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William Lam | 2 avril 2020

Êtes-vous en train de vous positionner en vue du redressement?

Avant de répondre à chacune de ces questions, permettez-moi d’abord de vous dire que c’est une conjoncture rêvée pour des gestionnaires de fonds comme nous. La volatilité génère des occasions de placement et l’incertitude rend certaines évaluations erronées. Nous allons maintenant pouvoir récolter les fruits du travail que nous avons accompli ces dernières années : nous avons déjà évalué de nombreuses entreprises qui se négociaient à leur juste valeur et qui, maintenant, se négocient à des évaluations étrangement bon marché.
 
Les décisions que nous allons prendre au cours de ces semaines à forte intensité pourraient s’avérer cruciales pour le rendement, tant absolu que relatif des fonds. L’expérience de l’équipe des actions asiatiques et des marchés émergents dans des situations antérieures tout aussi intenses (1998, 2001, 2003, 2008-2009 et 2015-2016) nous éclaire dans ces prises de décisions cruciales. Bien que je sois profondément déçu du rendement de notre stratégie de placement cette année, je suis persuadé que ce ne sont pas les occasions de placement qui manquent en ce moment.

 

Les marchés asiatiques ont-ils touché le plancher?

 
C’est une question que notre équipe se pose depuis plusieurs jours. Chose certaine, le nombre de cas d’infection et de décès jouera un rôle déterminant à savoir quand les marchés toucheront le plancher et, plus tôt ces chiffres vont plafonner, plus tôt les fermetures vont cesser et plus tôt nous pourrons revenir à une situation économique plus normale.
 
Cela étant dit, nous sommes à peu près tous d’accord pour dire que la question est plus ou moins pertinente et détourne notre attention des véritables enjeux. En effet, certaines actions, contrairement à d’autres, ont peut-être déjà touché le plancher. Il vaudrait peut-être mieux concentrer notre attention sur les actions.
 
Nous savons aussi que nous ne pouvons pas bénéficier d’un avantage de taille en essayant d’avoir une longueur d’avance sur le marché en prédisant l’étendue réelle de la propagation du virus et autres choses du genre, mais nous pourrions peut-être nous démarquer en gardant la tête froide, en continuant d’investir sur un horizon à plus long terme et en nous concentrant sur ce qu’escomptent certaines actions.
 
Donc, sans répondre directement à la question, j’affirmerais sans hésiter que le ratio cours-valeur comptable (C-VC) du marché asiatique correspond à peu près à celui observé au creux de la crise financière mondiale (CFM) de 2008. Je tiens à vous rappeler que pendant la CFM, les marchés ne sont vraiment pas restés très longtemps aux cours planchers; 2009 a été une excellente année pour les marchés boursiers.
 
Que les marchés aient touché le plancher ou non, je dirais que le rapport risque-rendement est fortement biaisé à la hausse.

 

Comment positionnons-nous la stratégie d’actions asiatiques en ces temps incertains et volatils? La stratégie est-elle positionnée en vue d’un redressement?

 
Nous croyons que la vaste majorité des actions que nous analysons en ce moment envoient un signal d’« achat » clair, reste à savoir si une action est un meilleur achat qu’une autre et quelle pondération le portefeuille devrait accorder à chacune de ces différentes occasions de placement.
 
Nous n’effectuons pas énormément de transactions simplement parce que nous pensons que toutes les actions dans lesquelles nous avons investi se négocient à des cours inférieurs à notre estimation de leur juste valeur et, dans de nombreux cas, à des cours très en deçà de cette estimation.
 
Les occasions de placement qui nous attirent le plus sont les titres émis par des sociétés dotées d’un très bon bilan et dont les dirigeants n’ont pas besoin d’éteindre des feux pour sauver l’entreprise et peuvent évaluer les dommages et déployer leur bilan pour renforcer l’entreprise soit de l’intérieur, soit par des fusions et acquisitions.
 
La pondération des entreprises dotées d’un bilan irréprochable (qui est déjà très élevée) va en augmentant par suite de ce genre d’achats, mais je ne dirais pas que cela réduit notre sensibilité à un redressement des marchés.

 

Que peut-on apprendre de l’expérience vécue en Asie face au virus qui nous éclairerait sur ce à quoi on peut s’attendre dans d’autres marchés?

 
Jusqu’ici, les expériences vécues en Chine, en Corée du Sud et à Singapour sont très instructives pour le reste du monde. La Chine retire progressivement les mesures de confinement à Wuhan et dans la province de Hubei et elle se sent prête à aller de l’avant parce qu’elle a traversé une période de retour au travail graduel sans augmentation du taux d’infection. C’est extrêmement encourageant jusqu’à présent, mais il ne faut pas oublier que les statistiques économiques et les bénéfices des entreprises ne s’amélioreront pas avant un certain temps.
 
La Corée du Sud et Singapour sont deux très bons exemples d’économies qui ont été capables de poursuivre leurs activités jusqu’à un certain point sans entraîner une augmentation incontrôlable du nombre de cas d’infection. Ces deux pays n’ont jamais eu besoin de procéder à des fermetures comme le fait actuellement la majeure partie de l’Europe, car ils ont contrôlé la propagation très activement et leurs citoyens prennent la menace au sérieux. En termes d’épidémiologie, le facteur R0 indique le nombre de cas engendrés par une personne infectée. Ces pays ont rapidement ramené le facteur R0 à moins de 1 et ils ont veillé à ce qu’il y reste.
 
J’ai l’impression qu’en ce moment, d’autres pays font chuter leur facteur R0 très rapidement et sont en voie de retirer progressivement les mesures de confinement, un peu comme la Chine.

 

 

 

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Renseignements importants :

Le ratio cours-valeur comptable (C-VC) est calculé en divisant le cours boursier du titre par sa valeur comptable par action.

La valeur comptable correspond au total de l’actif d’une société, moins les passifs et les actifs incorporels.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteur au 30 mars 2020. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.