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Brian Levitt | 24 septembre 2021

Crise du plafond de la dette : Quelles sont les conséquences potentielles pour les actions américaines?

Alors que les investisseurs assistent à la crise qui fait rage à Washington à propos du plafond de la dette, Brian Levitt nous rappelle les conséquences engendrées par les affrontements semblables pour les actions américaines en 2011 et 2013.

L’Amérique doit à nouveau se pencher sur une question qui ne l’emballe pas du tout : à savoir s’il faut relever le plafond de la dette. Les commentaires du sénateur Mitch McConnell, qui avançait récemment que les républicains ne voteraient pas en faveur d’une augmentation du plafond de la dette sans d’importantes réformes structurelles des dépenses, ont suscité l’inquiétude des acteurs du marché. Contrairement à 2011 (ou à d’autres affrontements antérieurs à propos du plafond de la dette), les démocrates n’ont pas besoin du vote des républicains pour relever le plafond de la dette. Toutefois, Nancy Pelosi, chef de la majorité à la Chambre des représentants, a précisé que les démocrates ne feraient pas cavalier seul et ne relèveront pas le plafond de la dette dans le cadre du processus de réconciliation. Le bal des tractations politiques est sur le point de prendre son envol.

À quoi doit-on s’attendre maintenant, et quelles sont les conséquences potentielles pour les actions américaines? Il est possible que nous assistions à quelques jours d’instabilité sur les marchés au cours des prochaines semaines en raison des inquiétudes des investisseurs quant à la capacité du gouvernement à s’acquitter de ses obligations, ce qui pourrait entraîner une importante dérive fiscale à un bien mauvais moment. Toutefois, il est important de se rappeler que lors des deux derniers affrontements sur le plafond de la dette en 2011 et 2013, les actions américaines ont perdu du terrain au cours du mois précédant la « date fatidique » pour ensuite enregistrer des rendements substantiels au cours des 12 mois suivants, une fois la crise passée1.

Au fil des lignes ci-dessous, nous répondons aux questions les plus fréquemment posées à propos du plafond de la dette et concluons sur une note optimiste en prévoyant un dénouement sans anicroche à la crise actuelle.

En quoi consiste le plafond de la dette?

Chaque jour, les dépenses du gouvernement fédéral des États-Unis sont supérieures à ses revenus. Celui-ci doit donc combler la différence en empruntant les fonds qui lui manquent – mais il y a une limite à la dette qu’il peut contracter. En 1917, le Second Liberty Bond Act imposait une limite de 8 milliards de dollars pour les émissions d’obligations gouvernementales. Le Congrès a voté à plusieurs reprises en faveur d’un relèvement de la limite depuis 1917, y compris 18 fois sous l’administration Reagan, huit fois sous l’administration Clinton et sept fois sous l’administration de George W. Bush, alors que cette pratique prenait des airs de simple formalité pour le Congrès. Le Congrès a même relevé le plafond de la dette à cinq reprises sous l’administration Obama, mais la question a provoqué des débats beaucoup plus houleux. L’administration Trump a relevé le plafond de la dette à plusieurs reprises avant de le suspendre en 20192.

Pourquoi le débat sur le plafond de la dette refait-il surface?

En 2019, au moment où il a été suspendu, le plafond de la dette américaine s’établissait à 22 billions de dollars3. Celui-ci a récemment été rétabli à environ 28,5 billions de dollars. L’encours actuel de la dette du gouvernement fédéral américain s’élève à 28,427316 billions de dollars4. La loi qui autorise le département du Trésor à émettre d’autres titres de créance qui augmentent le montant en circulation a expiré le 1er août 2021.

Quelles sont les mesures mises de l’avant à ce sujet?

Selon Janet Yellen, la secrétaire du Trésor américain, le gouvernement a jusqu’à maintenant réussi à régler ses factures en ayant recours à des mesures extraordinaires et à des manœuvres comptables. Les mesures extraordinaires comprennent la suspension des placements dans certains fonds de pension gouvernementaux, la suspension des titres des séries des gouvernements des États et des municipalités et l’emprunt de fonds mis de côté pour gérer les fluctuations des taux de change.

Quand les mesures extraordinaires prendront-elles fin?

Le département du Trésor américain n’a pas fourni d’estimation précise quant à la durée des mesures extraordinaires, mais Mme Yellen a estimé que les liquidités et les mesures extraordinaires pourraient être épuisées en octobre.

Et par la suite?

Après cette date, le Trésor américain ne pourra plus émettre de nouveaux titres de créance pour financer ses dépenses. Comme Mme Yellen l’a déclaré : « Une fois que les mesures et liquidités disponibles auront été épuisées, les États-Unis d’Amérique seront incapables de remplir leurs obligations pour la première fois de leur histoire. »

Cela signifie-t-il que les États-Unis pourraient ne plus être en mesure d’assurer le service de la dette?

Non. Le gouvernement américain pourrait toujours se servir des impôts versés par les contribuables, qui devraient dépasser le cap des 315 milliards de dollars par mois en 2021 et 2022, selon le Bureau de la gestion et du budget à la Maison-Blanche. Le Trésor américain devrait se pencher sur la meilleure façon de dépenser ces impôts, mais l’essentiel serait de verser les paiements pour la sécurité sociale et Medicare, le service de la dette et les paiements aux militaires.

Cependant, si le gouvernement n’est plus en mesure d’emprunter sur les marchés, il se retrouverait à court d’argent. Une foule de versements pourraient être annulés, des salaires des employés fédéraux aux remboursements de l’IRS en passant par les paiements du département de l’Éducation. Le gouvernement fédéral emploie 2,2 millions de personnes; si près de 1,5 % de la main-d’œuvre totale devait cesser de recevoir son chèque de paie, cela ralentirait à coup sûr l’économie américaine5.

Les États-Unis relèveront-ils le plafond de la dette?

Nous croyons tout de même que le plafond de la dette sera relevé. Ceci étant dit, le débat sera certainement houleux et il est probable que le dénouement ne sera connu qu’à la toute dernière minute. Le débat sur le plafond de la dette pourrait se terminer sur une note semblable à 2011 et 2013, c’est-à-dire une entente nécessaire, mais loin d’être idéale, qui permettra aux décideurs des deux partis de sauver la face. Les démocrates du Congrès pourraient également relever le plafond de la dette dans le cadre du processus de réconciliation, et ce, malgré leur récente promesse de ne pas le faire.

Quelles sont les conséquences potentielles pour les actions américaines?

Lors des deux derniers affrontements sur le plafond de la dette en 2011 et 2013, les actions américaines ont perdu du terrain au cours du mois précédant la « date fatidique » pour ensuite enregistrer des rendements substantiels au cours des 12 mois suivants, une fois la crise passée6. Les taux des obligations du Trésor américain se situent sous la barre des 3 % depuis 2011 et se sont repliés à la suite de la crise du plafond de la dette de 2013, alors que l’économie américaine était en perte de vitesse en raison des importantes restrictions budgétaires7.

Par le passé, les crises entourant le plafond de la dette n’ont pas freiné longtemps l’élan des actions américaines

Source : Bloomberg L.P. Les actions américaines sont représentées par l’indice S&P 500. Il n’est pas possible d’investir directement dans les indices. Les rendements passés ne sont pas garants des résultats futurs.

Que se passera-t-il sur les marchés financiers à l’approche de la date limite?

Nous ne prévoyons pas de perturbations importantes sur les marchés financiers, mais nous ne serions pas surpris que les actions affichent une plus grande volatilité à l’approche de la date limite, comme ce fut le cas à l’approche des « dates fatidiques » de 2011 et 2013. En fin de compte, je crois que les politiciens de notre pays prendront les mesures qui s’imposent pour éviter une crise budgétaire, ce qui devrait avoir un effet bénéfique pour les marchés. Comme le disait Winston Churchill, « Les Américains posent toujours le bon geste, mais seulement après avoir épuisé toutes les autres possibilités ».

1 Source : Bloomberg L.P. Les actions américaines sont représentées par l’indice S&P 500. L’indice S&P 500 est un indice pondéré selon la capitalisation boursière des 500 plus grandes sociétés américaines. Il n’est pas possible d’investir directement dans les indices. Les rendements passés ne sont pas garants des résultats futurs.

2 Source : Congressional Budget Office

3 Source : Congressional Budget Office

4 Source : Trésor américain, 31 août 2021

5 Source : US Bureau of Labor Statistics, 31 août 2021

6 Source : Bloomberg L.P. Les actions américaines sont représentées par l’indice S&P 500. L’indice S&P 500 est un indice pondéré selon la capitalisation boursière des 500 plus grandes sociétés américaines. Il n’est pas possible d’investir directement dans les indices. Les rendements passés ne sont pas garants des résultats futurs.

7 Source : Bloomberg L.P., d’après le taux des obligations du Trésor américain à 10 ans.

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