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Kristina Hooper | 21 juin 2018

Les banques centrales occupent l’avant-scène

Les banques centrales ont occupé l’avant-scène la semaine dernière, alors qu’un trifecta de grandes banques centrales ont tenu une réunion. Le thème était clairement que la plupart des grandes banques font au moins quelques efforts pour normaliser leur politique monétaire. Cependant, les banques centrales qui resserrent leur politique monétaire pourraient être prises au dépourvu si la situation commerciale se détériore, ce qui, à mon avis, est fort possible.

La Réserve fédérale américaine prévoit procéder à une autre hausse de taux en 2018

D’abord, la Réserve fédérale américaine (la Fed) a adopté un ton un peu plus belliciste à plusieurs égards à sa réunion de juin. Premièrement, elle a changé le libellé de son énoncé qui décrit l’activité économique pour parler de « forte croissance », plutôt que de « croissance modérée », comme c’était le cas dans l’annonce de sa réunion de mai, et la Fed prévoit désormais un taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) de 2,8 % pour 2018. De plus, la Fed a retiré son évaluation disant que « les mesures de compensation de l’inflation fondées sur le marché restent faibles ». D’ailleurs, elle a révisé à la hausse ses prévisions d’inflation pour 2018 de 1,9 à 2,1 %.

À mon avis, l’élément le plus important est que la Fed a retiré de son énoncé la prévision cruciale qui suit : « Le taux des fonds fédéraux devrait demeurer, pendant un certain temps, inférieur aux niveaux qui devraient prévaloir à long terme ». La Fed a également retiré le libellé disant qu’elle s’attend à ce que l’économie croisse à un rythme qui ne justifie que des hausses de taux « graduelles ». Ce changement de perception se reflète dans les « dot plots » révisés de la Fed, qui font désormais état d’une médiane de quatre hausses de taux prescrites en 2018 et de trois autres en 2019.

Voici ce que je retiens de la réunion de juin de l’aile de politique monétaire de la Fed, le Federal Open Market Committee (FOMC) :

  • Dans sa conférence de presse, le président du conseil de la Fed, Jerome Powell, a qualifié les données sur l’inflation d’« encourageantes », mais a ajouté qu’il est encore trop tôt pour « crier victoire ». Or, compte tenu du taux de chômage très bas et de la politique sur l’immigration très stricte, je ne vois pas comment la croissance des salaires pourrait stagner. De plus, comme les tarifs douaniers risquent d’augmenter, j’entrevois une hausse du taux d’inflation des coûts des facteurs de production. Bref, je m’attends à une hausse du taux d’inflation mais, connaissant la tolérance de la Fed en matière de dépassement des cibles d’inflation, je doute que la Fed adopte une attitude plus belliciste à ce stade-ci.
  • La Fed ne craint pas de guerre commerciale pour le moment. Dans sa conférence de presse, M. Powell dit avoir eu des échos de craintes et de préoccupations, mais cela ne se reflète pas dans les statistiques. Je pense que la Fed pourrait être prise au dépourvu si la situation tarifaire se détériore et exerce des pressions à la baisse sur l’économie. Comme une quatrième hausse de taux cette année exacerberait les pressions sur l’économie, je ne serais pas étonnée que la Fed revienne sur sa plus récente prescription de politique monétaire et ramène le nombre de hausses de taux de quatre à trois en 2018. (En passant, je crois qu’il est encore plus probable que la Banque du Canada revienne sur son récent énoncé belliciste à l’issue de sa réunion du 30 mai dernier, qui laissait planer une hausse de taux dès sa prochaine réunion qui se tiendra en juillet. On dirait que la Banque du Canada a fait fi de la menace d’une guerre tarifaire, alors qu’elle avait évoqué cette préoccupation dans ces documents antérieurs, puis qu’elle s’en est souvenue dans les semaines qui ont suivi lorsque la rhétorique sur les tarifs douaniers s’est enflammée.)
  • Je tiens à souligner qu’à compter de 2019, la Fed va commencer à donner une conférence de presse après chaque réunion du FOMC. (À l’heure actuelle, elle donne une conférence de presse après deux réunions.) À mon avis, cela devrait donner au FOMC plus de marge de manœuvre à savoir quand procéder à des annonces de hausses de taux.
  • Le principal élément que je retiens est que l’économie se dirige de plus en plus vers une courbe de taux inversée. Au 14 juin, l’écart de taux entre les bons du Trésor américain à 2 ans et les bons du Trésor américain à 10 ans était de seulement 35 points de base, soit le plus faible écart en plusieurs années.1 Cela pourrait forcer la Fed à se pencher sur la normalisation du bilan et à accélérer la cadence, à la lumière des craintes entourant l’inversion de la courbe de taux abordées dans le procès-verbal de la réunion de mai du FOMC.

La Banque centrale européenne entend retirer graduellement ses mesures d’assouplissement quantitatif

La Banque centrale européenne (BCE) s’est également réunie la semaine dernière et a adopté un ton un peu plus belliciste, malgré le ralentissement de l’économie et l’instabilité en Italie au premier trimestre. La BCE a annoncé son intention de resserrer sa politique monétaire dès l’an prochain : elle va maintenir ses achats d’actifs à 30 milliards € jusqu’en septembre, après quoi elle va les réduire à 15 milliards € jusqu’en décembre. La BCE a annoncé le retrait des mesures d’assouplissement quantitatif (AQ) à la fin de 2018, mais le gel des taux d’intérêt au moins jusqu’à l’été prochain.

Le problème est que, contrairement à l’économie américaine, l’économie de la zone euro ne semble pas s’être redressée après le ralentissement du premier trimestre. Puis, il y a l’instabilité provoquée par le nouveau gouvernement italien, notamment en raison des craintes persistantes du fait que l’Italie pourrait tenter de quitter l’Union européenne.

Qui plus est, l’Union européenne est aux prises avec la situation précaire de la chancelière allemande Angela Merkel en lien avec un différend national en matière de politique d’immigration; le gouvernement de coalition qui a pris environ six mois à constituer risque d’être renversé, ce qui pourrait chasser la chancelière du pouvoir. Je ne crois pas que cela va se produire, mais cette situation illustre bien la fragilité de certains gouvernements des pays membres de l’UE.

Je m’attendais à ce que la BCE dévoile un plan de retrait graduel sans toutefois fixer une date butoir, comme lors de sa première annonce de retrait graduel des mesures d’AQ. Or, il semble que le président de la BCE, Mario Draghi, ait été contraint de céder aux pressions des faucons du Conseil des gouverneurs de la BCE. Heureusement, il est parvenu à préserver deux petites échappatoires, en l’occurrence que ce plan est conditionnel aux « données confirmant les perspectives d’inflation à moyen terme du Conseil des gouverneurs » et que la BCE pourra reprendre les achats d’actifs en tout temps, si nécessaire.

Voici ce que je retiens de la réunion de la BCE :

  • Beaucoup d’observateurs voient la décision de la BCE comme un penchant en faveur d’une politique monétaire accommodante, car elle donne l’assurance que les taux n’augmenteront pas au moins jusqu’à l’été Or, je persiste à croire que les mesures d’AQ sont l’outil de politique monétaire de loin le plus puissant, alors fixer une date butoir constitue, selon moi, une position belliciste, compte tenu de la conjoncture macroéconomique et géopolitique qui prévaut. Je suis rassurée de voir que la BCE se réserve le droit de redémarrer le programme d’AQ au besoin, mais je soupçonne qu’il faudra une situation extraordinaire pour pouvoir le ramener.
  • Sur une note positive, M. Draghi a laissé entendre que la normalisation du bilan ne débutera pas de sitôt et a expliqué que les actifs de la BCE seront réinvestis « pendant une période prolongée et aussi longtemps que nécessaire». Je pense que cette déclaration joue un rôle important pour freiner la hausse des taux à plus long terme et endiguer le stress systémique, qui pourrait s’accentuer si les factions anti-européennes au sein de l’UE gagnaient des appuis.
  • Je suis préoccupée par le risque d’erreur de politique monétaire, d’autant plus que M. Draghi a lui-même admis qu’on observe une « augmentation indéniable de l’incertitude ». Je crois que le risque d’erreur demeure relativement faible, mais je m’attends à ce qu’il augmente à mesure que nous allons approcher de la fin du mandat de M. Draghi en octobre

La Banque du Japon maintient une politique accommodante

Enfin, la Banque du Japon s’est elle aussi réunie la semaine dernière mais, contrairement à la Fed et à la BCE, elle a penché en faveur de la détente monétaire en maintenant sa politique ultra-accommodante et a révisé à la baisse ses prévisions d’inflation. À l’instar des États-Unis et de la zone euro, le Japon a connu un ralentissement au premier trimestre. Bien que les statistiques indiquent que l’économie américaine s’est fortement redressée au deuxième trimestre, comme je l’ai mentionné plus tôt, cela ne s’est pas produit en Europe (le Royaume-Uni en particulier subit un ralentissement marqué) ni dans certaines régions de l’Asie. Je crois que la Chine traverse une période de léger ralentissement et que cela aura des répercussions sur d’autres pays asiatiques et des marchés émergents. Cela étant dit, je suis persuadée que l’économie japonaise va reprendre du poil de la bête au deuxième trimestre, après un premier trimestre très décevant.

Ce que je retiens de la décision de la Banque du Japon est qu’elle va probablement accuser un certain retard sur la Fed et la BCE en ce qui concerne le retrait des mesures de relance monétaire adoptées lors de la crise financière, bien qu’elle ait mis en place ses mesures de relance longtemps avant la BCE. Et, cela n’a rien d’étonnant; à mon avis, la Banque du Japon n’a pas d’autre choix que de maintenir une politique monétaire ultra-accommodante, car sa dette est tellement énorme qu’elle aurait du mal à la rembourser si les coûts d’emprunt augmentaient.

Des préoccupations émergent quant aux retombées des politiques commerciales

Le thème qui revient souvent depuis plusieurs semaines est que la plupart des banques centrales ont amorcé la normalisation de leur politique monétaire. Les États-Unis ont évidemment été le premier pays à agir en ce sens, puisqu’il a commencé à normaliser sa politique monétaire en décembre 2015 et qu’il a fait un grand pas en avant à la réunion de juin de la Fed. La BCE lui a emboîté le pas en annonçant la fin du retrait graduel des mesures de relance et la Banque du Canada semble elle aussi sur le point de procéder à un resserrement, si l’on se fie à l’énoncé de sa réunion d’il y a quelques semaines.

Dernièrement, la seule banque centrale qui s’est braquée et a maintenu sa politique monétaire ultra-accommodante est la Banque du Japon. Cela sous-entend qu’à court terme, le dollar américain va probablement s’apprécier par rapport aux devises des marchés émergents, poursuivant la tendance observée depuis plusieurs semaines. À court terme, je m’attends aussi à ce que le dollar s’apprécie par rapport à l’euro et, dans une moindre mesure, par rapport au yen. Je crois que le yen va bénéficier d’énormément de soutien parce qu’il demeure la « devise refuge » de prédilection de l’Asie dans une conjoncture où le commerce constitue une crainte grandissante.

Qui plus est, je crains que les banques centrales qui resserrent leur politique monétaire soient prises au dépourvu si la situation commerciale se détériore, ce qui, à mon avis, est fort possible. Pas plus tard que la semaine dernière, un rapport du Fonds monétaire international (FMI) émettait la mise en garde suivante concernant les menaces tarifaires : « Ces mesures […] sont susceptibles d’éloigner le monde d’un système commercial ouvert, équitable et fondé sur des règles et d’avoir des retombées négatives tant sur les États-Unis que sur ses partenaires commerciaux. » Christine Lagarde, directrice générale du FMI, a renchéri en disant que : « Les nuages à l’horizon… s’assombrissent de jour en jour. Le nuage le plus gros et le plus sombre que nous voyons est la détérioration de la confiance provoquée par (la) tentative de contester la façon de faire du commerce… » Ces déclarations ont été appuyées par une évaluation du président de la Réserve fédérale de New York, William Dudley, rendue publique le dernier jour de son mandat, qui fait état des craintes de beaucoup d’économistes et de stratèges et qui se lit comme suit : « Je crains que la politique commerciale évolue vers des barrières tarifaires plus élevées et que la politique d’immigration réduise considérablement l’immigration aux États-Unis et, par le fait même, la capacité de production de l’économie. »

Les marchés commencent déjà à escompter ces tarifs douaniers et les prix des marchandises ont chuté. De même, nous avons assisté à un repli des cours de nombreux titres des secteurs de l’agriculture, de l’industrie et des matériaux qui seront touchés par les récents tarifs douaniers annoncés par les États-Unis et la Chine. De plus, les sociétés américaines à petite capitalisation ont surclassé les autres catégories de titres cette année2, autant de signes que les marchés prennent la montée du protectionnisme au sérieux.

Par conséquent, même si je crois que les marchés boursiers mondiaux vont poursuivre leur tendance à la hausse et que nous allons assister à une remontée de l’économie dans certains pays au deuxième trimestre, j’ai l’impression que l’élan va en diminuant. À mon avis, les épargnants devraient se préparer à une plus forte volatilité et à une probabilité accrue d’une chute généralisée des cours boursiers dans les prochains mois. Je pense que les épargnants devraient rester vigilants et miser sur la diversification (et parler à leur conseiller des avantages de diversifier leur portefeuille en investissant dans des sociétés à petite capitalisation et des placements alternatifs).

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1 Source : Réserve fédérale de St. Louis, Department of Economic Research.
2 Source : FactSet Research Systems. L’indice S&P Small Cap 600 a devancé l’indice S&P 500 en inscrivant un gain cumulatif annuel de 8,17 % contre 2,02 % au 31 mai 2018.

Renseignements importants

Tous les placements comportent des risques, y compris le risque de perte.

Habituellement, les placements alternatifs comprennent plus de placements non traditionnels et emploient des stratégies de négociation plus complexes, y compris les opérations de couverture et l’effet de levier au moyen de produits dérivés, les ventes à découvert et des stratégies opportunistes qui évoluent au gré des conditions du marché. Les épargnants qui envisagent les produits alternatifs doivent se renseigner sur leurs caractéristiques uniques et sur les risques additionnels auxquels les stratégies utilisées les exposent. À l’instar de tous les placements, leur rendement va fluctuer. Vous pouvez perdre de l’argent.

Les actions de sociétés à petite capitalisation sont habituellement plus vulnérables aux événements défavorables, peuvent être plus volatiles et illiquides ou faire l’objet de restrictions à la revente. Les actions des sociétés à plus petite capitalisation recèlent un potentiel de plus forte croissance, mais peuvent être plus volatiles que celles des sociétés à plus forte capitalisation, particulièrement à court terme.

Les « dot plots » de la Réserve fédérale désignent un graphique que la banque centrale utilise pour illustrer ses perspectives de la trajectoire des taux d’intérêt.

L’assouplissement quantitatif (AQ) est une politique monétaire utilisée par les banques centrales pour relancer l’économie lorsque la politique monétaire normale s’avère inefficace.

Le produit intérieur brut est un indicateur généralisé de l’activité économique d’une région qui mesure la valeur monétaire de tous les biens et services produits dans cette région au cours d’une période donnée.

Une courbe de taux inversée fait référence à une situation où, à cote de solvabilité égale, les obligations à court terme ont un rendement supérieur à celui des obligations à long terme. Lorsque la courbe de taux est normale, les obligations à long terme procurent un rendement plus élevé.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de Kristina Hooper au 18 juin 2018. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas le rendement. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de ces estimations.

Ceci n’est pas une recommandation d’une quelconque stratégie ou d’un produit de placement pour un épargnant en particulier. Les épargnants devraient toujours consulter leur conseiller financier avant de prendre des décisions de placement. Invesco n’offre pas de conseils fiscaux. Les renseignements fiscaux contenus aux présentes sont généraux et non exhaustifs. Les lois fiscales fédérales et d’État sont complexes et changent constamment. Les épargnants devraient toujours consulter un conseiller juridique ou un fiscaliste concernant leur propre situation. Les opinions exprimées ci-dessus sont celles des auteurs; elles sont fondées sur la conjoncture actuelle et peuvent changer sans préavis. Ces opinions peuvent différer de celles d’autres spécialistes en placement d’Invesco.

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