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Kristina Hooper | 9 novembre 2017

Neuf éléments à surveiller en novembre

Bien que le mois d’octobre ait la réputation de faire la vie dure aux actions, les marchés boursiers ont traversé le mois sans accroc, ni même une correction. Le mois dernier a marqué le 30e anniversaire du krach boursier de 1987, mais les investisseurs n’ont pas été effrayés par le soi-disant « effet d’octobre ». Octobre étant terminé, le moment est venu de se tourner vers les éléments à surveiller en novembre et à plus long terme.

1. Reprise mondiale

La croissance économique mondiale continue de s’améliorer. Pas plus tard que la semaine dernière, nous avons eu d’autres bonnes nouvelles concernant l’Europe. Non seulement la confiance continue de s’améliorer, mais le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro semble avoir augmenté au troisième trimestre, si l’on se fie à l’estimation préliminaire qui fait état d’une croissance de 0,7 % pour la période (ou d’un taux de croissance annualisé de 2,5 %), ce qui représente une amélioration par rapport au deuxième trimestre.1 De plus, le taux de chômage de la zone euro pour le mois de septembre a chuté à 8,9 %, ce qui est inférieur au taux de 9,9 % enregistré il y a un an.1

On note une accélération de la croissance dans d’autres régions du monde, y compris au Japon. Le maintien d’une politique monétaire accommodante (en particulier de la Réserve fédérale américaine [Fed], ce qui devrait se produire sous la gouverne de Jerome Powell, président du conseil de la Fed nommé par le président américain Donald Trump) devrait soutenir la croissance, surtout dans les marchés émergents. Nous allons porter une attention particulière à l’évolution du taux d’inflation et aux tentatives des banques centrales de le porter plus près de leurs cibles. Un bon exemple est la Banque centrale européenne, qui a décidé de ne pas fixer de date butoir pour mettre un terme aux mesures d’assouplissement quantitatif (AQ). Elle a déclaré que les mesures d’AQ allaient se poursuivre au moins jusqu’en septembre. C’est logique car, bien que l’économie de la zone euro soit en croissance, l’inflation est à la traîne : en octobre, le taux d’inflation de base a progressé de 0,9 %, ce qui est inférieur à la hausse précédente de 1,1 %.1 Cette politique monétaire plus souple devrait continuer à soutenir la croissance.

2. Croissance des salaires aux États-Unis

Le rapport d’octobre sur le marché de l’emploi aux États-Unis publié vendredi dernier par le Bureau of Labor Statistics fait état de la vigueur soutenue du marché du travail. Bien qu’inférieure aux attentes, la création de 261 000  emplois non agricoles n’en demeure pas moins impressionnante, surtout à un stade aussi avancé de la reprise du marché du travail. De plus, le nombre d’emplois non agricoles a été révisé à la hausse pour les deux mois précédents et le taux de chômage a encore diminué. La seule ombre au tableau est le ralentissement de la croissance des salaires, qui est passée de 2,8 % sur douze mois à 2,4 %. Il semble que cela n’empêchera pas la Fed de relever les taux en décembre, mais c’est un enjeu qui continue d’intriguer les dirigeants de la banque centrale américaine.

Étant donné que l’économie tourne presque à plein régime, du moins si l’on utilise le taux de chômage pour jauger le marché du travail, on s’explique difficilement pourquoi la croissance des salaires est relativement faible. La réalité est que nous avons assisté à une reprise économique très inégale et imparfaite aux États-Unis. Une forte proportion d’Américains, qui varie selon les régions et les secteurs d’activité, n’a pas réellement participé à la reprise; ils occupent un emploi, mais ils sont « sous-employés ». Je crois que c’est l’une des raisons pour lesquelles nous n’avons pas encore connu une forte croissance des salaires. Il est évident que la reprise du marché du travail demeure forte, ce qui signifie que la qualité du marché du travail devrait s’améliorer et nous allons suivre la situation de près.

3. Efforts soutenus de l’Allemagne pour former un gouvernement de coalition

La chancelière allemande, Angela Merkel, n’est toujours pas parvenue à former un gouvernement de coalition avec deux autres partis politiques, une étape cruciale compte tenu de sa maigre victoire aux élections de septembre. Les prochains jours seront déterminants pour savoir si les partis seront capables de s’entendre et de former une coalition. Vendredi dernier, Mme Merkel a précisé qu’elle était toujours confiante qu’un accord pourrait être conclu, mais les deux autres partis ne semblaient pas aussi optimistes, la direction du Parti démocrate libéral évaluant à seulement 50 % les chances qu’une coalition soit formée.2

Comme on pouvait s’y attendre, un enjeu clé sur lequel les partis ont du mal à s’entendre est l’immigration. Si Mme Merkel ne parvient pas à conclure une entente qui réunit les trois partis, l’Allemagne devra tenir d’autres élections législatives. C’est non seulement une source de distraction, mais cela pourrait avoir un effet perturbateur si le parti d’extrême droite Alternatives pour l’Allemagne remportait encore plus de sièges et qu’il devenait encore plus difficile de former une coalition.

4. Croissance économique au Canada

Le taux de croissance du PIB du Canada a stagné cet été. Il est fort probable que le taux de croissance de la deuxième moitié de l’année soit beaucoup plus bas que celui de la première moitié de l’année. Nous allons suivre attentivement les pourparlers sur l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), car si un nouvel accord n’est pas conclu, cela risque de nuire à l’économie canadienne.

5. Négociations entourant le projet de loi américain sur la réforme fiscale

La version initiale du projet de loi fiscal a été rendue publique la semaine dernière. C’est un projet de loi exhaustif qui compte près de 500 pages et dont certains éléments sont déjà mal reçus par différents groupes d’électeurs. Un groupe qui se dit insatisfait du projet de loi est celui des promoteurs immobiliers résidentiels, qui s’opposent à la réduction de la déduction accordée au titre des intérêts sur les prêts hypothécaires, qui serait ramenée de 1 million $US à 500 000 $US. En outre, les membres du Congrès qui représentent des États où les taux d’imposition sont élevés s’opposent au plafonnement de la déduction SALT (déduction de l’impôt fédéral et local). Le projet de loi prévoit aussi l’élimination de la déduction des intérêts sur les prêts étudiants, ce qui risque de soulever une vive opposition. La disposition sans doute la plus troublante est l’élimination de l’avantage fiscal accordé aux obligations de sociétés privées. Cela pourrait entraver les efforts visant à remplacer et reconstruire les infrastructures. Nous allons suivre de près les négociations au Congrès. Par ailleurs, l’abrogation de l’impôt successoral risque d’être vivement contestée et finalement rejetée, car elle pourrait accroître considérablement le déficit et constitue un élément du projet de loi qui ne profitera pas à la classe moyenne. Comme je l’ai déjà dit, ce projet de loi pourrait revêtir une allure très différente une fois les négociations terminées et tous les compromis pris en considération.

6. La livre sterling

La Banque d’Angleterre, prise entre l’arbre et l’écorce la semaine dernière, a décidé de procéder à une première hausse de taux en plus d’une décennie. Bien qu’elle n’ait pas à endiguer une forte croissance, la Banque d’Angleterre tente de soutenir la livre sterling afin de lutter contre le taux d’inflation relativement élevé au Royaume-Uni par suite de la dépréciation de la devise en lien avec le Brexit. Or, la Banque d’Angleterre a laissé entendre dans sa décision qu’elle n’a pas l’intention de procéder à un resserrement marqué de sa politique monétaire, ce qui a fait chuter la livre sterling. Cette situation est problématique et ouvre la porte à un scénario de stagflation. Nous allons suivre de près l’évolution de la situation en ce qui a trait à la livre sterling et à l’inflation.

7. Jerome Powell

Les marchés ont poussé un soupir de soulagement lorsque Jerome Powell a été nommé président du conseil du Federal Open Market Committee (FOMC). M. Powell ne modifiera probablement pas la politique monétaire établie par la présidente sortante, Janet Yellen; par contre, il est plus ouvert à la déréglementation. À mon avis, cela devrait jouer en faveur des marchés, mais quelques économistes ont des réserves étant donné que M. Powell est le premier président du conseil du FOMC en plusieurs décennies qui n’est pas économiste de formation. Cela signifie qu’en matière de politique monétaire, le vice-président pourrait avoir une voix plus forte; nous allons donc porter une attention particulière à la personne qui sera choisie pour combler ce poste.

8. Dette de la Chine

Au cours du dernier mois, le gouverneur sortant de la Banque populaire de Chine, Zhou Xiaochuan, a fait des mises en garde concernant l’énorme effet de levier du système financier chinois et l’importance des réformes financières, espérant qu’elles deviendront des priorités du congrès du Parti communiste chinois. Tout en insistant sur le fait que le système financier chinois est toujours en bonne santé, il a tenu à préciser que les risques latents s’accumulent. On verra bien si le président chinois Xi Jinping, qui vient de consolider son pouvoir au congrès du Parti d’octobre dernier, accordera la priorité à ces réformes; en outre, je m’attends à ce qu’il s’attaque à la politique monétaire avec une main plus expérimentée et plus ferme cette fois-ci. Il est peu probable qu’on assiste à des fluctuations importantes de la politique monétaire, comme ce fut le cas pendant les cinq premières années de son mandat. La Banque populaire de Chine devra absolument gérer efficacement la politique monétaire, compte tenu des risques inhérents au taux élevé d’endettement et de la nécessité de soutenir l’économie chinoise sans provoquer de surchauffe.

9. Prix du pétrole

Après avoir très peu fluctué pendant plusieurs mois, le prix du pétrole brut a augmenté. Cette hausse a été provoquée par les réductions de production de l’OPEP et l’augmentation de la demande. Or, le prix du pétrole pourrait augmenter davantage si les perturbations s’intensifient au Moyen-Orient. Le gouvernement saoudien a annoncé une initiative anti-corruption qui a mené à l’arrestation d’un certain nombre de Saoudiens très en vue, y compris des membres de la famille royale. On ignore s’il s’agit d’une véritable campagne anti-corruption ou d’une purge politique, mais nous allons suivre la situation de près. En outre, la tension monte avec l’Iran, que le royaume saoudien accuse d’avoir lancé un missile balistique en provenance du Yémen la semaine dernière. Nous allons suivre de près les développements.

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Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de Kristina Hooper au 6 novembre 2017. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas le rendement. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas de ces estimations.

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