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Clas Olsson | 25 novembre 2019

Actions internationales : De moins grandes attentes peuvent mener à d’agréables surprises

L’année 2019, qui tire à sa fin, a été le théâtre d’un redressement bienvenu des marchés boursiers mondiaux, après un repli marqué à la fin de 2018. Comme cette remontée est survenue malgré la détérioration des indicateurs, la grande question que les investisseurs se posent est de savoir si nous allons bientôt assister à une stabilisation de la croissance et de l’activité économique.

 

Vue d’ensemble : Bénéfices et évaluations

Bénéfices

Vers la fin de 2019, de nombreux indicateurs d’activité (comme les indices des gestionnaires en approvisionnement, la production industrielle, la croissance du produit intérieur brut (PIB), l’inflation et la croissance des bénéfices) ont encore été révisés à la baisse. Les estimations consensuelles de croissance du PIB réel mondial font état d’un taux de croissance de moins de 3 % en 2020, après des baisses graduelles chaque année par rapport au taux de 3,8 % enregistré en 2017. Les prévisions consensuelles des bénéfices de l’indice MSCI Monde en 2019 laissent entrevoir un taux de croissance inférieur à 2 %, suivi d’une remontée à plus de 10 % l’an prochain. Cette dernière estimation semble optimiste et ne cadre pas avec les prévisions de faible croissance du PIB, d’autant plus que les indicateurs de tendance continuent de se détériorer. Les révisions à la baisse des estimations étaient concentrées dans les produits de base et les secteurs cycliques et les seules fois où nous avons assisté à de plus fortes révisions nettes négatives étaient en périodes récessionnaires.1 De plus en plus, les données indiquent qu’une politique budgétaire accommodante sera nécessaire pour soutenir les prévisions de croissance des bénéfices au cours de la prochaine année. Les principaux facteurs qui risquent de freiner la croissance sont l’issue des négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine et l’efficacité des politiques monétaire et budgétaire. Bien que des mesures de relance monétaire ait été mises en place, on ignore encore le moment et l’ampleur de l’aide budgétaire.

 

Évaluations

L’indice MSCI Monde tous pays se négocie à un ratio C/B prévisionnel de 15x, ce qui est comparable à la moyenne à long terme, et ce, grâce à la faible inflation et aux mesures de relance des banques centrales. Cet indice sommaire cache deux éléments dignes de mention : i) l’escompte d’évaluation des actions internationales par rapport aux actions américaines (représentées respectivement par l’indice MSCI Monde tous pays excluant les États-Unis et l’indice MSCI États-Unis), qui se rapproche d’un sommet qui remonte à plusieurs décennies, et ii) la prime payée pour les titres de croissance par rapport aux titres de valeur devrait donner un répit aux investisseurs à long terme.2

 

Fait saillants par régions

Europe

  • L’incertitude macroéconomique et géopolitique persiste car l’espoir d’une reprise de la croissance au deuxième semestre de 2019 s’est dissipé. Les estimations de croissance du PIB de la zone euro en 2020 ont été ramenées à +1 % et ces perspectives de croissance moins élevée entraînent une révision à la baisse des attentes de bénéfices des sociétés.3
  • Les deux principales sources d’incertitude en Europe demeurent le Brexit (les prochaines élections générales au Royaume-Uni se tiendront le 12 décembre 2019 et la date butoir du Brexit a été reportée au 31 janvier 2020) et la guerre commerciale opposant les États-Unis et la Chine (l’Europe n’est pas directement en cause, mais ses exportations cycliques sont durement touchées).
  • En réaction au ralentissement de la croissance, le président sortant de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a abaissé le taux des réserves bancaires (c’est la première baisse depuis 2016), la BCE a réinstauré des mesures d’assouplissement quantitatif en novembre 2019 et M. Draghi a fait campagne pour que les gouvernements de la zone euro initient eux aussi des mesures de relance budgétaire.4

 

Chine

  • L’avancement vers la conclusion d’un véritable accord commercial sino-américain pourrait influencer le marché, mais les investisseurs ont peu d’attentes en raison des tensions géopolitiques.
  • Ces tensions commerciales ont contribué à assombrir les perspectives macroéconomiques de la Chine. La situation pourrait se détériorer davantage si les fabricants décident de s’approvisionner dans d’autres pays.
  • La Chine poursuit ses mesures de relance et nous prévoyons une augmentation des dépenses anticycliques en 2020. Malgré tout, si aucun accord commercial n’est conclu en 2020, le PIB de la Chine risque d’être révisé à la baisse à 6 % ou moins.5

 

Marchés émergents

  • En gros, les actions des marchés émergents ont tiré de l’arrière sur les actions américaines et des pays développés en 2019. Plusieurs facteurs ont nui aux actions des marchés émergents, en particulier les manchettes négatives concernant le ralentissement de la croissance économique et les guerres commerciales.
  • Cependant, la forte dispersion des rendements a permis aux investisseurs qui sélectionnent avec soin les titres d’obtenir des rendements attrayants (p. ex. : en investissant dans des actions de sociétés chinoises du secteur de la consommation, plutôt que dans des actions d’exportateurs).
  • Les évaluations des actions des marchés émergents semblent plus avantageuses que celles d’autres marchés et nous croyons qu’elles offrent un bon rapport risque-rendement à long terme, même si les catalyseurs (p. ex. : le commerce, les taux d’intérêt et la dépréciation du dollar américain) sont difficiles à prédire ou à synchroniser par les temps qui courent.

 

Trois points à considérer

  • À notre avis, la question peut-être la plus pertinente pour les investisseurs est de savoir si nous sommes à l’aube d’une stabilisation (ou d’une détérioration plus marquée) de la croissance et des indicateurs de tendance. Les titres de croissance de grande qualité et prudents ont toujours la faveur des investisseurs dans cette conjoncture d’incertitude où la croissance se fait rare. Nous croyons qu’ils vont continuer de bien performer (par rapport aux secteurs plus cycliques et aux sociétés d’exportation) jusqu’à ce que les bénéfices recommencent à augmenter. Compte tenu de la forte hausse des cours boursiers depuis le début de 2019 (malgré la faible croissance des bénéfices), il semble raisonnable de présumer que les principaux leviers de rendement des actions en 2020 seront plus probablement la croissance des bénéfices (plutôt que la hausse des évaluations).
  • La prime d’évaluation des titres de croissance par rapport aux titres de valeur a augmenté exagérément et c’est une tendance que nous observons à l’échelle mondiale et qui reflète la quête des investisseurs pour des sociétés dotées de perspectives de croissance plus reluisantes en cette période de faible croissance et d’incertitude. Or, les titres sensibles aux facteurs macroéconomiques pourraient générer des rendements supérieurs aux titres de croissance si les mesures de relance du gouvernement dépassaient les attentes ou si les perspectives macroéconomiques s’amélioraient.
  • Les principaux facteurs qui risquent de freiner la croissance sont, entre autres, l’issue des négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine (comme c’était le cas il y a un an) et l’efficacité des politiques monétaire et budgétaire. Ces sources d’incertitude peuvent accroître la volatilité des marchés et permettre à des investisseurs à long terme comme nous d’acheter des titres de croissance de grande qualité à des évaluations plus avantageuses.

 

Conclusion

  • Pour que nous assistions à une rotation durable des titres les plus performants, il faudra que les taux obligataires augmentent en réaction à une hausse des taux de croissance réelle et d’inflation. Des revirements inattendus dans les négociations commerciales ou une politique budgétaire concertée pourraient entraîner des révisions à la hausse des prévisions de croissance qui, le cas échéant, pourraient avoir des répercussions positives sur certaines actions des marchés émergents ou autres qu’américaines, où les divergences d’évaluation sont énormes après une période prolongée de rendement supérieur des actions américaines.
  • Notre équipe investit dans une perspective à long terme, en tenant compte des bénéfices, de la qualité et de l’évaluation (BQE) des titres, et cherche à amoindrir les risques en misant sur un portefeuille d’entreprises de grande qualité dotées d’un potentiel de croissance durable et peu endettées, sans payer trop cher pour leurs excellentes caractéristiques fondamentales. La conjoncture d’élan des bénéfices en 2017 et pendant la première moitié de 2018 a donné du fil à retordre à notre approche BQE équilibrée, mais elle a regagné en popularité depuis le milieu de 2018, ce qui promet en matière de rendement.

 

 

 

 

 

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Renseignements importants

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteur en date du 20 novembre 2019. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas le rendement. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.