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Arnab Das & Sean Connery | 13 juin 2017

Les résultats surprenants de l’élection au Royaume-Uni donneront-ils lieu à un Brexit plus en douceur?

Un an après le référendum sur le Brexit et deux ans après le référendum sur l’indépendance de l’Écosse, les électeurs du Royaume-Uni ont encore une fois surpris le pays et les marchés compte tenu des résultats surprenants de l’élection qui sont allés à l’encontre de pratiquement tous les sondages. En effet, au lieu de la majorité renforcée du Parti conservateur désirée par la première ministre Theresa May, l’élection générale du 8 juin s’est terminée par un parlement sans majorité.

Les résultats de l’élection indiquent que le pays fait face à beaucoup d’incertitudes en général et particulièrement en ce qui a trait à la négociation de la sortie de l’Union européenne (UE). De plus, la situation macroéconomique et les rendements boursiers sont également incertains. Cela étant dit, Invesco Fixed Income estime que ce choc politique devrait toucher davantage la livre sterling et les obligations d’État du Royaume-Uni (gilts) plutôt de que déclencher un choc financier mondial, et finalement transitoire, comme ce fut le cas lors du référendum sur le Brexit il y a un an.

Toutefois, à long terme, nous croyons que le Royaume-Uni constitue une occasion considérable pour les investisseurs de titres à revenu fixe mondiaux de compenser les tendances macroéconomiques générales dans le reste des marchés développés, une fois l’incertitude actuelle résolue. À court terme, le paysage politique continuera d’être instable et on observera probablement des pressions à la baisse sur la croissance déjà faible au Royaume-Uni en raison de l’incertitude accrue concernant la gouvernance du Royaume-Uni et de la gestion du Brexit en particulier.

À court terme, nous croyons que ces défis devraient maintenir la livre sterling et les taux de rendement des gilts à un faible niveau. En nous distançant des événements et en utilisant des perspectives à long terme, nous croyons que les taux de rendement des gilts comptent sur un potentiel de croissance considérable.

Forte participation des jeunes électeurs

Les résultats surprenants de l’élection générale au Royaume-Uni ont été causés en partie par une forte participation et un grand activisme des jeunes électeurs britanniques par rapport au référendum sur le Brexit. Le risque de la fragmentation du Royaume-Uni a également diminué, la baisse de popularité du Scottish National Party suggérant que le mouvement indépendantiste en Écosse a baissé depuis le référendum de 2014, malgré les efforts du premier ministre Nicola Sturgeon de lier politiquement l’indépendance de l’Écosse à l’appartenance à l’UE.

De ce fait, nous croyons que l’élection poussera le Royaume-Uni au centre, plutôt qu’aux extrêmes, du populisme et du nationalisme qui ont gagné en popularité au cours de la campagne du référendum sur le Brexit. Le Brexit sera donc probablement plus nuancé, ou même retardé ou éliminé entièrement.

Nous pensons qu’il s’agit d’un scénario central, malgré le désir de la première ministre May de ne pas changer sa position sur le Brexit en dépit du résultat de l’élection. Même si la première ministre May et le ministre du Brexit David Davis, parmi d’autres conservateurs importants, ont assimilé l’élection éclair à un référendum sur la préférence conservatrice du Brexit « dur » (le retrait complet de l’UE), Mme May indique probablement qu’elle ne changera rien à sa stratégie sur le Brexit pour des raisons politiques locales et européennes :

  1. Rassembler le Parti conservateur faisant face à des différences d’opinion entre ceux préférant un Brexit en douceur et ceux favorisant un Brexit dur, avant le prochain vote de confiance.
  2. Indiquer qu’elle tentera de conclure un marché au meilleur des intérêts du pays et qu’elle émergera de l’élection et du vote de confiance avec un agenda inchangé sur le Brexit au lieu d’être influencée par les vents politiques.

Bien que notre vision centrale d’un Brexit en douceur (une sortie partielle de l’UE) ait été renforcée par les résultats surprenants de l’élection, nous croyons également que le risque de perte a également augmenté. Le temps presse pour le Brexit et sa date limite de mars 2019. De ce fait, le risque d’une perturbation liée à une sortie de l’UE sans accord a augmenté compte tenu que l’instabilité politique locale pourrait retarder le progrès. Le Royaume-Uni pourrait mettre le processus du Brexit en veilleuse, ce qui devrait nécessiter l’approbation de l’UE. De plus, ce processus pourrait également faire face à une forte opposition du Parti conservateur, particulièrement les membres en faveur d’un Brexit dur.

La première ministre May cherche à former un gouvernement minoritaire

Les options de la première ministre sont de former une coalition avec différents partis ou de faire partie d’un gouvernement minoritaire formé par le chef du parti le plus important, assujetti à un vote de confiance du Parlement. La première ministre May cherche actuellement à former un gouvernement minoritaire avec l’appui du Parti unioniste démocratique d’Irlande du Nord (Northern Ireland Democratic Unionist Party ou DUP). Il ne s’agit donc pas d’une coalition formelle, mais Mme May pourra compter sur le soutien de ce parti sur certaines questions.

Par le passé, le Royaume-Uni a connu des gouvernements minoritaires et de coalition qui ont duré pour un mandat parlementaire complet, accomplissant même des résultats législatifs raisonnables. Cependant, le Royaume-Uni n’a pas formé de « grandes coalitions » entre différents partis comme en Allemagne par exemple. Ce manque de précédents devrait empêcher la formation d’une coalition alternative composée des autres petits partis centrés autour du parti travailliste (Labour Party).

Si le Brexit se produit, il devra se faire plus en douceur          

Le jeu de politique entourant la formation d’un nouveau gouvernement est fluide et continu. Néanmoins, on observe la formation d’un gouvernement instable et improvisé qui devrait pousser le Royaume-Uni dans une version plus douce du Brexit plutôt qu’un gouvernement fort étant en mesure de quitter l’union douanière et de marché unique avec l’UE comme continue d’indiquer la première ministre May.

Ce soutien conditionnel pour un gouvernement minoritaire suggère que la première ministre May devra négocier chaque question au lieu de pouvoir tirer profit d’un niveau général de soutien de son propre parti et de son partenaire de coalition. Les négociations sur le Brexit devraient commencer le 19 juin et la première ministre pourrait vouloir commencer aussi vite que possible puisque son parti et elle tireront profit du momentum du processus de négociation afin de recentrer l’accent actuellement placé sur le parlement, les médias et sa popularité vers le Brexit.

Mme May survivra-t-elle l’été?

Il sera certainement beaucoup plus difficile de diriger un gouvernement minoritaire ou une coalition. Les premiers ministres qui ont présidé après avoir perdu le contrôle parlementaire ont souvent fait face à des défis de leadership et à des élections précoces. Pour le moment, les membres de haut rang du Parti conservateur soutiennent la première ministre, en partie puisqu’ils craignent que d’autres problèmes de successions comme ceux qui ont suivi le Brexit pourraient accentuer l’instabilité et déclencher une autre élection dans le cadre de laquelle le parti travailliste pourrait gagner encore plus de sièges. Nous nous attendons donc à ce que le Parti conserveur se montre plus transigeant au sujet du Brexit afin de conserver son soutien, au lieu de risquer de perdre du pouvoir lors d’une autre élection qui pourrait devenir une nouvelle élection sur le Brexit et entraîner une perte des conservateurs.

Incidence sur l’économie et les politiques économiques

L’économie du Royaume-Uni a déjà montré des signes de ralentissement de la demande des consommateurs puisque les revenus réels ont été touchés par la baisse de la livre sterling et la hausse des prix d’importation. Ce processus devrait s’empirer sous l’effet du dernier choc politique, mais il existe certains points positifs.

Premièrement, nous estimons que la Banque d’Angleterre est encore moins susceptible d’éliminer les mesures d’assouplissement quantitatif et de changer la politique monétaire accommodante qu’auparavant. Cela devrait maintenir la livre sterling à un faible niveau, ce qui est positif pour le tourisme et les exportations, deux éléments qui amortissent les effets du Brexit depuis quelque temps.

On peut analyser l’élection comme un rejet de la stratégie de Brexit dure des conservateurs et peut-être également d’un rejet de l’austérité financière. Il y a une place – environ 1 % du produit intérieur brut – pour une relance budgétaire dans le budget actuel, ce que le gouvernement pourrait vouloir utiliser. Toute discussion au sujet de la politique monétaire sera encore plus suivie par les marchés qu’à l’habitude.

En outre, si les entreprises et les ménages sentent que la position sur le Brexit s’adoucit ou que celui-ci pourrait être retardé, ils pourraient gagner plus de confiance au sujet des perspectives à long terme compte tenu de la réduction des craintes d’un Brexit dur ou d’un Brexit sans accord. Cela pourrait alors stimuler les investissements et la consommation.

Nos perspectives économiques se rattachent à nos perspectives politiques : nous croyons que le Royaume-Uni sera en proie à de l’incertitude accrue à court terme, ce qui maintiendra la livre sterling et les taux de rendement des gilts à des faibles niveaux. Au fil du temps, la livre sterling pourrait enregistrer une reprise considérable sous l’effet d’un Brexit plus nuancé et reporté, donnant ainsi lieu à de meilleurs résultats économiques et à des taux de rendement des obligations supérieurs.

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