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Matt Dennis | 16 août 2017

Mi-temps : Perspective de mi-année sur le marché mondial

Dans la foulée d’une année 2016 tumultueuse, bon nombre de discussions ont porté sur les perspectives boursières pour 2017 et par la suite. En fait, le deuxième trimestre a été marqué par des rendements solides continus sur les marchés mondiaux bien que, à notre avis, les perspectives à long terme en matière de bénéfices demeurent troubles. Alors que nous entamons la deuxième moitié de l’année, l’équipe de croissance internationale et mondiale évalue la performance des actions mondiales à ce jour dans notre optique BQE (bénéfices, qualité et évaluation) pour cerner les principaux enjeux à surveiller, parallèlement aux occasions de croissance potentielle.

Solide rendement à l’échelle mondiale – accent sur la croissance plutôt que la valeur

Tout comme au premier trimestre, le deuxième trimestre a affiché un solide rendement du marché mondial, avec le rendement total de l’indice MSCI Monde tous pays inscrivant une hausse de 12 % jusqu’à la fin de juin. Les actions des marchés émergents ont été les principaux gagnants depuis le début de l’année, l’indice MSCI Marchés émergents ayant augmenté de près de 19 %, suivi de près par l’indice MSCI Europe (en hausse de 16 %), et par les indices MSCI Japon et S&P 500 (tous deux en hausse de près de 10 % en dollars) 1.

Du point de vue du style, la croissance a surpassé tant l’ensemble du marché que la valeur au deuxième trimestre, tout comme nous l’avons vu au premier trimestre. Au cours du deuxième trimestre, l’indice MSCI Monde tous pays hors É.-U. Croissance a augmenté de 7,6 % par rapport à l’indice de référence (en hausse de 4,1 %). Pendant ce temps, l’indice MSCI Monde tous pays hors É.-U. a augmenté de 5,8 % au cours du trimestre1.

Signaux contradictoires en matière de croissance des bénéfices

La plupart des principales données économiques ont entamé le deuxième trimestre essentiellement de la même manière qu’elles ont clos le premier trimestre, tendant à se raffermir, particulièrement à l’extérieur des États-Unis. Toutefois, les attentes en matière de baisse du taux d’inflation découlant principalement du faible niveau des prix du pétrole, d’un revirement marqué dans l’ensemble des données et surprises économiques positives aux États-Unis au deuxième semestre de 2016 ainsi qu’un virage clair de la politique fédérale à l’égard des taux d’intérêt se sont concrétisés par un recul relativement constant des rendements des titres du Trésor américain et par une pause dans l’accentuation de la courbe de rendement mondial entamée l’an passé. Nous avons également constaté une trêve à l’égard des révisions à la hausse des profits au cours du dernier mois.

Par conséquent, au cours du deuxième trimestre, les investisseurs ont commencé à délaisser les segments du marché pro-cycliques et axés sur la valeur (y compris les secteurs de la finance, de l’industrie et des produits de base), qui ont affiché une reprise après les creux de l’été dernier, pour se tourner vers des actions défensives à croissance stable des secteurs de la santé, des biens de consommation de base et des services aux collectivités.

Alors que les actions du secteur de la technologie ont dominé les indices de rendement dans la plupart des régions. Depuis le début de l’année, le deuxième secteur en importance au chapitre du rendement de l’indice MSCI Monde tous pays est celui de la santé, ce qui est digne de mention. Cela n’est peut-être pas surprenant étant donné la baisse des taux de rendement obligataires et du ton plus ferme récemment adopté par les principales banques centrales. Le temps nous dira si cela représente le début d’un marché de croissance plus équilibré qui favoriserait probablement notre approche BQE.

En dépit des données mixtes affichées au deuxième trimestre, nous sommes d’avis que trois indicateurs clés continuent de soutenir les attentes envers une croissance régulière des bénéfices pendant le deuxième semestre (ce qui est essentiel au soutien des évaluations absolues tendues des actions au sein de nombreux marchés) :

  1. Les données des indices des directeurs d’achats (PMI) mondiaux demeurent positives.
  2. Partout dans le monde, les politiques monétaires restent accommodantes et les conditions financières souples.
  3. La faiblesse des prix du pétrole (si elle se maintient) est stimulante pour les consommateurs et pourrait réduire les attentes en matière d’inflation non salariale (ce qui pourrait limiter les possibilités de hausse des taux de rendement obligataires et des taux d’escompte)

Évaluations BQE du deuxième trimestre

Jetons un coup d’œil sur le paysage mondial du deuxième trimestre selon une perspective BQE :

Bénéfices

Au cours du dernier mois environ, nous avons observé une certaine modération dans les révisions positives en matière de revenus et de bénéfices dans pratiquement chaque région comparativement au flux stable de hausse des prévisions du premier trimestre. Nonobstant cette récente pause, l’élan mondial en matière de bénéfices demeure près des sommets sur cinq ans, et la voie de la moindre résistance semble toujours tournée vers le haut pour la plupart des principaux indicateurs économiques et des bénéfices à l’extérieur des États-Unis (particulièrement dans la zone euro et au Japon). À l’inverse, les révisions en matière de revenus et de bénéfices sont restées en territoire négatif aux États-Unis (même de façon modeste) 2.

Tous s’entendent pour dire que la croissance de l’indice MSCI Monde tous pays s’établisse à 15 % en 2017. À la fin juin, ce taux se répartit comme suit : attentes de croissance des bénéfices de 20 % pour l’indice MSCI Marchés émergents, de 19 % pour l’indice MSCI Europe, de 14 % pour l’indice MSCI Japon, et de seulement 10 % pour l’indice S&P 5001.

Il convient de souligner la trajectoire de redressement des bénéfices dans la zone euro par rapport aux États-Unis. Les estimations des bénéfices prévisionnels aux États-Unis sont maintenant de 30 % supérieures à leur dernier sommet cyclique, alors que celles des bénéfices de la zone euro demeurent de 26 % inférieures à leur sommet précédent, avec un meilleur levier d’exploitation cumulé vers une plus grande croissance des revenus1.

Bref, les données continuent d’indiquer un meilleur potentiel des bénéfices à court terme pour les actions autres qu’américaines.

Qualité

L’effet de levier des bilans des sociétés non américaines ne semble pas excessif par rapport aux flux de trésorerie d’exploitation et à la croissance accrue des revenus. La faiblesse du dollar depuis le début de l’année a contribué à réduire les coûts pour les sociétés des marchés émergents dont les remboursements de la dette sont libellés en dollars. Les rendements sur les capitaux propres demeurent faibles à l’extérieur des États-Unis, avec des rendements moins élevés à seulement trois occasions au cours des 35 dernières années2. De manière semblable au potentiel évident des bénéfices non américains par rapport aux sommets précédents, la probabilité de rendements additionnels plus élevés sur les capitaux propres pour les investisseurs internationaux demeure forte, à notre avis, particulièrement pour l’Europe et le Japon.

Évaluation

Malgré l’amélioration des attentes en matière de revenus et de bénéfices, les évaluations absolues demeurent tendues. Les ratios cours-bénéfice ajustés en fonction du cycle ont encore été réévalués au cours des trois derniers mois dans chacune des principales régions, à l’exception de l’Amérique latine et du Canada. De nombreux indices boursiers ont clôturé le mois de juin à des niveaux égaux ou près des sommets relatifs sur 12 mois, nécessitant ainsi que les taux de rendement obligataires demeurent peu élevés et que la reprise des bénéfices se réalise.

Un argument relatif aux actions non américaines par rapport aux actions américaines ayant prévalu pendant la dernière décennie est toujours d’actualité. Toutefois, à notre avis, ce qui semble unique cette fois, est le meilleur potentiel apparent de bénéfices pour les sociétés non américaines. Les investisseurs semblent avoir aujourd’hui constaté l’ajout d’un meilleur potentiel relatif de croissance des bénéfices parallèlement à cet argument de valeur de longue date en faveur des actions internationales, compte tenu du rendement supérieur des actions internationales depuis le début de l’exercice3. Pour les investisseurs étrangers exposés à ce thème, le vent favorable découlant de devises plus fortes par rapport au dollar depuis le début de l’exercice a renforcé d’autant les rendements libellés en dollars4.

Bien que la volonté du marché de regarder au-delà des sommets en matière d’évaluation ait persisté pendant un certain temps, l’histoire nous enseigne que les paramètres fondamentaux finiront par triompher. Compte tenu de la hausse des évaluations absolues, nous sommes avis que l’investisseur le plus conscient du prix payé se retrouvera en meilleure position.

C’est ainsi que nos stratégies BQE internationales et mondiales sont harmonisées, cherchant à cerner les meilleures occasions ascendantes de croissance d’actions de grande qualité qui offrent le plus grand potentiel ajusté en fonction du risque pour les investisseurs dans des titres non américains.

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1 Source : FactSet Research Systems, MSCI, au 30 juin 2017.

2 Source : Invesco, FactSet Research Systems, Inc.

3 Depuis le début de l’année, l’indice Monde tous pays hors É.-U. a affiché un rendement de 14,10 %, contre 9,34 % pour l’indice S&P 500.

4 Source : Bloomberg L.P., au 30 juin 2017.

L’indice MSCI Monde tous pays est un indice non géré considéré comme étant représentatif des actions de société à large et à moyenne capitalisation des pays développés et émergents.

L’indice MSCI Marchés émergents est un indice non géré considéré comme étant représentatif des titres des pays en développement.

L’indice MSCI Europe ND est un indice non géré considéré comme étant représentatif des titres de pays européens développés.

L’indice MSCI Japon mesure le rendement des segments des sociétés à grande et à moyenne capitalisation du marché japonais.

L’indice MSCI Monde tous pays hors É.-U. est un indice non géré considéré comme étant représentatif des actions de sociétés à grande et à moyenne capitalisation de marchés développés et émergents excluant les É.-U.

L’indice des directeurs d’achat (PMI), un indicateur couramment cité de la santé économique des secteurs manufacturiers, est calculé par l’Institute of Supply Management.

Le bénéfice par action prévisionnel est une variante du bénéfice par action et est calculé à l’aide des bénéfices prévus d’une société au cours des 12 mois à venir divisés par le nombre d’actions en circulation.

Les flux de trésorerie d’exploitation mesurent les fonds générés par les activités d’exploitation habituelles d’une société.

Le rendement des capitaux propres (RCP) est une mesure de la rentabilité qui représente le bénéfice net en pourcentage des capitaux propres.

Le ratio cours-bénéfice (C-B) de Shiller, aussi connu sous le nom de ratio C-B ajusté en fonction du cycle, est une mesure d’évaluation calculée à l’aide du bénéfice par action sur une période de 10 ans.

Les risques liés aux placements dans des titres d’émetteurs étrangers, y compris les marchés émergents, peuvent inclure les fluctuations de change, l’instabilité économique et politique et les particularités fiscales des pays étrangers.

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