Blogue Invesco Canada

Perspectives, commentaire et expertise de placement

Brian Schneider | 5 juillet 2017

Perspectives en matière de taux d’intérêt : Des hausses de taux sont à prévoir au Canada

En juin, les taux des obligations du gouvernement du Canada à dix ans ont progressé depuis leurs plus bas niveaux de l’année pour s’établir à 1,63 % tandis que la croissance au premier trimestre s’est avérée supérieure aux attentes et les banques centrales ont conclu que les politiques monétaires avaient eu les effets escomptés1. La Banque du Canada (BdC) se montre moins inquiète à l’égard de la politique commerciale américaine et un autre repli marqué des prix du pétrole, et semble plutôt préoccupée par une diminution de la capacité excédentaire. Cet optimisme pourrait s’avérer un peu exagéré, car l’inflation demeure très faible. Nous demeurons donc très attentifs aux positions qu’adoptera la BdC, et nous nous attendons à un relèvement des taux d’intérêt au Canada.

États-Unis

Pour un troisième mois de suite, l’inflation aux États-Unis a surpris par sa faiblesse. Bien que nous nous attendions à ce que la croissance américaine maintienne un bon rythme, l’inflation demeurera probablement faible pour les mois à venir, et progressera seulement en 2018. Selon nous, les récentes données sur l’inflation ne retarderont pas la mise en œuvre du projet de la Réserve fédérale de diminuer ses achats d’obligations, prévue pour septembre. Cela dit, la date du prochain relèvement du taux des fonds fédéraux dépendra en grande partie des prochaines données sur l’inflation. Si cette dernière demeure faible, la prochaine hausse pourrait avoir lieu seulement vers la mi-2018.

Europe

Nos prévisions à l’égard des titres à revenu fixe européens de base demeurent pessimistes, car la Banque centrale d’Europe (BCE) reconnait maintenant qu’une reprise se confirme dans la zone euro et que sa politique monétaire doit être ajustée en conséquence. Nous préférons donc concentrer nos placements à court terme dans le compartiment des titres à 10 ans de la courbe des taux. La volonté d’agir de la BCE malgré une inflation des salaires inexistante a pris les marchés obligataires de court et pourrait exercer une pression sur les obligations de base détenues à long terme.

Chine

La courbe des taux des obligations d’État de la Chine continentale s’est inversée en mai; les obligations à court terme ont surpassé les obligations à long terme dans un contexte de resserrement des conditions de liquidité à court terme. Toutefois, elle s’est de nouveau inversée après que le ministère des Finances ait acheté des obligations d’État de la Chine continentale à un an pour la première fois en juin. Nous sommes d’avis que cela envoie un signal important au sujet du rôle que joue le gouvernement dans la gestion de la courbe des taux de ces titres. Compte tenu du désendettement qui se poursuit, nous nous attendons à un ralentissement généralisé de la croissance du crédit au troisième trimestre, qui aura probablement un effet négatif sur la croissance économique lors du deuxième semestre de cette année. Selon nous, les taux des obligations d’État à court terme pourraient subir les fluctuations de la liquidité interbancaire, mais nous nous attendons à plus de stabilité et des résultats supérieurs du côté des obligations à long terme au cours de la deuxième moitié de 2017.

Japon

L’économie japonaise continue de connaître une croissance supérieure à son potentiel, principalement à cause d’un accroissement de la consommation, et le taux de chômage s’est replié pour s’établir à 2,8 %2. Les salaires devront continuer d’augmenter pour que l’économie nipponne poursuive sur sa lancée, et il y a fort à parier que le premier ministre Abe prendra les mesures nécessaires pour que cette tendance se maintienne. Cette amélioration de l’économie japonaise n’est pas passée inaperçue. Le Fonds monétaire international a récemment affirmé que la politique économique du gouvernement Abe était un « succès », mais a toutefois émis une mise en garde contre des mesures de resserrement budgétaire et la fin de la politique d’assouplissement monétaire. Nous nous attendons à ce que cette dernière demeure inchangée pour l’instant, mais que la Banque du Japon diminuera discrètement ses achats d’actifs, si les conditions s’avèrent favorables.

Royaume-Uni

Le résultat de l’élection générale tenue au Royaume-Uni en juin a surpris tout le monde. On croyait qu’aucun parti ne serait en mesure de se poser en rival sérieux aux conservateurs, mais l’élection s’est avérée beaucoup plus serrée que prévu. À l’issue du scrutin, le Parti conservateur a perdu sa majorité, et ce n’est que grâce à une alliance avec le Parti unioniste démocrate qu’il a réussi à conserver le pouvoir. Au Royaume-Uni, bon nombre de coalitions ayant une si mince majorité se sont par le passé dissoutes en moins d’un an. Si la première ministre May souhaite échapper à cette tendance, elle devra parvenir à plus de compromis qu’auparavant, non seulement avec les partis d’opposition, mais aussi avec ses propres députés.

Cette situation pourrait s’avérer intenable, et la possibilité que son leadership soit contesté ou qu’une autre élection ait lieu cette année ne peut pas être écartée. À court terme, nous nous attendons à ce que beaucoup d’engagements préélectoraux fermes soient mis en sourdine et qu’une approche plus conciliante soit adoptée dans le cadre des négociations sur le Brexit. Ces dernières seront vraisemblablement houleuses au départ, mais la sagesse finira selon nous par l’emporter et le Royaume-Uni acceptera, dans le pire des cas, un Brexit « doux ». Il y a aussi une probabilité accrue que le Royaume-Uni demeura au sein de l’Union européenne. Nous sommes d’avis que la Banque d’Angleterre maintiendra ses taux d’intérêt et que les obligations d’État britanniques dégageront à court terme des résultats inférieurs à ceux des obligations du Trésor américain.

Australie

Comme prévu, la Banque de réserve d’Australie (BRA) a maintenu son taux directeur à 1,50 % lors de sa réunion du 6 juin. Dans son communiqué, elle s’est montrée plutôt optimiste au sujet des perspectives économiques du pays, mais elle a admis que la croissance du premier trimestre serait faible. Le taux de chômage a baissé et s’est établi à 5,5 % en mai, un nouveau creux cyclique3. La BRA continue de se montrer inquiète au sujet de l’endettement sur le marché de l’habitation, et n’abaissera probablement pas les taux d’intérêt pour cette raison. La faiblesse persistante de l’inflation devrait quant à elle éliminer toute possibilité de relèvement des taux. Nous conservons une pondération neutre à l’égard des taux d’intérêt australiens, car nous sommes d’avis que la BRA maintiendra ses taux au niveau actuel dans un avenir prochain.

S'abonner au blogue

Abonnez-vous pour être informé sur la publication de : *


Voulez-vous vous abonner an anglais?

Abonnez-vous pour recevoir des courriels d’Invesco Canada Ltée au sujet de ce blogue. Pour vous désabonner, veuillez nous envoyer un courriel à blog@invesco.ca ou communiquez avec nous.

1 Source : Bloomberg L.P., au 19 juin 2017.

2 Source : Ministère des Affaires intérieures, 29 mai 2017.

3 Source : Australian Bureau of Statistics, 15 juin 2017.

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *