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Christopher Doll | 2 septembre 2016

Questions et réponses : Les stratégies à faible volatilité s’équivalent-elles toutes?

Alors que la volatilité boursière persiste, les investisseurs de partout dans le monde sont à la recherche d’outils, de stratégies et de solutions visant à réduire le risque général tout en profitant des récompenses des placements dans les actions. Les stratégies à faible volatilité sont devenues des outils utiles pour bon nombre d’investisseurs et de conseillers, mais sont-elles toutes équivalentes?

Nous nous sommes récemment entretenus avec deux experts des indices S&P Dow Jones – Craig Lazzara, responsable mondial de la stratégie d’investissement indiciel et Shaun Wurzbach, responsable mondial de la gestion du canal des conseillers financiers – pour discuter en profondeur des placements à faible volatilité.

Dans la première partie, Questions et réponses : Comprendre les placements à faible volatilité, nous avons traité de la création, de la mise au point et du fonctionnement des stratégies à faible volatilité.

Voici le deuxième épisode de cette conversation à trois volets. Ne manquez pas la troisième partie qui portera sur la réalisation d’idées démontrant les rôles potentiels que les placements à faible volatilité peuvent jouer dans un portefeuille.

Chris : Les indices à faible volatilité sont-ils tous créés de la même façon?

Craig : Non. Il existe deux façons élémentaires de bâtir un portefeuille à faible volatilité. La première, et la plus ancienne, est généralement appelée « méthode à variance minimale ». La deuxième constitue une méthode sans contrainte reposant sur des classements qui mesure la volatilité à l’aide de l’écart-type. La méthode à variance minimale cherche à produire un indice affichant la volatilité absolue la plus faible, selon certains critères, et ne s’éloigne jamais de son indice de référence au-delà de ces contraintes.

Comme son nom l’indique, la méthode sans contrainte, qui est basée sur des classements, n’a aucune contrainte sectorielle ou géographique. De ce fait, elle peut changer de façon dynamique en fonction des renseignements les plus récents et peut déroger de son indice de référence selon la volatilité, et non pas les contraintes de l’indice. Elle se concentre efficacement sur les titres véritablement à faible volatilité. Les indices S&P que PowerShares Canada utilise font tous appel à une méthode sans contrainte basée sur des classements.

Chris : Quelles sont les différences sur le plan du rendement entre les deux méthodes?

Craig : Il y a plus de cinq ans lorsque nous avons effectué les recherches qui ont menées à la création de l’indice S&P 500 Low Volatility, nous avons découvert que les deux méthodes génèrent des rendements assez similaires, mais que leurs profils de rendement diffèrent.

En effet, au cours de périodes où les marchés sont volatils, la méthode basée sur des classements a tendance à obtenir de meilleurs rendements. Ce surclassement n’est pas directement lié aux classements, mais constitue plutôt le résultat des contraintes de la solution à variance minimale. La méthode à variance minimale est souvent appelée « optimisation sous contraintes » et, selon moi, les contraintes constituent l’élément le plus important à prendre en considération, pas l’optimisation.

Chris : Pouvez-vous nous donner des exemples précis?

Craig : Absolument. Aux États-Unis, entre 2000 et 2002, le secteur de la technologie représentait entre 25 % et 30 % de l’indice S&P 500. À ce moment-là, une méthode à variance minimale aurait nécessité qu’un portefeuille détienne entre 20 % et 25 % de titres technologiques au moment de la dégringolade. Par contre, une méthode basée sur des classements aurait pu éviter totalement ce secteur1.

La même situation s’applique à la crise financière de 2008. La méthode d’optimisation des contraintes à variance minimale aurait été exposée à environ 15 % aux sociétés financières lors de leur chute, tandis que la méthode basée sur des classements aurait affiché une pondération d’environ 3 % à ce secteur1.

Sa capacité à éviter les secteurs en difficulté a, par le passé, avantagé la méthode basée sur des classements lors de replis boursiers.

Cela signifie également que la méthode à contraintes devrait obtenir de meilleurs rendements au cours de marchés haussiers. Lors de nos recherches, nous avons mis l’accent sur les raisons pour lesquelles les investisseurs sont intéressés par des stratégies à faible volatilité. S’ils sont à la recherche d’une protection contre les replis boursiers, il convient d’utiliser la méthode qui présente cet avantage.

Shaun : Au bout du compte, nous avons choisi notre stratégie de sélection et de pondération des titres en fonction de sa simplicité et de sa transparence.

Chris : Quels sont les avantages et les inconvénients de l’utilisation de l’écart-type au lieu du bêta pour mesurer la volatilité?

Craig : Nous avons examiné les deux méthodes dans le cadre de nos recherches et elles se ressemblent beaucoup. Honnêtement, nous avons été surpris d’opter pour l’écart-type au lieu du bêta puisque, à cette époque, nous travaillions également sur l’indice S&P 500 High Beta et certains d’entre nous estimions qu’il serait sensé d’utiliser des méthodes symétriques. Toutefois, nos recherches et les données en résultant ont indiqué clairement que l’utilisation de l’écart-type permet de mieux réduire la volatilité.

Chris : Pourquoi est-ce le cas?

Craig : Certains des titres d’un portefeuille à faible volatilité et d’un portefeuille à faible bêta seraient les mêmes. Quelle est donc la différence? Dans un portefeuille à faible bêta, on trouve des titres qui ne sont pas liés étroitement à l’ensemble du marché, mais qui peuvent poser des risques considérables uniques ou idiosyncratiques. Cela rend les portefeuilles à faible bêta potentiellement plus risqués puisque l’écart-type cherche à réduire la volatilité générale, sans se soucier de la source, qu’elle soit liée au marché ou idiosyncratique. Par ailleurs, une méthode à faible bêta met uniquement l’accent sur la réduction de la volatilité liée au marché. Cela veut dire que les portefeuilles basés sur des critères à faible bêta pourraient toujours comprendre des titres posant des risques idiosyncratiques élevés malgré leur faible bêta, ou exclure des titres à très faible volatilité en raison de leur bêta moyen.

Nos recherches approfondies nous ont montré qu’une méthode sans contrainte utilisant l’écart-type procure de la transparence, de la simplicité et une faible volatilité véritable qui tient compte de tous les types de risque.

À venir

Le prochain et dernier volet de notre conversation avec Craig et Shaun portera sur la façon dont les stratégies à faible volatilité peuvent offrir les deux « P » – la participation et la protection contre le risque de perte – et présentera des idées d’élaboration de portefeuille que les épargnants et les conseillers pourraient envisager.

N’hésitez pas à me faire part de commentaires ou de questions ci-dessous.

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1 Source : Indices S&P Dow Jones.

L’écart-type constitue une mesure statistique de l’écart de variabilité autour de la moyenne. Plus le chiffre est élevé, plus la volatilité historique est élevée et plus le risque potentiel est élevé.
Le risque idiosyncratique constitue les facteurs de risque associés à un actif en particulier (comme une action et non un portefeuille de placement) au niveau microéconomique. Le risque idiosyncratique a peu ou pas de corrélation avec le risque du marché.
Le bêta mesure la volatilité d’un titre par rapport au marché. Un indice pertinent à la catégorie de placement du titre est utilisé pour représenter le marché, et on considère que son bêta est de 1,00. De ce fait, si une société a un bêta de 1,50, cela signifie qu’elle a, par le passé, affiché 50 % plus de volatilité que le marché au cours de la période.

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