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Perspectives, commentaire et expertise de placement

Rob Waldner | 6 décembre 2017

Perspectives de placement pour 2018 : Les marchés mondiaux de titres à revenu fixe semblent bien appuyés par les facteurs macroéconomiques

Données macroéconomiques

L’actuel contexte des placements paraît déconcertant. Les marchés sont vigoureux depuis deux ans et les évaluations sont serrées. Parallèlement à cela, les risques abondent. Les risques géopolitiques, notamment tout ce qui est lié à la Corée du Nord, au Brexit et au terrorisme, ainsi que le caractère imprévisible de la situation politique en Europe et aux États-Unis pèsent sur les placements. En période d’incertitude, il est important d’avoir recours à une structure de placement qui permettra de gérer les nombreux risques que présente le marché, de ne pas oublier les vecteurs clés du marché et d’évaluer les répercussions des différents événements ou des risques potentiels.

Le cadre d’analyse macroéconomique d’Invesco Fixed Income permet de comprendre comment les événements touchant la croissance, l’inflation et les conditions financières à l’échelle mondiale pourraient influer sur les marchés. En ce moment, la croissance mondiale est solide. La vigueur observée aux États-Unis est également présente en Europe et au Japon. En outre, l’inflation mondiale est faible. En 2018, les banques centrales devraient commencer à resserrer les conditions financières, mais selon nous elles feront preuve de prudence et adopteront un rythme suffisamment lent pour que les politiques monétaires demeurent conciliantes dans leur ensemble. Ces perspectives sur la croissance, l’inflation et les conditions financières à l’échelle mondiale devraient favoriser tous les actifs à risque en 2018, notamment les titres de créance et les actions. À moins d’un revirement de situation dans l’un ou l’autre de ces trois facteurs macroéconomiques, les marchés des titres à revenu fixe devraient demeurer performants. Notre cadre d’analyse indique que nous devons maintenir nos positions dans les titres de créance et les titres à risque, tout en gérant de près les risques liés aux portefeuilles en raison des évaluations serrées.

Ce cadre sert également à analyser les risques potentiels et les événements politiques. À notre avis, ce n’est pas tant la pertinence d’un événement qui importe que ses effets sur ces trois facteurs. Il ne fait aucun doute que le marché connaîtra des épisodes de volatilité en 2018 du fait de la conjoncture politique, mais nous croyons qu’ils seront de courte durée à condition que la volatilité n’ait pas d’incidence sur la croissance, l’inflation et les conditions financières.

Titres mondiaux de bonne qualité

La conjoncture économique favorable en 2017, qui a eu pour effet de ramener les écarts de taux propres aux obligations de sociétés à leur plus bas niveau depuis plusieurs années, devrait se maintenir en 2018.  Nous sommes d’avis que la croissance économique évolue de façon positive et coordonnée à l’échelle mondiale pour la première fois depuis des années, consolidant ainsi les tendances liées aux fondamentaux des entreprises.  Les perspectives d’une récession mondiale demeurent faibles et les tendances inflationnistes sont favorables, tant et si bien que la situation paraît sous contrôle dans la plupart des marchés développés.  Le resserrement du crédit pourrait représenter un léger frein pour les États-Unis; par ailleurs, la liquidité demeure élevée en Europe, car la Banque centrale européenne (BCE) commence à peine à envisager l’abandon de son programme d’achat d’actifs.  C’est pourquoi nous nous attendons à ce que les titres de créance surpassent les obligations souveraines en 2018, puisque les écarts supplémentaires génèrent un revenu progressivement plus élevé et fournissent une protection contre un léger relèvement des taux d’intérêt.  La plus-value des obligations de sociétés sera plus laborieuse, car la remontée amorcée au premier trimestre de 2016 s’oriente davantage sur des secteurs et des titres spécifiques.

Figurent parmi les risques possibles, selon nous, un changement important de la politique monétaire ou un ralentissement inattendu de la croissance mondiale, deux facteurs qui pourraient entraîner une détérioration des fondamentaux du crédit.  Bien qu’une politique erronée nous semble peu probable, elle pourrait déstabiliser le présent cycle de marché et fausser nos perspectives fondamentales.  Par ailleurs, certains secteurs sont soumis à des perturbations inédites, notamment le commerce de détail; il faudra donc surveiller de près les tendances pour limiter les risques de perte.  Selon nous, des facteurs comme la fluctuation du risque et un judicieux processus de sélection de titres de créance seront nécessaires en 2018 si l’on veut profiter des occasions qui se présentent et éviter les secteurs et les émetteurs problématiques.

Titres à rendement élevé

Nos perspectives pour les titres à rendement élevé sont prudentes. Nous reconnaissons que les tendances fondamentales sont favorables aux émetteurs de titres à rendement élevé, tout en notant que les évaluations reflètent pleinement la vigueur de celles-ci.  Nous sommes aussi conscients de la capacité du marché à maintenir les écarts de taux actuels pendant un certain temps, les capitaux affluant dans cette catégorie d’actif.  Pour 2018, les thèmes dans tous les secteurs du crédit incluent une préférence pour les sociétés émettrices financières plutôt que non financières en raison de l’amélioration des données fondamentales du secteur bancaire et des changements relatifs à la réglementation. Une solide sélection idiosyncrasique des titres de créance dans un éventail de secteurs devrait profiter aux portefeuilles. Dans l’ensemble, les données fondamentales du marché demeurent solides, mais nous constatons une faiblesse dans le secteur du commerce de détail, car les perturbations structurelles ont incité les investisseurs à remettre en question de nombreux modèles d’affaires du secteur. Le secteur de l’énergie, en particulier les segments des services pétroliers et des sociétés énergétiques intégrées, continue de s’améliorer grâce au raffermissement du prix du pétrole.  Nous pensons que les taux de défaillance devraient être contenus en 2018; les conditions favorables qui ont cours sur les marchés financiers permettent à de nombreuses sociétés de prolonger l’échéance de leurs titres. Dans une large mesure, les revenus des sociétés qui participent au marché des titres américains à rendement élevé sont liés à la bonne santé financière du consommateur américain, laquelle devrait, selon nous, rester stable en 2018.

Liquidité à l’échelle mondiale

La vigueur soutenue de l’économie aux États-Unis et à l’étranger devrait faire monter les taux d’intérêt et garder la Fed active en 2018.  Toutefois, on a pu remarquer au cours des dernières années une certaine hésitation des marchés quant au rythme de normalisation de la politique monétaire. L’année 2018 ne devrait pas faire exception.  Au terme de leur rencontre qui s’est tenue en septembre 2017, les membres du comité FOMC de la Fed ont indiqué, dans une proportion de 50 %, qu’ils s’attendaient à trois hausses de taux en 2018.  Les taux du marché monétaire devraient suivre de près l’orientation donnée par la Fed.  L’inflation et les prévisions d’inflation, d’une faiblesse étonnante en 2017, pourraient aussi influencer la direction que prendront les taux en 2018.

Dans la foulée de la nomination récente de Jerome Powell au poste de président de la Fed, l’on s’attend au maintien de la transparence et de la prévisibilité, ce qui devrait assurer une transition en douceur et favoriser la stabilité relative des marchés obligataires.  Comme ce fut le cas dans les dernières années, nous pensons que la Fed annoncera ses couleurs et adoptera une approche graduelle dans la mise en place de sa politique monétaire afin de perturber le moins possible les marchés.

La réduction progressive du bilan de la Fed, amorcée en octobre 2017, devrait se poursuivre au rythme prévu par la Fed. Cette stratégie devrait favoriser l’offre et pourrait exercer une pression à la hausse sur les taux obligataires.  L’offre abondante de titres du gouvernement américain devrait satisfaire l’engouement du marché monétaire pour les titres gouvernementaux à court terme. En 2018, nous surveillerons de près les événements liés au plafond de la dette américaine ainsi que leurs répercussions sur les émissions des obligations d’État américaines et les taux des bons du Trésor, comme nous l’avions fait en 2017.

En Europe, la réforme des fonds du marché monétaire a été promulguée en 2017 et devrait prendre forme en 2018. La mise en œuvre définitive est attendue le 21 janvier 2019.

Titres structurés

Nous nous attendons à ce qu’en 2018, le marché des titres adossés à des créances hypothécaires (TACH) émis par des organismes gouvernementaux accorde sa priorité à la volonté de la Fed de réduire la taille de son portefeuille d’obligations.  Même si le programme doit être graduel, nous pensons que la volatilité des écarts des TACH émis par des organismes gouvernementaux augmentera par rapport aux creux historiques; en effet, puisque les investisseurs privés devront absorber une offre accrue, les écarts pourraient s’élargir.

La valorisation des TACH émis par des organismes gouvernementaux demeure historiquement élevée : les écarts n’ont jamais été aussi minces depuis plusieurs années. Les TACH émis par des organismes gouvernementaux sont actuellement avantagés par la solide demande de fiducies de placement immobilier (FPI) hypothécaires et de banques commerciales, et nous croyons que cette situation se poursuivra en 2018. C’est pourquoi, à notre avis, le rythme des achats de maisons sera un moteur de rendement en 2018.  Si le marché de l’habitation venait à ralentir en raison de la capacité d’emprunt ou de problèmes liés aux stocks de maisons, celui-ci aurait alors un moins grand nombre de nouveaux prêts à absorber. La demande étrangère pourrait également jouer un rôle central. Compte tenu de la solidité des fondamentaux sous-jacents, les événements macroéconomiques extérieurs et l’engouement pour le risque devraient influencer les tendances observées en matière de crédit résidentiel.

Dans le secteur de l’immobilier commercial, les prix ont augmenté considérablement au cours des dernières années, mais nous estimons que le risque d’une bulle spéculative, en 2018, porte davantage sur la valeur nette des propriétés que sur celle des titres de créance de premier ordre, car la qualité des garanties, du crédit et des prêts hypothécaires souscrits s’est considérablement améliorée depuis la crise financière mondiale. Nous sommes toujours d’avis que les fondamentaux sous-jacents du secteur de l’immobilier commercial américain, notamment les taux d’inoccupation et de défaillance, seront favorables aux titres adossés à des créances hypothécaires commerciales (TACHC) en 2018, bien que nous nous attendions au renchérissement plus lent des propriétés et à une plus grande faiblesse du secteur du commerce de détail.

Marchés émergents (ME)

Nous sommes optimistes en ce qui concerne les titres de créance des marchés émergents pour 2018, car les investisseurs devraient rétablir leur présence dans cette catégorie d’actif. Les titres de créance libellés en devises fortes et les obligations en monnaies locales des marchés émergents devraient continuer à tirer parti des conditions financières mondiales généralement favorables et de l’amélioration stable, quoique inégale, des facteurs macroéconomiques fondamentaux des marchés émergents. Ce constat repose sur le retrait graduel des mesures d’assouplissement extraordinaires mises en place par les banques centrales des marchés développés, dans la foulée d’une croissance stable et synchronisée à l’échelle mondiale et d’un ralentissement gérable en Chine.

À notre avis, les perspectives à long terme favorisent aussi, en général, les marchés émergents. Nous prévoyons une croissance nominale plutôt modérée dans les économies développées en raison de l’inflation et de la croissance réelle modestes, celle-ci étant limitée par la faiblesse des données démographiques et des gains de productivité. Autrement dit, toute hausse des taux d’intérêt à l’échelle mondiale devrait demeurer relativement contenue; elle préserverait ainsi l’attrait pour les catégories d’actif qui offrent un rendement supérieur, comme les marchés émergents.

Nous croyons que les obligations libellées en devises fortes présentent un avantage important sur le plan du taux de rendement comparativement aux catégories d’actif équivalentes (après ajustement en fonction de la qualité du crédit), car les fondamentaux des marchés émergents se sont améliorés et la vulnérabilité aux facteurs externes a diminué depuis la « réduction des mesures de relance » opérée en 2013. Parallèlement à cela, nous nous attendons à ce que les taux obligataires en monnaies locales continuent de se resserrer dans les marchés émergents, surtout par rapport aux obligations d’État des pays développés. En outre, compte tenu de l’ampleur de leur dépréciation survenue entre 2012 et 2015, les devises des marchés émergents demeurent attrayantes, surtout par rapport au dollar américain. Selon notre scénario de base pour 2018, les placements en monnaies locales des marchés émergents devraient surpasser les titres de créance des marchés émergents en termes de rendement total. Nous reconnaissons toutefois que les devises des marchés émergents sont plus volatiles. Pour 2018, nous estimons donc que les devises des marchés émergents devraient être favorables au chapitre du rendement proprement dit, tandis que les titres de créance des marchés émergents devraient être favorables en termes de rendement corrigé du risque.

Devises

Notre cadre d’analyse macroéconomique appuie toujours nos perspectives de dépréciation cyclique soutenue du dollar américain. La convergence mondiale devrait continuer à suivre son cours et accentuer la faiblesse du dollar américain, à moins d’un choc systémique. Nous nous attendons à ce que les autres grandes devises continuent de s’apprécier par rapport au dollar américain, sauf le franc suisse, qui devrait revenir à sa moyenne historique d’avant la crise financière mondiale. Selon nous, la Fed ne sera pas forcée d’adopter une position plus énergique en raison de l’inflation. Les devises des marchés émergents devraient être dominées par des facteurs particuliers plutôt que mondiaux. C’est pourquoi nous préférons miser sur des occasions de valeur relative dans ce segment plutôt que de suivre les tendances qui se dessinent.

Titres à revenu fixe européens

La croissance européenne est un bel exemple de réussite en 2017. Nous pensons que la situation continuera de s’améliorer en 2018.  La zone euro continue de profiter de la croissance mondiale modérée; en outre, les risques politiques n’ont pas réussi jusqu’à maintenant à freiner l’optimisme à l’égard de l’économie.  Bien que les pressions inflationnistes sous-jacentes demeurent faibles, elles devraient augmenter modérément dans un contexte de croissance stable et d’affermissement du marché du travail.  La décision de la Banque centrale européenne (BCE) de prolonger son programme d’achat d’actifs de neuf mois à compter de janvier 2018 – sans changer les taux d’intérêt – et bien au-delà de la fin des mesures d’assouplissement quantitatif, devrait faire en sorte que les attentes liées aux taux d’intérêt à court terme resteront modestes, au moins jusqu’en 2019. Cela devrait donner le temps aux gouvernements de plancher sur des réformes structurelles et d’accentuer peut-être davantage l’intégration de l’Union européenne.  Nous sommes moins optimistes à l’égard des pays de l’Europe périphérique, étant donné que la BCE réduit ses mesures d’assouplissement quantitatif en raison de l’offre d’obligations d’État. La politique devrait demeurer à l’avant-plan. C’est ainsi que les élections prévues en Italie au plus tard en mai 2018 devraient mobiliser l’attention des médias.

Titres à revenu fixe indiens

Le marché indien des titres à revenu fixe devrait récolter les fruits de la stabilité macroéconomique en 2018. Également en 2018, les actifs financiers indiens devraient tirer parti d’une faible inflation, d’un modeste déficit budgétaire, de la diminution des transactions en espèces, de la post-démonétisation, du processus plus efficace de perception des taxes (qui a pour effet d’unifier les taxes sur les produits et services), des réserves de change accrues liées à la hausse des échanges internationaux et des entrées de fonds dans les portefeuilles ainsi que d’un faible déficit du compte courant.

Nous nous attendons à ce que les taux des obligations indiennes diminuent en 2018 en raison de la solidité des taux d’intérêt réels, des bonnes conditions de liquidité et de la faible croissance du crédit. La demande d’obligations demeure élevée, mais l’offre est limitée en raison du fractionnement entre les émissions nationales et les émissions étrangères dans ce nouveau marché obligataire hybride.  La roupie indienne devrait également demeurer dans une fourchette étroite, mais pencher vers l’appréciation, en raison du resserrement des écarts de l’inflation et de l’amélioration du déficit du compte courant de l’Inde.

Nous nous attendons aussi à ce que les écarts de taux de l’Inde se resserrent dans le cas des titres d’emprunt mieux cotés en raison de la grande liquidité accessible et des faibles taux d’intérêt qui sont transmis aux emprunteurs.  Toutefois, les tensions géopolitiques, le protectionnisme et les possibilités de retard dans l’atteinte des cibles budgétaires du gouvernement, conjugués aux pressions associées à la création d’emploi, font toujours planer un risque sur ces perspectives.

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Ce document est fourni à titre informatif seulement et ne constitue pas une recommandation d’une stratégie de placement ou d’un produit à un investisseur en particulier. Les investisseurs devraient consulter un représentant/consultant en services financiers avant de prendre toute décision de placement. Les opinions exprimées dans ce document sont celles de l’auteur; elles sont fondées sur les conditions de marché actuelles et peuvent changer sans préavis. Ces opinions peuvent différer de celles des autres spécialistes des placements d’Invesco.

Les obligations masala sont des titres de créance libellés en roupies indiennes, mais émises à l’extérieur de l’Inde.
Les écarts de taux représentent la différence entre le taux de deux obligations. Le resserrement des taux renvoie à une diminution des écarts de taux entre les obligations.

L’assouplissement quantitatif est une politique monétaire selon laquelle une banque centrale achète des titres d’État ou d’autres titres sur le marché afin d’abaisser les taux d’intérêt et d’accroître la masse monétaire.

Les obligations à rendement élevé (ou obligations de qualité inférieure) sont des obligations assorties d’une cote de qualité inférieure. Bien que ces obligations puissent offrir un taux d’intérêt plus élevé, elles comportent généralement un risque de défaut plus élevé que les obligations de qualité supérieure.

Un titre adossé à des créances hypothécaires est garanti par un prêt hypothécaire ou par un ensemble de prêts hypothécaires.
Les titres municipaux sont assujettis au risque que les conditions législatives ou économiques aient une incidence sur la capacité d’un émetteur à effectuer des paiements de capital ou d’intérêts.

Les titres municipaux sont assujettis au risque que les conditions législatives ou économiques aient une incidence sur la capacité d’un émetteur à effectuer des paiements de capital ou d’intérêts.

Les risques liés aux placements dans des titres d’émetteurs étrangers, y compris les marchés émergents, peuvent inclure les fluctuations de change, l’instabilité économique et politique et les particularités fiscales des pays étrangers.

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