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Brian Levitt | 10 octobre 2019

La tourmente présidentielle n’a pas provoqué un repli boursier prolongé

Dans la soirée du samedi 20 octobre 1973, le président américain Richard Nixon a ordonné au procureur général Elliot Richardson, au procureur général adjoint William Ruckelhaus et au solliciteur général Robert Bork de limoger le procureur spécial indépendant Archibald Cox, ce qui a entraîné la démission de Richardson et de Ruckelhaus ainsi que le renvoi de M. Cox. Dans le mois qui a suivi ce soi-disant « massacre du samedi soir », le marché boursier américain, représenté par l’indice S&P 500, a chuté de plus de 10 %.1 Au moment où Nixon a démissionné près d’un an plus tard, les actions américaines avaient chuté de 26 % et de 39 % au pire de la crise.1

Revenons à octobre 2019, lorsque les démocrates de la Chambre des représentants ont déclenché une enquête de destitution contre le président Donald Trump. À la lecture du paragraphe ci-dessus, les investisseurs pourraient décider de réduire leurs placements en actions ou de carrément les éliminer et de laisser passer la tempête. Après tout, les marchés n’aiment pas l’incertitude, et ce scandale risque de nous hanter pendant un certain temps. La bonne nouvelle est que, jusqu’ici, les surprises et les manœuvres politiques ont généralement eu des répercussions à court terme sur les marchés et se sont avéré de simples accrocs dans la progression à long terme des marchés boursiers américains.

 

Quelle est la vraie histoire pour les investisseurs?

J’implore les investisseurs à l’esprit tactique de passer plus de temps à comprendre les grands enjeux macroéconomiques, plutôt que d’essayer d’ajuster leurs portefeuilles en fonction des intrigues de Washington. Le grand enjeu macroéconomique dans les années 70 n’était pas la destitution de Nixon; c’était plutôt le taux d’inflation élevé et en hausse. Le taux de croissance de l’indice des prix à la consommation est passé de 3 à 12 % entre 1973 et 1974.2 Les taux d’intérêt ont monté en flèche et les ratios boursiers que les investisseurs étaient disposés à payer pour les bénéfices des sociétés ont dégringolé. Ce n’est pas le Watergate qui a fait chuter le marché, c’est l’inflation galopante. Sachez que le rendement cumulatif des actions américaines entre le début du deuxième mandat de Nixon, en passant par sa démission et son pardon, jusqu’au jour où le président Gerald Ford a quitté ses fonctions en janvier 1977, est de +15 %.1 Rien d’exceptionnel, mais certes pas une catastrophe.

Juxtaposons les grands enjeux macroéconomiques du début des années 70 à ceux qui étaient en toile de fond pendant l’enquête de destitution du président Bill Clinton dans les années 90. À l’époque, le taux d’inflation était bas (vous rappelez-vous de la grande modération?), la Réserve fédérale américaine assouplissait sa politique monétaire et les investisseurs n’hésitaient pas à payer des ratios stratosphériques en contrepartie du potentiel de croissance. Bien sûr, le marché a chuté de 21 % entre le plafond et le creux dans les jours qui ont suivi le moment où Clinton a admis « avoir induit les gens en erreur » et Monica Lewinsky a accepté de coopérer avec le procureur indépendant. Néanmoins, le marché avait plus que regagné le terrain perdu lorsque la Chambre des représentants a destitué Clinton. Pendant le deuxième mandat de Clinton, le marché américain a enregistré un rendement cumulatif de +82 %.1

À mon avis, la conjoncture actuelle ressemble davantage à celle qui prévalait entre le milieu et la fin des années 90, qu’à celle du début des années 70, quoique, contrairement aux années 90, je crois que l’enthousiasme des investisseurs à l’égard des actions en ce moment n’est pas encore irrationnel et que les cours boursiers ne sont pas chers comparativement aux cours obligataires.

 

Les actions ont rebondi après la démission de Nixon et la destitution de Clinton

Source : Bloomberg, L.P. Il est impossible d’investir directement dans un indice. Le rendement passé n’est pas garant des résultats futurs.

 

Source : Bloomberg, L.P. Il est impossible d’investir directement dans un indice. Le rendement passé n’est pas garant des résultats futurs.

 

Regarder au-delà des manchettes

Pour les investisseurs à plus long terme, j’estime qu’il est primordial d’avoir un plan et de ne pas y déroger. Si vous aviez investi 100 000 $ dans l’indice S&P 500 le vendredi précédant le massacre du samedi soir, il aurait valu 66 000 $ à la fin de 1974.3 Au moment de la destitution de Clinton, il aurait valu 2,6 millions de dollars.3 Et, aujourd’hui, ce placement vaudrait 10,4 millions de dollars.3

Comme le disait si bien Bill Clinton : « Suivez la tendance, pas les manchettes ». Les manchettes seront toujours troublantes, tant que les êtres humains seront attirés par les mauvaises nouvelles, et je ne doute pas qu’il y aura d’autres manchettes négatives dans les prochains jours. Heureusement, l’histoire nous a appris que les courbes de tendance ont tendance à s’améliorer. Pensez simplement à l’amélioration incroyable de la qualité de vie entre 1973 et aujourd’hui pour la plupart des habitants de la planète. À mon avis, l’histoire nous montre qu’ultimement, les marchés boursiers reflètent cette amélioration, plutôt que de rester embourbés dans la négativité de l’actualité.

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1 Source : Bloomberg, L.P.
2 Source : Bureau of Labor Statistics
3 Sources : Standard & Poor’s, Bloomberg, L.P.
Renseignements importants
Image d’en-tête du blogue: Searagen / Getty
L’indice S&P 500® est un indice non géré considéré comme étant représentatif du marché boursier américain.
L’indice des prix à la consommation (IPC) mesure la variation des prix à la consommation et est compilé par le U.S. Bureau of Labor Statistics.
Le rendement passé n’est pas garant des résultats futurs.
Tous les placements comportent des risques, y compris le risque de perte.
Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteur au 7 octobre 2019. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.