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Kristina Hooper | 8 septembre 2021

Destinés à un ralentissement économique? Je dis que l’économie peut affronter la tempête.

Boussole hebdomadaire des marchés : Un ralentissement économique majeur est-il inévitable? Kristina Hooper explique pourquoi elle pense que l’économie mondiale peut dépasser les attentes pessimistes.

Mon mari a fait une révélation surprenante à nos enfants l’autre jour; il leur a dit que lorsqu’il était au secondaire, son professeur de latin l’a persuadé de ne pas passer l’examen d’admission au cours de latin avancé, parce qu’il a supposé que mon mari ferait baisser la note moyenne de la classe. Quand il a dit cela, tant de questions tourbillonnaient dans ma tête. D’abord et avant tout : comment un enseignant pouvait-il radier ainsi un élève? (Était-il un si mauvais élève? Comment se fait-il que je suis marié à cet homme depuis 25 ans et que je n’avais jamais entendu cette anecdote?)

Mon mari a peut-être raté l’examen d’admission au cours de latin avancé, mais il a obtenu son diplôme d’études secondaires, collégiales et supérieures et est un membre actif de la société. Cependant, le fait est que son professeur l’avait apparemment radié du cours de latin avant même qu’il n’ait eu l’occasion de faire ses preuves à l’examen.

Cette anecdote me fait penser à ce qui se passe en ce moment; les médias et les investisseurs supposent que l’économie mondiale connaît un ralentissement économique majeur. Or, à mon point de vue, l’économie a un potentiel plus grand que certains pourraient le croire.

Le rapport sur l’emploi aux États-Unis nous donne une lueur d’espoir

Bien sûr, le rapport d’août sur l’emploi aux États-Unis est extrêmement décevant. Cependant, le rapport n’a pas tenu compte de la révision à la hausse du nombre d’emplois non agricoles de juillet qui dépasse largement le million.1 De plus, la semaine dernière, le nombre de premières demandes de prestations d’assurance-chômage aux États-Unis a chuté à un creux post-pandémique de 340 000, ce qui montre que la situation de l’emploi est meilleure en ce moment.2

Comme je le disais plus tôt, je ne m’attends pas à ce que la situation de l’emploi commence à revenir à la normale avant au moins le rapport de septembre, lorsque toutes les prestations d’assurance-chômage bonifiées auront été abolies et que les enfants américains seront de retour à l’école. Je crois que cela va encourager plus de gens à chercher un emploi.

Les mesures de contrôle de la pandémie varient d’un pays à l’autre

Je ne peux pas me mettre la tête dans le sable et dire que la propagation de la COVID-19 n’a aucun impact économique; je dis seulement que la situation n’est pas aussi grave que ce que les médias affirment. Les États-Unis font effectivement face à des vents contraires, mais ils semblent légers. Les Américains sortent de chez eux et il ne semble pas y avoir beaucoup de gens en auto-quarantaine. Par exemple, la mobilité aux États-Unis (au 26 août) n’a que légèrement diminué.3

La situation est similaire au Royaume-Uni et dans la zone euro. Par exemple, l’indice PMI (indice des gestionnaires en approvisionnement) du secteur tertiaire de la zone euro pour le mois d’août a légèrement baissé par rapport à juillet, mais les données sur la mobilité (au 26 août) demeurent bonnes. Joe Hayes, économiste pour IHS Markit, a expliqué la situation comme suit : « L’assouplissement des mesures de confinement a alimenté deux des plus forts mois d’expansion depuis le milieu de 2006, soit juillet et août… », mais il a fait une mise en garde à savoir que la dynamique de croissance a légèrement faibli.4

Certaines économies asiatiques ont récemment subi un impact plus marqué de la COVID, mais je pense que cela est dû aux restrictions plus strictes qu’elles ont mise en œuvre. Les récents indices PMI de la Chine révèlent une contraction du secteur tertiaire. C’est aussi le cas au Japon, où le PMI du secteur tertiaire est passé en territoire de contraction.

Apprendre par expérience

Bref, différentes régions s’attaquent au virus différemment et il a certes un impact négatif plus marqué sur certaines régions plutôt que d’autres en ce moment. Les restrictions sont peut-être nécessaires, en particulier dans les pays où la vaccination n’est pas encore très avancée. Cependant, le principal élément que je retiens est que nous ne devrions pas supposer qu’un ralentissement marqué se profile à l’horizon. L’expérience est la meilleure enseignante et les économies ont beaucoup appris en gérant la COVID-19 depuis le début de 2020 et sont devenues beaucoup plus résilientes. Par conséquent, malgré le pessimisme généralisé qui règne en ce moment à l’égard de l’économie mondiale, je demeure optimiste.

Événements à surveiller en septembre

Bien sûr, nous ne devons pas cesser d’être vigilants pour autant. Voici quelques-unes des situations que je vais surveiller en septembre :

Le variant Mu. Je suivrai bien entendu de près les données sur la COVID. Je suis particulièrement préoccupée par le variant Mu. Pour vous mettre en contexte, ce variant est apparu pour la première fois au début de 2021 et s’est propagé dans plusieurs pays dont le taux de vaccination était faible. Nous avons appris récemment qu’il a été répertorié dans 49 des 50 États américains, mais ne représente que 1 % des cas aux États-Unis (alors que le variant Delta représente 99 % des cas).5

Les craintes entourant le variant Mu proviennent du fait que, selon l’Organisation mondiale de la santé, « il possède une constellation de mutations qui laissent présager qu’il pourrait déjouer le système immunitaire ».6 D’autres études devront être menées pour confirmer s’il est effectivement résistant aux vaccins actuels et, si tel est le cas, ce serait extrêmement préoccupant. Cela étant dit, je tiens à souligner que je suis convaincue que nous n’assisterons plus à une dévastation économique de l’ampleur de l’année dernière à la suite de la COVID-19 car, même si le variant résiste aux vaccins, les économies ont appris à fonctionner bien mieux qu’elles ne l’ont fait au début de 2020, lorsque la COVID-19 a frappé pour la première fois, mais cela pourrait certainement provoquer une certaine volatilité sur les marchés boursiers.

La vaccination. Les progrès des campagnes de vaccination restent d’une importance capitale. Nous devons nous rappeler que c’est lorsque la COVID-19 se propage sans contrôle que les variants prolifèrent. Par conséquent, nous devons nous assurer que les pays vaccinent leur population et cela signifie suivre les progrès des campagnes de vaccination des pays des marchés émergents.

Je surveille également de près l’administration des doses de rappel dans les pays qui ont déjà vacciné une forte proportion de leur population. Des preuves tangibles montrent que les vaccins peuvent perdre leur efficacité relativement rapidement; c’est la raison pour laquelle Israël s’est mobilisée aussi rapidement pour administrer des doses de rappel à ses citoyens. Je considère toujours Israël comme un modèle à suivre pour les autres pays. J’espère que les États-Unis iront de l’avant avec l’administration des doses de rappel à la population cet automne. Cependant, il s’agit d’une arme à double tranchant car elle peut ralentir les efforts des pays des marchés émergents pour vacciner leur population étant donné les stocks limités de vaccins.

La mobilité. Dans un monde de COVID, les données sur la mobilité donnent une bonne indication de l’activité économique. Nous allons continuer à suivre cela de près, car la mobilité pourrait fournir les premiers signes de ralentissement de l’activité économique. Rappelons que de nombreux pays vont tenter d’éviter de resserrer les restrictions, même si la COVID se propage, ce qui signifie qu’il reviendra à chacun de décider s’ils veut continuer d’aller au restaurant et de faire ses achats en personne ou s’il préfère rester à la maison. Les données sur la mobilité sont un peu comme le « canari dans la mine de charbon » pendant cette pandémie.

La Réserve fédérale américaine. Le rapport décevant d’août sur l’emploi aux États-Unis donne à la Réserve fédérale américaine (Fed) une plus grande marge de manœuvre pour retarder l’annonce et la mise en œuvre du retrait graduel des achats d’actifs, mais reste à voir si la Fed va décider de la reporter au-delà de sa réunion de septembre. À mon avis, elle va la retarder quelque peu mais, chose certaine, nous allons suivre de près le « Fedspeak » au cours des prochains jours.

1 Source : Bureau américain de la statistique du travail, 3 septembre 2021

2 Source : Département américain de la main-d’œuvre, données de la semaine terminée le 28 août 2021

3 Source : Google

4 Source : IHS Markit, 3 septembre 2021

5 Source : The Independent, « Mu variant found in every US state bar Nebraska, with Florida and California suffering highest numbers », 7 septembre 2021

6 Source : Organisation mondiale de la santé, « COVID-19 Weekly Epidemiological Update », 31 août 2021

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Image d’en-tête du blogue : Mongkol Chuewong / Getty

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Le retrait graduel des achats d’actifs désigne la diminution progressive des activités de la banque centrale visant à contrer une piètre conjoncture économique.

L’indice PMI (indice des gestionnaires en approvisionnement) du secteur tertiaire de la zone euro est compilé par IHS Markit à partir de données d’un sondage original recueillies auprès d’un échantillon représentatif d’environ 2 000 entreprises privées. Les données nationales sont incluses pour l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne et la République d’Irlande. Ensemble, ces pays représentent environ 78 % de la production des entreprises privées du secteur tertiaire de la zone euro.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteure au 7 septembre 2021. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.