Blogue Invesco Canada

Perspectives, commentaire et expertise de placement

Christopher Doll | 6 juin 2017

Les placements factoriels peuvent-ils contribuer à éviter les biais comportementaux des investisseurs?

La science du comportement moderne a révolutionné des secteurs diversifiés comme la médecine, la politique gouvernementale et la gestion sportive. Selon moi, elle a le potentiel de faire de même pour la finance comme on a pu l’observer avec les FNB factoriels à bêta intelligent.

La plupart des FNB disponibles sur le marché à l’heure actuelle reproduisent des indices pondérés en fonction de la capitalisation boursière. Ces FNB sélectionnent et pondèrent les actions en fonction de l’attitude de l’ensemble du marché.

Comme les investisseurs qui dictent les cours du marché peuvent faire preuve de biais comportementaux, il en va de même pour les FNB qui reproduisent le marché.

Étant donné que nous pouvons maintenant reconnaître la faillibilité des décisions des investisseurs, il faut maintenant déterminer comment y remédier. Les études effectuées par les universités et les sociétés de placement au cours de nombreuses années ont trouvé une façon de résoudre les biais comportementaux : les placements factoriels. Dans ce blogue, je vais examiner des exemples de biais cognitifs et émotionnels en finance et expliquer comment les éviter.

Mauvais comportements des investisseurs

La science du comportement a découvert différents types de bais cognitifs et comportementaux. Il s’agit de distorsions dans le raisonnement et d’erreurs dans les prises de décisions qui ont tendance à toucher les investisseurs à différents moments. Voici des exemples de biais qui peuvent influencer les investisseurs :

L’excès de confiance des investisseurs fait en sorte qu’ils accordent trop d’importance à leur propre jugement au sujet d’événements futurs, et ignorent les renseignements allant contre leur opinion. De façon similaire, le biais de confirmation pousse les investisseurs à rechercher des données qui renforcent leur croyance et à ignorer les renseignements contradictoires.

Le biais de la disponibilité en mémoire représente la tendance à accorder plus d’importance aux renseignements récents, sans suffisamment tenir compte des antécédents à long terme.

La préférence pour les loteries fait en sorte que les investisseurs sont prêts à prendre un certain nombre de risque s’il existe une chance de gains importants, même si les chances de gagner sont pratiquement nulles.

L’aversion aux pertes est la tendance à accorder plus d’importance à une perte qu’à un gain équivalent, ce qui fait en sorte que les investisseurs peuvent ignorer de façon irrationnelle des actions ou des régions ayant subi des couvertures médiatiques négatives.

La mentalité de troupeau constitue la tendance des investisseurs à reproduire les actions d’un groupe plus important, peu importe la rationalité du comportement. Ce phénomène peut être particulièrement dangereux lorsque les marchés s’emportent (bulle des technologies) ou lorsque la panique se répand (crise financière).

Les placements factoriels peuvent-ils surmonter ces biais comportementaux?

Les placements factoriels peuvent-ils surmonter les biais comportementaux connus? Penchons-nous sur des facteurs spécifiques qui sont présentement à la portée des épargnants de FNB sur le marché et la façon dont ils peuvent contribuer à défaire les tendances enracinées des investisseurs.

Le facteur à faible volatilité

Les analyses du succès relatif des stratégies à faible volatilité ont mis l’accent sur deux des biais mentionnés précédemment : la préférence pour les loteries et l’excès de confiance. L’excès de confiance est simple à comprendre, alors penchons-nous sur le concept des loteries. Voici comment Craig Lazzara, responsable mondial de la stratégie d’investissement indiciel à S&P Dow Jones Indices, a décrit précédemment ce biais dans un blogue :

« L’avantage potentiel tiré de l’achat d’un billet de loterie est négatif. En conséquence, aucun être rationnel ne devrait jouer à la loterie et logiquement toute activité basée sur un tirage au sort devrait être vouée à l’échec, partout dans le monde. Or, comme nous le savons, des milliards de dollars sont dépensés chaque année en billets de loterie. La science économique classique n’a aucune explication pour ce phénomène, mais les économistes comportementaux estiment que certaines personnes acceptent de risquer un montant donné en contrepartie de la possibilité, même extrêmement faible, de gagner une somme d’argent colossale.
Si nous appliquons cet enseignement aux marchés financiers, quel serait l’équivalent d’un billet de loterie? Probablement une action à relativement forte volatilité dont le prix est assez faible, mais qui pourrait être le prochain Apple ou Google. »

Craig résume bien ce biais et explique pourquoi les gens achètent plus de 200 milliards de dollars en billets de loterie chaque année. Ce même comportement peut également se rapporter aux actions populaires suivies par les spéculateurs.

Les stratégies à faible volatilité visent le contraire : faire croître le patrimoine de façon régulière en évitant les actions qui attirent les mouvements spéculatifs et en mettant l’accent sur les actions moins volatiles. En évitant ces actions populaires qui sont propices aux excès de confiance et au désir naturel de « réaliser des gains importants », les stratégies à faible volatilité visent à générer des rendements plus constants. Enfin, de meilleures évaluations et une volatilité réduite peuvent donner lieu à des rendements plus élevés. Les placements à faible volatilité tentent d’éviter les secteurs éprouvant des difficultés importantes. Le processus d’analyse trimestrielle permet d’éviter le pire des marchés baissiers touchant un secteur en particulier. Par exemple, le graphique ci-dessous démontre de quelle façon l’indice S&P/TSX Low Volatility a obtenu des rendements supérieurs puisque les actions énergétiques ne faisaient pas partie de l’indice entre l’été 2014 été la fin d’année 2015.

Source : Bloomberg L.P., au 31 décembre 2015.
Le graphique a été choisi à des fins d’illustration seulement et ne vise pas à prodiguer un conseil de placement spécifique. Il est impossible d’investir directement dans un indice.

Le facteur dividende

Au fil du temps, les actions versant des dividendes ont tendance à surclasser celles qui n’en versent pas, tout en affichant moins de volatilité. De plus, les sociétés ayant des antécédents en matière de croissance des dividendes au fil du temps ont tendance à surclasser celles qui maintiennent des dividendes constantes, celles qui n’en versent pas et particulièrement celles qui diminuent leurs dividendes ou qui les éliminent. Ce graphique démontre la différence en matière de ratio risque/rendement au cours des 40 dernières années.

Source : Ned Davis Research, Inc., du 31 janvier 1972 au 31 décembre 2015.
À des fins d’illustration seulement.
Ce graphique illustre le rendement historique annualisé des actions comprises dans l’indice S&P 500, regroupées en fonction de leurs politiques de dividendes. Les rendements ne reflètent pas les frais, les dépenses et les impôts. Les rendements des actions qui ont versé des dividendes supposent le réinvestissement de tous les revenus.

Il est impossible d’investir directement dans un indice. Le rendement passé ne garantit pas le rendement futur.
Les placements factoriels à bêta intelligent permettent aux épargnants de mettre l’accent sur les sociétés qui versent des dividendes et qui les augmentent au fil du temps. En termes de comportement, cela contribue à réduire les effets des biais comme la disponibilité en mémoire, la mentalité de troupeau et l’aversion aux pertes. Voici comment :

Disponibilité en mémoire : Les investisseurs peuvent réagir trop fortement aux dernières nouvelles et les actions peuvent ainsi devenir surévaluées ou sous-évaluées. En mettant l’accent sur les sociétés ayant de longs antécédents de croissance des dividendes, les investisseurs peuvent ignorer les distractions à court terme et les divulgations des bénéfices.

Mentalité de troupeau : En mettant l’accent sur la croissance des dividendes, les épargnants peuvent réduire leur désir naturel de suivre le troupeau qui investit dans des « gagnants » ou des « perdants » avec une certitude indûe.

L’aversion aux pertes : Comme dans le cas de la mentalité de troupeau, une stratégie factorielle basée sur des règles peut aider les épargnants à maintenir le cap et à éviter la tendance à laisser la peur contrôler les décisions.

Combinaison de faible volatilité et de facteurs de dividendes

Maintenant que nous avons défini de quelle façon ces deux facteurs peuvent contribuer à réduire le risque associé aux biais comportementaux, examinons les avantages potentiels de combiner les deux éléments.

Les placements factoriels basés sur le bêta intelligent constituent une méthode basée sur des règles provenant de la recherche universitaire. Pour les stratégies axées sur les dividendes, il est important de tirer profit du taux de rendement des dividendes et de la croissance, mais il faut également minimiser le risque. Bon nombre de stratégies de dividende mettant uniquement l’accent sur le taux de rendement peuvent involontairement investir dans des sociétés dont l’action est en baisse, causant ainsi une hausse insoutenable du taux de rendement des dividendes. Le problème avec cette méthode est que certaines sociétés ont un taux de rendement de dividende élevé pour une raison. C’est pourquoi il est essentiel d’évaluer le risque de ces sociétés afin d’éviter les « pièges du rendement1 ».

La combinaison de la faible volatilité et des facteurs de dividendes peut contribuer à résoudre ce problème. Le graphique ci-dessous démontre de quelle façon l’indice S&P 500 Low Volatility High Dividend est construit.

Source : Invesco Canada et S&P Dow Jones Indices.
Le graphique a été choisi à des fins d’illustration seulement et ne vise pas à prodiguer un conseil de placement spécifique. Il est impossible d’investir directement dans un indice.

Cette combinaison a prouvé qu’elle réduisait le risque lié à la volatilité. Par exemple, en juillet 2015, les 25 sociétés ne faisant pas partie de l’indice S&P 500 Low Volatility High Dividend en raison de leur volatilité ont chuté d’environ 20 % avant la fin de l’année, tandis que les titres faisant partie de l’indice ont grimpé de plus de 3 %2.

Dernières réflexions

Comme dans les autres secteurs de recherche, la compréhension des biais comportementaux nous permet d’éviter certaines des erreurs de raisonnement importantes. Dans certains cas, on peut même en tirer profit. Il est important de noter que ces facteurs ont tendance à être cycliques et à aller de pair avec le cycle des entreprises. C’est pourquoi une méthode diversifiée doit être mise en place par l’épargnant et son conseiller financier.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous.

Pour obtenir des détails sur les FNB discutés dans ce blogue :

PowerShares S&P 500 High Dividend Low Volatility Index ETF (UHD)

PowerShares S&P Global ex. Canada High Dividend Low Volatility Index ETF (GHD)

PowerShares S&P/TSX Composite Low Volatility Index ETF (TLV)

Pour obtenir plus de renseignements, communiquez avec votre représentant des ventes Invesco ou visitez le site www.powershares.ca.

S'abonner au blogue

Abonnez-vous pour être informé sur la publication de : *


Voulez-vous vous abonner an anglais?

Abonnez-vous pour recevoir des courriels d’Invesco Canada Ltée au sujet de ce blogue. Pour vous désabonner, veuillez nous envoyer un courriel à blog@invesco.ca ou communiquez avec nous.

1 Le « piège » des dividendes ou du rendement fait référence à une société qui offre un taux de rendement des dividendes élevé et non viable. Ce type de société peut faire face à des défis fondamentaux ou financiers qui pourraient pousser sa direction à réduire ou à éliminer les versements de dividendes à l’avenir.

2 Source : S&P Dow Jones Indices et Bloomberg L.P., du 31 juillet 2015 au 31 juillet 2016.

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *