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Matt Peden | 27 juin 2016

La vague de liquidations au lendemain du Brexit crée des occasions

À l’approche du référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne, la cote du Brexit était, parmi certains preneurs aux livres britanniques, de quatre contre un, soit une probabilité d’à peine 20 % que le pays décide de quitter l’Union. Au même moment, les deux camps étaient au coude à coude dans les sondages, avec une victoire du Brexit estimée à environ 50 %. Cette occasion de recevoir un profit équivalant à quatre fois sa mise initiale sur un résultat dont la probabilité était estimée à 50 %, tout en perdant son placement initial dans la moitié des cas, était un exemple évident de pari mal évalué. À l’instar de l’évaluation erronée des paris en faveur du Brexit, il arrive que le marché évalue mal des actions, en misant soit en faveur, soit contre les investisseurs.

Notre rôle est de surveiller et d’évaluer les différentes occasions offertes par le marché. Nous décidons de passer notre tour ou de vendre lorsque la probabilité de rendements excédentaires n’est pas en notre faveur et d’acheter lorsque le rendement du capital investi prévu est favorable. Par conséquent, ce processus se traduit par la vente de titres et une accumulation d’espèces lorsque la grande majorité des occasions de placement se négocient à des évaluations supérieures à leur valeur intrinsèque (la valeur nécessaire pour offrir un rendement juste à l’investisseur). À l’inverse, lorsque la conjoncture boursière offre de nombreuses occasions d’obtenir des titres d’entreprises de grande qualité à des rabais importants par rapport à la juste valeur, le processus donne lieu à un déploiement de liquidités ou à une transition des titres correctement évalués vers ceux se négociant à rabais.

Qu’est-ce que cela signifie en tant que gestionnaire de portefeuille dans le contexte du Brexit? Conformément à notre approche habituelle, nous levons des liquidités depuis un an, soit en réduisant certaines positions dans des titres pleinement évalués dans le cas du Fonds Europlus Trimark, soit en transférant des actifs depuis les actions européennes plus onéreuses vers les actions des marchés émergents à prix plus attrayant dans le cadre du Fonds international des sociétés Trimark. En effet, les occasions favorables dans les marchés boursiers européens se sont faites plus rares depuis le lancement du programme d’assouplissement quantitatif par la Banque centrale européenne.

Par opposition, vendredi dernier après le vote, nous avons acheté des titres de sociétés britanniques et européennes de grande qualité triées sur le volet qui, selon les cours en vigueur vendredi, représentent selon nous des occasions de placement favorables. En effet, le vent de panique au lendemain du vote a donné lieu à une vague de liquidations, illustrant un résultat qui n’était pas intégré dans les probabilités des preneurs aux livres ni correctement reflété dans les cours des titres.

J’estime que l’avenir du Royaume-Uni en dehors de l’Union européenne est prometteur à long terme. Le pays sera en mesure de s’affranchir de la réglementation et de la bureaucratie contraignantes de l’Union européenne et de renforcer son statut en tant qu’économie hautement productive, à la réglementation rationnelle et à l’économie gérée de façon diplomatique avec de faibles taux de chômage pour atout. Dans ce contexte, on peut imaginer que le Royaume-Uni pourrait bénéficier d’une position un peu similaire à celle de la Suisse. Par opposition, les pays comme la France, l’Italie, le Portugal et la Grèce sont maintenant beaucoup plus vulnérables au lendemain du Brexit, puisque la stabilité à long terme de l’Union européenne, et par conséquent la notion d’un appui financier facilement accessible pour de tels pays, devient plus incertaine.

De plus, le souhait des citoyens britanniques de quitter l’Union européenne n’est pas un cas isolé. Les sondages montrent qu’une majorité de Grecs, de Français et d’Espagnols ont une opinion défavorable de l’Union européenne, ce qui remet en question la stabilité à long terme de l’Union sous sa forme actuelle.

Comme pour les probabilités des preneurs aux livres du Brexit, le marché pourrait bien avoir, une fois de plus, mal évalué la valeur de certains actifs vendredi au lendemain de l’annonce des résultats du référendum. Peut-être que l’euro aurait dû chuter par rapport à la livre sterling, au lieu du contraire qui s’est produit. Après tout, si l’économie britannique est amenée à devenir comme celle de la Suisse, on pourrait se pencher sur l’histoire du franc suisse pour juger de la trajectoire à long terme de la devise britannique.

Il n’est pas surprenant que notre processus de recherche visant à déceler et à sélectionner des entreprises bien gérées qui sont protégées par des avantages concurrentiels durables, gagnent un rendement du capital investi élevé, génèrent des flux de trésorerie élevés et bénéficient de perspectives de croissance organiques au-dessus de la moyenne, nous amène à trouver un nombre disproportionné de sociétés de ce type au Royaume-Uni et en Suisse. Les deux pays comptent sur des politiques orientées vers les marchés, des taux d’imposition raisonnables, une bureaucratie limitée et des systèmes juridiques équitables. Ces facteurs mobilisent des citoyens talentueux et motivés, favorisent l’innovation et l’entreprenariat et peuvent donner lieu à des taux de croissance élevés, encourageant l’investissement. Ces attributs nous portent à croire que le Royaume-Uni saura profiter d’une réussite économique à long terme hors de l’Union européenne.

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Source : Pew Research Center.