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Kristina Hooper | 6 décembre 2017

Six grands enjeux à surveiller en décembre

Le dernier mois de 2017 a commencé et les marchés sont encore confrontés à une longue liste d’enjeux non résolus qui vont donner le ton à la nouvelle année. Voici six enjeux cruciaux que je vais surveiller de près :

1. En bout de ligne, à quoi ressemblera le projet de loi américain sur la réforme fiscale?

Aux petites heures du matin samedi dernier, le Sénat américain a adopté sa version du projet de loi sur la réforme fiscale. Tant de révisions ont été faites dans les heures qui ont précédé l’adoption du projet de loi (et tant de promesses ont été faites pour obtenir le vote de certains sénateurs) que nous n’avons pas fini de découvrir tout ce qu’il contient. Il sera fort probablement confié à un comité chargé de regrouper les deux versions du projet de loi, celle de la Chambre des représentants et celle du Sénat. Les éléments les plus importants du projet de loi, en l’occurrence la réduction du taux d’imposition des sociétés à 20 % et l’imputation des dépenses en capital, semblent intacts. Ce sont les éléments qui, comme je le dis depuis longtemps, sont nécessaires pour que le marché boursier se maintienne à des seuils aussi élevés et qui devraient favoriser la croissance économique à plus long terme. Et, si les entreprises augmentent leurs dépenses en immobilisations, je crois qu’il y a de fortes chances que la productivité s’améliore considérablement.

2. Le gouvernement américain sera-t-il paralysé?

Tous les projecteurs étaient tournés vers le projet de loi américain sur la réforme fiscale et rares sont ceux qui se sont intéressés au 8 décembre, date butoir du financement des dépenses de l’État, un enjeu pourtant très important. Il a été rapporté la semaine dernière que le président américain Donald Trump affirmait que la paralysie du gouvernement jouerait en sa faveur, puisqu’on pourrait blâmer les démocrates. Cependant, le chef de la majorité au Sénat américain, Mitch McConnell, a rassuré la population pendant la fin de semaine en déclarant qu’il n’entrevoyait pas de paralysie du gouvernement. Or, contrairement au projet de loi fiscal, pour obtenir assez de votes afin de pouvoir continuer à financer les dépenses de l’État et relever le plafond de la dette publique, les républicains vont devoir rallier le vote de certains démocrates. Nous allons suivre de près l’évolution de la situation.

3. Est-ce que la croissance économique mondiale va soutenir les actions?

La croissance continue de réserver d’agréables surprises à de nombreuses régions du monde et les statistiques rendues publiques la semaine dernière le confirment. Par exemple, l’indice final des gestionnaires en approvisionnement du secteur manufacturier (PMI) de la zone euro en novembre s’établissait à 60,1 points1 et la situation du marché du travail des 19 pays de la zone euro s’est nettement améliorée. Au mois d’octobre, le taux de chômage de la région s’élevait à 8,8 %, en baisse par rapport au taux de 8,9 % enregistré le mois précédent et versus 9,8 % en octobre 2016.2 C’est le taux de chômage le plus bas en plusieurs années. Au Japon, l’indice PMI manufacturier se chiffrait à 53,6 points en novembre, du jamais vu depuis plusieurs années.1 Par ailleurs, certains pays des marchés émergents enregistrent aussi une forte croissance. Au Brésil, le produit intérieur brut réel (PIB) poursuit sa remontée, en hausse de 1,4 % sur douze mois pour le troisième trimestre.3 C’est là une amélioration substantielle en à peine quelques années. De même, le PIB réel de l’Inde s’est également amélioré pendant le trimestre de juillet à septembre, pour atteindre 6,3 % sur douze mois.4 La croissance mondiale est l’un des deux principaux leviers qui, selon moi, vont soutenir les cours boursiers dans les mois à venir.

4. Que se passera-t-il du côté de la Corée du Nord?

La semaine dernière, la Corée du Nord a procédé au lancement d’un missile balistique intercontinental (MBI) capable de voler plus haut et plus loin que les précédents avant de tomber dans la Mer du Japon. Il est évident que la Corée du Nord améliore rapidement ses capacités nucléaires et qu’elle peut prétendre pouvoir frapper les États-Unis avec une arme nucléaire. La fin de semaine dernière, le sénateur républicain de la Caroline du Sud, Lindsey Graham, a déclaré qu’il commence à se faire tard pour se préparer à la guerre. Il a dit ceci : « Nous approchons d’un conflit armé parce que la Corée du Nord est en voie de parvenir à installer des armes nucléaires sur ses MBI qui sont non seulement capables d’atteindre l’Amérique, mais aussi de larguer les armes ». Cependant, avant d’envisager une intervention militaire, espérons que les États-Unis et leurs alliés auront recours à l’option des sanctions économiques contre la Corée du Nord, en particulier du côté de la Chine et de la Russie.

5. La Réserve fédérale américaine va-t-elle modifier sa politique monétaire?

La semaine dernière, la Maison-Blanche a annoncé la nomination de Marvin Goodfriend au poste de gouverneur de la Réserve fédérale américaine (Fed). Cela donne à penser que le Federal Open Market Committee pourrait adopter une attitude diamétralement opposée l’an prochain, étant donné que M. Goodfriend était très critique à l’égard de l’assouplissement quantitatif et a toujours préconisé une politique monétaire davantage axée sur des règles. On peut s’attendre à ce qu’il s’empresse de réduire la taille du bilan de la Fed ou, du moins, à ce que la Fed adopte une position plus belliciste, surtout si l’on assiste à d’autres nominations comme celle de M. Goodfriend. Bref, la nomination de M. Goodfriend va probablement alimenter le climat d’incertitude en matière de politique monétaire qui règne actuellement.

6. Un accord sur le Brexit peut-il être conclu?

La Grande-Bretagne et l’Union européenne semblent avoir réalisé des progrès la semaine dernière dans le dossier du projet de loi sur le divorce. Cependant, la frontière de l’Irlande du Nord est une source de désaccord. Les enjeux sont de plus en plus grands, alors que la première ministre britannique Theresa May va rencontrer lundi le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. L’Union européenne continue de jouer du coude; le président du Conseil européen Donald Tusk a déclaré que M. Juncker doit être convaincu que d’importants progrès ont été réalisés sur la question frontalière avant que les négociations sur le Brexit puissent se poursuivre. Chaque minute compte et cela laisse peu de place à l’erreur.

En résumé, le mois de décembre s’annonce très occupé et la tournure des événements risque d’avoir des retombées considérables sur l’économie et les marchés.

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1 Source : IHS Markit
2 Source : Eurostat
3 Source : Reuters
4 Source : Bloomberg L.P.
L’indice des gestionnaires en approvisionnement (PMI), indicateur souvent utilisé pour mesurer la santé économique du secteur manufacturier, est calculé par l’organisme Institute of Supply Management.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de Kristina Hooper au 4 décembre 2017. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas le rendement. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas de ces estimations.

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