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Kristina Hooper | 8 septembre 2017

Examen du marché : Dix éléments à surveiller en septembre

Le mois d’août est habituellement une période de relâche. Par contre, le mois de septembre marque la fin des vacances et le dur retour à la réalité pour les investisseurs et les politiciens. Voici un résumé des dix éléments à surveiller ce mois-ci.

1. Corée du Nord. Le risque géopolitique a augmenté; les essais de missiles se multiplient et la tension monte entre la Corée du Nord et les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud. Le rendement des obligations d’État japonaises à 10 ans est tombé en deçà de zéro la semaine dernière, alors que les investisseurs dans la région se sont tournés vers des valeurs refuges. Au moment où j’ai écrit cet article, le 5 septembre, le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans était à son plus bas de l’année.1La Corée du Nord a annoncé récemment qu’elle est désormais en mesure d’installer une bombe à hydrogène sur un missile balistique intercontinental et qu’elle s’empresse de développer d’autres armements nucléaires, une perspective pour le moins terrifiante pour le monde libre. La question à 64 000 $ est de savoir si les États-Unis et ses alliés parviendront à repousser la menace, comme c’est le cas depuis environ 25 ans, ou s’ils se verront forcés d’agir. Malheureusement, les alliés ne s’entendent pas tous sur la façon de réagir à cette menace nucléaire, notamment selon leur proximité géographique à la Corée du Nord. Qui plus est, l’avenir nous dira si l’accent mis par les États-Unis sur les échanges commerciaux, tant du côté de la Chine que de la Corée du Sud, se révélera être une idée de génie ou une grave erreur. Nous allons suivre de près l’évolution de ce dossier, sachant que la moindre détérioration de la situation va probablement accentuer le mouvement des capitaux vers les valeurs refuges, comme les obligations d’État japonaises, les bons du Trésor américain et l’or. À mon avis, il se peut que le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans tombe sous la barre de 2 % si la situation se détériore considérablement.

2. Négociations sur le Brexit. Le troisième volet des négociations sur le Brexit a pris fin la semaine dernière, apparemment sans grands résultats. Cela est préoccupant compte tenu du fait que le Royaume-Uni dispose de seulement 18 mois pour accomplir une longue liste de tâches ardues : 1) mener à terme les négociations, y compris le « projet de loi sur le divorce » et les relations commerciales post-Brexit, 2) obtenir l’approbation du Conseil européen, 3) obtenir l’approbation d’au moins 20 des 27 pays membres (et de 65 % de la population), et 4) soumettre l’entente au Parlement européen pour ratification.

La bonne nouvelle est que le Royaume-Uni dit vouloir intensifier les pourparlers en tenant des réunions plus qu’une semaine par mois. Espérons que cela permettra de réaliser des progrès significatifs au cours des prochains mois, ce qui apaiserait l’anxiété des investisseurs.

3. Élections générales en Allemagne. Le 24 septembre prochain, les Allemands iront aux urnes pour élire le chef de la plus grande puissance économique de la zone euro. Le parti de la chancelière Angela Merkel jouit d’une confortable avance, mais ne détient pas la majorité et doit, comme par le passé, former un gouvernement de coalition. Il pourrait s’allier à ses partenaires actuels ou, tout dépendant de l’issue des élections, former une coalition incluant le Parti démocrate libéral, parti favorable aux entreprises qui vient de renaître et qui propose un programme intéressant, alors que certaines entreprises semblent moins confiantes quant à l’avenir de l’économie. Par exemple, l’indice ZEW, qui jauge la confiance des consommateurs à l’égard de l’économie, a chuté de 19,5 % en avril à 10,0 % en août.2Je crois que ce parti, qui mise sur l’innovation technologique et sur la participation des chefs d’entreprises au processus décisionnel du gouvernement, pourrait insuffler un vent de changement et dynamiser l’Allemagne et son économie s’il obtient suffisamment de voix aux prochaines élections.

4. Plan de retrait graduel des mesures d’assouplissement quantitatif en Europe. La Banque centrale européenne (BCE) se réunira plus tard cette semaine et l’échéancier du retrait graduel de son gigantesque programme d’achat d’obligations pourrait se retrouver à l’ordre du jour. L’économie européenne continue de prendre du mieux, comme en témoigne l’indice de surprise économique de Citigroup pour la zone euro, ce qui laisse présager que le retrait graduel pourrait débuter dès le début de l’an prochain. D’ici là, l’euro va peut-être s’apprécier, surtout si les risques géopolitiques s’intensifient, puisque l’euro a toujours été considéré comme une « devise forte en temps de crise ».

5. Réformes du code du travail en France. La semaine dernière, le président français Emmanuel Macron a dévoilé son plan relativement exhaustif de réformes du code du travail. Ce plan inclut une déréglementation du licenciement des employés et un assouplissement du cadre réglementaire des entreprises de 50 employés ou plus. Dans l’ensemble, ces réformes visent à aider les entreprises et à favoriser l’embauche, car de nombreux économistes sont persuadés que les entreprises évitent le plus possible d’embaucher du personnel en France en raison de toutes les responsabilités et de toute la réglementation que cela comporte. Le plan de réformes du code du travail du président Macron a été soumis au gouvernement, qui va l’examiner et proposer des modifications. À la fin de septembre, il sera examiné par le Conseil constitutionnel français. Nous allons suivre de près l’évolution de ce dossier. On note une forte remontée de la confiance des entreprises ces derniers mois, compte tenu des progrès que le président Macron pourrait réaliser grâce à sa majorité au parlement et du fait que l’adoption de ce plan de réformes pourrait entraîner une augmentation des dépenses des entreprises.

6. Réunion de septembre de la Réserve fédérale américaine. La réunion de septembre du Federal Open Market Committee (FOMC) pourrait passer à l’histoire si le FOMC annonce la normalisation du bilan. Bien que ce ne soit pas mon scénario de référence, la normalisation du bilan risque de perturber les marchés, en particulier les marchés boursiers. Ce qui est moins certain que la normalisation du bilan est la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed) de procéder à la prochaine hausse des taux d’intérêt. La croissance économique est forte, le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) pour le deuxième trimestre (la deuxième estimation) se chiffre à 3 %3et l’indicateur GDPNow de la Banque de réserve fédérale d’Atlanta prévoit un taux de croissance de 3,2 % au troisième trimestre.4 Cependant, le rapport américain sur l’emploi du mois d’août n’a pas été à la hauteur des attentes. La croissance des emplois est forte, et on s’y attendait puisque le redressement du marché du travail est arrivé à maturité, mais la croissance des salaires demeure très faible, ce qui est surprenant, étant donné que le taux de chômage est bas. On peut s’attendre à un débat sur la croissance des salaires et l’inflation lors de la prochaine réunion de la Réserve fédérale américaine. Le plus important est sans doute que la réunion de septembre dévoile, ou du moins laisse entendre, qui sera le prochain président, ou la prochaine présidente, du conseil de la Fed.

7. Fardeau législatif du Congrès américain. Après plusieurs mois d’attente, nous sommes finalement arrivés au moment fatidique. Les membres du Congrès sont revenus en chambre cette semaine et ont énormément de pain sur la planche, y compris relever le plafond de la dette, parvenir à un consensus et approuver le budget du prochain exercice et approuver l’aide aux sinistrés de l’ouragan Harvey. Ils devront aussi trouver une solution de rechange au programme Deferred Action for Childhood Arrivals (DACA), en plus de s’attaquer à la tâche colossale de la réforme fiscale. Comme le Congrès est de plus en plus divisé, la situation risque de se corser à Washington, tandis que les législateurs tentent tant bien que mal de gérer les crises qui se succèdent.

8. Suite des négociations de l’ALENA. La deuxième ronde de négociations de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) prendra fin cette semaine et, à l’instar de la troisième ronde de négociations sur le Brexit, les négociations font du surplace. Le sénateur républicain du Nebraska, Ben Sasse, soutient que l’Administration Trump a une vision du commerce qui date du « 18e siècle ». L’ALENA est peut-être plus en péril que jamais, si l’on se fie au tweet du président Donald Trump de la semaine dernière qui disait que le Canada et le Mexique sont tous deux « très exigeants » et qu’il vaudrait mieux résilier l’accord commercial purement et simplement. Nous allons suivre de près les développements de ces négociations, compte tenu de leurs répercussions possibles sur l’économie.

9. Remaniement ministériel en Inde. Le premier ministre Narendra Modi vient tout juste d’apporter des changements majeurs à son cabinet. Le plus important est sans contredit la décision de retirer le portefeuille de la défense à Arun Jaitley, qui cumulait les fonctions de ministre de la Défense et de ministre des Finances, ce qui permettra à M. Jaitley de se consacrer entièrement à l’économie. Ces changements surviennent au lendemain de la publication du rapport annuel de la Banque de réserve de l’Inde, dans lequel on peut lire que bien que l’économie indienne ait fait preuve de résilience au cours de la dernière année, la croissance du PIB a subi les contrecoups du « ralentissement de la formation brute de capital » en raison de la « baisse de confiance des entreprises et de l’essoufflement de l’entrepreneuriat ». L’objectif premier du remaniement ministériel du premier ministre Modi est de stimuler la croissance économique et de créer des emplois. L’avenir nous dira si ces changements et les réformes de M. Modi auront une incidence positive sur l’économie.

10. Interdiction des cryptodevises en Chine. Plus tôt aujourd’hui, les autorités chinoises ont déclaré l’interdiction des levées de fonds en cryptodevises, aussi appelées offres initiales de cryptodevises ou initial coin offerings (ICOs). Certains disent que ce n’est que le début d’une vaste campagne de répression contre les cryptodevises, ce qui pourrait signifier que d’autres catégories d’actifs de valeur et « valeurs refuges », comme l’or, le dollar, l’euro et le yen pourraient devenir plus prisées. Nous allons suivre l’évolution de la situation, compte tenu des retombées qu’elle pourrait avoir sur les autres catégories d’actifs.

En ce début d’automne, on note une augmentation du risque de désorganisation des marchés, notamment en raison des risques géopolitiques, mais aussi du risque de politique monétaire. Dans ce contexte, je crois que les épargnants vont exiger encore plus de protection, sans toutefois négliger la plus-value du capital.

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1 Source : Bloomberg L.P.

2 Source : FactSet Research Systems Inc.

3 Source : US Bureau of Economic Analysis

4 Source : Banque de réserve fédérale d’Atlanta

L’indice ZEW de confiance des consommateurs à l’égard de l’économie est un sondage mensuel effectué auprès d’environ 350 analystes qui vise à mesurer la confiance des consommateurs allemands pour les six prochains mois.

Les indices de surprise économique de Citigroup, qui visent à quantifier les nouvelles économiques, sont définis comme étant une mesure de l’écart-type historique pondéré des surprises provoquées par les données; un indice de surprise économique positif sous-entend que, dans l’ensemble, les statistiques économiques ont été supérieures au consensus.

L’indicateur GDPNow cherche à prédire le taux de croissance du produit intérieur brut américain réel avant la publication des estimations officielles du gouvernement.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de Kristina Hooper au 5 septembre 2017. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas le rendement. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas de ces estimations.

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