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Christopher Doll | 9 août 2016

Questions et réponses : Comprendre les placements à faible volatilité

L’instabilité croissante des marchés et un regain d’incertitudes à l’échelle mondiale plaident en faveur des placements à faible volatilité, une approche intéressante pour les investisseurs cherchant une exposition aux actions moyennant un risque réduit.

L’« anomalie » de faible volatilité évoquée ci-dessous a été identifiée par des recherches approfondies menées pendant plusieurs années par la firme S&P Dow Jones et certains universitaires de rang international. Au départ, les placements à faible volatilité étaient perçus par la plupart comme une façon de conserver une exposition à risque moindre au marché boursier. Après les évolutions des dernières années, cette démarche consiste maintenant à appliquer des répartitions stratégiques et des décisions tactiques aux portefeuilles des investisseurs.

Nous avons récemment interrogé deux experts des indices S&P Dow Jones dans le cadre d’une conversation approfondie portant sur les bases des placements à faible volatilité. Ils nous ont également renseignés à la fois sur la façon d’évaluer ce facteur et sur la façon de le mettre en œuvre dans les portefeuilles.

Voici la première des trois parties de la conversation que nous avons eue avec Craig Lazzara, responsable mondial de la stratégie d’investissement indiciel et Shaun Wurzbach, responsable mondial de la gestion du canal des conseillers financiers, pour le compte des Indices S&P Dow Jones.

Ne manquez pas nos prochaines communications sur les placements à faible volatilité destinées aux investisseurs et à leurs conseillers aux fins d’élaborer des portefeuilles et voyez comment l’élaboration indicielle peut influer sur les rendements.

Chris : Sur quelle théorie les placements à faible volatilité reposent-ils?

Craig : L’approche est née d’une observation qui contredit une hypothèse pourtant communément admise, selon laquelle on ne peut espérer de rendement élevé sans prendre un risque important.

Toutefois, les actions à risque élevé et à volatilité élevée n’ont tout simplement pas surclassé dans la durée celles affichant davantage de stabilité. Cette hypothèse de corrélation du rendement au risque ne s’est en fait pas vérifiée dans nos recherches. En outre, certaines études universitaires ont démontré que de nombreuses actions n’enregistraient pas nécessairement le niveau de volatilité élevé qu’on leur prêtait, faisant ainsi naître plusieurs théories. Il est en tout cas fréquent aux États-Unis, au Canada et ailleurs dans le monde de voir les actions les moins volatiles surclasser le marché au fil du temps. C’est la quintessence du facteur de faible volatilité.

Par définition, les actions à faible volatilité présentent un risque de dépréciation inférieur aux autres actions (à volatilité moyenne ou élevée). Personne ne peut donc s’imaginer qu’elles généreront un rendement excédentaire puisqu’elles ne comportent pas de risque élevé. C’est la raison pour laquelle on parle souvent d’« anomalie » de faible volatilité. En d’autres termes, les données observées peuvent difficilement être expliquées par des théories ou des hypothèses communément admises.

Chris : Considérez-vous cette faible volatilité comme un réel facteur ou pensez-vous qu’il s’agit d’une anomalie?

Craig : En fait, l’un et l’autre. Il s’agit clairement d’un facteur déterminant pour obtenir des rendements excédentaires, mais contrairement aux autres facteurs (historique, qualité, capitalisation…), il ne se justifie par aucune explication probante et peut donc être qualifié d’anomalie.

Chris : Si l’historique des marchés boursiers paraît en faveur des stratégies à faible volatilité, pourquoi les investisseurs continuent-ils de se tourner vers les placements plus risqués?

Craig : L’analyse économique comportementale révèle que les décisions ne sont pas rationnelles, mais que les individus commettent systématiquement des erreurs en raison de dissonances cognitives. Lorsque nous analysons la faible volatilité, nous tenons particulièrement compte de cette notion, qui peut également se résumer par la « préférence pour les loteries ».

Cette dissonance explique la popularité irrationnelle des loteries dans nos sociétés. L’avantage potentiel tiré de l’achat d’un billet de loterie est négatif. En conséquence, aucun être rationnel ne devrait jouer à la loterie et logiquement toute activité basée sur un tirage au sort devrait être vouée à l’échec, partout dans le monde. Or, comme nous le savons, des milliards de dollars sont dépensés chaque année en billets de loterie. La science économique classique n’a aucune explication pour ce phénomène, mais les économistes comportementaux estiment que certaines personnes acceptent de risquer un montant donné en contrepartie de la possibilité, même extrêmement faible, de gagner une somme d’argent colossale.

Si nous appliquons cet enseignement aux marchés financiers, quel serait l’équivalent d’un billet de loterie? Probablement une action à relativement forte volatilité dont le prix est assez faible, mais qui pourrait être le prochain Apple ou Google.

Certains investisseurs recherchent la volatilité en tant que telle, peu importe l’évaluation du titre ou leur perception de l’entreprise en termes de qualité ou de potentiel de croissance. À cause de ces investisseurs attirés par la volatilité, certaines actions deviennent exagérément onéreuses par rapport à celles qui n’inspirent pas le même entrain. L’argument de fonds à propos de la faible volatilité demeure qu’investir systématiquement ailleurs que dans les actions volatiles peut générer des rendements supérieurs.

Shaun : Chris, j’ajouterai même un point important sur la question comportementale. Il a été dit qu’une personne peut ressentir à la fois de la crainte et de la cupidité. À bien des égards, je pense qu’une approche basée sur des règles rigoureuses a fortement contribué au succès des stratégies à faible volatilité. Chez S&P, nous effectuons des sélections et recourons à une méthodologie de pondération basée sur l’écart type de l’année précédente, tout en appliquant un rééquilibrage trimestriel. En tant que fournisseurs d’indices, nous n’avons pas de parti pris sur une société ou un secteur. C’est la raison pour laquelle de nombreux investisseurs et conseillers nous font confiance.

À venir

Dans les deux épisodes suivants de ma conversation avec MM. Lazzara et Wurzbach, nous expliquerons dans quelle mesure les stratégies à faible volatilité peuvent offrir les deux « P » (participation et protection par rapport au risque de perte) et nous évaluerons les avantages potentiels d’une approche à faible volatilité sans contrainte basée sur des classements.

Si vous avez des commentaires ou des questions, vous pouvez les inscrire dans le champ ci-dessous.

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