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Perspectives, commentaire et expertise de placement

Kristina Hooper | 15 décembre 2020

Dossiers à surveiller en cette fin de 2020

Voici mon dernier blogue de l’année. Et quelle année ce fut : une année marquée par les pertes de toutes sortes. D’abord et avant tout, il y a eu des pertes de vies, mais aussi des faillites d’entreprises. J’ai appris l’autre jour que l’icône de New York, The 21 Club, fermera définitivement ses portes; c’est la plus récente des nombreuses entreprises de services à succomber à la pandémie. Je pense que nous sommes tous impatients de fermer les livres de l’année 2020 et espérons tous des jours meilleurs en 2021. Je tiens à remercier les nombreux travailleurs de la santé et autres travailleurs de première ligne (y compris les employés d’épiceries, les premiers répondants et les enseignantes et enseignants) qui ont risqué leur vie cette année pour affronter la pandémie. Au nom de tous mes collègues d’Invesco, je tiens à vous dire que nous sommes impressionnés par tout ce que vous avez accompli cette année.

Alors que l’année 2020 tire à sa fin et à l’aube de 2021, voici ce que je vais surveiller au cours des prochaines semaines :

  1. Brexit. Nous ignorons toujours ce qui va se passer dans ce dossier, car la dernière date butoir a été repoussée. Le premier ministre britannique, Boris Johnson, a demandé aux entreprises de stocker des marchandises en cas de Brexit de type « sortie pure et simple » et les deux parties en cause ont déclaré vendredi qu’une séparation sans accord était l’issue la plus probable. Les enjeux sont considérables, d’autant plus que nous sommes en pleine pandémie. J’espère vraiment qu’un accord sera conclu car je ne crois pas que les marchés aient pleinement escompté un Brexit « sans accord ».
  2. Mesures de relance budgétaire aux États-Unis. Il me semble que les probabilités qu’un plan de relance budgétaire soit adopté dans un proche avenir diminuent à vue d’œil. Bien que le plan de 900 milliards de dollars proposé soit insuffisant, à mon avis, l’absence de mesures de relance causerait encore plus de dommages à l’économie, comme le disait un porte-parole de la Réserve fédérale américaine.1 Je m’attends à ce que davantage d’entreprises ferment leurs portes dans les semaines et les mois à venir et à ce que les prochains rapports sur l’emploi aux États-Unis reflètent une croissance de l’emploi extrêmement anémique. Cela exacerberait la reprise en « K », ainsi que les inégalités de revenu et de richesse. Cependant, je crois que le redressement économique auquel nous assisterons en 2021 sera robuste et plus généralisé que celui qui a suivi la crise financière mondiale. Tant que les conditions financières demeureront accommodantes, nous pourrons assister à une « destruction créatrice » et de nouvelles entreprises pourront voir le jour. Cela ne signifie pas que l’absence de mesures de relance budgétaire suffisantes à court terme ne causera pas de dommages importants à l’économie.
  3. Réserve fédérale américaine. La Réserve fédérale américaine (Fed) se réunit cette semaine, dans la foulée de la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) la semaine dernière, au cours de laquelle la BCE a bonifié son programme d’achat d’actifs, mais a déçu beaucoup de gens qui s’attendaient à plus. Je crois que la Fed devra renforcer son soutien aux marchés et à l’économie étant donné la décision du département du Trésor de récupérer le financement accordé dans le cadre d’un certain nombre de facilités de crédit. Je soupçonne que le soutien pourrait prendre la forme d’indications d’une augmentation des achats de titres à plus longue échéance à des fins d’assouplissement quantitatif, car la Fed anticipe une détérioration des conditions économiques à court terme. Cela pourrait faire baisser les taux des obligations à plus longue échéance, ce qui devrait soutenir l’économie et les marchés. La Fed pourrait également réitérer sa volonté d’être plus tolérante en matière d’inflation et de laisser l’économie prendre du mieux avant de relever les taux d’intérêt. Ainsi, à mon avis, le dollar américain pourrait rester faible par rapport à d’autres grandes devises comme l’euro.
  4. Deux courses au Sénat de la Géorgie. Le parti qui obtiendra la majorité au Sénat sera déterminé en fonction de l’issue de ces deux courses qui, à leur tour, façonneront les futures mesures de relance (y compris les dépenses en infrastructures et les dépenses « vertes ») et la politique fiscale aux États-Unis. Bien qu’il me semble beaucoup plus probable qu’un siège, sinon les deux, soient remportés par les républicains, si les deux sièges reviennent aux candidats démocrates (auxquels j’attribue une probabilité très peu scientifique d’environ 20 %), attendez-vous à ce que la relance soit plus forte et inclue de l’aide aux États et aux autorités locales, mais cela sous-entend des hausses d’impôts. Si tel est le cas, cela risque de rendre les marchés boursiers nerveux à court terme.
  5. Taux d’infection à la COVID-19. Aux États-Unis, le nombre de cas continue d’augmenter sans aucun signe de ralentissement. Jusqu’à présent, la zone euro a réussi tant bien que mal à « aplatir la courbe » de la vague qui sévit en ce moment, mais l’hiver ne fait que commencer dans l’hémisphère nord. L’Allemagne vient d’annoncer un confinement quasi complet pour lutter contre la propagation du virus, qui a durement touché le pays. Si le nombre de cas d’infection dans les pays développés occidentaux augmente suffisamment, cela pourrait être très dommageable pour leurs économies et, dans le pire des scénarios, entraîner une récession à double creux.
  6. Ratés au chapitre des vaccins. Le Royaume-Uni et les États-Unis ont approuvé l’utilisation des vaccins contre la COVID-19 et d’autres pays vont bientôt leur emboîter le pas, ce qui, en soi, est une excellente nouvelle. Or, force est d’admettre que s’il y a des problèmes de distribution ou si certaines personnes ont des effets secondaires, cela pourrait entraîner une baisse des cours boursiers. Nous avons hâte de voir quel pourcentage de la population des pays qui offrent le vaccin sera disposé à se faire vacciner, car cela aura une incidence sur la rapidité à laquelle nous pourrons tourner la page sur la COVID-19 et revenir à la normale.
  7. Dépenses en immobilisations. Comme je l’ai déjà mentionné, je m’attends à ce que les dépenses en immobilisations augmentent avant la distribution en masse des vaccins contre la COVID-19 dans de nombreux pays. Je crois aussi à un regain de confiance des entreprises avant le début des dépenses en immobilisations. Je vais donc suivre de près ces deux indicateurs. Je ne serais pas surprise de voir une amélioration de la confiance des entreprises dès le mois prochain, malgré le nombre élevé de cas d’infection.
  8. Statistiques économiques de la Chine. L’économie chinoise a bien performé parce que le pays est parvenu à contrôler le virus et c’est pour cette raison que nous nous attendons à ce que la Chine donne le ton à la reprise économique en 2021. Les statistiques économiques sont déjà très encourageantes. Par exemple, en novembre, les ventes de voitures ont été élevées, en hausse de 11,6 % par rapport à l’année précédente.2 Cependant, nous allons suivre de près les statistiques pour confirmer que l’économie continue de bien se comporter.
  9. Marchés. Les marchés sont sur une lancée depuis mars. Les premiers appels publics à l’épargne, qui ont suscité énormément d’enthousiasme cette année, illustrent bien cette conjoncture d’« appétit pour le risque ». À juste titre, les clients se demandent pendant combien de temps encore les marchés vont pouvoir continuer de regarder au-delà des problèmes actuels. Je crois qu’il est tout à fait normal qu’on assiste à une consolidation après une remontée comme celle à laquelle nous avons assisté cette année. Les déclencheurs d’un repli massif pourraient être l’un ou l’autre des facteurs énumérés plus haut, qu’il s’agisse d’une augmentation substantielle du nombre de cas d’infection à la COVID-19, qui freine l’activité économique, aux ratés au chapitre de la distribution des vaccins. Je tiens à souligner que, compte tenu de la politique monétaire en vigueur, si un repli survient, il sera de très courte durée, car on anticipe une forte reprise économique grâce à l’arrivée des vaccins, ce qui devrait jouer en faveur des bénéfices des entreprises. Je dois ajouter qu’un repli boursier s’accompagnerait probablement d’une hausse du prix de l’or mais, à mon avis, ce serait également de courte durée.

Je vais surveiller de près ces dossiers et vous tiendrai au courant de l’évolution de la situation dès le retour de mon blogue, le 4 janvier prochain. Je profite de l’occasion pour vous souhaiter, à vous et à vos proches, de très joyeuses fêtes.

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Notes de bas de page

1 Source : The New York Times, « Fed Officials Warned of Slowdown Without Stimulus », 12 octobre 2020

2 Source : Association des fabricants d’automobiles de la Chine

Renseignements importants

Image d’en-tête du blogue : Anna Berkut / Stocksy

Le Brexit fait référence à la sortie prévue du Royaume-Uni de l’Union européenne.

L’assouplissement quantitatif (AQ) est une politique monétaire utilisée par les banques centrales pour relancer l’économie lorsque la politique monétaire normale s’avère inefficace.

Les dépenses en immobilisations (ou dépenses en capital, ou dépenses d’investissement) désignent l’utilisation des capitaux de l’entreprise pour acquérir ou améliorer les actifs physiques comme les biens, les immeubles industriels ou l’équipement.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteure au 14 décembre 2020. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.