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Kristina Hooper | 24 novembre 2017

Trois tendances macroéconomiques dont nous devrions nous réjouir

C’est la semaine de l’Action de grâce aux États-Unis. Ce jeudi, les Américains vont se réunir en famille et entre amis pour casser la croûte et manger de la dinde; qui plus est, ils vont prendre le temps de rendre grâce pour tout ce qui rend leur vie agréable. Faire preuve de gratitude et rendre grâce est un concept universel sur lequel j’aimerais me pencher cette semaine. Dans cet esprit, j’aimerais dresser le bilan de l’année écoulée et vous faire part de trois tendances économiques dont je me réjouis :

1. L’augmentation des dépenses en immobilisations mondiales

Nous venons de traverser une décennie de maigres dépenses en capital, surnommée « la décennie perdue ». Cette période de dépenses en immobilisations décevantes, qui a débuté par nécessité pendant la crise financière mondiale, s’est poursuivie pendant des années. Aujourd’hui, on assiste au début de la fin de cette ère. D’après Standard & Poor’s, cette année, les dépenses en immobilisations mondiales devraient totaliser 2,7 mille milliards de dollars.1 Bien que ce montant soit inférieur à celui de 2007, alors que les dépenses en immobilisations se chiffraient à 2,8 mille milliards de dollars, ce serait la première année au cours de laquelle les dépenses en immobilisations vont augmenter, après quatre années consécutives de contraction.

De nombreux pays semblent vouloir accroître leurs dépenses en immobilisations, dans la foulée de l’amélioration des perspectives de croissance économique mondiale. Par exemple, aux États-Unis, les investissements en capital fixe des entreprises ont augmenté au troisième trimestre et ont largement contribué à la croissance du produit intérieur brut du trimestre. À mon avis, plusieurs facteurs devraient contribuer à l’augmentation des dépenses en immobilisations : 1) la croissance économique mondiale qui se poursuit; 2) la nette amélioration de la confiance des entreprises; et 3) la hausse des taux d’intérêt.

L’économiste en chef de China International Corp., Hong Liang, expliquait ceci dans un récent bulletin : « On note des signes d’une forte remontée des dépenses en immobilisations dans les grands marchés, ce qui devrait favoriser davantage le commerce mondial ». De plus, l’augmentation des dépenses en immobilisations pourrait accroître la productivité. De nombreux économistes croient que les dépenses en immobilisations, qui peuvent mener à l’utilisation des dernières technologies, sont cruciales pour améliorer le taux de productivité de la main-d’œuvre. Par ailleurs, il y a toujours eu une corrélation entre les dépenses en immobilisations et la productivité, ce qui laisse présumer que le faible taux de productivité enregistré ces dernières années est attribuable à la diminution des dépenses en immobilisations. Maintenant qu’elles amorcent une remontée, on pourrait assister à une augmentation de la productivité.

2. Le doigté, la prévenance et la souplesse des banques centrales

Au cours de la dernière décennie, les banques centrales ont joué un rôle extrêmement important sur la scène mondiale. Quand je pense à la manière dont les banques centrales ont agi au cours de la dernière décennie, je me rappelle d’une citation de l’ancien président américain John F. Kennedy, qui disait : « On doit exiger beaucoup de ceux qui ont reçu beaucoup ». Les banques centrales étaient conscientes du pouvoir dont elles disposaient pour contribuer à améliorer la situation après la crise financière mondiale, d’autant plus que les mesures de relance budgétaire faisaient cruellement défaut, et elles l’ont utilisé à bon escient. Non seulement les grandes banques centrales ont adopté des taux d’escompte extrêmement bas, mais elles ont eu le courage d’avoir recours à une politique monétaire pour le moins expérimentale, à savoir les achats d’actifs à grande échelle. Ce geste courageux a sans contredit joué un rôle clé pour stabiliser leurs économies respectives et les aider à retrouver le chemin de la croissance.

Aujourd’hui, les banques centrales ont une autre tâche difficile à accomplir. Elles doivent maintenant amorcer le processus de normalisation de leur politique monétaire en délaissant les mesures extrêmes et expérimentales en place depuis des années pour revenir à une conjoncture plus normale. Cependant, trouver le juste équilibre ne sera pas une mince tâche car les banques centrales tentent de maîtriser la hausse du taux d’inflation, sans pour autant étouffer la reprise. Cela requiert du doigté et de la souplesse. Par exemple, le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a annoncé que le retrait graduel débuterait en janvier, mais n’a pas précisé s’il prendrait fin définitivement en septembre, pour se donner une certaine marge de manœuvre en fonction de la conjoncture. De son côté, la Réserve fédérale américaine s’est laissé une porte de sortie dans son plan de normalisation du bilan qui stipule que la Réserve fédérale américaine pourrait mettre un terme au plan de normalisation si la conjoncture changent substantiellement. En réalité, la réduction du bilan nous plonge en terrain inconnu. Nous aurons besoin de dirigeants de banques centrales talentueux et prévenants pour bien gérer le processus de normalisation.

3. La résilience des institutions

Un certain nombre d’organismes et entités indispensables ont subi des pressions ces dernières années mais jusqu’ici, elles ont survécu. Par exemple, l’Union européenne a subi des pressions lorsque le peuple du Royaume-Uni s’est prononcé en faveur du retrait. Certains oracles prédisaient la fin de l’UE, parce qu’ils prétendaient que d’autres pays suivraient probablement l’exemple du Royaume-Uni. Or, l’UE demeure intacte et elle pourrait bien amorcer une réforme et devenir encore plus forte, comme le disait le président français Emmanuel Macron. De même, le Brésil est aux prises avec une série de scandales de corruption, mais son économie en a fait fi et est parvenue à s’extirper de la récession.

Le 18 novembre, on a appris que la chancelière allemande Angela Merkel était incapable de former un gouvernement de coalition avec le Parti Vert et le Parti démocrate libéral (FDP) pro-entreprises. Maintenant, Mme Merkel a quelques options très peu attrayantes : 1) renouveler la coalition avec le Parti social-démocrate allemand (SPD), bien que le SPD lui ait dit à maintes reprises qu’il n’était pas intéressé; 2) tenter de former un gouvernement de coalition minoritaire; ou 3) dissoudre le parlement et déclencher de nouvelles élections. La dernière option semble de plus en plus probable, bien que cela risque de donner plus de pouvoir au parti nationaliste de droite Alternative pour l’Allemagne. Certains craignent que l’Allemagne devienne instable, mais cela me paraît peu probable, compte tenu du degré élevé de confiance des entreprises. De nouvelles élections vont probablement créer des remous, mais rien pour ébranler les institutions.

Remerciements à nos clients

En terminant, je voudrais remercier nos clients. Invesco s’efforce chaque jour de mettre son expérience en placement au service de tous pour les aider à vivre pleinement leur vie. C’est une tâche importante, et nous ne vous remercierons jamais assez de la confiance que vous nous témoignez. Nous vous en sommes très reconnaissants.

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1 Source : Standard & Poor’s, Global Corporate Capex Survey 2017, 31 juillet 2017.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de Kristina Hooper au 20 novembre 2017. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas le rendement. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas de ces estimations.

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