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Perspectives, commentaire et expertise de placement

Dave Dowsett | 14 décembre 2018

Technologie : Voici des technologies qui selon nous vont définir l’année 2019

Points importants à retenir

  • Les applications d’intelligence artificielle continueront de se perfectionner et devraient pouvoir assimiler et analyser des quantités de données toujours plus grandes afin de rehausser l’expérience client.
  • Les entreprises commenceront à investir davantage dans la réduction du temps de latence, la sécurité accrue et les économies de bande passante de l’informatique en périphérie (« edge computing »).
  • Les chaînes de blocs (« blockchains » en anglais) et l’économie basée sur les jetons numériques (ou « tokenomie ») vont se répandre auprès des adopteurs précoces.
  • On verra si les entreprises parviennent à attirer et à retenir une main d’œuvre diverse et qualifiée dans ces technologies émergentes, y compris par leurs stratégies d’aménagement des locaux et d’emplacement.

Intelligence artificielle et guerres des données

Source : Microstrategy, 2018 Global State of Enterprise Analytics Report

Le chat est sorti du sac

Les applications d’intelligence artificielle (IA) auront probablement de profondes répercussions sur les entreprises, les marchés et l’économie mondiale en 2019 et à plus long terme. À petite échelle, l’apprentissage automatique et les énormes quantités de données sous-jacentes (qui augmentent sans cesse) devraient continuer de rehausser l’expérience client par le biais de l’analyse prédictive et de la personnalisation.

Les chefs de file de tous les secteurs d’activité adjoignent à leurs processus analytiques de nouvelles sources de données pour pouvoir prendre des décisions avec plus de conviction. Sur les marchés des capitaux, les quantités prodigieuses de données disponibles peuvent permettre de découvrir de nouveaux facteurs et de nouvelles variables de modélisation financière. À plus grande échelle, l’IA peut mener à une croissance économique positive en améliorant l’efficacité de la population active et du commerce transfrontalier.

Selon les données de l’institut McKinsey, l’adoption de l’IA pourrait entraîner une augmentation du produit intérieur brut (PIB) mondial de l’ordre de 13 mille milliards de dollars d’ici 20301. La quantité de données produites continue d’augmenter à une vitesse exponentielle. En 2019, nous nous attendons à ce que les entreprises continuent d’allouer des ressources considérables à l’analyse des données et à trouver des moyens d’utiliser leurs données pour en tirer de précieux renseignements et des revenus.

La difficulté des stratégies cohérentes d’intelligence artificielle et d’apprentissage automatique est qu’elles ont besoin de données comme source de carburant. Voilà pourquoi l’expression « les données sont le nouveau pétrole » est plus pertinente que jamais. De plus, à l’instar du pétrole, la plupart du temps, les données doivent être raffinées pour pouvoir être utilisées. Elles doivent être recueillies, épurées, puis distribuées pour fournir des renseignements utiles; le principal facteur de différenciation dans cette analogie est que, contrairement aux données, les minéraux sont disponibles en quantités limitées. Il faut savoir que 2,5 trillions d’octets de données sont créés chaque jour, ce qui équivaut à 1 suivi de 18 zéros, et cette croissance s’accélère2. Évidemment, l’élaboration et l’amélioration de stratégies d’exploitation des données exigent des connaissances spécialisées très en demande. Les pressions exercées sur les entreprises pour qu’elles intègrent l’IA dans l’ensemble de leurs activités créent un besoin de recruter et d’accroître la productivité de leurs experts en données. Fait à noter, bien que la majeure partie de ce travail soit aujourd’hui réservé aux spécialistes des données, Gartner prédit que d’ici 2020, plus de 40 % des tâches reliées aux sciences des données seront automatisées. Ironiquement, à mesure que la technologie d’analyse des données progresse, les experts en mégadonnées élaborent des technologies qui effectuent des travaux similaires à ceux qui émanent de leurs compétences les plus recherchées, ce qui met en péril leur propre avenir.

L’informatique en périphérie et le monde connecté

Nous croyons que l’expérience humaine « intelligente » et immersive va se poursuivre en 2019. Ensemble, les objets autonomes, les espaces intelligents, les lieux de travail numériques et les villes intelligentes vont brouiller de plus en plus la démarcation entre les mondes physique et numérique. Plus les systèmes sont reliés entre eux, plus les divers appareils et espaces peuvent coordonner et partager les données, ce qui accroît la fluidité de l’expérience utilisateur. À tout le moins, nous nous attendons à ce que l’utilisation des assistants numériques à la maison et au travail continue d’augmenter, compte tenu de la prolifération des appareils et écrans à commande vocale.

Source : Nielsen MediaTech Trender. Sondage du deuxième trimestre.

Du côté des véhicules autonomes, il y a encore des progrès à faire pour tester la fiabilité et la sécurité de la vision par ordinateur et des capteurs qui fonctionnent comme « le cerveau du véhicule ». Bien que, jusqu’ici l’accent ait été mis principalement sur les véhicules personnels, nous entrevoyons des progrès significatifs dans les domaines du fret autonome, des taxis aériens et des avions d’urgence à décollage et atterrissage verticaux (ADAV).

Il faut savoir que cette connectivité fait énormément appel aux capacités d’informatique en périphérie. L’informatique en périphérie consiste à effectuer des opérations de calcul et de traitement à la source des données ou à la « périphérie » du réseau. L’informatique en périphérie a l’avantage de réduire la latence et de renforcer la sécurité et la confidentialité des appareils de l’Internet des objets (IdO) ou connectivité Internet intégrée aux objets du quotidien, qui leur permet de transmettre et de recevoir des données. Elle permet également d’économiser de la largeur de bande3. L’informatique en périphérie commence à se tailler une place sur le marché et se complexifie, ce qui amène de nombreuses entreprises à réinventer leurs stratégies de réseau en fonction des gains de rendement issus du mariage de leurs stratégies infonuagiques et d’informatique en périphérie.

Chaîne de blocs et économie des jetons

Les deux dernières années (2017 et 2018) ont été marquées par une connaissance et une adoption un peu plus répandues des bitcoins et des chaînes de blocs, respectivement. Les entreprises ont jugé qu’elles auraient intérêt à allier transactions sécurisées cryptographiquement et technologie des registres distribués pour améliorer la transparence, la responsabilisation et la sécurité. Étant donné que les cryptodevises et les chaînes de blocs peuvent être très perturbatrices, nous nous attendons à ce que 2019 soit une année d’exécution et marque le début de progrès substantiels vers l’économie basée sur les jetons numériques. Pour les entreprises, la question est maintenant de savoir comment appliquer les principes fondamentaux de ces technologies naissantes à des cas réels pour générer de la valeur et des rendements.

Du côté des chaînes de blocs, nous nous attendons à ce que les entreprises de diverses industries et secteurs passent des études de faisabilité à la production en 2019. Cette tendance devrait être menée par des applications ciblées passablement intégrées à la chaîne d’approvisionnement et à la logistique. Comme on évalue la « valeur ajoutée à l’entreprise » des chaînes de blocs à 3,1 mille milliards de dollars d’ici 20304, les entreprises sont impatientes de pouvoir utiliser cette technologie. Cela étant dit, l’adoption du réseau est nécessaire pour que de nombreux modèles de chaînes de blocs fonctionnent. En 2019, nous allons continuer d’observer une large dispersion d’une entreprise à une autre dans la mise en œuvre des solutions de chaînes de blocs.

En ce qui a trait au plein potentiel des chaînes de blocs, l’économie de marché traditionnelle sera remise en question, puisque les actifs en circulation, tant physiques que financiers, seront convertis en jetons numériques (un processus appelé « tokenisation »). L’avènement de nouvelles catégories d’actifs et structures, de nouveaux mécanismes d’investissement, de nouveaux marchés et d’une nouvelle dynamique de négociation sur le marché secondaire donneront naissance à une économie de segmentation basée sur des jetons numériques. Par exemple, Invesco est particulièrement intéressée à la « tokenisation » des biens immobiliers, car elle permet de réduire le placement minimum et rend le marché secondaire plus liquide. En 2019, nous nous attendons à ce que les entreprises (en particulier les sociétés financières) évaluent leur valeur stratégique au sein de cette économie des jetons. Nous devrions assister à une multiplication des entreprises qui feront l’expérience de la « tokenisation » des actifs réels et de la distribution numérique. À l’instar du phénomène des robots-conseillers, nous prévoyons que cette nouvelle technologie sera d’abord adoptée par les générations plus jeunes et plus en phase avec le numérique, mais le phénomène devrait prendre de l’ampleur.

Laboratoires d’innovation et stratégie d’emplacement

Le dernier point à retenir, mais certainement pas le moindre, est un sujet que nous avons déjà abordé brièvement : la lutte pour s’accaparer la main-d’œuvre qualifiée dans les technologies susmentionnées. Les « laboratoires d’innovation » retiennent énormément d’attention depuis un certain temps, mais nous croyons que davantage d’entreprises vont continuer d’investir dans des espaces et installations d’innovation mieux adaptés aux technologies émergentes afin de pouvoir atteindre leurs objectifs stratégiques à long terme. Même si l’ouverture d’un nouveau bureau régional dans un marché qui regorge de candidats aux compétences requises ou la rénovation complète d’un immeuble de bureaux exigent des dépenses en immobilisations considérables, le potentiel de rendement est immense. Les espaces d’innovation peuvent attirer divers types de candidats aux compétences requises qui veulent travailler dans un cadre créatif, collaboratif et où tout va très vite. Qui plus est, beaucoup de ces laboratoires d’innovation sont situés dans des écosystèmes qui permettent de tisser des communautés, facilitent la collaboration avec des partenaires externes et permettent des rencontres spontanées avec des innovateurs. La colocalisation dans un écosystème d’innovation avec des innovations de rupture potentielles est une stratégie efficace pour rester agiles et, qui sait, éviter de se laisser perturber. Même les entreprises traditionnelles emboîtent le pas et font tout pour offrir un environnement de travail plus performant. En 2019, nous nous attendons à ce que davantage d’entreprises décident de mettre à niveau leurs installations et leur empreinte géographique afin d’accueillir la prochaine génération de travailleurs spécialisés et d’établir des partenariats stratégiques5.

 

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1 Source : McKinsey Global Institute, « The promise and challenge of the age of artificial intelligence », James Manyika et Jacques Bughin, octobre 2018
2 Source : Forbes, « How Much Data Do We Create Every Day? The Mind-Blowing Stats Everyone Should Read », 21 mai 2018
3 Source : The Verge, « What is edge computing », Paul Miller, 7 mai 2018
4 Source : Gartner, « Forecast: Blockchain business value worldwide, 2017-2030 », 2 mai 2017
5 Source : Bloomberg L.P., « Morgan Stanley redesigns offices for a “dynamic, millenial” workforce », Sonali Basak, 8 octobre 2018.

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