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Matt Peden | 2 juillet 2015

La Grèce, l’euro et le positionnement de Trimark

La situation actuelle en Grèce et les problèmes récurrents de la zone euro depuis la crise financière mondiale sont le résultat de l’architecture défaillante de l’Union économique et monétaire. Même si ces failles étaient présentes dès les débuts de la zone euro, elles sont devenues particulièrement apparentes au cours des dernières années.

L’euro repose sur l’hypothèse fausse qu’un groupe de pays aux balances commerciales, niveaux d’endettement, déficits budgétaires, niveaux de productivité et politiques économiques très disparates peut atteindre une croissance équilibrée sous une monnaie commune. Plutôt que de parvenir à niveler les aspects divergents des diverses économies des pays, l’euro n’a fait qu’exacerber les déséquilibres qui existaient déjà lors de son lancement.

Pour exposer les lacunes du système actuel, prenons un exemple de la façon dont l’euro a amplifié les déséquilibres au niveau européen. L’Allemagne, la première économie de la zone euro de par sa taille et une véritable puissance en termes d’exportations, génère constamment des excédents commerciaux, possède une main-d’œuvre très productive et affiche des déficits budgétaires modestes, autant de facteurs exerçant une pression à la hausse sur l’euro.

Par contre, plusieurs pays d’Europe du Sud, dont la Grèce, présentent des déficits commerciaux persistants, une faible productivité et des déficits budgétaires considérables. Un euro plus faible permettrait de réduire les déficits commerciaux de ces pays, rendrait la faible productivité de leur main-d’œuvre plus concurrentielle à l’échelle mondiale et forcerait leurs gouvernements à réduire leurs dépenses. Or, comme ces pays partagent la même devise qu’un pays bien plus grand dont les politiques placent des pressions à la hausse constantes sur l’euro, les déséquilibres dans les pays d’Europe du Sud ne peuvent pas être corrigés par une dévaluation de la devise.

Au lieu de cela, la vigueur de l’euro, associée aux faibles taux d’intérêt que la devise commune a imposés, a contribué à accroître les déficits commerciaux, à réduire la compétitivité de la main-d’œuvre et à inciter à creuser les déficits budgétaires dans les pays périphériques. Ces tendances ont donné lieu à la situation actuelle dans laquelle l’Allemagne profite d’un faible taux de chômage et d’une croissance robuste, pendant que les pays périphériques restent prisonniers d’une conjoncture de chômage élevé et de stagnation économique.

Si les pays périphériques avaient leur propre monnaie, gérée selon un système de taux de change flottants, les variations des divers taux de change corrigeraient les déséquilibres mentionnés auparavant. Cependant, dans le cadre d’une monnaie unique, ce mécanisme de rajustement naturel n’existe pas, ce qui crée des déséquilibres persistants et explique, par conséquent, la crise existentielle que la Grèce traverse et le risque que des crises similaires ne se produisent à l’avenir.

Quelles sont les répercussions à court terme?

À court terme, la possibilité d’une résolution au terme de laquelle la Grèce demeurerait dans la zone euro dépend d’un « oui » à l’issue du référendum et de la formation d’un gouvernement de coalition prêt à mettre en pratique les réformes que les créanciers demandent. Toutefois, ce scénario ne serait qu’une solution temporaire avant que de nouveaux problèmes ne resurgissent à l’avenir en raison des défauts inhérents à la zone euro, dont j’ai parlé auparavant.

Bien que la Banque centrale européenne (BCE) ait désormais une plus vaste gamme d’outils à sa disposition – lui permettant d’intervenir de façon plus active sur les marchés par le biais d’achats de dettes souveraines périphériques – ces outils sont conçus pour les situations de gestion de crise plutôt que comme des solutions structurelles à long terme.

Les évaluations élevées des actions en Europe impliquent un risque de perte en cas de baisse considérable à ce stade. Les investisseurs n’ont pas correctement pris en compte le potentiel des risques de perte en cas de baisse dans les secteurs cycliques, comme celui des banques d’Europe du Sud, où les niveaux de capitaux dépendent des évaluations des obligations souveraines et des impôts reportés passifs. Il n’est pas totalement impossible que la crise actuelle se propage à d’autres pays de la périphérie, vu que la notion qu’un membre de la zone euro ne puisse pas abandonner la monnaie unique vient d’être mise à l’épreuve.

Comment les fonds Trimark sont-ils positionnés?

Le Fonds Europlus Trimark et le Trimark Fonds mondial d’analyse fondamentale Trimark et sa catégorie correspondante sont, et ont toujours été, gérés de façon prudente avec un accent sur les entreprises mondiales de premier plan. À l’heure actuelle, les fonds ne détiennent pas de sociétés basées en Grèce, au Portugal, en Espagne et en Italie. Les fonds ne détiennent pas non plus de banques de la zone euro et ils sont surpondérés dans des secteurs plus stables, tels que les biens de consommation de base.

Fonds Europlus Trimark

Face aux évaluations élevées et au potentiel des risques de perte en cas de baisse, le Fonds Europlus Trimark possède un niveau d’encaisse élevé. De plus, le fonds se tient à l’écart des secteurs cycliques et des pays à risque élevé. Cette méthode prudente devrait jouer en faveur du fonds pendant un repli et lui permettre de tirer profit des occasions au fur et à mesure qu’elles se présenteront.

  • L’encaisse courante est de 16,8 %.
  • L’exposition courante aux devises est approximativement la suivante : 20 % EUR (position entièrement couverte), 10 % CHF, 30 % GBP, 3 % DKK et 19 % USD.
  • Le fonds ne détient actuellement aucune société basée en Grèce, au Portugal, en Espagne et en Italie.
  • L’exposition indirecte estimative à la Grèce (sociétés dans le portefeuille dont les revenus proviennent de la Grèce) est de moins de 1 %.

Fonds mondial d’analyse fondamentale Trimark / Catégorie mondiale d’analyse fondamentale Trimark

  • L’encaisse courante est de 2 %.
  • La couverture du taux de change est de 50 % sur l’euro et le yen.
  • Le fonds ne détient actuellement aucune société basée en Grèce, au Portugal, en Espagne et en Italie.
  • L’exposition indirecte estimative à la Grèce (sociétés dans le portefeuille dont les revenus proviennent de la Grèce) est de moins de 1 %.

Nous vous tiendrons informés sur notre positionnement au fur et à mesure que la situation évoluera. Si vous avez des questions, veuillez m’en faire part dans la section des commentaires ci-dessous et je ferai de mon mieux pour y répondre promptement.

Remarque : Toutes les données sur les fonds sont au 29 mai 2015. Source : Invesco Canada.

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