Blogue Invesco Canada

Perspectives, commentaire et expertise de placement

Ray Uy | 3 mai 2017

Gestion des devises : Une feuille de route simple

La diversification à l’échelle mondiale est devenue monnaie courante parmi les investisseurs du monde entier. Face à cette tendance, la gestion des devises dans les portefeuilles mondiaux prendra probablement de plus en plus d’importance. Les fonds d’investissement souverains, les banques centrales et d’autres investisseurs réfléchiront sans doute aux avantages et aux difficultés que comporte la couverture du risque de change au fur et à mesure que leurs stratégies de placement prendront une orientation plus mondiale. Cependant, les avis divergent sur la façon d’évaluer les effets du risque de change et de le gérer. Les investisseurs mondiaux devraient-ils ou non adopter des stratégies visant spécifiquement à faire face au risque de change?

Il n’y a pas de réponse universelle à cette question. Au lieu de déterminer s’il faut ou non couvrir le risque de change, les investisseurs devraient prendre en compte leurs propres objectifs de placement et leurs préférences en matière de risque. Les facteurs de risque liés aux éléments du portefeuille sous-jacent doivent aussi être pris en compte lors de la formulation de la stratégie appropriée. Étant donné que les facteurs de risque diffèrent selon le type de portefeuille et qu’ils doivent être évalués par chaque investisseur, il est difficile de plaider pour ou contre la couverture du risque de change. Dans ce blogue, nous fournissons aux investisseurs une simple feuille de route pour leur servir de guide dans leur processus de prise de décisions.

Quatre questions simples

L’ensemble des options de couverture possibles auquel les investisseurs font face est relativement simple. Cependant, la décision de couvrir, ou non, le risque de change et la façon de procéder entraînent toute une foule de considérations basées sur les objectifs de placement de l’investisseur et ses préférences en matière de risque. Nous présentons une liste de quatre questions simples que les investisseurs peuvent se poser pour les aider à déterminer si la couverture du risque de change est désirable et le genre de stratégie de couverture qui pourrait leur être approprié.

La réponse aux quatre questions présentées ci-après peut aider à déterminer une stratégie appropriée de gestion des devises :

Quelle est la source et quel est le caractère du risque de change qui doit être géré?

  • Les investisseurs peuvent commencer par se demander quelle catégorie d’actif sous-jacente est vulnérable aux fluctuations des taux de change. Par exemple, le rendement des titres à revenu fixe en particulier est vulnérable à la volatilité actuelle, surtout au vu des bas taux de rendement en vigueur. D’autre part, de nombreux investisseurs qui détiennent des actions considèrent des portefeuilles non couverts contre le risque de change comme un moyen de préserver la diversification.
  • Dans quelle mesure les rentrées d’argent futures d’un placement sont-elles prévisibles? Plus les rentrées d’argent d’un portefeuille sont prévisibles, plus il est facile de couvrir le risque de change de manière efficace. Un portefeuille ordinaire de titres à revenu fixe, par exemple, peut être couvert si les dates d’échéances contractuelles sont synchronisées avec des paiements de coupon fixes. Si, toutefois, la catégorie d’actif en question produit des rentrées d’argent irrégulières, par exemple des placements immobiliers ou dans des participations privées, la couverture du risque de change ne pourrait pas être aussi simple ou exacte.

Quel est le ratio de couverture désiré?

  • Le ratio de couverture désiré (la partie du portefeuille qui est couverte par rapport au portefeuille dans son ensemble) dépendra en partie du « budget de couverture » de l’investisseur. La couverture du risque de change, tout comme la souscription d’une assurance, entraîne des coûts et ces coûts sont défalqués du rendement de placement. Les coûts de couverture du risque de change sont en grande partie déterminés par l’écart des taux d’intérêt entre la devise nationale et les devises étrangères1. Le montant qu’un investisseur est prêt à dépenser pour essayer de réduire le risque de change est son « budget de couverture ».
  • Le budget de couverture aide à déterminer le ratio de couverture préféré. Les ratios de couverture possibles vont de 0 % (pas de couverture) à 100 % (couverture intégrale). À part le coût, le niveau d’« aversion au risque » propre à l’investisseur, ou sa préférence marquée pour la certitude, est un autre facteur important qui aide à déterminer son ratio de couverture. Plus la préférence marquée pour l’incertitude est élevée, plus un investisseur sera probablement prêt à payer des frais plus élevés pour réduire le risque.

Dans le cas d’une gestion active du risque de change, quels sont les facteurs qui entraîneront probablement des modifications à la stratégie de couverture au fil du temps? Dans une stratégie passive, quels sont les facteurs qui déterminent le ratio de couverture passive?

Dans une stratégie de gestion active du risque de change, il se pourrait qu’un investisseur doive se demander quels sont les critères de modulation. Autrement dit, quels sont les critères qui déclencheront des modifications à la stratégie de couverture au fil du temps? Ces critères peuvent être grosso modo regroupés dans ces catégories :

  • Critères déterminés par des considérations d’ordre macroéconomique – Les opinions macroéconomiques peuvent déterminer la sélection des devises ou le ratio de couverture. Par exemple, les perspectives d’une devise en particulier peuvent être à la base des décisions de placement ou de couverture.
  • Critères influés par des opérations de portage – L’écart des taux d’intérêt entre la devise nationale et la devise étrangère peut déterminer les décisions relatives à la couverture du risque de change. Il se pourrait que les investisseurs cherchent à réduire au minimum l’entrave au rendement que représentent les frais de couverture.
  • Cible de volatilité – L’acceptation d’un certain niveau de volatilité peut déterminer les décisions relatives à la couverture. Prenons par exemple un portefeuille qui produit une volatilité de 10 % sur le rendement en raison des prix des actifs et de 5 % seulement en raison des devises. Si 10 % sont un niveau de volatilité tolérable, on pourrait adopter des stratégies de couverture pour éliminer les 5 % de volatilité supplémentaire que produit la fluctuation des devises. Nous croyons, cependant, qu’il est important de ne pas adopter des stratégies indifférenciées relativement aux devises. Il est, au contraire, important de prendre en considération la corrélation entre chaque devise et chaque titre sous-jacent dans le portefeuille, autrement dit la sensibilité de chaque devise aux éléments du portefeuille sous-jacent.

Un investisseur dans une stratégie passive pourrait déterminer son ratio de couverture passive en se fondant sur les trois critères susmentionnés ou purement sur ses préférences.

Quelle est la structure opérationnelle?

  • Toute stratégie de couverture du risque de change exige des tâches et des compétences en matière de gestion de trésorerie. Ces tâches et compétences comprennent entre autres des capacités en matière de règlement de comptes étrangers, l’établissement de lignes de crédit et la documentation des instruments dérivés, par exemple.

Conclusion

La couverture du risque de change n’est pas une stratégie universelle. L’appétit de l’investisseur pour le risque, les caractéristiques des catégories d’actif et les objectifs du portefeuille rentrent tous en ligne de compte dans la décision de couvrir ou non. Le choix d’une méthode active ou passive dépend par ailleurs des critères propres à chaque investisseur.

Nous avons présenté une feuille de route simple pour guider les décisions relatives à la couverture du risque de change ainsi qu’à la sélection de la méthode de base. En répondant aux quatre questions susmentionnées, les investisseurs peuvent se lancer sur la voie de déterminer la stratégie de gestion des devises la plus appropriée à leur portefeuille.

S'abonner au blogue

Abonnez-vous pour être informé sur la publication de : *


Voulez-vous vous abonner an anglais?

Abonnez-vous pour recevoir des courriels d’Invesco Canada Ltée au sujet de ce blogue. Pour vous désabonner, veuillez nous envoyer un courriel à blog@invesco.ca ou communiquez avec nous.

1 L’écart des taux d’intérêt est utilisé pour fixer le taux des contrats à terme sur devises en utilisant la notion de « parité des taux d’intérêt ». Selon cette façon de procéder, la différence entre les taux d’intérêt nationaux, pour deux devises quelconques, détermine le coût de l’exposition à la couverture du risque de change. Tout simplement, plus les taux d’intérêt nationaux de la devise à couvrir sont élevés par rapport aux taux d’intérêt de la devise de base, plus le coût de la couverture sera élevé.

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *