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Perspectives, commentaire et expertise de placement

Kristina Hooper | 15 mai 2020

Impact de la COVID-19 : Ce qu’en pensent nos gestionnaires de portefeuille

À mesure que le nombre de cas d’infection à la COVID-19 augmente, le taux de chômage lui emboîte le pas. Et la planète toute entière continue de chercher un équilibre entre les mesures de santé publique, les mesures de relance budgétaire et monétaire et la réouverture de l’économie.

De leur côté, les investisseurs cherchent à positionner leurs portefeuilles. Dans le présent article, trois équipes de gestion de portefeuille nous expliquent les retombées de la COVID-19 sur leurs domaines d’expertise en placement. La première équipe fait état de trois scénarios possibles pour l’année qui vient et comment cela pourrait influencer les décisions de répartition de l’actif. La deuxième examine dans quelle mesure l’intervention de la Réserve fédérale américaine (Fed) a permis de soutenir le marché des obligations municipales américaines.

  • Alessio de Longis, gestionnaire de portefeuille principal, équipe des Solutions de placement Invesco
  • Jacob Borbidge, gestionnaire de portefeuille et chef de la recherche, équipe des Solutions de placement Invesco
  • Mark Paris, chef des placements et chef des stratégies d’obligations municipales d’Invesco Fixed Income.

 

Répartition de l’actif : Trois scénarios pour mesurer l’impact de la COVID-19 sur les placements

Alessio DeLongis et Jacob Borbidge. Il a fallu onze ans, mais le plus long marché haussier de l’histoire est bel et bien terminé. Dans plusieurs années et avec du recul, on pourra peut-être affirmer que la fermeture des économies américaine et européennes, concept auparavant inimaginable, était inévitable pour contenir la pandémie de COVID-19. Or, en réalité, l’éclosion a surpris les marchés. La question, évidemment, est « que faire maintenant? » Bien qu’il soit impossible de prédire s’il y aura des avancées médicales liées à la COVID-19, Solutions de placement Invesco a dressé pour nous des scénarios possibles quant à la durée de la pandémie et à son impact sur les statistiques économiques et les prévisions de croissance, ce qui pourrait orienter notre méthode de placement. Plus précisément, nous avons intégré l’anticipation d’une récession en « U » à notre scénario « de base ». Notre but n’est pas d’identifier le scénario le plus probable et de positionner nos portefeuilles en conséquence pour les douze prochains mois, mais plutôt d’évaluer les dénouements les plus probables et leur incidence sur les risques et les placements.

Scénario de base : Dans ce scénario, la reprise économique commence au troisième trimestre, mais on peut s’attendre à ce que les marchés fassent du surplace et soient sujets à des accès de volatilité, vu que l’absence de vaccin laisse planer la menace d’une deuxième vague à l’automne. Retombées sur les placements : Dans ce cas-ci, nous privilégions une exposition au risque moyenne, une surpondération des titres de créance et une sous-pondération des actions et des obligations d’État. En ce qui a trait aux titres à revenu fixe, nous envisageons une surpondération des titres de créance de grande qualité (obligations de sociétés de bonne qualité et obligations municipales) et des placements dans une combinaison de titres de créance comportant plus de risques (obligations à rendement élevé) et d’obligations d’État à plus longue échéance et à duration plus longue, ainsi qu’une exposition réduite aux obligations d’État à court et à moyen termes. Du côté des actions, nous favorisons les actions américaines au lieu de celles des marchés développés et des marchés émergents, la croissance au lieu de la valeur, les sociétés à grande capitalisation au lieu des sociétés à petite capitalisation et les facteurs à caractère défensif comme la qualité et la faible volatilité.

Scénario baissier : Dans ce scénario, nous faisons face à une contraction persistante de plus de un an si les effets de la COVID-19 sont plus graves que prévu et que l’économie tarde à rouvrir. Retombées sur les placements : Dans ce cas-ci, nous nous attendons à une aversion généralisée pour le risque et à un rendement supérieur des actifs à caractère (relativement) défensif. Nous priorisons une exposition au risque inférieure à la moyenne, une surpondération des obligations d’État à duration longue et de grande qualité, tout en favorisant les actifs libellés en dollars américains ou couverts en dollars américains, compte tenu du potentiel d’appréciation du billet vert. De plus, nous sous-pondérons les titres de créance plus risqués, surtout ceux des marchés émergents libellés en devise locale et en monnaies fortes, ou les actions, surtout celles des marchés émergents et développés autres que les États-Unis. Au sein des actions, nous optons pour les titres énumérés dans notre scénario de base (actions américaines, de croissance, de sociétés à grande capitalisation et à caractère défensif).

Scénario haussier : Dans ce scénario, les nouvelles entourant la pandémie de COVID-19 sont bonnes, en ce sens qu’il y a une diminution du nombre de cas d’infection ou des percées médicales, ou les deux. Une reprise survient pendant la deuxième moitié de 2020 et se poursuit en 2021, la population retourne au travail et les mesures de relance parviennent à soutenir l’économie. Retombées sur les placements : Dans ce cas-ci, nous nous attendons à un rendement supérieur généralisé des actifs cycliques et risqués. Nous privilégions une exposition au risque supérieure à la moyenne et une surpondération des titres de créance et des actions comportant plus de risques, ainsi qu’une sous-pondération des obligations d’État et de grande qualité. Sur les marchés des titres de créance, nous investissons davantage dans des obligations à rendement élevé, dans des produits de crédit structurés, dans des titres d’emprunt des marchés émergents libellés en monnaies fortes et en devise locale, car nous anticipons une dépréciation du dollar américain. Du côté des actions, nous préférons les marchés émergents et développés internationaux au marché américain, les titres de valeur aux titres de croissance, les sociétés à petite capitalisation aux sociétés à grande capitalisation et la sous-pondération des facteurs qui risquent de subir des contrecoups à court terme comme la faible volatilité et l’élan.

 

Tous les détails sur les scénarios de l’équipe

 

Obligations municipales : Les programmes de la Fed contribuent à soutenir le marché après la volatilité de mars

Mark Paris : Le marché des obligations municipales a été plus volatil que jamais depuis le début de la crise de la COVID-19. À la mi-février, les taux des obligations municipales de bonne qualité étaient inférieurs à ceux des bons du Trésor tout le long de la courbe, ce qui est typique, puisqu’elles sont exonérées d’impôt. Puis, à la fin mars, les taux des obligations municipales à dix ans étaient trois fois plus élevés que ceux des bons du Trésor correspondants et ceux des obligations municipales à 30 ans étaient deux fois plus élevés que ceux des bons du Trésor à 30 ans.1 Pourquoi? Les émetteurs d’obligations municipales n’avaient pas accès au marché et les liquidités étaient extrêmement rares. En raison des mesures de confinement à domicile obligatoires, les gens ont cessé d’utiliser les services essentiels financés par le marché des obligations municipales : les transports en commun, les aéroports et les routes à péage ont vu leur utilisation chuter considérablement et cela a eu une incidence sur leurs revenus et leurs frais. Par ailleurs, les obligations émises par des hôpitaux ont subi des pressions parce que les cas de COVID-19 ont submergé leur personnel et exercé des pressions sur leurs bilans. La crainte de décotes et des défauts de paiement et l’exode des liquidités ont provoqué une crise de liquidité majeure, car le trop grand nombre de vendeurs et le manque d’acheteurs ont fait chuter les cours. Les fonds d’obligations municipales sont passés de flux de trésorerie positifs à des flux négatifs jamais observés depuis le repli qualifié de « taper tantrum » en 2013.

Cependant, la Fed a adopté des programmes pour aider à la fois le marché obligataire municipal et les émetteurs. Les achats par la Fed d’obligations municipales à taux variable à court terme ont enlevé un peu de pression sur les options d’achat d’obligations à court terme, que de nombreux gestionnaires de portefeuilles d’obligations municipales utilisent comme levier financier. Le plan de facilité d’octroi de liquidités aux municipalités (Municipal Liquidity Facility ou MLF), qui devrait également être lancé prochainement, permet à la Fed d’octroyer directement des prêts à certaines municipalités pendant une période pouvant aller jusqu’à trois ans, mais sa portée est limitée aux émetteurs admissibles. Le financement des hôpitaux faisait partie des premiers projets de loi adoptés par le Congrès, mais on parle de plus en plus d’un plan plus global qui cible les municipalités. Toutes ces mesures ont permis de stabiliser quelque peu le marché des obligations municipales à la fin d’avril et au début de mai. De plus, nous croyons qu’au début de cette crise, de nombreux émetteurs d’obligations municipales avaient connu une période de vigueur, puisque l’économie enregistrait une croissance soutenue. La vaste majorité des émetteurs d’emprunts de collectivités locales avaient des fonds de prévoyance bien garnis, les émetteurs tels que les aéroports et les routes à péage ont habituellement une énorme quantité de liquidités et la taxe de vente sur les achats effectués sur Internet est toujours perçue, même si de nombreuses entreprises sont fermées.

Nous croyons que la dislocation des cours sur le marché des obligations municipales a été trop draconienne et qu’il y a un décalage entre les caractéristiques fondamentales des titres de créance et les cours auxquels ces titres se négocient sur le marché. C’est particulièrement le cas des titres à rendement élevé, où nous croyons que les investisseurs peuvent obtenir un revenu de coupon passablement élevé à court terme et pourraient bénéficier d’une hausse potentielle des cours à plus long terme, lorsque les écarts entre les obligations municipales et les bons du Trésor vont se resserrer et que la croissance économique va reprendre. De plus, lorsque les programmes de relance seront institués et que le gouvernement américain dépensera davantage, les investisseurs individuels pourraient anticiper des taux d’imposition plus élevés, ce qui pourrait générer à nouveau des flux positifs sur le marché des obligations municipales exonérées d’impôt. Tant que cette crise va durer, nous croyons qu’une analyse en profondeur des titres de créance sera nécessaire pour trouver des occasions de valeur parmi les émetteurs d’obligations municipales de bonne qualité et à rendement élevé afin que les épargnants en quête de revenu exonéré d’impôt puissent bénéficier des fluctuations de ce marché.

 

Séminaire Web : Le point de vue des leaders d’opinion d’Invesco sur l’impact de la COVID-19 sur l’économie et les placements, ainsi que sur le potentiel chemin de la reprise, le 20 mai. Inscrivez­vous dès maintenant. Veuillez noter que ce webinaire se déroulera en anglais seulement.

 

 

 

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1 Source : Municipal Market Data (MMD) Services

2 Source : Statistiques de la Réserve fédérale américaine

Renseignements importants

Image d’en-tête du blogue : Sean Pollack / Unsplash

Les options d’achat d’obligations sont utilisées pour créer un effet de levier en empruntant aux fonds du marché monétaire pour investir dans des obligations municipales de grande qualité.

L’écart de taux est la différence entre les bons du Trésor et les autres titres de créance qui sont identiques à tous les égards, sauf pour la cote de solvabilité.

Les titres à revenu fixe sont exposés au risque de crédit de l’émetteur et aux retombées des fluctuations de taux d’intérêt. De manière générale, les cours des obligations baissent lorsque les taux d’intérêt augmentent, et vice versa; c’est ce que l’on appelle le risque de taux d’intérêt. Un émetteur peut être incapable de rembourser les intérêts ou le capital de ses emprunts, ou les deux, ce qui fait chuter la valeur de ses titres de créance et abaisse sa note de crédit.

Les obligations municipales sont assujetties au risque que la législation ou la conjoncture économique empêche un émetteur d’effectuer des paiements de capital ou d’intérêts.

Les obligations à haut risque comportent un plus gros risque de défaut et leur cours risque davantage de fluctuer par suite d’un changement de cote de solvabilité de l’émetteur. La valeur des obligations à haut risque fluctue davantage que celle des obligations de qualité supérieure et peut chuter considérablement en un très court laps de temps.

Les actions de croissance ont tendance à être plus sensibles à la variation des bénéfices de l’émetteur et peuvent être plus volatiles.
Les produits dérivés peuvent être plus volatils et moins liquides que les placements traditionnels et sont exposés à divers risques de marché, d’intérêt, de crédit, d’effet de levier, de contrepartie et de gestion. Un placement dans un produit dérivé peut entraîner une perte supérieure au montant en espèces investi.

En règle générale, le cours des actions fluctue, parfois même considérablement, en réaction aux activités de la société émettrice, ainsi qu’à la conjoncture des marchés en général, à la situation économique et au climat politique.

Les risques d’investir dans des titres d’émetteurs étrangers, y compris ceux des marchés émergents, peuvent inclure la fluctuation des devises étrangères, l’instabilité politique et économique, et les problèmes liés à l’imposition étrangère.

La valeur en dollars des titres étrangers en portefeuille varie en fonction de la fluctuation du taux de change entre le dollar et les devises dans lesquelles ces titres sont négociés.

Les actions de petites et moyennes entreprises sont habituellement plus vulnérables aux événements défavorables, peuvent être plus volatiles et illiquides ou faire l’objet de restrictions à la revente.

Un style de placement axé sur la valeur est assujetti au risque que les évaluations ne s’améliorent jamais ou que les rendements demeurent inférieurs à ceux d’autres styles de placement ou de l’ensemble des marchés boursiers.

Les risques d’investir dans des titres d’émetteurs étrangers peuvent inclure la fluctuation des devises étrangères, l’instabilité politique et économique et les problèmes liés à l’imposition étrangère.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteur au 13 mai 2020. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.