Blogue Invesco Canada

Perspectives, commentaire et expertise de placement

Matt Dennis | 16 février 2016

Un repli boursier particulièrement bienvenu

La correction que nous connaissons depuis le début de l’année a commencé à améliorer le ratio risque/récompense de bon nombre d’actions

Le recul généralisé du marché au cours du quatrième trimestre de 2015 et du début de 2016 constitue exactement le genre d’environnement que les membres de l’équipe de croissance internationale et mondiale d’Invesco attendaient. Même si cette correction boursière a eu pour effet de commencer à améliorer le ratio risque/récompense de bon nombre d’actions, il est important de comprendre que les chutes des cours ont, dans bien des cas, largement suivi la baisse des estimations des bénéfices. Nous n’avons pas encore observé la hausse des primes de risque à des niveaux adéquats dans les secteurs de grande qualité du marché que nous préférons, mais notre « liste de surveillance » des titres approchant des niveaux d’achat s’allonge.

Comprendre les moteurs boursiers mondiaux

Dans l’ensemble, les nouvelles ont été plus négatives que positives, ce qui a fait reculer les cours lors du quatrième trimestre de 2015 et de façon encore plus importante pendant les premières semaines de 2016.

  • La tendance des révisions à la baisse du bénéfice par action (BPA) a dominé toutes les régions du monde récemment et s’est accélérée au cours du dernier trimestre de 2015 sous l’effet de la détérioration supplémentaire des perspectives de croissance dans les marchés émergents et de la baisse des prix des marchandises, particulièrement le pétrole
  • Le dollar américain a pris de la vigueur par rapport à la plupart des devises des marchés en développement, ces dernières reculant à nouveau suite à l’augmentation très attendue des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine
  • Les investisseurs ont dû également tenir compte de la détérioration des écarts de taux dans les secteurs autres que l’énergie et les matériaux, ainsi que de la hausse de popularité du commerce électronique au détriment des boutiques traditionnelles

 

Perspectives de la méthode BQE

La philosophie et le processus de placement de l’équipe mettent l’accent sur les bénéfices, la qualité et l’évaluation (« BQE »). Voici nos perspectives en cette matière.

Bénéfices. Les révisions à la baisse des bénéfices ont dominé le quatrième trimestre, les révisions mondiales reculant de 22 % dans l’ensemble. Le Japon, l’Europe et les États-Unis ont subi les détériorations les moins importantes, tandis que les marchés émergents et l’Asie hors Japon ont connu les détériorations les plus considérables1 . Voici les perspectives sectorielles :

  • Sans surprise, les attentes ont diminué le plus dans les secteurs de l’énergie, des matériaux et de l’industrie
  • Les secteurs des biens de consommation de base et de la technologie ont fléchi modérément entre 0 et 5 %. Il y a un an, nous avons remarqué que les investissements des entreprises étaient grandement axés sur l’amélioration de la production et de la technologie afin de rendre les sociétés plus concurrentielles dans une conjoncture caractérisée par une croissance faible. En effet, cette tendance est évidente lorsqu’on observe les revenus et les bénéfices relatifs dans le secteur technologique, particulièrement pour les services de logiciels et de consultation
  • Les actions du secteur de la santé ont été les seules à obtenir des révisions à la hausse grâce à la vigueur du dollar américain et à la grande pondération des bénéfices en dollars américains

 

Qualité. Les bilans des sociétés sont sains pour la plupart, à l’exception de bon nombre de sociétés des marchés émergents dont la préférence pour les dettes libellées en dollars américains menace les bénéfices et les cotes de crédit sous l’effet de l’appréciation du dollar américain. Les tendances de liquidité à l’échelle mondiale ne sont pas positives et nous n’avons pas encore observé le désendettement dont les sociétés des marchés émergents ont tant besoin. Nous continuons de mettre l’accent sur les sociétés de grande qualité qui comptent sur des bilans sains et qui génèrent des flux de trésorerie importants, ce qui devrait nous apporter du soutien si la situation s’aggrave.

Entre-temps, notre équipe se penche sur les sociétés qui affichent des preuves concrètes d’amélioration selon une perspective ascendante, comme l’entreprise mexicaine Fomento Economico Mexicano S.A.B. de C.V. (FEMSA) (pondération de 0,54 % dans la Catégorie croissance internationale Invesco au 31 décembre 2015), une multinationale dans le secteur des boissons et du détail. Ses dirigeants continuent de consolider les parts de marché, d’exploiter des voies de croissance dans les stations-services et les pharmacies et de générer des rendements supérieurs sur le capital depuis les diverses branches d’activités de l’entreprise.

Évaluation. Les primes d’évaluation des sociétés défensives de grande qualité demeurent à des sommets historiques à l’extérieur des États-Unis, où les primes sont beaucoup plus faibles par rapport aux titres cycliques. Les ratios cours/valeur comptable et cours/bénéfice des sociétés défensives non américaines par rapport aux sociétés cycliques ont clôturé 2015 à des sommets de 15 ans2.

Au cours de la grande partie de la dernière année, nous avons observé plus de valeur dans les secteurs cycliques du marché. Toutefois, compte tenu de la détérioration des perspectives de croissance des titres cycliques ainsi que du refus du marché de récompenser la valeur, nous avons réduit notre exposition nette au cours du quatrième trimestre aux secteurs cycliques du marché dont la visibilité s’est érodée afin de protéger le portefeuille des risques de perte en cas de baisse.

Perspectives d’avenir

Alors que nous entamons la période des déclarations de résultats, nous rechercherons des preuves que les attentes de croissance ascendante ont été réévaluées adéquatement. Le risque principal est que le consensus des prévisions pour la croissance des bénéfices en 2016 pourrait continuer d’être optimiste par rapport à nombre des prévisions des entreprises pour le prochain exercice fiscal en termes de croissance du revenu et des marges.

Il est important de souligner que les attentes en termes de marge pour 2016 se sont récemment détériorées dans toutes les régions à l’exception du Japon, qui a déjà subi les pertes de marge les plus importantes. De leur côté, les marges des sociétés américaines sont demeurées les plus résilientes jusqu’à présent. Il est important de se montrer prudent à court terme en termes d’analyses des bénéfices et des flux de trésorerie pour nos titres en portefeuille à l’égard de nouvelles occasions de placement.

Nous demeurons optimistes au sujet des domaines suivants :

  • La numérisation des flux de production des entreprises, ce qui représente un cycle de placement sur plusieurs années et qui devrait constituer le moteur des placements et des occasions selon nous
  • Les articles de luxe, pour lesquels la marque demeure solide, soutiennent les cours et offrent un rendement du capital investi (RCI) supérieur
  • La finance, où les modèles d’entreprise et les évaluations commencent à refléter la réalité d’un endettement moins prononcé, malgré que les exigences réglementaires en matière de capital continuent de nuire à ce secteur. De plus, il est toujours difficile de dénicher un rendement des capitaux propres (RCP) adéquat au-dessus des coûts dans ce climat macroéconomique toujours risqué

 

Le secteur de l’énergie est devenu plus attrayant en raison du recul encore plus considérable des prix. Par contre, nous demeurons prudents au sujet du montant et de la duration de la réduction de la capacité nécessaire avant que le RCI puisse commencer à se redresser. De plus, nous aimerions obtenir une exposition à des sociétés de qualité durables du secteur des biens de consommation de base advenant que la volatilité amène de meilleurs cours, mais nous n’en sommes pas encore là.

Finalement, nous nous attendons à ce que la volatilité demeure élevée, ce qui devrait donner lieu à des occasions de placement qui répondent à nos critères équilibrés BQE. Nous estimons que notre sélection de titres individuels selon une méthode ascendante et axée sur le long terme peut récompenser les épargnants au cours de périodes incertaines.

S'abonner au blogue

Abonnez-vous pour être informé sur la publication de : *


Voulez-vous vous abonner an anglais?

Abonnez-vous pour recevoir des courriels d’Invesco Canada Ltée au sujet de ce blogue. Pour vous désabonner, veuillez nous envoyer un courriel à blog@invesco.ca ou communiquez avec nous.

Remarque : Matt Dennis est gestionnaire de portefeuille principal pour l’équipe de croissance internationale et mondiale à Invesco Ltd. Invesco Canada est une filiale indirecte d’Invesco Ltd. Toutes les données fournies proviennent d’Invesco à moins d’indication contraire.

1 Source: JPMorgan Global Quantitative and Derivatives Strategy, January 12, 2016.

2 Sources: Invesco and FactSet Research Systems Inc., December 2015.

Le ratio risque/récompense compare le rendement attendu d’un placement au risque devant être pris pour obtenir ce rendement. La prime de risque constitue le montant de rendement excédentaire d’un actif donné par rapport au rendement au comptant. La qualité représente la force d’une société mesurée par différents paramètres. Le bénéfice par action (BPA) fait référence aux bénéfices totaux de la société divisés par le nombre d’actions en circulation. Les écarts de taux constituent la différence entre les bons du Trésor et les titres qui ne sont pas des bons du Trésor mais qui sont identiques en tout point à l’exception de la cote de qualité. Les révisions des bénéfices reflètent la réévaluation des estimations de bénéfices d’une société. Le désendettement fait référence à la tentative d’une société de réduire son effet de levier en payant les dettes existantes présentes sur son bilan. Le ratio cours/bénéfice (C/B) mesure l’évaluation d’une société en divisant le cours de son action par son bénéfice par action.Le ratio cours /valeur comptable constitue le cours du marché d’une action divisé par la valeur comptable par action. Le rendement des capitaux propres (RCP) est une mesure de rentabilité calculée comme revenu net comme pourcentage d’une action d’un actionnaire. Le rendement du capital investi (RCI) constitue une mesure de l’efficacité d’une société à utiliser son capital pour générer des rendements. Un titre cyclique est une action dont le cours est touché par les hausses et les baisses de l’ensemble de l’économie. Un titre défensif est une action dont le cours n’est pas grandement corrélé au cycle économique élargi. En général, les titres fluctuent, parfois de façon importante, en réponse aux activités spécifiques à la société ou aux conditions boursières, économiques ou politiques. Les risques des placements dans des titres d’émetteurs étrangers, y compris les émetteurs des marchés émergents, peuvent comprendre les fluctuations des devises étrangères, l’instabilité politique et économique, et les problèmes d’imposition étrangère. Les entreprises faisant affaire dans le secteur de l’énergie peuvent être touchées de façon négative par les règles étrangères, fédérales et d’État en matière de production de l’énergie, de distribution et de vente ainsi que de l’offre et de la demande des ressources de l’énergie. La volatilité à court terme des prix de l’énergie peut faire fluctuer lescours boursiers.

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *