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Nathan Miller | 20 février 2020

Défis et occasions que représentent les placements selon les pratiques ESG

Nous, les consommateurs, sommes plus conscients que jamais de l’impact environnemental et social de nos choix et, aujourd’hui, cela influence également les choix de placement de beaucoup de gens.
 
L’essor des placements selon les pratiques ESG (environnementales, sociales et de gouvernance) et l’attention grandissante que les investisseurs leur accordent augmentent de façon exponentielle. Aux États-Unis, les actifs ESG ont augmenté de 38 % entre 2016 et 2018,1 et l’année 2019 ne semble pas diverger de cette tendance. Or, une croissance aussi rapide ne peut pas se dérouler sans heurts.
 
Aujourd’hui, les investisseurs qui s’intéressent aux facteurs ESG sont confrontés à des défis récurrents :

 

« Écoblanchiment »
 
Certains critiques ont fait valoir que la forte croissance des actifs ESG est attribuable à l’écoblanchiment (c.-à-d. à une tactique employée par certains gestionnaires d’actifs qui consiste à utiliser des données ESG pour que la stratégie ou le fonds obtienne une bonne cote ESG sans avoir à faire trop d’efforts pour vraiment comprendre ou intégrer les pratiques ESG dans le cadre d’investissement).
 
Heureusement, je dirais que cette pratique est de moins en moins courante car les investisseurs sont plus renseignés que jamais sur la façon dont les gestionnaires de capitaux intègrent les pratiques ESG à leur méthode de placement. Par exemple, les questionnaires de diligence raisonnable ont désormais plus qu’une simple case à cocher concernant les pratiques ESG; ils comportent des questions précises qui visent à comprendre le processus ESG, à savoir quelles sont les parties prenantes, s’il y a des partenariats avec des tiers et comment les données supplémentaires sont mises à profit.

 

Incohérence des données ESG divulguées
 
Un autre défi réside dans la manière incohérente dont les entreprises divulguent les renseignements sur leurs pratiques environnementales, sociales et de gouvernance, si bien qu’ils ne sont pas toujours comparables.
 
Nous sommes ravis que les entreprises fassent preuve de transparence lorsque les investisseurs leurs demandent des renseignements sur leurs pratiques ESG, car ces renseignements sont fondamentaux pour évaluer certains risques auxquels elles sont exposées. En revanche, il est parfois difficile de comparer les renseignements sur les pratiques ESG d’une société à une autre. L’une des solutions les plus répandues consiste à avoir recours aux services d’une entreprise spécialisée ou à une équipe de recherche attitrée pour agréger les données en un ensemble comparable et quantifiable, puis attribuer une cote à chaque entreprise et tirer des conclusions clés sur les pratiques ESG de chacune d’elles.

 

Manque de connaissances
 
Enfin, les gestionnaires de capitaux doivent combler le manque de connaissances des investisseurs. Étant donné la quantité innombrable de pratiques regroupées sous l’égide du placement socialement responsable, les gestionnaires de capitaux doivent absolument montrer que leurs intentions correspondent aux attentes des investisseurs. À notre avis, c’est une occasion unique pour les gestionnaires de capitaux, les conseillers financiers et les investisseurs d’amorcer un véritable dialogue sur la raison d’être des placements selon les pratiques ESG.

 

D’où proviennent les occasions de placement selon les pratiques ESG?
 
Les occasions issues des placements selon les pratiques ESG proviennent de deux sources : d’un côté, il y a les gestionnaires de capitaux et les investisseurs et de l’autre, les entreprises dans lesquelles ils investissent.
 
En avril 2006, les Nations Unies (ONU) ont lancé les Principes pour l’investissement responsable (PRI) fondés sur l’idée que les pratiques ESG devraient être considérées comme faisant partie intégrante du processus de placement, parce qu’elles peuvent avoir une incidence sur le rendement des placements. On compte aujourd’hui plus de 7 000 signataires des PRI, d’après le site Web de l’ONU dédié aux PRI, unpri.org. Le simple fait de devenir signataire ne qualifie pas une entité en tant que gestionnaire respectueux des pratiques ESG, mais c’est la première étape du processus visant à jumeler le cadre de placement à un ensemble de principes convenus d’un commun accord.
 
Il y a aussi des occasions qui émanent des sociétés. Tel que mentionné plus haut, nous croyons que la principale occasion consiste à clarifier les renseignements qui sont (ou ne sont pas) divulgués. À l’instar des principes comptables généralement reconnus (PCGR) élaborés par le Financial Accounting Standards Board, la notion de placement responsable a donné naissance au Sustainable Accounting Standards Board, qui a pour but d’établir des normes de divulgation convenues d’un commun accord et applicables dans le secteur ou le sous-secteur dans lequel l’entreprise exerce ses activités.

 

D’où vient l’intérêt pour les pratiques ESG?
 
Les écho-boomers sont souvent décrits comme la génération la plus soucieuse d’effectuer des placements qui correspondent à leurs valeurs. D’après une recherche menée récemment par Morgan Stanley, c’est vrai, mais l’intérêt des gens des autres générations augmente un peu plus rapidement.2
 
Un récent sondage de Morningstar a révélé que les gens de la génération X s’intéressent beaucoup aux placements selon les pratiques ESG. Comme la plupart des baby-boomers sont déjà à la retraite depuis un certain temps, ils sont davantage préoccupés par la préservation de leur épargne. En revanche, les gens de la génération X, qui amorcent carrément leurs « années d’épargne maximale », vont probablement s’intéresser de plus en plus aux placements selon les pratiques ESG.

 

Le mot de la fin
 
La croissance des placements selon les pratiques ESG montre clairement que les investisseurs veulent comprendre le plan de création de valeur à long terme des entreprises, leurs initiatives, leurs meilleures pratiques et les risques inhérents (que ce soit sur le plan financier ou autre) en ayant accès à des renseignements sur les pratiques ESG plus normalisés. Les dirigeants des sociétés ouvertes semblent avoir compris le message des investisseurs qui demandent davantage de renseignements sur les pratiques ESG, mais il revient malgré tout aux investisseurs de déterminer comment utiliser ces renseignements.
 
Nous prévoyons que la croissance des actifs et de l’intérêt à l’égard des placements selon les pratiques ESG se poursuivra dans les années à venir. Cette croissance comportera de nouveaux défis et de nouvelles occasions et nous allons nous y intéresser plutôt que de les fuir.

 

 

 

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1 Source : US SIF Foundation, « Sustainable and Impact Investing – Overview », octobre 2018

2 Source : Morgan Stanley Institute for Sustainable Investing, « Sustainable Signals: Individual Investor Interest Driven by Impact, Conviction and Choice », septembre 2019

Renseignements importants

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteur au 18 février 2020. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.