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Kristina Hooper & Brian Levitt | 11 novembre 2020

Cinq éléments susceptibles de propulser les marchés sous la présidence de Joe Biden

Les astres sont-ils alignés pour qu’on assiste à un scénario économique à la Boucle d’or?

  • Joe Biden a été déclaré vainqueur par l’Associated PressDans un contexte de contestations judiciaires, il est en voie de devenir le 46e président des États-Unis.
  • Que pourrait-il se produire sur les marchés après son assermentation? Nous voyons cinq éléments qui pourraient propulser les marchés.

Tandis que les contestations judiciaires suivent leur cours, l’Associated Press a déclaré samedi que Joe Biden avait remporté la Pennsylvanie, ce qui le propulsait au-delà du seuil de 270 grands électeurs. Bien que ce processus puisse sembler prendre une éternité, l’élection de M. Biden ne pourrait pas survenir à un meilleur moment. Comprenez-nous bien, il y a des défis à relever. Les cas de COVID-19 augmentent et la menace de mesures de confinement dommageables pour l’économie est élevée. Cependant, l’histoire nous a appris que les présidents qui ont connu des rendements boursiers hors-norme ont généralement pris le pouvoir dans une conjoncture économique difficile. Les présidents Reagan (inflation élevée et en hausse) et Obama (crise financière mondiale) nous viennent immédiatement à l’esprit. Plutôt que de nous attarder sur les rendements négatifs à court terme, concentrons-nous sur les vents favorables qui devraient soutenir les marchés pendant l’Administration Biden.

Cinq éléments qui pourraient propulser les marchés

  1. Parier que la reprise économique ne durera pas revient à parier contre la médecine, la science et l’ingéniosité humaine. D’immenses progrès ont déjà été réalisés dans la lutte contre la COVID, les scientifiques, les agences gouvernementales et le secteur privé travaillent ensemble pour comprendre le virus, créer et tester des vaccins potentiels et commencer à fabriquer des millions de doses des candidats les plus prometteurs pour permettre une distribution immédiate lorsque le vaccin final sera prêt. On ignore encore quand on aura un vaccin, mais ce sera probablement au cours des premières années du prochain mandat présidentiel.
  2. La Réserve fédérale américaine (Fed) est disposée à laisser les taux d’intérêt à zéro, ou autour de zéro, pendant au moins les deux premières années du mandat de M. Biden. L’actif du marché monétaire s’élève à 4,3 mille milliards de dollars, contre 3,6 mille milliards de dollars au début de 2020, somme qui ne rapporte absolument rien en intérêts.1 L’un des objectifs déclarés de la Fed est de générer un taux d’inflation équivalent à 2 % de la valeur de cet argent chaque année pour inciter les consommateurs et les investisseurs à faire fructifier cet argent. L’adage qui dit qu’il ne sert à rien d’aller à l’encontre de la Fed s’appliquera probablement au cours des quatre prochaines années.
  3. D’autres mesures de soutien budgétaire seront probablement adoptées prochainement. Ce ne sera peut-être pas le plan budgétaire démesuré que les démocrates avaient envisagé, mais il sera probablement suffisant pour donner une impulsion supplémentaire à la reprise économique. Paradoxalement, un projet de loi budgétaire plus modeste pourrait prolonger les cycles boursiers et économiques, car il est peu probable qu’un tel projet de loi exerce des pressions inflationnistes qui provoqueraient un resserrement de la politique monétaire de la Fed et la fin des cycles.
  4. Les actions sont historiquement bon marché par rapport aux obligations2; pourtant, elles ont surclassé les obligations pendant la plupart des périodes.3 Les obligations gouvernementales sont non seulement surachetées par rapport aux actions4, mais leurs cours pourraient chuter sous la pression si les taux d’intérêt augmentent dans la foulée de la reprise économique. Les investisseurs en viendront probablement à la conclusion que, dans cette conjoncture, rares sont les titres qui offrent un potentiel de croissance comparable aux actions.
  5. Les conditions macroéconomiques n’ont pas besoin d’être « bonnes » pour que les marchés évoluent à la hausse. Il suffit qu’elles s’améliorent. L’économie américaine et l’indice S&P 500 ont récemment enregistré des baisses historiques. L’activité économique et la croissance des bénéfices seront probablement hors-norme au cours du prochain mandat présidentiel, comparativement à 2020.

Sommes-nous en présence d’une conjoncture à la « Boucle d’or »?

Les investisseurs demandent souvent aux stratèges de comparer la conjoncture actuelle à une période antérieure, entre autres, celle de 2011 à 2014. À cette époque, le pays était gouverné par un démocrate, le Congrès était divisé, le contexte économique et celui des bénéfices allaient en s’améliorant, après un énorme creux, le taux des fonds fédéraux était à zéro et les actions bon marché par rapport aux obligations. Pardonnez-nous pour la sensation de déjà vu, mais cette période a été favorable aux actions et aux titres de créance.

Bref, nous sommes peut-être effectivement en présence d’une conjoncture à la Boucle d’or – l’économie ne tourne pas assez pour provoquer de l’inflation, mais suffisamment pour assurer un certain confort. En ayant M. Biden à la présidence et un Sénat républicain, il y a peu de chances qu’on assiste à une augmentation des impôts, ce qui était sans doute la plus grande préoccupation des investisseurs advenant l’élection de M. Biden. Ce scénario pourrait bien se traduire par un retour à une politique commerciale plus traditionnelle et plus prévisible, ce qui rendrait probablement les marchés moins volatils. Cela signifierait-il également que les autres enjeux seraient dans une impasse? En supposant une faible majorité républicaine au Sénat et une approche centriste de M. Biden, un gouvernement aussi divisé ne serait pas nécessairement paralysé. M. Biden pourrait entre autres parvenir à élaborer un projet de loi de relance convenable en formant une coalition avec des sénateurs républicains modérés. Bien que peu d’entre eux s’y soient attendus ou espéraient ce résultat, cela pourrait s’avérer un « scénario idéal ».

Bref, Joe Biden est en politique depuis près de un demi-siècle, mais le moment de son accession à la présidence ne pourrait pas être mieux choisi.

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Notes de bas de page

1 Source : Investment Companies Institute, 4 novembre 2020

2 Source : Bloomberg, L.P., Standard & Poor’s, 30 septembre 2020. Tel que représenté par la différence entre le ratio bénéfice-cours de l'indice S&P 500 et le taux des bons du Trésor américain à 10 ans.

3 Source : Bloomberg, L.P., Standard & Poor’s, selon les rendements, en glissement mensuel, des périodes de 10 ans qui remontent à 1957. Selon les données de l’indice S&P 500 et de l’indice Bloomberg Barclays US Aggregate Bond.

4 Source : Bloomberg, L.P., Organisation de coopération et de développement économiques

Renseignements importants

Image d’en-tête du blogue : Stephen Morris / Stocksy

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L’indice S&P 500® est un indice non géré considéré comme étant représentatif du marché boursier américain.

L’indice Bloomberg Barclays US Aggregate Bond est un indice non géré considéré comme représentatif du marché des obligations américaines à taux fixe de qualité supérieure.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles des auteurs au 8 novembre 2020. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.