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Kristina Hooper | 6 novembre 2019

La Fed laisse libre cours aux marchés boursiers. Le redressement pourra-t-il se poursuivre?

La réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) de la semaine dernière s’est déroulée ni plus ni moins comme prévu, mais un renseignement très important pour les marchés boursiers a été dévoilé pendant la conférence de presse qui a suivi.

 

Comme prévu, la Fed a décidé de procéder à une baisse de taux de 25 points de base. De plus, elle a retiré de son annonce le libellé disant qu’elle allait « prendre les mesures nécessaires pour soutenir la croissance ». C’est un changement que beaucoup attendaient et que certains redoutaient, parce que cela laisse entendre que les critères de baisses de taux sont désormais plus élevés. Je craignais que la suppression de ce libellé dans l’annonce de la Fed nuise aux marchés boursiers. Après tout, beaucoup s’attendaient à autre baisse de taux de la Fed.

 

Cependant, le président du conseil de la Fed, Jay Powell, a posé un geste très significatif à la conférence de presse : il a assuré les marchés que la Fed ne procédera pas à une hausse de taux tant que l’inflation n’augmentera pas de manière significative, ce qui ne risque pas de se produire de sitôt si l’on se fie aux statistiques. Essentiellement, cela laisse libre cours aux marchés boursiers de fluctuer à leur gré sans craindre que la Fed procède à un resserrement inattendu. Cela a entraîné une remontée des marchés boursiers. Entre le début de la conférence de presse l’après-midi du 30 octobre et la fermeture de la bourse le 1er novembre, l’indice S&P 500 a avancé de 1,06 %.1

 

Ce redressement boursier est-il viable?

Comme je l’ai déjà dit, la politique monétaire a parfois une incidence positive plus marquée sur les cours boursiers que sur l’économie en général et j’ai l’impression que cela ne changera pas. Le redressement survenu la semaine dernière, après la conférence de presse de M. Powell, pourrait très bien se poursuivre. À tout le moins, je m’attends à ce que les actions bénéficient d’un fort biais positif au cours des prochaines semaines.

 

Évidemment, cela soulève la question à savoir qu’est-ce qui pourrait bien freiner ce redressement déclenché par la Fed. Voici trois facteurs à surveiller :

 

  1. État des relations commerciales entre les États-Unis et la Chine. Le secrétaire du Trésor américain, Steven Mnuchin, a confirmé la semaine dernière que les États-Unis et la Chine sont toujours confiants de pouvoir conclure un accord commercial de « phase 1 » en novembre. Or, je ne crois pas que ce soit un fait accompli, car les deux parties continuent de faire des déclarations contradictoires sur l’avancement des négociations sur les échanges commerciaux. Et, même si un accord commercial de phase 1 était conclu, il est beaucoup moins probable que les autres phases de l’accord commercial se concrétisent. Si les nouvelles entourant les négociations sur les échanges commerciaux sont mauvaises, ou pire encore, si les négociations commerciales achoppent, cela exercera probablement des pressions à la baisse sur les cours boursiers. Cependant, à mon avis, si nous assistons à un repli boursier, il sera de courte durée, puisque la Fed a ouvert la porte à des baisses de taux en cas de détérioration des relations commerciales.

 

  1. Statistiques économiques très médiocres. Les statistiques économiques américaines sont généralement positives, mais on note des signes de médiocrité. Bien qu’éclipsé par un excellent rapport sur l’emploi, le Baromètre des affaires de Chicago (mieux connu sous le nom d’indice des gestionnaires en approvisionnement de Chicago) pour octobre a suscité une certaine appréhension lors de sa publication. Il a clôturé à 43,2 points, ce qui est non seulement inférieur aux attentes, mais marque un creux en quatre ans.2 Et, évidemment, le secteur manufacturier tourne encore au ralenti : L’indice national ISM manufacturier des gestionnaires en approvisionnement a clôturé à 48,3 points, ce qui est inférieur au consensus et correspond à un troisième mois de contraction consécutif.3 Si les statistiques économiques se détériorent davantage, cela pourrait bien freiner le redressement boursier. Cependant, comme dans le cas de la guerre commerciale opposant les États-Unis et la Chine, si tel était le cas, la Fed interviendrait probablement en procédant à une baisse de taux.

 

  1. Déclarations des membres de la Fed. Les propos de M. Powell lors de sa conférence de presse de la semaine dernière ont rassuré les marchés, mais ce ne sont que des paroles. Les allocutions de M. Powell ou du vice-président du conseil de la Fed, Richard Clarida, au cours des prochaines semaines pourraient anéantir le sentiment de confiance s’ils viennent contredire les propos tenus par M. Powell la semaine dernière. À mon avis, cela constitue la plus grande menace au redressement boursier déclenché par la Fed. Dans les deux scénarios précédents, la Fed pourrait être le remède au problème, tandis que dans ce cas-ci, elle pourrait être le problème.

 

En dépit des facteurs susmentionnés susceptibles de freiner un redressement, il ne faut pas minimiser ce qui s’est produit la semaine dernière lors de la conférence de presse de M. Powell. Ne vous y méprenez pas, la Fed a relâché son emprise et décidé de laisser libre cours aux marchés boursiers à l’approche de la fin de l’année.

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1 Source : Bloomberg, L.P.
2 Source : Institute for Supply Management – Chicago, 31 octobre 2019
3 Source : Institute for Supply Management, 1er novembre 2019

Renseignements importants
Tous les placements comportent des risques, y compris le risque de perte.
Un point de base représente un centième d’un point de pourcentage.
L’indice S&P 500® est un indice non géré considéré comme étant représentatif du marché boursier américain.
Le Baromètre des affaires de Chicago (Chicago Business BarometerTM) est un indicateur composite pondéré composé de cinq sous-indicateurs, à savoir les nouvelles commandes, la production, l’emploi, les commandes en carnet et les livraisons des fournisseurs. Il a été conçu pour prévoir les variations futures du produit intérieur brut (PIB). Les données du sondage sont recueillies chaque mois en ligne auprès d’entreprises manufacturières et non manufacturières de la région de Chicago.
L’indice des gestionnaires en approvisionnement (PMI), indicateur souvent utilisé pour mesurer la santé économique du secteur manufacturier, est calculé par l’Institute of Supply Management des États-Unis.
Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteur au 4 novembre 2019. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.