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Kristina Hooper | 12 octobre 2021

Dans quelle mesure les problèmes de chaînes d’approvisionnement vont-ils nuire aux bénéfices des sociétés?

Boussole hebdomadaire des marchés : On craint que les problèmes de chaînes d’approvisionnement mènent à une saison des bénéfices des sociétés décevante. Kristina Hooper explique ce que nous pouvons tirer des bénéfices déclarés jusqu’ici et ce qu’elle anticipe.

La semaine dernière, dans mon blogue, j’ai mentionné certains enjeux à surveiller en octobre. Un élément que je n’ai pas abordé est celui des bénéfices des sociétés, mais c’est parce que ce sujet mérite qu’on s’y attarde séparément, étant donné les craintes grandissantes concernant l’impact des problèmes de chaînes d’approvisionnement et la hausse des coûts de main-d’œuvre sur les bénéfices des entreprises.

Ces craintes couvent depuis un certain temps. Au début de septembre, trois entreprises américaines, deux compagnies de peinture et de revêtement et un promoteur résidentiel, ont émis des avertissements concernant leurs bénéfices en raison de problèmes de chaîne d’approvisionnement.

  • L’une des compagnies de peinture a révisé à la baisse ses prévisions de ventes, en disant que la pénurie de matières premières l’empêcherait de répondre à la demande. (À vrai dire, l’une des raisons invoquées pour la rareté des matières premières est l’ouragan Ida, qui a exacerbé les problèmes de chaînes d’approvisionnement.)
  • La deuxième compagnie de peinture a elle aussi émis un avertissement disant que les problèmes de chaînes d’approvisionnement auraient un impact sur le volume des ventes et a laissé entendre qu’elle augmenterait ses prix pour compenser la hausse des prix des matières premières. Je crois qu’il importe de souligner que l’entreprise reste très positive; elle dit que la demande reste « élevée » et qu’elle anticipe de « fortes » ventes en 2022.
  • Enfin, le promoteur résidentiel a lui aussi émis un avertissement disant que les problèmes de chaînes d’approvisionnement se sont aggravés pendant la deuxième moitié de 2021 et que les pénuries d’offre ralentissent les travaux de construction et entraînent des retards.

Depuis, plusieurs autres grandes entreprises ont émis des mises en garde concernant la hausse des coûts liée aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement.

Que nous disent les sociétés du S&P 500 sur les bénéfices des sociétés?

Cependant, ces avertissements ne signifient pas que la période de déclaration des bénéfices du troisième trimestre sera décevante. Après tout, les entreprises ont appris à gérer les attentes en prévision de la déclaration de leurs bénéfices et, en général, nous n’avons pas entendu de véritable alarme ni d’indications de baisse substantielle des bénéfices. À ce jour, 103 sociétés de l’indice S&P 500 ont dévoilé leurs prévisions de bénéfices pour le troisième trimestre et, de ce nombre, 54 % (56 sur 103) ont affiché des résultats prévisionnels à la hausse.1 C’est bien au-dessus de la moyenne sur cinq ans de 39 %.1

Certes, de nombreuses entreprises ont été touchées par les perturbations de la chaîne d’approvisionnement, l’augmentation des coûts des intrants et des coûts de main-d’œuvre, mais la question est de savoir dans quelle mesure elles ont été touchées et si elles ont pu refiler la hausse des coûts à leurs clients.

Nous pouvons certainement tirer quelques conclusions du petit nombre de sociétés du S&P 500 (21 pour être exact) qui ont dévoilé leurs bénéfices jusqu’à présent. Jusqu’ici, 16 de ces 21 sociétés ont fait état d’un bénéfice par action plus élevé que prévu et 15 ont déclaré que leurs revenus sont supérieurs à leurs attentes1, même si bon nombre d’entre elles sont confrontées à des vents contraires en raison des facteurs dont nous avons fait mention.

Parmi les déclarations de bénéfices du troisième trimestre rendues publiques à ce jour, ce sont les perturbations de la chaîne d’approvisionnement qui ont été invoquées le plus souvent (par 15 des 21 entreprises qui ont dévoilé leurs résultats), suivies de près par la pénurie de main-d’œuvre et les coûts (14 des 21 entreprises). Les entreprises ont également mentionné les coûts et les impacts de la COVID (11 des 21 entreprises) et les coûts de transport et de fret (11 des 21 entreprises).1

Les entreprises européennes sont confrontées à des défis similaires. Peu importe où elles se trouvent, elles subissent probablement les contrecoups des perturbations de la chaîne d’approvisionnement, de l’augmentation des coûts des intrants et des problèmes de recrutement de main‑d’œuvre.

Quels secteurs risquent d’être les plus durement touchés?

Certaines entreprises seront beaucoup plus touchées que d’autres. Comme mon collègue Paul Jackson l’a souligné, si tous les autres facteurs sont égaux, une augmentation des coûts aura généralement le plus gros impact sur les entreprises à faible marge bénéficiaire, notamment celles qui exercent leurs activités dans les secteurs du transport, du commerce de détail général, de la construction et de l’automobile.

Les entreprises qui devraient être les moins touchées sont celles qui ont des marges bénéficiaires élevées, dont les coûts des matières premières sont limités et qui ont peu d’effectifs. Cela devrait inclure les secteurs de croissance tels que les technologies de l’information et les soins de santé. Malheureusement, les cours des actions de ces secteurs risquent de souffrir temporairement d’une hausse des taux obligataires. Les sociétés de services financiers pourraient se démarquer dans cette conjoncture, d’autant plus que ces sociétés apprécieraient des rendements plus élevés. Un autre facteur de différenciation est l’ampleur des investissements des entreprises dans la technologie pour accroître leur productivité.

Quand ces facteurs seront-ils résolus?

Certains de ces facteurs seront résolus plus tôt que d’autres. Malgré un rapport sur l’emploi décevant pour le mois de septembre (qui s’explique en partie par les nombreuses pertes d’emplois dans le secteur public, en particulier dans le secteur de l’éducation), je persiste à croire que le marché du travail reviendra à la normale, dans une certaine mesure, car certains obstacles au retour à la main‑d’œuvre vont se dissiper.

En ce qui concerne plus précisément la pénurie de semi-conducteurs, la situation semble en voie de s’améliorer bientôt, car on prévoit un retour à la normale de la production d’ici le deuxième trimestre de 2022.2 Cependant, les perturbations plus globales de la chaîne d’approvisionnement devraient se poursuivre à plus court terme, surtout si on assiste à d’autres vagues de COVID, mais la situation devrait s’améliorer à mesure que la vaccination et l’immunité collective vont progresser.

En règle générale, les perturbations de la chaîne d’approvisionnement et l’augmentation des coûts des intrants semblent relativement temporaires. Il en va autrement des coûts de la main-d’œuvre, qui varieront selon l’industrie, les salaires plus élevés dans le secteur tertiaire étant plus susceptibles de devenir transitoires en raison du roulement élevé du personnel.

De mon côté, je porterai une attention particulière à la période de déclaration des bénéfices des sociétés ce trimestre‑ci, mais je serai surtout préoccupée par les prévisions des entreprises pour le quatrième trimestre et à plus long terme, en particulier à savoir pendant combien de temps elles s’attendent à ce que la situation actuelle dure. Ce qui semble clair, c’est que certaines industries seront plus touchées que d’autres et certaines entreprises auront plus de fil à retordre que d’autres. Dans l’ensemble, cela me dit que les investisseurs doivent se montrer sélectifs et perspicaces, surtout si ces facteurs risquent de perdurer, et que la gestion active jouera un rôle clé.

1 Source : FactSet Research Systems, 8 octobre 2021

2 Source : Gartner, « Gartner Says Global Chip Shortage Expected to Persist Until Second Quarter of 2022 », 12 mai 2021

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Image d’en-tête du blogue : Ed Bock / Getty

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Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteure au 11 octobre 2021. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.