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John Greenwood | 6 décembre 2017

Perspectives de placement pour 2018 : Tous les signes pointent vers une expansion mondiale soutenue

Nous nous approchons de la fin de l’année et nous pouvons dire en toute confiance que les principales économies mondiales continueront d’afficher robustesse et résilience. L’économie américaine sera probablement en tête de file, étayée par le redressement de la zone euro et une reprise renouvelée du commerce mondial. Cette expansion probable des économies développées devrait aussi avoir des effets positifs sur les économies à vocation manufacturière et orientées vers l’exportation de l’Asie de l’Est, ainsi que sur les producteurs de marchandises dans d’autres nations émergentes.

États-Unis

Un marché de l’emploi robuste (le taux de chômage est tombé à 4,2 % en septembre – à son plus bas depuis 16 ans) et la faible inflation étayeront probablement une croissance modérée du PIB réel en 2018. Nous nous attendons à ce que l’économie américaine enregistre un taux de croissance réel de 2,2 % en 2018.

Pendant la plus grande partie de 2017, l’inflation est restée en dessous du taux cible de la Réserve fédérale américaine (la « Fed »). Les gouverneurs et les présidents de la Fed expliquent ce phénomène par les réductions ponctuelles des prix des contrats pour téléphones cellulaires et d’autres événements exceptionnels, expliquant que cette contre-performance de l’inflation par rapport au taux cible de 2 % est « provisoire ». Cependant, après plusieurs mois de faiblesse des prix, l’affirmation selon laquelle ces changements de prix sont temporaires commence à devenir moins crédible. Un moment clé surviendra au printemps de 2018 lorsque les baisses des prix de 2017 disparaîtront de la comparaison d’une année à l’autre. À mon avis, le problème sous-jacent est la croissance poussive de l’argent et du crédit. Je ne m’attends pas cependant à ce que cette petite mesure de faiblesse des prix fasse un grand mal à condition que l’inflation de base commence à remonter en 2018.

Dans ce contexte, la Fed a poursuivi sa politique de normalisation graduelle – pas de resserrement – des taux d’intérêt et la banque centrale a annoncé en septembre 2017 le début de son projet de réduire son bilan dans le même ordre d’idées. Le « graphique à points » publié avec la déclaration du comité de politique monétaire de la Fed laissait entendre une autre hausse éventuelle des taux d’intérêt en décembre 2017 et trois autres hausses de 0,25 % en 2018. Cela ferait remonter le taux des fonds fédéraux dans une fourchette de 2,00 % à 2,25 % d’ici la fin de 2018.

Le projet de réduire le bilan de la Fed est censé s’accélérer en 2018. Cela devrait commencer par 10 milliards de dollars par mois au quatrième trimestre de 2017, mais il est prévu que ce montant atteindra 50 milliards de dollars par mois durant le dernier trimestre de 2018. Cela signifie que les investisseurs du secteur privé devront remplacer la Fed comme détenteur de ces titres, et le Trésor et les agences du gouvernement américain devront augmenter la taille de leurs adjudications en conséquence. La vente de 50 milliards de dollars de titres de créance supplémentaires par mois risque de faire monter les taux d’intérêt à long terme, de resserrer les conditions financières, et de réduire le crédit bancaire et l’expansion monétaire. La Fed devra, à mon avis, procéder avec prudence.

Il y a de bonnes raisons de croire que l’expansion en cours aux États-Unis pourrait encore continuer pour devenir en fait l’expansion du cycle économique de plus longue durée dans l’histoire financière des États-Unis. Cela pourrait laisser entendre une reprise continue qui excède le record des 120 mois du creux de la vague au sommet de l’expansion entre mars 1991 et mars 2001 (tel que mesurée par le National Bureau of Economic Research). Le seul danger à cette éventualité c’est que la Fed et d’autres banques centrales pourraient commettre une erreur et resserrer de manière excessive durant la normalisation de leur politique monétaire. Si elles exagèrent ce resserrement, il y a un risque réel de ralentissement en 2018–2019 et de persistance des taux d’inflation en dessous des cibles dans bon nombre des importantes économies. Ce n’est pas mon scénario de base, mais les investisseurs doivent être conscients de cette possibilité.

Zone euro

L’activité économique dans la zone euro commence finalement à croître à un rythme proche de son potentiel. Cette expansion résulte en grande partie du programme d’achats d’actifs entrepris par la Banque centrale européenne (BCE) en mars 2015 et de l’accélération de la masse monétaire (M3) qui y est associée. Pour que cette progression économique perdure, il faudra que les banques commerciales créent du crédit plus rapidement que maintenant. Sinon, la croissance du crédit risque de s’affaiblir considérablement lorsque la BCE commencera à réduire graduellement ses achats.

Même si les économies de la zone à monnaie unique se sont reprises, la base pour une croissance soutenue de 5 % ou plus de la masse monétaire dans la zone euro – qui, selon moi, doit être le minimum pour garantir 2 % de croissance réelle et 2 % d’inflation compte tenu d’une baisse annuelle de 1 % de la vitesse de circulation (soit la fréquence de rotation de la monnaie par rapport au revenu) – est manifestement fragile. Le risque, par conséquent, c’est que la diminution graduelle des achats dans le cadre du programme d’assouplissement quantitatif aboutira à nouveau au ralentissement de la croissance de M3, de sorte que le taux d’inflation chutera encore davantage en dessous de son taux cible « inférieur à, mais proche de 2 % ». Je m’attends à ce que l’inflation persiste en dessous du taux cible pendant l’année prochaine en raison de la croissance inadéquate de M3.

Royaume-Uni

La croissance économique a légèrement repris au Royaume-Uni durant le troisième trimestre de 2017 après un premier semestre poussif, mais elle est encore en dessous de sa récente tendance. L’économie britannique sera probablement étayée au cours des 12 prochains mois par les robustes éléments que sont les dépenses des consommateurs et des entreprises. Je m’attends à ce que la croissance tienne bon, et ce pour deux raisons. Premièrement, la politique monétaire a été essentiellement axée sur la relance et, deuxièmement, la livre sterling plus faible a permis aux exportations du secteur manufacturier d’être plus vigoureuses que prévu. Le marché du travail du Royaume-Uni semble être aussi en bonne santé – l’économie continue de produire une bonne création d’emplois, le taux de chômage est très bas et le taux de participation est à un haut record. Cependant, en octobre 2017, la Banque d’Angleterre avait clairement signalé qu’il fallait s’attendre à une hausse des taux d’intérêt (probablement lors de la réunion du comité de politique monétaire en novembre 2017). En plus de l’inflation importée, l’accélération de l’expansion de l’argent et du crédit au Royaume-Uni pourrait ajouter de l’inflation produite au niveau local aux prix des produits importés en hausse. Je m’attends à ce que la croissance se stabilise aux alentours de 1,5 % jusqu’à ce que les incertitudes des négociations sur le Brexit disparaissent.

Japon

L’économie japonaise a enregistré une croissance raisonnable dernièrement et son PIB réel a augmenté pendant six trimestres consécutifs, une période prolongée de croissance pour la première fois depuis plus d’une dizaine d’années. Même si la pénurie de main-d’œuvre perdurera en 2018, la faible croissance des salaires devrait persister, ce qui prouve encore que la courbe de Phillips1 n’est pas une théorie d’inflation fiable. Malgré l’énorme programme d’assouplissement quantitatif et qualitatif de la Banque du Japon, l’inflation restera probablement faible et en dessous de la cible de 2 % de la banque centrale, mais devrait se maintenir au-dessus de zéro. La croissance économique devrait rester stable en 2018 (1,2 % environ), mais à la traîne de celle des États-Unis et de la zone euro.

Chine et Asie émergente

La Chine et l’Asie émergente profiteront probablement de la modeste augmentation du commerce mondial. Même si cette augmentation devrait étayer les prix des marchandises, je ne crois pas qu’elle suffira à les faire envoler. Étant donné que la Chine est de loin le plus important marché émergent et aussi le principal acheteur de marchandises dans les marchés mondiaux, la croissance des importations chinoises comptera pour beaucoup pour les nombreux marchés développés et émergents d’exportation de marchandise du monde entier. Si la Chine parvient à orchestrer une reprise constante de son économie pendant un an ou deux, les perspectives de ces économies exportatrices de marchandises s’amélioreront considérablement. Cependant, à la lumière de la reprise encore modérée dans les économies développées de l’Ouest, il se pourrait que le redressement de la Chine ne soit pas suffisamment vigoureux pour entraîner une reprise de toutes les économies productrices de marchandises.

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1 La courbe de Phillips illustre une relation négative entre l’inflation et le taux de chômage. Selon la courbe de Phillips, des taux d’inflation plus élevés laisseraient entendre des taux de chômage plus faibles.

Le contenu de ce blogue est fourni à titre d’information seulement et ne doit pas être considéré comme une recommandation d’un produit ou d’une stratégie de placement quelconque destinée à un investisseur particulier. Les investisseurs devraient toujours consulter un conseiller / consultant financier avant de prendre une décision de placement quelconque. Les opinions exprimées dans ce document sont ceux de l’auteur, se fondent sur les conditions actuelles du marché et peuvent changer sans préavis. Le rendement passé n’est pas indicatif du rendement futur.

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