Blogue Invesco Canada

Perspectives, commentaire et expertise de placement

Kristina Hooper | 9 mai 2017

Survol des marchés : Qu’est-ce que la France et le secteur des soins de santé aux États-Unis nous réservent?

La semaine dernière, bon nombre d’évènements et de publications de données ont fait la manchette. En effet, la Chambre des représentants américaine a adopté dans un vote serré l’American Health Care Act (AHCA), les chiffres sur l’emploi d’avril aux États-Unis ont surpassé les attentes et le candidat centriste Emmanuel Macron a remporté l’élection présidentielle en France.

Bien que ces événements aient répondu à certaines questions importantes qui inquiétaient les participants du marché, il existe toujours des incertitudes à lever.

L’accent sur les soins de santé retarde la progression de la réforme fiscale et du plan sur l’infrastructure

L’adoption de l’AHCA par la Chambre des représentants a une signification importante pour les investisseurs. La leçon à retenir est que le président Donald Trump a priorisé la réforme des soins de santé au détriment d’autres éléments législatifs à l’ordre du jour qui pourraient stimuler l’économie de façon importante. En d’autres mots, les réductions d’impôt ont été mises en veilleuse et les dépenses en infrastructure se retrouvent au bas de la liste des priorités.

Le projet de loi se retrouve maintenant entre les mains du Sénat et une rumeur veut que ce dernier le jette à la corbeille et recommence à partir de zéro. Bien qu’il s’agisse du domaine de compétence du Sénat, une telle action ralentirait le processus. Supposons que le Sénat décide de travailler sur le projet de loi sans le modifier complètement, cela nécessiterait tout de même un certain temps. (Nous n’avons pas encore reçu d’estimation de la part du bureau budgétaire du Congrès sur les coûts potentiels et les effets de couverture du projet de loi de la Chambre des représentants, mais cela pourrait jouer un rôle dans les modifications du Sénat). Le projet de loi sur les soins de santé ne sera donc pas adopté par la Chambre des représentants et le Sénat avant la fin juillet au plus tôt.

Ensuite, l’attention se tournera sur le budget de 2018. Les présidents de la Chambre des représentants et du Comité du budget du Sénat ont affirmé qu’ils ne publieront pas le budget 2018 avant l’adoption du projet de loin sur les soins de santé. La réforme fiscale devrait donc être repoussée à l’automne 2017, et le projet de loi devrait être adopté au premier trimestre de 2018 au plus tôt. Dans le meilleur des cas, le plan sur l’infrastructure sera mis en place plus tard en 2018.

Cette situation est malheureuse puisque la réforme fiscale et le plan sur l’infrastructure peuvent potentiellement avoir une incidence positive sur l’économie, tandis que le débat et les négociations sur les soins de santé ont le potentiel d’épuiser le capital politique de l’administration Trump et de polariser les différentes factions du Congrès. Bref, un long retard pourrait avoir une incidence négative sur le marché boursier étant donné que le cours des actions reflète une mise en œuvre presque parfaite du projet de loi.

Les chiffres solides sur l’emploi augmentent les chances d’une hausse des taux d’intérêt en juin

Le ministère du travail américain a publié la semaine dernière son rapport sur la situation de l’emploi en avril, celui-ci indiquant une amélioration considérable par rapport au mois de mars. Le taux de chômage officiel (appelé U3) a chuté à 4,4 %, soit un creux de 10 ans. Une autre mesure plus large du chômage (appelée U6), qui comprend les personnes ayant un lien ténu avec la main-d’œuvre et celles n’étant pas en mesure de se trouver un emploi à temps plein pour des raisons économiques, s’est également améliorée grandement.

Les forts chiffres sur l’emploi ont fait augmenter les chances que la Réserve fédérale américaine (Fed) hausse les taux d’intérêt lors de sa réunion de juin. La semaine dernière, l’outil Fed Watch de CME, qui se base sur les données des fonds fédéraux, estimait à 67,5 % la probabilité d’une hausse des taux d’intérêt en juin. Cependant, cette probabilité est passée à 83,1 % depuis la publication des chiffres sur l’emploi. Bien que cette hausse de juin ne soit pas encore officielle et que nous obtiendrons certainement plus de perspectives sur l’opinion de la Fed lorsque le procès-verbal du Federal Open Market Committee sera publié plus tard en mai, ce scénario est le plus probable. Selon moi, les actions auront une réaction légèrement positive à une hausse des taux d’intérêt en juin, particulièrement si elle est prévisible et considérée comme un vote de confiance pour l’économie américaine.

De nombreuses questions en suspens pour le nouveau président français

En France, Émmanuel Macron a remporté la présidentielle face à sa rivale Marine Le Pen, connue pour ses positions anti-européennes. Au lendemain de l’élection, le soulagement s’est fait ressentir sur les marchés financiers, compte tenu du danger qu’une victoire de Le Pen aurait représenté pour l’Union européenne. Dans son discours de défaite, Mme Le Pen a reconnu que les électeurs français avaient « voté pour la continuité » et c’est sans doute ce thème qui continuera d’animer la France dans les prochaines années.

Cependant, malgré la continuité de la France au sein de l’Union européenne, il n’en demeure pas moins que l’avenir réserve beaucoup d’incertitudes au pays. À la tête d’un mouvement politique qu’il a fondé il y a tout juste un an, le nouveau président Macron doit maintenant créer une coalition au Parlement qui appuiera son programme législatif. Sa priorité est donc de s’assurer un nombre suffisant de suffrages lors des élections législatives prévues pour le mois prochain. La bonne nouvelle est que son projet est favorable aux entreprises, ce qui devrait donner un bon coup de pouce à la croissance économique. Ses premiers chantiers seront notamment la réforme du droit du travail et la mise en place de réformes au niveau de l’Union européenne. Et la France a besoin d’être stimulée puisque la croissance du premier trimestre 2017 s’est tout juste hissée à 0,3 %1.

L’enjeu est de taille : si M. Macron n’est pas en mesure de mettre en œuvre son programme d’action, il donnera des points à sa puissante adversaire de l’opposition qui ne manquera pas de faire état de ses échecs pour les utiliser contre lui lors des prochaines élections. De même, s’il ne parvient pas à relancer la machine économique, il risque de voir augmenter le nombre d’électeurs prêts à soutenir les extrêmes et à voter contre la « continuité ».

Leçons pour les épargnants

Pour résumer, bon nombre des événements de la semaine dernière étaient soit attendus, soit bienvenus – parfois les deux. Il n’est donc guère surprenant que l’indice S&P 500 et l’indice EURO STOXX 50 aient clôturé la semaine en hausse, et que le VIX, qui mesure la volatilité, ait reculé. Toutefois, n’oublions pas qu’il y a à peine quelques semaines, le VIX était à un niveau bien plus élevé – et il pourrait très bien repartir à la hausse en cas de nouveaux risques géopolitiques.

S'abonner au blogue

Abonnez-vous pour être informé sur la publication de : *


Voulez-vous vous abonner an anglais?

Abonnez-vous pour recevoir des courriels d’Invesco Canada Ltée au sujet de ce blogue. Pour vous désabonner, veuillez nous envoyer un courriel à blog@invesco.ca ou communiquez avec nous.

1 Source : FactSet Research Systems Inc.

Tous les placements comportent des risques, y compris le risque de perte.

L’outil CME FedWatch Tool analyse la probabilité d’une modification des taux par la Fed à l’avenir, à l’aide des prix des contrats à terme sur le taux des fonds fédéraux à 30 jours. Les contrats à terme sur fonds fédéraux sont des contrats financiers qui représentent l’opinion du marché quant à la valeur des taux des fonds fédéraux à un moment donné dans le futur.

L’indice EURO STOXX 50® mesure le rendement des actions de premier ordre de la zone euro.

L’indice S&P 500®est un indice non géré considéré comme représentatif du marché boursier américain.

L’indice CBOE Volatility Index® (VIX®) est une mesure clé des prévisions du marché vis-à-vis de la volatilité à court terme basées sur les prix des options sur l’indice S&P 500. VIX est le symbole boursier de l’indice Chicago Board Options Exchange (CBOE) Volatility Index, qui reflète les attentes du marché à l’égard de la volatilité pour les 30 prochains jours.

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *