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Kristina Hooper | 30 août 2017

Survol des marchés : Les pressions sur les marchés boursiers s’intensifient

Les cours boursiers mondiaux ont été relativement stables la semaine dernière. Cependant, les marchés boursiers américains se sont repliés pour une deuxième semaine consécutive1. La crainte était palpable sur les marchés des capitaux américains, comme en témoigne la hausse de l’indice de volatilité VIX et le taux des bons du Trésor américain à 10 ans, qui demeure bas. La semaine dernière, ce sont les actions des marchés émergents qui sont sorties du lot.

Après un court répit, les tensions avec la Corée du Nord ont repris de plus belle

La diminution des tensions entre la Corée du Nord et les États-Unis a enlevé de la pression sur les actions mondiales, alors que le dictateur nord-coréen Kim Jong-un a semblé faire marche arrière après l’escalade verbale de la semaine précédente. Cependant, l’accalmie a été de courte durée, parce que la Corée du Nord est très préoccupée par les jeux de guerre annuels des États-Unis et de la Corée du Sud qui devraient débuter cette semaine dans la péninsule coréenne. D’autres pays ont demandé aux États-Unis et à la Corée du Sud de reporter ou de modifier radicalement leurs exercices cette année à la lumière des tensions des derniers temps et par crainte que les exercices n’augmentent le risque d’une erreur ou d’une mauvaise interprétation, ou les deux, qui pourrait déclencher une chaîne d’événements regrettables. Malgré cela, les exercices militaires Ulchi Freedom Guardian auront lieu comme prévu.

Les manœuvres, auxquelles apparemment plus de 15 000 soldats américains et plus de 50 000 soldats sud-coréens participent, visent à améliorer la prise de décisions conjointes et la planification entre les deux pays et à améliorer l’état de préparation. Comme tous les autres exercices militaires, ces manœuvres comportent un élément de démonstration de force. La décision d’aller de l’avant avec les manœuvres militaires a poussé la Corée du Nord à reprendre sa rhétorique dimanche soir; elle a servi un avertissement disant que ces exercices de guerre « constituent un comportement imprudent qui risque de déclencher la phase incontrôlable d’une guerre nucléaire ». La Corée du Nord a menacé de lancer une « frappe impitoyable » contre les États-Unis. La situation a probablement été envenimée par la diffusion, la semaine dernière, d’une entrevue avec l’ancien stratège de la Maison-Blanche, Steve Bannon. Cette entrevue a peut‑être nui à la capacité des États-Unis de négocier d’égal à égal avec la Corée du Nord, car M. Bannon a déclaré qu’il n’y a pas de solution militaire à la menace que représente la Corée du Nord, ce qui laisse entendre que les propos tenus par le président Donald Trump la semaine dernière, à savoir que les États-Unis n’hésiteront pas à riposter contre la Corée du Nord, étaient sans fondement. Par conséquent, cette semaine, il se peut qu’on assiste à une reprise des pressions sur les actions mondiales.

Les actions américaines semblent vulnérables

Aux États-Unis, les marchés boursiers ont subi les conséquences des événements tragiques de Charlottesville en Virginie et, plus précisément, les rumeurs de démission de Gary Cohn, directeur du Conseil économique national. M. Cohn est perçu comme un élément essentiel à l’adoption de la loi sur la réforme fiscale, ce qui explique la réaction négative aux rumeurs entourant sa démission, lesquelles ont été démenties par la suite. Le comportement des marchés la semaine dernière est conforme à ma perception, à savoir que les marchés boursiers américains sont évalués en fonction de la « perfection législative », soit l’hypothèse selon laquelle le programme législatif du président américain sera adopté dans son intégralité, ce qui les rend vulnérables.

À l’envers de la médaille, il semble que les actions américaines aient été soutenues la semaine dernière par la publication du procès-verbal de la réunion de juillet du Federal Open Market Committee (FOMC). Ce procès-verbal montre que la Réserve fédérale américaine (la « Fed ») est peut-être un peu plus hésitante à relever les taux d’intérêt en raison de la récente vague de faible inflation. On craint de plus en plus que l’inflation ne soit pas passagère comme on l’avait présumé à l’origine. D’après le procès-verbal du FOMC : « De nombreux participants… ont cru à la possibilité que l’inflation puisse demeurer en-deçà de 2 % pendant plus longtemps qu’ils ne l’avaient anticipé » et plusieurs ont même indiqué que « les risques liés aux perspectives d’inflation pourraient avoir diminué ». Cela étant dit, le FOMC semble disposé à amorcer la normalisation du bilan en faisant fi de l’opinion de la présidente du conseil de la Fed, Janet Yellen, qui juge que cela pourrait « se faire en coulisses » pendant que la Fed concentre ses énergies sur son principal outil de gestion de la politique monétaire : le taux des fonds fédéraux. Et, évidemment, puisque les décisions de la Fed en matière de politique monétaire reposent sur les statistiques économiques, on peut s’attendre à une hausse des taux d’intérêt aux États-Unis d’ici la fin de l’année. Tout va dépendre de ce que les statistiques économiques nous réservent cet automne.

Le procès-verbal de la plus récente réunion de la Banque centrale européenne (BCE) a aussi été rendu public la semaine dernière. Il fait état de craintes entourant une forte appréciation de la devise. Étant donné la vigueur de l’euro et le faible taux d’inflation, la BCE va probablement tenter de faire chuter la valeur de l’euro et pourrait y penser à deux fois avant de réduire les mesures d’assouplissement quantitatif. J’ai l’impression que, lorsqu’elle va annoncer son plan de retrait graduel, elle va s’inspirer de la Fed et procéder avec énormément de délicatesse et de circonspection.

Je tiens à souligner que, dans son procès-verbal, le FOMC a une fois de plus soulevé des craintes à l’égard de l’évaluation du marché boursier américain : « Depuis l’évaluation d’avril, les vulnérabilités associées aux pressions exercées sur l’évaluation des actifs sont passées de notables à élevées, car les cours boursiers sont demeurés forts ou ont continué d’augmenter, les primes de risque ont diminué et la volatilité attendue et réelle est restée faible dans plusieurs marchés financiers. » Cet autre argument corrobore ma perception, à savoir que les actions sont évaluées dans une perspective de perfection législative.

En réalité, les actions américaines pourraient continuer d’obtenir de bons rendements pendant un certain temps encore, étant donné qu’un certain nombre de facteurs soutiennent le marché, à commencer par la politique monétaire accommodante. Cependant, je crois que si l’on compare le marché boursier américain à la zone euro et aux marchés émergents, on voit le bien-fondé d’investir dans la zone euro et dans les marchés émergents, dont le potentiel de gain est sans contredit plus élevé.

  • Les actions de la zone euro pourraient bénéficier de l’amélioration de la conjoncture macroéconomique. Rien que la semaine dernière, on a appris que l’économie de la zone euro a enregistré un taux de croissance annualisée de 2,5 % sur douze mois pour le deuxième trimestre2.
  • Les actions des marchés émergents sont elles aussi très attrayantes, les valorisations sont moins élevées, la croissance est plus forte et on pourrait assister à des réformes dans certaines grandes économies. Par exemple, dans les prévisions de croissance du Fonds monétaire international (FMI) rendues publiques en juillet 2017, le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) des économies avancées devrait s’établir à 2 % en 2017, alors que la croissance du PIB des marchés émergents pourrait atteindre 4,6 %. En 2018, les prévisions de croissance du PIB font état de 1,9 % dans les économies avancées et de 4,8 % dans les marchés émergents. De plus, l’évaluation des titres est généralement plus avantageuse dans les marchés émergents que dans les pays développés : l’indice MSCI Marchés émergents à l’heure actuelle affiche un ratio cours-bénéfice (C/B) prévisionnel de 12,53 fois les bénéfices. En comparaison, les indices MSCI EAEO et S&P 500 ont des ratios C/B prévisionnels de 14,81 et 18,04 fois les bénéfices (au 31 juillet 2017)3.

À surveiller

Les investisseurs ont énormément d’éléments à surveiller. À mon avis, le plus important est le congrès de la Fed de Kansas City à Jackson Hole. Des discours célèbres ont été prononcés à Jackson Hole au fil des ans et quelques dirigeants de la banque centrale y ont dévoilé leurs idées et leurs plans pour l’avenir. Or, étant donné que le plus récent procès-verbal de la BCE indiquait une volonté de communiquer en faisant très attention et de façon réfléchie, il est peu probable que l’on assiste à de grandes révélations du président de la BCE, Mario Draghi. En revanche, nous pourrions en apprendre davantage sur la normalisation du bilan de la présidente du conseil de la Fed, Janet Yellen, en dépit du fait que son discours portera sur la stabilité financière.

Nous allons également nous pencher sur les énoncés de position que le gouvernement du Royaume-Uni est sensé rendre publics dans le cadre des négociations sur le Brexit. De plus en plus de voix s’élèvent contre la manière dont le Royaume-Uni aborde les pourparlers. Il faut se faire à l’idée que l’incertitude fait partie intégrante du processus de négociations sur le Brexit. En outre, nous surveillerons de près la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain entre le Canada, le Mexique et les États-Unis, qui a débuté sur une note plutôt houleuse la semaine dernière. À mon avis, la démondialisation est l’une des plus grandes menaces à la belle croissance mondiale à laquelle nous assistons en ce moment.

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1 Les actions mondiales sont représentées par l’indice MSCI Monde tous pays. Les actions américaines sont représentées par l’indice S&P 500.

2 Source : Eurostat.

3 Sources : MSCI et Standard & Poor’s.

Renseignements importants

Le ratio cours-bénéfice prévisionnel est calculé en divisant le cours boursier unitaire de l’entreprise par son bénéfice prévisionnel, habituellement pour les douze prochains mois ou pour le prochain exercice complet.

L’indice de volatilité du CBOE® (VIX®), l’un des principaux instruments de mesure des attentes de volatilité à court terme, est établi en fonction du prix de levée des options de l’indice S&P 500. L’indice VIX est le symbole de téléscripteur de l’indice de volatilité du Chicago Board Options Exchange (CBOE), qui fait état des perspectives de volatilité du marché sur 30 jours.

L’indice MSCI Monde tous pays est un indice non géré que l’on considère représentatif des actions des sociétés à grande et à moyenne capitalisations des marchés des pays développés et des pays émergents, excluant les États-Unis.

L’indice S&P 500® est un indice non géré considéré comme étant représentatif du marché boursier américain.

L’indice MSCI EAEO est un indice non géré que l’on considère représentatif des actions en Europe, en Australasie et en Extrême-Orient.

L’indice MSCI Marchés émergents est un indice non géré que l’on considère représentatif des actions des pays en développement.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de Kristina Hooper au 22 août 2017. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas le rendement. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas de ces estimations.

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