Blogue Invesco Canada

Perspectives, commentaire et expertise de placement

Kristina Hooper | 7 janvier 2020

Cinq enjeux que les investisseurs devraient surveiller en janvier

L’année 2019 a été excellente pour les marchés et les actions ont enregistré de très bons rendements annuels. Les actions américaines ont tenu le haut du pavé avec un gain de 29,07 %, les actions chinoises ont progressé de 20,94 %, les marchés boursiers européens ont clôturé en hausse de 20,03 % et les marchés émergents ont avancé de 15,42 %.1 Cependant, ce ne fut pas une année de tout repos en raison des sagas géopolitiques (comme le Brexit) et des nombreux soubresauts économiques (comme l’inversion de la courbe des taux) qui ont secoué les marchés – et ébranlé la confiance des investisseurs – tout au long de l’année.

 

En ce début de 2020, certains enjeux que nous surveillons n’ont pas changé, mais d’autres viennent s’y greffer. Voici cinq enjeux que nous allons suivre de près en janvier.

 

Enjeux à surveiller en janvier

 

1. Conflit au Moyen-Orient. Après que les États-Unis ont abattu un haut gradé iranien en Irak la semaine dernière, l’Iran a proféré des menaces de représailles impitoyables. Le vendredi 3 janvier, les marchés ont quelque peu réagi à une possible intensification marquée des tensions au Moyen-Orient. C’est logique, puisqu’il est encore trop tôt pour connaître les conséquences de ce geste et qu’il est fort probable qu’à l’instar des attaques iraniennes de drones visant les installations pétrolières saoudiennes en septembre, ce geste ne provoquera pas une intensification marquée du conflit. Le président américain Donald Trump a tenté de désamorcer la situation pendant la fin de semaine en disant que les États-Unis ne cherchent pas à renverser le régime en Iran ni à déclencher une guerre. Cependant, les marchés pourraient réagir plus intensément dans les prochains jours, puisqu’en fin de semaine, l’Iran a annoncé son retrait de l’accord sur les armes nucléaires, ce qui sous-entend qu’il pourrait aller de l’avant avec la création d’une arme nucléaire, sans compter que l’Irak a voté en faveur de l’expulsion des ressortissants américains. Selon certains experts, les représailles de l’Iran pourraient se traduire par des cyberattaques visant à paralyser des entreprises américaines. Je parie que la Fed va demeurer le facteur prépondérant des marchés, ce qui devrait soutenir les marchés boursiers en dépit des craintes suscitées par l’agitation entourant les relations avec l’Iran. Nous allons surveiller la situation de près, en particulier la confiance des entreprises, afin de relever les signes de détérioration.

 

2. Commerce. M. Trump a annoncé son intention de ratifier la phase 1 de l’accord commercial sino-américain à Washington, DC le 15 janvier. Il semble évident que l’accord sera ratifié, mais on ignore encore si la Chine va s’engager à acheter les quantités convenues de biens américains. Or, ce qui est bon pour la Chine pourrait nuire à l’Union européenne si les États-Unis décident de tourner leur attention vers l’UE et de déclencher une guerre commerciale avec elle. Nous allons surveiller de près les propos de M. Trump et des membres de l’Administration chargés de la politique commerciale. Une guerre commerciale avec l’UE pourrait affaiblir davantage l’économie de la zone euro qui est déjà malmenée – les plus récentes statistiques économiques sont plutôt décevantes – et se répercuter sur la confiance des entreprises et la croissance économique mondiale.

 

3. Brexit. Les fêtes étant terminées, le premier ministre britannique, Boris Johnson, et le parlement s’affairent à finaliser la législation qui permettra à la Grande-Bretagne de quitter officiellement l’UE le 31 janvier. Cependant, le problème demeure l’échéancier très serré qu’il s’est fixé pour conclure un accord commercial exhaustif avec l’UE d’ici la fin de 2020. M. Johnson a résisté à la tentation de demander à l’UE une autre prolongation et, à mon avis, cela accroît inutilement l’incertitude à l’égard de la politique économique et augmente les probabilités d’une « sortie pure et simple » de l’UE. Nous allons suivre très attentivement les négociations en espérant qu’un accord sera conclu sous peu – cela étant dit, je ne me fais pas trop d’illusions.

 

4. Réserve fédérale américaine. Le Federal Open Market Committee (FOMC) vient tout juste de rendre public le procès-verbal de sa réunion de décembre, dans lequel on peut lire que la Fed est à l’aise avec sa politique monétaire. Les nouveaux « dot plots » indiquent que la politique monétaire préconisée par la Fed ne prévoit aucune baisse de taux en 2020; pour ma part, je crois qu’il importe davantage de se fier à la réalité, à savoir qu’il faudra une raison majeure pour que la Fed procède à une hausse de taux. La Fed demeure préoccupée par le taux d’inflation trop bas; il sera important de voir si elle a toujours l’intention de relever le taux d’inflation cible. Nous allons surveiller de près les agissements de la Fed pour détecter le moindre signe de changement de cap, ce qui me paraît peu probable en 2020, puisqu’elle semble disposée à mettre les taux sur « pause » pendant une période prolongée. Or, une mise en garde s’impose, à savoir que si la Fed adoptait une position un peu plus belliciste, cela pourrait nuire aux actions américaines. Nous aurons une première occasion d’entendre le point de vue de la Fed cette semaine, lorsque le président de la Fed de New York, John Williams, prononcera une allocution à Londres lors d’une table ronde sur l’avenir du ciblage de l’inflation.

 

5. Actions des marchés émergents. Même si les actions américaines se sont démarquées pour l’année civile 2019, les actions des marchés émergents ont surclassé les actions américaines au quatrième trimestre (11,36 % versus 8,60 %).1 Un catalyseur important de ce rendement a été la fin de la normalisation du bilan en septembre. Fait à noter, la Chine a connu un très bon quatrième trimestre, alors que les actions chinoises ont inscrit un gain de 14,64 % pour les trois derniers mois de l’année.1 Nous allons garder l’œil ouvert pour voir si la tendance se maintient, d’autant plus que la Chine poursuit ses mesures de relance. Par exemple, rien que la semaine dernière, la Banque populaire de Chine a abaissé le coefficient de réserves-encaisse. Pour ma part, je suis enthousiasmée par les actions des marchés émergents, en particulier les titres chinois, et je vais les suivre de près.

Autres blogues de Kristina Hooper

Les retombées du coronavirus commencent à se faire sentir sur les marchés
18 février 2020

Trois éléments à retenir du rapport sur la politique monétaire de la Fed
11 février 2020

Trois enjeux qui pourraient perturber les marchés mondiaux
4 février 2020

Évaluation des conséquences du coronavirus de Wuhan sur les marchés
28 janvier 2020

L’accord commercial sino-américain comporte un paradoxe pour les marchés
22 janvier 2020

Quelles pourraient-être les retombées du conflit entre les États-Unis et l’Iran pour les investisseurs?
16 janvier 2020

Cinq enjeux que les investisseurs devraient surveiller en janvier
7 janvier 2020

Le commerce mondial entre-t-il dans une ère de « protectionnisme de justiciers »?
11 décembre 2019

Perspectives de 2020 : Une vision optimiste des marchés des capitaux
5 décembre 2019

Chaque banque centrale a son plan, mais une constante demeure : les pressions exercées sur les marchés mondiaux
2 décembre 2019

Que pourrait-il advenir du Brexit à l’issue des prochaines élections au Royaume-Uni?
25 novembre 2019

Qu’est-ce qui empêche les États-Unis et la Chine de conclure un accord commercial?
14 novembre 2019

La Fed laisse libre cours aux marchés boursiers. Le redressement pourra-t-il se poursuivre?
6 novembre 2019

Les données de cette semaine confirmeront-elles l’optimisme de la semaine dernière pour les actions?
30 octobre 2019

Les investisseurs devraient-ils avoir peur d’un repli boursier de l’Halloween?
22 octobre 2019

Nouvelle ou bruit : Évaluation des retombées de trois grands titres sur les marchés
2 octobre 2019

Les marchés sortent d’une série d’événements inhabituels
25 septembre 2019

Le « largage de liquidités par hélicoptère » pourrait-il aider l’économie européenne à prendre son envol?
18 septembre 2019

Cinq événements à surveiller en septembre
5 septembre 2019

L’incertitude atteint son paroxysme alors que la guerre commerciale s’intensifie
28 août 2019

S'abonner au blogue

Abonnez-vous pour être informé sur la publication de : *


Voulez-vous vous abonner an anglais?

Abonnez-vous pour recevoir des courriels d’Invesco Canada Ltée au sujet de ce blogue. Pour vous désabonner, veuillez nous envoyer un courriel à blog@invesco.ca ou communiquez avec nous.

1 Source : Bloomberg, L.P. au 6 janvier 2020. Les actions américaines sont représentées par l’indice MSCI É.-U., les marchés boursiers européens par l’indice MSCI Europe, les actions chinoises par l’indice MSCI Chine et les actions des marchés émergents par l’indice MSCI Marchés émergents.

Renseignements importants

Le Brexit fait référence à la sortie prévue du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Les « dot plots » de la Réserve fédérale désignent un graphique que la banque centrale utilise pour illustrer ses perspectives de la trajectoire des taux d’intérêt.

Le coefficient de trésorerie de réserve désigne la part du passif réservable que les banques commerciales doivent détenir plutôt que de prêter ou d’investir. Cette exigence est fixée par la banque centrale de chaque pays.

L’indice MSCI É.-U. mesure le rendement des sociétés américaines à grande et à moyenne capitalisations.

L’indice MSCI Europe est un indice non géré considéré comme étant représentatif du marché boursier européen.

L’indice MSCI Chine mesure le rendement des sociétés à grande et à moyenne capitalisations et regroupe les actions chinoises H et B, les valeurs sûres chinoises, les valeurs sûres P et les titres cotés à l’étranger (comme les CAAE).

L’indice MSCI Marchés émergents mesure le rendement des sociétés à grande et à moyenne capitalisations de 26 pays des marchés émergents.

La courbe des taux illustre les taux d’intérêt, à un moment précis, de différentes obligations ayant la même cote de solvabilité, mais différentes dates d’échéance. Lorsque la courbe de taux est normale, les obligations à long terme procurent un rendement plus élevé. Une courbe des taux inversée fait référence à une situation où, à cote de solvabilité égale, les obligations à court terme ont un rendement supérieur à celui des obligations à long terme.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteur au 6 janvier 2020. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.