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Marina Pomerantz & Neeraj Khosla | 27 mars 2018

Pourquoi les véritables tenants de la gestion active ne craignent pas les hausses de taux?

Alors que les taux d’intérêt commencent à augmenter, de nombreux investisseurs se demandent quel sera l’impact, le cas échéant, des hausses de taux sur leurs portefeuilles. Nous avons demandé à Marina Pomerantz, gestionnaire de portefeuille de l’équipe des actions mondiales Trimark, et à Neeraj Khosla, analyste des placements dans les actions des marchés émergents (ME) de la même équipe, de nous donner leur point de vue sur la conjoncture de taux d’intérêt.

Mettre les choses en perspective

Marina : J’aimerais d’abord remettre les choses dans leur contexte. Les médias parlent beaucoup des taux d’intérêt et je crois qu’il est important de se rappeler que les taux d’intérêt augmentent graduellement partout dans le monde. Historiquement, la plupart des récessions sont survenues après une augmentation soudaine et plutôt inattendue des taux d’intérêt, ce qui n’est pas le cas en ce moment, car les banques centrales mondiales ont tendance à annoncer leurs intentions à l’avance.

La deuxième chose à ne pas oublier, à mon avis, est la raison pour laquelle les taux d’intérêt augmentent. Dans la conjoncture actuelle, l’économie mondiale s’améliore sur le plan fondamental, ce qui fait grimper les taux. En règle générale, le taux de chômage est en baisse, alors que les salaires et les prix des actifs augmentent, ce qui crée un effet de richesse. Ensemble, ces facteurs favorisent la croissance économique. Somme toute, l’inflation demeure moins néfaste que ce que les manchettes laissent entendre, car les mesures d’inflation de base des 12 à 18 derniers mois sont plutôt modérées et le prix de l’énergie se maintient dans une fourchette restreinte.

Neeraj : Au cours des dix dernières années, les évaluations des titres des ME ont été soutenues par la conjoncture de faibles taux d’intérêt. En raison de la conjoncture de taux de rendement extrêmement bas, les investisseurs se sont tournés vers des placements qui offrent des rendements plus élevés, ce qui a injecté des capitaux dans de nombreux pays des ME.

Impact futur des taux d’intérêt

Marina : Nous sommes des investisseurs à long terme qui privilégient la qualité. Habituellement, notre méthode de placement ne révèle pas beaucoup d’entreprises qui répondent à nos critères dans les secteurs comme celui des services aux collectivités, des télécommunications ou de l’immobilier. Ce sont généralement des secteurs à forte intensité de capital et les entreprises qui s’y trouvent comptent principalement sur les emprunts pour se financer.

Nous avons tendance à privilégier les entreprises à faible effet de levier et les modèles d’affaires à faible intensité capitalistique qui les rendent moins sensibles aux hausses des taux d’intérêt. Essentiellement, si le coût d’emprunt augmente, les entreprises qui empruntent moins devraient performer de façon plus constante lorsque les taux augmentent.

Neeraj : Lorsque la politique monétaire sera revenue à la normale, la conjoncture de faibles taux d’intérêt ne devrait plus soutenir les évaluations boursières des ME. Plus la politique monétaire va revenir à la normale, plus les rendements boursiers devraient dépendre du comportement de chaque titre, selon les caractéristiques fondamentales sous-jacentes des sociétés émettrices, les bénéfices et l’accroissement des flux de trésorerie.

Nous prenons bien sûr en considération tous ces facteurs économiques et boursiers généraux, mais du point de vue de la gestion des fonds, nous retenons uniquement les sociétés de grande qualité dotés d’avantages concurrentiels viables, d’une bonne croissance interne, d’un taux de conversion du flux de trésorerie disponible attrayant et de rendements élevés du capital investi. Cette méthode nous donne confiance dans les entreprises dans lesquelles nous investissons, car nous savons qu’elles seront en mesure de procurer une croissance durable des bénéfices à toutes les étapes du cycle du marché.

Marina : Nous consacrons la majeure partie de notre temps à débusquer des entreprises qui répondent à nos critères de placement et à chercher à les comprendre réellement. Chaque société ajoutée au fonds est choisie d’après la qualité de l’entreprise sous-jacente, la viabilité de ses avantages concurrentiels et son attrait en fonction de l’évaluation que nous lui attribuons.

Nous prenons en considération les facteurs macroéconomiques lorsque nous concevons des modèles d’évaluation pour les entreprises dans lesquelles nous investissons. Nous nous efforçons de tenir compte du caractère cyclique de chaque titre dans nos prévisions et évaluons la capacité qu’a la société d’accroître sa marge brute d’autofinancement sur un cycle de marché complet. Cela nous amène à construire des portefeuilles constitués de nos meilleures idées de placement à long terme, peu importe ce qu’il adviendra à long terme. Si vous avez des questions pour Marina ou Neeraj, n’hésitez pas à nous les poser dans la section des commentaires ci-dessous.

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