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Brian Schneider | 18 avril 2017

Perspectives des taux d’intérêt dans un contexte d’accélération de la croissance mondiale

Le taux des obligations à 10 ans du gouvernement du Canada a diminué par rapport à son sommet de 2017 (1,87 %) et se situe actuellement au milieu de sa fourchette de 1,61 % à 1,87 % pour l’année1. Dans l’ensemble, les statistiques économiques se sont améliorées cette année et la progression de l’emploi a été particulièrement robuste. La Banque du Canada n’a pas modifié sa politique monétaire récemment, mais elle continue de surveiller les capacités excédentaires persistantes au sein de l’économie. Selon nous, la fourchette dans laquelle les taux sont actuellement confinés devrait rester en place, à moins d’une nouvelle accélération de la croissance économique mondiale.

Ci-dessous un aperçu des perspectives de l’équipe Invesco Fixed Income en matière de taux d’intérêt dans les principales économies du monde :

États-Unis

La solide croissance mondiale devrait finalement exercer des pressions à la hausse sur les taux américains, en raison du resserrement des politiques monétaires dans le monde. Pour l’instant, toutefois, la Fed a fait savoir qu’elle n’avait pas l’intention de relever rapidement les taux d’intérêt. Les interventions d’autres banques centrales, notamment la BCE, détermineront les cours des obligations américaines à long terme. Dans un contexte d’accélération soutenue de la croissance mondiale, les mesures adoptées par les autres banques centrales pourraient en effet entraîner l’augmentation des taux du Trésor américain.

Europe

Nous prévoyons que la BCE délaissera son orientation ultra-expansionniste au cours du deuxième trimestre, ce qui laisse entrevoir un relèvement des taux. Les données sur la croissance et l’inflation continuent de s’améliorer dans la zone euro, l’inflation globale ayant rejoint la cible de 2 % de la BCE.2 Mario Draghi, le président de la BCE, maintient néanmoins ses politiques accommodantes, même si cela pourrait s’avérer plus difficile après la présidentielle française du 23 avril. Pour calmer le jeu dans les pays du nord de l’Europe déjà aux prises avec l’inflation, la BCE pourrait relever les taux à court terme tout en préservant son programme d’assouplissement quantitatif jusqu’à la fin de l’année.

Chine

La courbe des taux des obligations d’État de la Chine continentale s’est considérablement aplatie en mars. Les taux à court terme ont augmenté, en raison du resserrement de la liquidité attribuable aux opérations de fin de trimestre et des mesures plus strictes d’évaluation macroprudentielle mises en place par la Banque populaire de Chine. En revanche, les taux à long terme ont été tirés vers le bas en raison des attentes des participants aux marchés d’un ralentissement de la croissance plus tard cette année et de la prolongation des injections de liquidités par la banque centrale. Un redressement de courte durée du marché obligataire du pays est attendu en avril, dans la foulée du récent resserrement du financement et de la volatilité. Nous croyons toutefois que les taux à court terme resteront stables, car la Banque populaire de Chine devrait poursuivre ses efforts en vue de réduire l’effet de levier financier.

Japon

Les taux de l’obligation du gouvernement japonais à 10 ans continuent de se maintenir « autour de zéro ». L’inflation remonte, mais reste largement inférieure à la cible de 2 % fixée par la Banque du Japon. Par conséquent, nous ne prévoyons pas de réduction des achats d’obligations (ou d’autres modifications à sa politique monétaire) pour l’instant. À court terme, l’attention devrait porter sur la négociation salariale, qui a lieu au printemps et qui pourrait stimuler l’inflation, mais qui déçoit habituellement. Nous ne voyons pas pourquoi il en irait autrement cette année. Il est donc difficile de déterminer de quelle façon le Japon pourrait atteindre durablement sa cible d’inflation.

Royaume-Uni

Le 29 mars, le gouvernement britannique a invoqué l’article 50, déclenchant un processus de deux ans pour fixer les modalités de retrait du pays de l’Union européenne et négocier un nouvel accord commercial avec l’UE. L’approche préconisée par l’Europe dans le cadre de ces négociations devrait se préciser à la suite d’un sommet tenu le 29 avril, organisé pour discuter des tactiques de négociation. Nous nous attendons à ce que l’attitude des Européens laisse initialement entrevoir une période difficile de négociation et à ce que le règlement du divorce représente la principale question litigieuse au début. Certains s’attendent à ce que les Européens cherchent à conclure un règlement financier avant de porter leur attention sur les ententes commerciales futures. Pour sa part, le gouvernement britannique devrait préférer discuter simultanément du règlement et des ententes commerciales. Il est difficile à croire que tout puisse être résolu dans un délai de deux ans. Cela dit, nous ne prévoyons pas que les négociations sur le Brexit pousseront les taux d’intérêt à s’échapper de leurs récentes fourchettes dans un proche avenir.

Australie

Comme prévu, la Banque de réserve d’Australie (RBA) a laissé son taux directeur à 1,50 % en mars3. Dans son communiqué, identique dans les grandes lignes à celui de février, la RBA manifestait un optimisme soutenu à l’égard de l’économie. Compte tenu de l’optimisme de la Banque et des signes de vigueur économique qui ressortent des statistiques, il semble très peu probable que la RBA doive abaisser davantage son taux directeur. En fait, les participants aux marchés s’attendent maintenant à une hausse des taux. Cependant, la faiblesse de l’inflation, en particulier des salaires, malgré l’accélération de la croissance, devrait inciter la Banque à rester sur la touche. Par conséquent, les taux d’intérêt australiens devraient demeurer à l’intérieur d’une fourchette à court terme, et nous maintenons une orientation neutre par rapport aux taux américains.

Avec la contribution de Rob Waldner, stratège en chef, de James Ong, stratège macroéconomique principal, de Sean Connery, gestionnaire de portefeuille, de Scott Case, gestionnaire de portefeuille, de Josef Portelli, gestionnaire de portefeuille, de Ken Hu, chef des placements d’Asie-Pacifique et de Alex Schwiersch, gestionnaire de portefeuille.

 

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1 Source : Bloomberg L.P., données au 23 mars 2017. Sommet 2017 de 1,87 % : au 13 mars 2017. Plancher 2017 de 1,61 % : 24 février 2017.

2 Source : Banque centrale européenne, 23 mars 2017.

3 Source : Banque de réserve d’Australie, au 7 mars 2017.

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