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Brian Schneider | 11 août 2017

Perspectives des taux d’intérêt : Les taux à long terme aux États-Unis dépendent maintenant davantage de la politique monétaire mondiale

Après avoir chuté en juin à leur plus bas niveau depuis le début de l’année, les taux de rendement de l’obligation d’État à 10 ans ont augmenté à 1,89 % en juillet1, leur taux le plus élevé depuis deux ans, car la Banque du Canada a sans surprise relevé son taux d’intérêt directeur de 0,25 % pour le porter à 0,75 %2. La déclaration accompagnant cette décision était aussi optimiste, balayant les chiffres d’inflation moins élevés comme étant temporaires. L’optimisme de la Banque du Canada entretiendra probablement la possibilité d’une autre hausse des taux à chacune de ses prochaines réunions. Nous nous attendons à ce que les taux d’intérêt au Canada augmentent à partir de leur niveau actuel, mais nous surveillons des signes indicateurs de leur plafonnement éventuel à court terme.

États-Unis

Nous nous attendons à ce que la robuste croissance économique continue aux États-Unis et nous croyons que l’inflation restera probablement faible au cours des prochains mois avant d’augmenter en 2018. Cela ne modifie pas nos prévisions selon lesquelles la Réserve fédérale des États-Unis commencera à réduire graduellement son programme de réinvestissement en septembre. Les données sur l’inflation seront cependant d’une importance cruciale pour déterminer quand la Réserve fédérale relèvera ses taux directeurs à une nouvelle reprise. Si l’inflation reste faible, cela pourrait ne pas se passer avant le milieu de 2018. À notre avis, la politique monétaire mondiale continuera d’être le principal déterminant des taux à long terme aux États-Unis, la politique plus rigoureuse de la Banque centrale européenne (BCE) et la hausse de la prime de terme mondiale les faisant monter probablement davantage d’ici la fin de l’année.

Europe

La croissance économique a continué de s’améliorer dans la zone euro. Le rebondissement de la croissance et la modeste hausse de l’inflation (encore inférieure au taux cible de la BCE) ont incité des membres du Conseil des gouverneurs de la BCE à se prononcer en faveur d’une politique moins accommodante. Nous nous attendons maintenant à ce que la BCE réduise encore davantage son programme d’assouplissement quantitatif en janvier 2018, abaissant ses achats mensuels d’obligations à 40 milliards €. Il se pourrait que la BCE augmente les taux d’intérêt à un moment donné au cours des 12 prochains mois, mais une telle éventualité est devenue moins probable au cours des dernières semaines, car l’euro a continué de s’apprécier et l’inflation, qui s’élevait à 1,9 % en avril et à 1,4 % en mai, a reculé à 1,3 % en juin3.

Chine

La courbe de rendement des obligations chinoises émises sur le marché national s’est raidie parce que les taux d’intérêt à court terme ont baissé plus rapidement que les taux d’intérêt à long terme durant la première moitié de juillet. Les taux à court terme ont baissé en raison de l’abondance de liquidité, tandis que les taux à long terme sont restés relativement stables. On s’attend à ce que l’appétit pour le risque diminue considérablement à la suite du ton énergique des remarques du gouvernement lors de la conférence financière nationale, ce qui a eu des effets positifs à moyen terme pour les obligations d’État. À court terme, le durcissement de la réglementation financière et les efforts de désendettement conjugués aux paiements d’impôts entraîneront probablement de la volatilité à court terme dans les conditions de liquidité. Après la conférence, nous nous attendons à ce que les obligations d’État rapportent un rendement supérieur durant le second semestre de 2017 pendant que l’écart des taux, en particulier pour les émetteurs moins solvables, pourrait se creuser.

Japon

L’économie japonaise continue de croître au-dessus de son potentiel et les principaux indicateurs portent à croire que cette tendance se poursuivra. La cote d’approbation du premier ministre Abe s’est quelque peu détériorée dernièrement, car il a été mêlé à de nombreux scandales nationaux. Nous croyons, cependant, que le premier ministre se détournera de ses préférences personnelles (la réforme constitutionnelle, par exemple) pour se concentrer sur des mesures qui rehausseront dorénavant la croissance. S’il le fait, le soutien des électeurs pourrait rebondir. Les taux de rendement des obligations du gouvernement japonais continuent d’évoluer dans une très étroite fourchette, entre 0 % et 0,1 % et nous nous attendons à ce que cela continue ainsi4. La Banque du Japon maintiendra probablement sa politique actuelle, mais continuera de diminuer son taux mensuel d’achat d’actifs tant que la situation le permettra.

Royaume-Uni

Les consommateurs pourraient avoir de la difficulté à contribuer à la croissance au Royaume-Uni au cours des prochaines années. Sur toile de fond de renchérissement des prix immobiliers, de hausse des salaires réels et de faible inflation, les consommateurs ont été heureux de réduire leur épargne pour dépenser et alourdir leurs dettes contractées par cartes de crédit. Le bon temps pourrait toutefois toucher à sa fin. L’épargne est à un bas historique, les redressements des salaires réels sont devenus négatifs, les banques resserrent leurs critères de prêts et le marché du logement ralentit. Toute augmentation des exportations (résultant d’une livre sterling plus faible) et la moindre importance que le nouveau gouvernement minoritaire accorde à l’austérité ne compenseront probablement pas un tel déficit. Les investissements des entreprises resteront aussi probablement peu élevés tant que le manque de clarté planera sur les relations du Royaume-Uni avec l’Union européenne (UE). À plus long terme, nous nous attendons à ce que le Royaume-Uni accepte un Brexit plus « doux » ou accepte éventuellement de rester dans l’UE. Pendant que ce drame se déroule, nous préférons maintenir la sous-pondération des obligations du Trésor britannique par rapport à celles du Trésor américain. Nous nous attendons à ce que la Banque d’Angleterre maintienne sa politique monétaire inchangée tout au long de 2018.

Australie

La Reserve Bank of Australia (RBA) a maintenu comme prévu en juillet son taux d’intérêt directeur inchangé à 1,50 %5. Le ton de la déclaration de la RBA était, sans grande surprise, neutre sans la moindre trace d’une annonce de hausse de sitôt. La RBA s’inquiète encore du marché du logement étayé par endettement. Cela empêchera probablement la RBA d’abaisser ses taux d’intérêt, tandis que la faible inflation persistante (dans les salaires en particulier) pourrait l’empêcher de les relever. Même s’il y a eu quelques signes d’amélioration économique, la banque maintiendra sa politique inchangée dans un avenir prévisible. Nous adoptons, par conséquent, une attitude neutre relativement aux taux d’intérêt australiens.

Avec des contributions de Rob Waldner, stratège en chef, James Ong, principal stratège macroéconomique, Sean Connery, gestionnaire de portefeuille, Scott Case, gestionnaire de portefeuille, Josef Portelli, gestionnaire de portefeuille, Yi Hu, principal analyste de crédit, Ken Hu, chef des placements en Asie-Pacifique et Alex Schwiersch, gestionnaire de portefeuille.

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1 Bloomberg L.P., 19 juillet 2017.

2 Banque du Canada, 12 juillet 2017.

3 Eurostat, données arrêtées au 30 juin 2017.

4 Bloomberg L.P., 19 juin 2017.

5 Reserve Bank of Australia, 4 juillet 2017.

La courbe de rendement trace point par point, à un moment déterminé, les taux d’intérêt d’obligations qui ont la même notation, mais différentes dates d’échéance de manière à projeter les variations des taux d’intérêt futurs et l’activité économique.

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