) La Chine joue du coude. L’automne dernier, j’ai écrit que le président chinois Xi Jinping était en voie de consolider son pouvoir, ce qui pourrait prolonger son mandat. Cette initiative a porté ses fruits puisqu’on a annoncé au cours de la fin de semaine que la Chine entend éliminer la durée maximale d’un mandat à la présidence. C’est un moment charnière pour la Chine qui suggère que M. Jinping détiendra encore plus de pouvoir à l’avenir. La semaine dernière, on a également assisté à la prise de contrôle d’une compagnie d’assurance par le gouvernement chinois et son fondateur a été accusé de crimes de nature économique. Même si beaucoup d’oracles croient que cela démontre la volonté de la Chine de contenir l’endettement des sociétés, c’est aussi un signe du pouvoir croissant de M. Jinping. Si ce dernier exerce un plus grand pouvoir dans son pays, il pourra sans aucun doute démontrer une plus grande force dans ses relations étrangères, y compris en matière de commerce. Je m’attends à ce que la Chine réagisse désormais plus énergiquement aux menaces accrues de protectionnisme de la part de ses partenaires commerciaux, dont les États-Unis.

4) Rapport sur l’emploi aux États-Unis. Ce vendredi, ce sera la parution du rapport du mois de février sur le marché de l’emploi aux États-Unis. Le point clé à surveiller est le salaire horaire moyen; à mon avis, c’est le paramètre LE plus important à examiner. Rappelons que le salaire horaire moyen était étonnamment élevé dans le rapport sur l’emploi du mois dernier – 2,9 % sur douze mois – et que cela a fait craindre une remontée de l’inflation, une augmentation des taux des bons du Trésor et, en règle générale, le début d’une période de forte volatilité des marchés qui n’est pas encore terminée.

5) Les élections générales en Italie. Les élections auront lieu la fin de semaine prochaine, le 4 mars. L’issue est incertaine compte tenu qu’un moratoire a été imposé sur les sondages à la mi-février et qu’il demeure en vigueur pendant les élections. De plus, lorsque les sondages étaient encore permis au début du mois, ils faisaient état d’environ 30 % d’électeurs italiens indécis.2 Nous allons surveiller de très près ces élections, pour deux raisons : 1) les difficultés auxquelles l’Italie pourrait faire face au moment de former un gouvernement de coalition (n’oubliez pas qu’il a fallu beaucoup de temps à l’Allemagne pour y parvenir à l’issue des élections en septembre) et 2) la possibilité que le nouveau gouvernement soit encore plus anti-UE, ce qui pourrait être problématique pour les tentatives du président français Emmanuel Macron de réformer et d’améliorer l’UE, y compris d’atteindre une plus grande unité fiscale (M. Macron éprouve déjà de la difficulté à mettre en place des réformes dans son propre pays).

Éléments à retenir

En résumé, après des années de tranquillité et de calme relatif sur les marchés, la volatilité des actions et des obligations semble bien installée. Je considère cela comme une longue période de transition en attendant que les marchés reviennent à la normale en réaction à la normalisation de la politique monétaire des banques centrales.

Essentiellement, la semaine dernière a corroboré encore une fois qu’on assiste bel et bien au « marché de chihuahuas » dont j’ai parlé il y a deux semaines. Au lieu d’un marché haussier qui fait grimper encore plus les actions, c’est un marché qui fait pas mal de bruit, bondit et retombe, tourne en rond et colle aux talons des investisseurs. À mon avis, il ne faut pas avoir peur de ce marché (pas plus que des chihuahuas), mais certains investisseurs devront peut-être ajuster leur méthode en conséquence. Cela pourrait inclure une plus grande diversification, des placements alternatifs et des stratégies d’actions axées sur des titres aux évaluations attrayantes et aux antécédents de faible volatilité.

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1 Source : Bloomberg, L.P.
2 Source : Reuters, « Uncertainty reigns in final polls ahead of Italy election », 16 février 2018

Renseignements importants

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Habituellement, les placements alternatifs comprennent plus de placements non traditionnels et emploient des stratégies de négociation plus complexes, y compris les opérations de couverture et l’effet de levier au moyen de produits dérivés, les ventes à découvert et des stratégies opportunistes qui évoluent au gré des conditions du marché. Les épargnants qui envisagent les produits alternatifs doivent se renseigner sur leurs caractéristiques uniques et sur les risques additionnels auxquels les stratégies utilisées les exposent. À l’instar de tous les placements, leur rendement va fluctuer. Vous pouvez perdre de l’argent.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de Kristina Hooper au 26 février 2018. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas le rendement. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de ces estimations.

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