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Perspectives, commentaire et expertise de placement

Kristina Hooper | 25 février 2020

Des statistiques récentes révèlent l’impact économique du coronavirus

La semaine dernière, les indices S&P 500 et composé Nasdaq ont atteint des sommets historiques en milieu de semaine, puis ont chuté considérablement à la fin de la semaine, parce que les investisseurs craignent que le nouveau coronavirus (également connu sous le nom de COVID-19) freine la croissance économique. Les inquiétudes suscitées par la contagion ont été amplifiées lorsque les données des indices préliminaires des gestionnaires en approvisionnement (PMI) des États-Unis pour le mois de février ont été rendues publiques.1 L’indice composé PMI a chuté à 49,6 points, sa première contraction depuis la paralysie des services publics en 2013. L’indice PMI manufacturier a reculé à 50,8 points, contre 51,5 points en janvier, ce repli étant imputé à l’épidémie de coronavirus. L’indice PMI du secteur tertiaire a été particulièrement touché (passant de 53,4 à 49,4 points) et se trouve maintenant techniquement en territoire de contraction.
 
Depuis aujourd’hui, le 24 février, nous assistons à un repli mondial des cours boursiers et à une ruée vers les catégories d’actifs « sans risque », telles que l’or et les bons du Trésor américain. Les craintes suscitées par le coronavirus ont fait chuter les taux obligataires comme une roche dans l’eau. Au moment où j’écris ces lignes, le taux des bons du Trésor américain à 10 ans est à son plus bas niveau depuis 2016 et celui des bons à 30 ans n’a jamais été aussi bas.2 La courbe des taux à 10 ans / 3 mois s’est inversée et celle des taux à 10 ans / 2 ans est sur le point d’en faire autant. J’ai observé que, par le passé, le taux des bons du Trésor américain à 10 ans a été une bien meilleure jauge de la peur que l’indice VIX; qui plus est, le taux des bons du Trésor à 10 ans nous dit que les investisseurs craignent sérieusement que cette contagion ait un impact sur la croissance mondiale.

 

Les manchettes mondiales continuent de semer la peur
 
Ces inquiétudes ne sont pas sans fondement. Les nouvelles et les statistiques publiées ces derniers jours sont troublantes. La contagion se propage à divers pays, dont la Corée du Sud, l’Iran et l’Italie. La situation en Italie a incité l’Église catholique à annuler la messe à Milan et l’Autriche a annulé tous les trains en provenance et à destination de l’Italie. L’Organisation mondiale de la santé envisage de qualifier cette épidémie de pandémie. Ce qui est particulièrement alarmant, c’est que des personnes plus jeunes et en meilleure santé contractent la maladie et que certaines sont tombées gravement malades. De plus, des rapports récents laissent entendre que la période d’incubation pourrait durer jusqu’à quatre semaines.
 
Et nous continuons de recevoir des renseignements nous indiquant que les entreprises sont touchées. C’est un choc exogène classique. Les indices PMI préliminaires de divers pays font état d’une détérioration liée au coronavirus. Par ailleurs, de plus en plus d’entreprises préviennent que leurs bénéfices vont diminuer en raison de l’épidémie de COVID-19.
 
Dans ce contexte, il est facile pour les investisseurs de paniquer. Voici quelques éléments que les investisseurs doivent garder à l’esprit :

  1. Les bons du Trésor à 10 ans n’ont pas de formation médicale. Autrement dit, je prends cette baisse de taux et l’inversion des courbes de taux qui en découle avec un grain de sel car l’impact économique dépendra de la durée de la période de contagion. Les récents rapports faisant état d’une augmentation des taux d’infection et d’infections graves chez des personnes par ailleurs en bonne santé me préoccupent. Cependant, j’espère toujours que la période de contagion sera de courte durée, faisant écho aux vues de la directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva, qui a déclaré la semaine dernière qu’il est trop tôt pour faire des projections médicales, mais « nous espérons toujours que l’impact sera une courbe en V » avec une forte baisse en Chine et un net rebond une fois que le virus aura été confiné.3
  2. Les autorités seront aussi favorables que possible et une politique de soutien peut faire échec à la décélération de la croissance en dictant l’orientation des actifs à risque. La Chine a adopté des mesures de relance budgétaires et monétaires musclées et est prête à en faire plus. La semaine dernière, le président du conseil de la Réserve fédérale américaine (Fed), Jay Powell, a dit clairement que la Fed allait « surveiller de près » la situation, ce qui, à mon avis, signifie que la Fed est prête à procéder à des baisses de taux « en guise d’assurance » si nécessaire, tout comme elle l’a fait l’année dernière par mesure préventive pour lutter contre les retombées économiques négatives de la guerre commerciale opposant les États-Unis et la Chine. Cela devrait amortir le repli, du moins quelque peu, et certainement favoriser une plus forte reprise.
  3. La situation en Chine commence déjà à s’améliorer. La propagation du virus ralentit. Les usines rouvrent leurs portes. Le taux de reprise du travail augmente. Il faudra du temps pour que l’économie recommence à tourner à plein régime mais la Chine est sur la bonne voie.

 

Indicateurs économiques à surveiller
 
Il faut savoir que la conjoncture crée des occasions de placement. Dans l’ensemble, les cours boursiers augmentent depuis plusieurs mois sans correction significative, ce qui porte à croire qu’il est grand temps qu’on assiste à une correction. Le repli actuel pourrait avoir du bon et procurer des occasions de placement, à plus forte raison parce que des mesures de soutien sont en place. Étant donné que la situation commence à s’améliorer en Chine, les actions chinoises et les actions mondiales de sociétés qui tirent une forte proportion de leurs revenus de la Chine pourraient s’avérer des occasions d’achat particulièrement intéressantes. Par ailleurs, les taux plus bas peuvent avoir des effets positifs, notamment parce qu’ils font baisser les taux hypothécaires.
 
Ce qui est essentiel, c’est que nous continuions à suivre de près les statistiques économiques pour déceler les signes de l’impact économique du coronavirus. Voici quelques-unes des prochaines statistiques à surveiller :

  • Les indices PMI de la Chine. Ces données nous aident à suivre l’évolution de la situation et nous permettent de confirmer que l’économie chinoise reprend du poil de la bête.
  • L’indice de confiance des consommateurs. Cet indice nous permet de voir si la confiance des consommateurs américains est ébranlée par les craintes entourant le coronavirus.
  • Les indices de confiance des entreprises et des consommateurs de la zone euro. Ces indicateurs ne sont généralement pas suivis de près, mais je pense qu’ils revêtent une importance accrue parce que le virus a un impact significatif sur le nord de l’Italie et c’est la raison pour laquelle nous voulons voir comment la contagion a touché à la fois la confiance des consommateurs et des entreprises de la zone euro.

La production industrielle du Japon. Le Japon est sur la ligne de front de la contagion; les chaînes d’approvisionnement des entreprises japonaises sont extrêmement perturbées. Cet indicateur va nous aider à mesurer les répercussions du coronavirus au Japon.

 

 

 

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1 Source : IHS Markit, 21 février 2020
2 Source : Bloomberg, L.P.
3 Source : Yahoo Finance, « Price of Gold Fundamental Daily Forecast – Threat of Global Recession Driving Prices Higher », 21 février 2020

Renseignements importants

Image d’en-tête du blogue : Out Of The Box/ Stocksy

L’indice S&P 500® est un indice non géré considéré comme étant représentatif du marché boursier américain.

L’indice composé Nasdaq est l’indice pondéré en fonction de la capitalisation boursière d’environ 3 000 actions ordinaires cotées à la bourse Nasdaq.

L’indice préliminaire IHS Markit composé PMI est tiré de l’indice des gestionnaires en approvisionnement compilé par IHS Markit à partir de données d’un sondage original recueillies auprès d’entreprises des secteurs manufacturier et tertiaire.

L’indice de volatilité du CBOE® (VIX®), l’un des principaux instruments de mesure des attentes de volatilité à court terme, est établi en fonction du prix de levée des options de l’indice S&P 500. L’indice VIX est le symbole de téléscripteur de l’indice de volatilité du Chicago Board Options Exchange (CBOE), qui fait état des perspectives de volatilité du marché sur 30 jours.

Une courbe de taux inversée fait référence à une situation où, à cote de solvabilité égale, les obligations à court terme ont un rendement supérieur à celui des obligations à long terme. Lorsque la courbe de taux est normale, les obligations à long terme procurent un rendement plus élevé.

L’aversion au risque fait référence à une variation des cours motivée par un changement de tolérance au risque; les investisseurs se tournent vers des placements moins risqués lorsqu’ils perçoivent le degré de risque comme étant élevé.

L’indice de confiance des consommateurs du Conference Board® est publié mensuellement et s’appuie sur les données d’un sondage sur les attitudes d’achat des consommateurs américains et leurs intentions d’achat.

Les risques d’investir dans des titres d’émetteurs étrangers, y compris ceux des marchés émergents, peuvent inclure la fluctuation des devises étrangères, l’instabilité politique et économique, et les problèmes liés à l’imposition étrangère.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteur au 24 février 2020. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.