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Rob Waldner | 18 mai 2018

Perspectives des taux : La baisse du taux d’inflation aux États-Unis pourrait inquiéter la Fed vers la fin de 2018

Les statistiques économiques sont mitigées depuis que la Banque du Canada a relevé le taux de financement à un jour de 0,25 point de base en janvier. 1 Le taux d’emploi continue de croître et l’indice des prix à la consommation se maintient.

Cependant, les ventes au détail et les exportations ont été faibles et le volume des transactions immobilières a chuté étant donné que l’entrée en vigueur des nouvelles règles régissant les prêts hypothécaires l’année dernière a concentré les transactions immobilières au quatrième trimestre de 2017. Le taux des obligations canadiennes à 10 ans a oscillé entre 2,08 % et 2,38 % pendant la majeure partie de l’année.2

États-Unis : Neutre

Les tendances d’inflation ne montrent aucun signe de remontée significative et les statistiques économiques des prochains mois devraient soutenir une hausse de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) en juin (laquelle est attendue par le marché). Nous sommes d’avis que le ralentissement de l’inflation va devenir une préoccupation pour la Fed plus tard dans le courant de l’année, d’autant plus que le marché de l’habitation est au ralenti. À plus long terme, nous croyons que le rapport risque-rendement va privilégier les bons du Trésor américain, surtout si l’incertitude géopolitique commence à s’intensifier. Cependant, comme la correction a fait grimper les taux obligataires en avril, nous maintenons un positionnement neutre à l’égard des taux américains à court terme.

Europe : Sous-pondération

Les statistiques économiques de la zone euro et plusieurs indicateurs fondés sur des sondages se sont affaiblis depuis le début de l’année. Or, nous considérons cela comme un retour à la normale, par rapport aux données extrêmement élevées qui ont eu cours et nous ne nous attendons pas à un ralentissement marqué de la croissance. Les paramètres fondamentaux nationaux comme les dépenses en immobilisations et les intentions d’embauche indiquent encore que le cycle économique n’est pas terminé. La Banque centrale européenne (BCE) croit que le principal risque émanant des tensions commerciales mondiales est une baisse possible de confiance, qui pourrait retarder les intentions de dépenses en immobilisations. Par conséquent, nous allons surveiller de très près les indicateurs de confiance au cours des prochains mois. Nous pensons que les achats d’actifs de la BCE vont se prolonger jusqu’en décembre 2018 et que l’annonce du programme de retrait graduel se fera en juin ou en juillet.

Chine : Surpondération

Nous continuons de trouver de bonnes occasions de placement parmi les obligations d’État chinoises et, compte tenu des nouvelles règles de gestion de l’actif qui ont été adoptées, nous entrevoyons une remontée de la demande d’obligations d’État chinoises. À notre avis, le resserrement de la réglementation des services financiers a exercé des pressions sur les institutions financières autres que les banques et cela laisse très peu de marge de manœuvre pour que les banques centrales resserrent davantage les liquidités. De plus, diminuer le coût du financement dans l’économie réelle demeure une tâche colossale attribuée par les plus grands décideurs, ce qui laisse présager que les pressions à la hausse sur les taux obligataires vont diminuer à court terme.

Japon : Neutre

L’économie japonaise continue de bien se comporter. Les augmentations de salaires découlant des récentes négociations entre les syndicats et les employeurs devraient stimuler la consommation. La demande d’exportations dépend toujours de l’état de santé de l’économie mondiale. Nous nous attendons encore à une solide croissance, mais une escalade dans la rhétorique de guerre commerciale pourrait jeter une ombre au tableau. L’inflation demeure nettement en deçà de la cible de 2 % de la Banque du Japon.1 Par conséquent, nous croyons que la Banque du Japon va probablement maintenir une politique monétaire accommodante, malgré les demandes de plus en plus pressantes de changement d’orientation. Au cours du prochain mois, nous croyons que le taux des obligations du gouvernement japonais à 10 ans va se maintenir dans une fourchette restreinte (soit entre 0 et 0,1 %).

Royaume-Uni : Neutre

Depuis le début de 2017, l’économie du Royaume-Uni a obtenu un rendement inférieur à ses contreparties de l’Union européenne (UE), surtout en raison de l’incertitude entourant le Brexit. Les données prospectives de l’indice des gestionnaires en approvisionnement portent à croire que cette tendance va se maintenir. Le Royaume-Uni est sensé quitter l’UE en mars 2019 et les négociateurs de part et d’autre vont tenter d’en venir à une entente sur l’avenir de leurs relations commerciales au cours des prochains mois. Or, il nous semble peu probable qu’une entente finale puisse être conclue d’ici la date officielle du départ, d’autant plus qu’elle doit être ratifiée par les 28 pays en cause.

Il se pourrait que les demandes voulant que le Royaume-Uni reste plus longtemps dans l’UE se multiplient et que le gouvernement du Royaume-Uni doive composer avec un vote de « censure ». Lors de sa réunion de mai, la Banque d’Angleterre a maintenu sa politique monétaire, mais a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour 2018 et a déclaré que l’inflation ralentissait plus vite qu’elle ne l’avait prédit. La banque centrale a également adouci le ton à l’égard des hausses de taux, affirmant qu’elles seraient désormais « limitées ». Le marché s’attend toujours à une hausse de taux en 2018, mais dans le contexte des pourparlers difficiles sur le Brexit, cela risque d’être beaucoup moins sûr d’ici quelques semaines.

Australie : Neutre

La Banque de réserve d’Australie (BRA) a de nouveau laissé son taux directeur inchangé à sa réunion d’avril. À l’issue de la réunion, la BRA a réitéré son optimisme à l’égard de l’avenir, tout en insistant sur la nécessité de faire preuve de « patience ». Dans sa déclaration, la BRA a exprimé certaines craintes à l’égard de la situation financière et a fait remarquer qu’un autre resserrement de la politique monétaire mondiale était attendu. Les ventes au détail se sont redressées en février, mais la confiance des consommateurs et des entreprises a diminué récemment, mais demeure somme toute positive. Le marché du travail se porte bien, mais la plupart des nouveaux emplois proviennent des secteurs les moins rémunérateurs, si bien que l’inflation par les salaires est inférieure au niveau escompté. La BRA va probablement laisser son taux directeur inchangé dans un avenir prévisible, surtout si l’inflation et la croissance des salaires demeurent faibles.

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