Blogue Invesco Canada

Perspectives, commentaire et expertise de placement

Talley Leger | 23 mars 2020

Du chaos peuvent émerger des occasions de placement

Au début de 2020, l’économie mondiale montrait des signes de stabilisation et les actifs à risque profitaient du rebond cyclique de l’activité.

 

Or, depuis quelques mois, le coronavirus donne un énorme choc exogène à l’activité économique chinoise et mondiale à un stade où le cycle économique est vulnérable.

 

Pendant ce temps, les marchés réagissent à la contagion et aux pertes de production en réévaluant considérablement le risque d’un large éventail d’actifs.

 

L’indice S&P 500 a chuté de près de 30 % par rapport à son sommet historique de février,1 culminant avec la plus forte augmentation en pourcentage de la volatilité des actions du présent cycle et de l’histoire de l’indice de volatilité (VIX) du Chicago Board of Options Exchange (CBOE).

 

Plus forte augmentation en pourcentage de la volatilité boursière de tous les temps!

Volatilité des actions américaines et augmentations hebdomadaires de plus de 70 % depuis 2008
 

 
Sources : Bloomberg, L.P., Invesco au 03/02/2020.
Remarques : Le VIX ou soi-disant « indice de la peur des investisseurs » est une mesure pondérée et constante sur 30 jours de la volatilité attendue de l’indice S&P 500, calculée à partir des options SPX hors du cours. Il est impossible d’investir directement dans un indice. Les rendements passés ne garantissent pas les rendements futurs.

 
Translations:
Week-Over-Week % Change = Variation hebdomadaire en %
Since 2008, we’ve seen four equity volatility spikes above 70%.  = Depuis 2008, nous avons assisté à quatre pics de volatilité des actions supérieurs à 70 %.
Chicago Board of Options Exchange (CBOE) Volatility Index (VIX) = Indice de volatilité (VIX) du Chicago Board of Options Exchange (CBOE)
S&P 500 Buy Signal = Signal d’achat S&P 500

 

Les prix du pétrole brut intermédiaire de l’Ouest du Texas (WTI) et le secteur de l’énergie de l’indice S&P 500 ont tous deux chuté de plus de 60 % par rapport à leur sommet à ce jour atteint en janvier2 (ce qui constitue un autre énorme choc exogène pour l’économie à un point faible du cycle), ce qui soulève de graves inquiétudes quant à la santé fondamentale des producteurs d’énergie.

 

Les écarts de taux des obligations de sociétés à rendement élevé par rapport aux obligations d’État se sont agrandis pour atteindre des seuils jamais vus depuis 2015 à 2016, lors de la dernière dislocation majeure des prix du pétrole et des titres énergétiques.

 

Sommes-nous en train de nous plonger dans une récession économique? Allons-nous devenir les artisans de nos malheurs?

 

Pour les économistes, ce sont-là de sérieuses questions sur lesquelles il vaut la peine de se pencher. Si l’on se fie à ce qui s’est produit en 2015-2016, nous serons à tout le moins confrontés à une contraction des dépenses et des bénéfices des entreprises attribuable en grande partie au secteur de l’énergie.

 

Y a-t-il des forces qui, faute de remède ou de vaccin contre le virus, pourraient contribuer à amortir le choc?

 

Premièrement, je pense que le malheur des producteurs d’énergie américains, qui représentent une part nettement inférieure du produit intérieur brut (PIB), fait le bonheur des consommateurs d’énergie, qui constituent une part beaucoup plus grande du PIB. Par exemple, la baisse des prix du pétrole a fait chuter le prix de l’essence à la pompe, ce qui va faire économiser de l’argent aux consommateurs, qui pourront s’en servir pour dépenser, épargner ou rembourser leurs dettes.

 

Deuxièmement, le taux des bons du Trésor américain à 10 ans, qui a remonté de son creux, demeure bien en deçà de son sommet de l’année.3 La baisse des taux hypothécaires qui a suivi a déclenché une forte augmentation des activités de refinancement, qui devrait éventuellement libérer des liquidités supplémentaires pour les ménages.

 

Troisièmement, les autorités monétaires et budgétaires du monde entier ont réagi rapidement au resserrement des conditions financières et fait leur part pour contribuer à éviter un resserrement potentiel des conditions de crédit en abaissant les taux d’intérêt, en augmentant les achats d’actifs, en injectant des liquidités et en débloquant des fonds pour lutter contre la pandémie. D’ailleurs, le gouvernement canadien a annoncé des mesures de relance budgétaire considérables, tout comme le gouvernement américain.

 

Pour les stratèges des marchés, la réponse à la question à savoir si nous sommes en récession est purement académique. Certains segments du marché, comme les obligations et les actions à caractère défensif, se comportent comme si l’économie se contractait déjà.

 

Compte tenu des circonstances, on peut comprendre l’aversion au risque des investisseurs. Cependant, à mon avis, le positionnement provoqué par l’aversion au risque est tellement disproportionné qu’il ne correspond plus au rythme actuel de l’activité économique.

 

Pour un anticonformiste, les actions et les secteurs cycliques sont tellement délaissés que leurs cours redeviennent attrayants. Par contre, les cours des obligations et des titres des secteurs à caractère défensif semblent exagérés.

 

Le positionnement d’aversion au risque semble extrême

Activité manufacturière (axe de gauche), actions américaines par rapport aux rendements des obligations d’État et des titres cycliques par rapport aux rendements des titres à caractère défensif (axe de droite) depuis 1981
 

 
Sources : Bloomberg, L.P., Haver et Invesco au 02/03/2020.
Remarques : ISM = Institute for Supply Management. PMI = Purchasing Managers Index (indice des gestionnaires en approvisionnement). Ratio actions-obligations = S&P 500 divisé par la réciproque du rendement des bons du Trésor à 10 ans. Les zones ombrées correspondent aux récessions américaines, selon la définition du NBER. Il est impossible d’investir directement dans un indice. Les rendements passés ne garantissent pas les rendements futurs.

 
Translations :
Diffusion Index = Indice de diffusion
Year-Over-Year % Change = Variation annuelle en %
75% = 75 %
Positioning has become so lopsided that it’s inconsistent with the current pace of business activity. = Le positionnement provoqué par l’aversion au risque est tellement disproportionné qu’il ne correspond plus au rythme actuel de l’activité économique.

 

Quelle incidence la turbulence accrue aura-t-elle sur les rendements futurs des actions?
 
Depuis 2008, nous avons assisté à quatre pics de volatilité des actions supérieurs à 70 %. Fait encourageant, les rendements douze mois après chacun de ces pics (excluant le cas présent) ont été positifs, et le rendement médian se chiffre à 8 %.4

 

Autrement dit, je crois que le chaos à court terme peut faire émerger des occasions de placement à long terme pour les investisseurs qui font preuve de patience.

 

Quelle incidence la turbulence accrue aura-t-elle sur les rendements futurs des actions?
 
Depuis 2008, nous avons assisté à quatre pics de volatilité des actions supérieurs à 70 %. Fait encourageant, les rendements douze mois après chacun de ces pics (excluant le cas présent) ont été positifs, et le rendement médian se chiffre à 8 %.4
 
Autrement dit, je crois que le chaos à court terme peut faire émerger des occasions de placement à long terme pour les investisseurs qui font preuve de patience.

 

Du chaos peuvent émerger des occasions de placement

Rendements des actions américaines 1 an après les pics de volatilité de plus de 70 % depuis 2008
 

 
Sources : Bloomberg, L.P. et Invesco au 13/03/2020.
Remarques : Les barres verticales bleues représentent les antécédents de rendement de la stratégie qui consiste à acheter un panier complet d’actions américaines de sociétés à grande capitalisation aux pics extrêmes de volatilité observés en 2010, 2014 et 2015, et à conserver ces actions pendant 12 mois. Il est impossible d’investir directement dans un indice. Les rendements passés ne garantissent pas les rendements futurs.

 
Translations :
Total Return = Rendement total
12-month forward returns were positive from each episode excluding the current experience = Les rendements douze mois après chacun de ces pics, excluant le cas présent, ont été positifs.
S&P 500 12-Month Forward Returns from VIX Spikes > 70% = Rendements de l’indice S&P 500 12 mois après les pics du VIX > 70 %
25% = 25 %
23.0 = 23,0

 

Pour être clair, le creux est un processus et l’incertitude liée au virus pourrait continuer à nuire aux marchés jusqu’à ce que le nombre de nouveaux cas en dehors de la Chine culmine ou que les mesures de relance budgétaire soient concertées et suffisamment énergiques, ou les deux.

 

Cependant, les signes de prudence excessive sur les marchés nous portent à croire que les investisseurs avertis commencent à chercher des occasions de placement qui vont à contre-courant des autres qui ont peur.

 

 

 

Autres blogues de Talley Leger

Du chaos peuvent émerger des occasions de placement
23 mars 2020

S'abonner au blogue

Abonnez-vous pour être informé sur la publication de : *


Voulez-vous vous abonner an anglais?

Abonnez-vous pour recevoir des courriels d’Invesco Canada Ltée au sujet de ce blogue. Pour vous désabonner, veuillez nous envoyer un courriel à blog@invesco.ca ou communiquez avec nous.

1 Source : Bloomberg, L.P. au 18 mars 2020.

2 Source : Bloomberg, L.P. au 18 mars 2020.

3 Source : Bloomberg, L.P. au 18 mars 2020.

4 Sources : Bloomberg, L.P. et Invesco au 13 mars 2020.

Renseignements importants

Image d’en-tête du blogue : Justin Pumfrey / Getty

L’aversion au risque fait référence à une variation des cours motivée par un changement de tolérance au risque; les investisseurs se tournent vers des placements moins risqués lorsqu’ils perçoivent le degré de risque comme étant élevé.

L’indice S&P 500® est un indice non géré considéré comme étant représentatif du marché boursier américain.

L’indice de volatilité du CBOE® (VIX®), l’un des principaux instruments de mesure des attentes de volatilité à court terme, est établi en fonction du prix de levée des options de l’indice S&P 500. L’indice VIX est le symbole de téléscripteur de l’indice de volatilité du Chicago Board Options Exchange (CBOE), qui fait état des perspectives de volatilité du marché sur 30 jours.

L’indice PMI manufacturier de l’ISM est calculé à partir des enquêtes menées auprès des entreprises américaines du secteur manufacturier par le Institute for Supply Management et suit l’emploi, la production, les stocks, les nouvelles commandes et les livraisons des fournisseurs.

La prime de rendement (obligations) désigne l’écart de taux entre deux obligations de même échéance qui n’ont pas la même cote de solvabilité.
Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteur au 19 mars 2020. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.