Blogue Invesco Canada

Perspectives, commentaire et expertise de placement

Kristina Hooper | 20 avril 2020

À l’aube de la période de déclaration des bénéfices, les gestionnaires de portefeuille cherchent de bonnes occasions de placement à long terme

La période de déclaration des bénéfices reprend de plus belle et donne aux investisseurs une bonne idée des répercussions économiques des mesures de confinement mondiales visant à ralentir la propagation du coronavirus. Alors que les investisseurs se préparent à des résultats désastreux, nous sommes très heureux de constater que les restrictions semblent fonctionner comme prévu du point de vue de la santé publique, de nombreux pays semblent avoir réussi à « aplatir la courbe » des infections et des décès. Cela soulève la question inévitable à savoir quelle est la meilleure façon de rouvrir les économies, une tâche qui exigera de la prudence afin de ne pas submerger les ressources de soins de santé avec une deuxième vague d’infections.

Compte tenu de tout cela, nos gestionnaires de portefeuille continuent de chercher des moyens de se prémunir contre les risques imminents et de se positionner pour trouver de bonnes occasions de placement dans le sillage de la reprise, peu importe le chemin qu’elle empruntera. Dans ce blogue, je vous fais part du point de vue de quatre spécialistes en placement d’Invesco :

  • Joe Rodriguez, chef des placements, équipe des actifs réels cotés en bourse
  • Clas Olsson, chef des placements et gestionnaire de portefeuille principal, équipe des actions de croissance internationales et mondiales d’Invesco
  • Scott Wolle, chef des placements systématiques et factoriels; chef des placements et gestionnaire de portefeuille de l’équipe de répartition d’actif mondiale d’Invesco
  • David Millar, chef de l’équipe des placements multi actifs et gestionnaire de portefeuille

 

Immobilier : Quels types de propriétés pourraient bénéficier des récentes tendances?

Joe Rodriguez : La pandémie de coronavirus est un point d’inflexion clair et inattendu pour les perspectives économiques mondiales. En périodes d’incertitude, la nature tangible de l’immobilier et ses loyers contractuels peuvent offrir aux investisseurs une diversification du portefeuille et un bon potentiel de revenu pour les investisseurs. Même si les revenus globaux de l’immobilier risquent de diminuer en 2020, nous nous attendons à ce qu’ils augmentent à nouveau à mesure que les défis macroéconomiques vont s’estomper. Cela étant dit, nous pensons qu’il peut y avoir des pièges et qu’il faut sélectionner avec soin les entreprises dans lesquelles nous allons investir.

Nos portefeuilles continuent de privilégier les entreprises dotées de portefeuilles immobiliers de grande qualité, moins endettées et, surtout, dont les bénéfices et le potentiel de croissance de la valeur des actifs sont supérieurs à la moyenne. Dans nos portefeuilles, nous croyons que le secteur de l’immobilier résidentiel devrait continuer de bénéficier de la pénurie structurelle d’offre du marché de l’habitation. Les complexes de sociétés de sciences de la vie, les immeubles à vocation industrielle dits du dernier kilomètre et les centres commerciaux dotés d’une épicerie pourraient aussi procurer une certaine résilience aux investisseurs. En outre, les infrastructures de communication sans fil essentielles et les FPI (fiducies de placement immobilier) de centres de données pourraient bénéficier d’une hausse des achats en ligne et de l’augmentation du nombre de personnes qui travaillent à domicile. Pour les porteurs de titres à revenu fixe, nous croyons que le segment des actions privilégiées de la structure du capital immobilier offre des caractéristiques de rendement fort attrayantes alors que les taux d’intérêt atteignent de nouveaux planchers.

À notre avis, les cours boursiers des FPI cotées en bourse sont attrayants, compte tenu de la valeur à long terme des propriétés sous-jacentes et des écarts de taux par rapport aux bons du Trésor américain et aux obligations de sociétés de bonne qualité. Pour ces raisons, nous croyons que les titres immobiliers pourraient être une option intéressante pour les investisseurs en quête d’un revenu plus élevé et d’un potentiel de diversification accru dans le cadre d’une répartition de l’actif plus large.

 

Actions internationales : Les anomalies de cours sur les marchés mondiaux créent des occasions de placement uniques

Clas Olsson : Le confinement de la majeure partie de l’Europe, de certaines régions de l’Asie et des États-Unis rend les perspectives de croissance économique mondiale extrêmement incertaines. Ce qui est clair, c’est que nous devons revoir en forte baisse nos projections de croissance économique et de bénéfices, compte tenu de la chute de la demande finale et de la perturbation de l’offre.

Pour contrer ces bouleversements économiques, la plupart des banques centrales mondiales (par exemple, la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne, la Banque d’Angleterre, etc.) ont annoncé des contre-mesures, notamment de fortes baisses des taux d’intérêt, des mesures d’assouplissement quantitatif et d’autres mesures d’injection de liquidités. Qui plus est, de nombreux gouvernements envisagent diverses interventions budgétaires pour compenser le ralentissement de l’activité économique. Reste à voir à quel point ces mesures seront efficaces.

Comme on pouvait s’y attendre, les  mesures de confinement mondiales imposées pour lutter contre la COVID-19 ont provoqué un repli boursier marqué qui a d’abord touché les titres cycliques, mais même les cours des entreprises de qualité supérieure ont chuté considérablement. Cela a créé beaucoup d’occasions de placement dans de nombreux secteurs et pays pour les tenants de la gestion active comme nous, qui ont pu investir dans des actions d’excellentes entreprises à des cours attrayants. Comme notre stratégie est axée sur le long terme, nous croyons que les corrections peuvent procurer de bonnes occasions d’investir dans des entreprises de grande qualité sous-évaluées.

Notre équipe a une « liste de surveillance » des actions, au cas où la volatilité offrirait de telles occasions de placement (comme ce fut le cas en 2016 lors du référendum sur le Brexit et au quatrième trimestre de 2018 en raison des tensions liées à la guerre commerciale). Nous continuons de mettre l’accent sur les entreprises dotées d’un excellent bilan, qui ont un rendement élevé du capital investi et dont les flux de trésorerie disponibles sont abondants, ce qui, selon nous, leur permettra de résister à cette période de stress qui perdure.

 

Produits de base : Protection contre une éventuelle hausse de l’inflation

Scott Wolle : Les produits de base ont tendance à mieux performer dans les périodes de croissance réelle à tout le moins modérée et d’inflation en hausse. Cependant, la pandémie de COVID-19 et les mesures de distanciation sociale qu’elle a nécessitées ont nui considérablement à la croissance et à l’inflation, et nous avons pu constater leurs effets sur les produits de base au premier trimestre. L’indice S&P GSCI Light Energy, indice de référence du marché des produits de base, a perdu plus de 27 % de sa valeur au premier trimestre, un recul trimestriel observé à seulement trois reprises depuis 1974.1 Dans le vaste secteur des produits de base, l’indice S&P GSCI Energy a chuté de plus de 50 % au cours du trimestre, tandis que l’or a dominé au chapitre du rendement avec un gain de 4 %, malgré la forte pression à la vente en mars, alors que les investisseurs ont liquidé aveuglément leurs actifs pour dégager des liquidités.1

Pour éviter que la COVID-19 n’inflige des dommages permanents à l’économie, il a fallu une énorme intervention politique conjuguée à des programmes de soutien budgétaire et monétaire. Nous aimerions bien évaluer l’impact inflationniste de cette intervention politique, mais force est d’admettre qu’il est encore trop tôt pour se prononcer. Tout dépendra de la façon dont les gigantesques déficits encourus pour lutter contre la pandémie seront financés. Par exemple, si les États-Unis financent leur déficit par le biais de hausses d’impôts ou d’emprunts auprès du secteur public non bancaire, le risque d’inflation élevée sera faible. Si le déficit est financé au moyen d’emprunts auprès des banques ou d’achats de créances sur le marché primaire par la banque centrale (impression d’argent), le risque d’inflation sera beaucoup plus élevé.

Un taux d’inflation élevé est généralement préjudiciable aux actifs financiers car le pouvoir d’achat réel de leurs flux de trésorerie futurs diminue à mesure que l’inflation augmente; nous pensons donc que les produits de base devraient plutôt être perçus comme une couverture contre une inflation inattendue ou qui n’est pas pleinement intégrée aux marchés (d’autant plus qu’ils peuvent participer à une reprise économique). À savoir quels produits de base devraient obtenir les meilleurs rendements, c’est difficile à dire parce qu’il y a tellement à prendre en considération. Pour évaluer l’impact sur un produit de base en particulier, il faut absolument tenir compte de l’offre et de la demande parce que les producteurs de produits de base vont probablement devoir réduire radicalement leur production ou leurs dépenses en immobilisations, ou les deux. Un choc de l’offre pourrait survenir parce que nous avons traversé une période prolongée de bas prix qui a forcé les producteurs à ne mettre en valeur que leurs gisements de la plus haute qualité et au coût le plus bas. Résultat, même si la demande ne revient pas au niveau d’avant la crise, l’offre risque d’être restreinte au cours de la prochaine année.

Nous croyons qu’il faut gérer activement les placements dans le secteur des produits de base et les diversifier pour éviter une trop forte concentration dans un secteur (l’énergie) et privilégier les produits de base dotés de la plus forte prime de rareté. Nous voyons la diversification comme une meilleure occasion du côté des produits de base que des actions et obligations en raison des écarts de rendement observés par le passé entre les divers secteurs des produits de base. (Encore une fois, il suffit de comparer le gain de 4 % de l’or à la chute de 50 % des titres énergétiques au premier trimestre de cette année.) Nous pensons également qu’il est important d’avoir une composante flexible dans une stratégie de produits de base, afin de pouvoir modifier les expositions individuelles et le profil de risque pour saisir les occasions de placement qui se présentent.

 

Volet multi actifs : Trouver des idées de placement dans une conjoncture difficile à comprendre

David Millar : Les cours ont énormément fluctué ces dernières semaines; c’est du jamais vu, même pendant la crise financière mondiale. Il y a un mois, les marchés étaient en chute libre et on assistait à des replis spectaculaires de tous les actifs à risque, allant des actions au pétrole. Cependant, lors de la récente reprise, certains pans du marché ont déjà remonté aux sommets de février dernier, notamment les titres de créance, qui ont été grandement influencés par l’intervention de la Réserve fédérale américaine.

Cependant, l’exceptionnelle reprise en « I » de nombreux actifs à risque semble laisser une certaine place à la déception, d’autant plus que la reprise après la pandémie de coronavirus sera probablement beaucoup plus longue, car elle aura porté un dur coup à l’économie. Les marchés sont allés dans tous les sens parce que les investisseurs ont réagi à des événements qu’ils ne comprennent pas très bien et qu’ils ne peuvent pas comprendre. Depuis la crise financière mondiale, on note une intensification de la volatilité dans les économies sous-jacentes, dans les entreprises et dans les interventions politiques; or, à maintes reprises, les liquidités injectées par les banques centrales ont réussi à maintenir la volatilité des cours des actifs à des niveaux historiquement bas. Cette fois-ci, il semble que la volatilité des actifs soit définitivement de retour.

Quel impact cela pourrait-il avoir sur le comportement des investisseurs si la facilité perçue avec laquelle ils obtenaient des rendements dans le passé était remise en question? Ayant connu récemment un degré de volatilité incroyablement faible, les investisseurs croiront-ils toujours pouvoir la gérer eux-mêmes, ou préféreront-ils chercher des solutions qui leur permettraient de niveler les rendements de leurs placements?

Notre méthode a toujours été d’adopter une vision à plus long terme des marchés et nous pensons que c’est plus important que jamais en ce moment. Le passage d’un soutien économique qui se limite à la politique monétaire à un soutien monétaire et budgétaire « synchronisé » est significatif et teintera le débat à plus long terme entre l’inflation et la déflation. Sur un horizon de deux ans, nous croyons que l’effet déflationniste aura le dessus. Le coup porté au ratio cours-bénéfices des actions de nombreux secteurs à la suite de la fermeture quasi-totale de l’activité économique mondiale est également très dur. Nous craignons que les actions ne se soient trop redressées trop tôt et c’est la raison pour laquelle nous préférons les marchés du crédit, car la Fed et la Banque centrale européenne procurent désormais un filet de sécurité. À notre avis, étant donné que les possibilités de placements directionnels semblent épuisées dans certaines parties des marchés financiers et difficiles à percevoir dans d’autres, les idées de placement axées sur la valeur relative, qui visent à profiter des situations où l’actif préféré surclasse son pendant, joueront un rôle de plus en plus grand dans le rendement des placements. Notre méthode, qui consiste à « investir dans des idées » nous a conduits à des opportunités d’investissement de valeur relative dans toutes les catégories d’actifs, telles que les devises, les actions et les marchés émergents.

 

 

 

Autres blogues de Kristina Hooper

Perspectives de mi-année : Reprise économique lente et inégale pendant la deuxième moitié de l’année
2 juillet 2020

Les statistiques économiques s’améliorent, mais les taux d’infection s’avèrent difficiles à contrôler
23 juin 2020

Cinq éléments à retenir de la conférence de presse de la Fed
16 juin 2020

Les « pousses vertes » en plein essor nourrissent l’espoir d’une reprise économique
9 juin 2020

Les nations promettent des billions de dollars en mesures de relance budgétaire pour soutenir leur économie
3 juin 2020

Une étude de cas pour réduire le chômage : La Work Projects Administration
27 mai 2020

Les tensions entre les États-Unis et la Chine pourraient être le plus gros risque pour le marché boursier américain cette année
20 mai 2020

Impact de la COVID-19 : Ce qu’en pensent nos gestionnaires de portefeuille
15 mai 2020

Les marchés mondiaux: À surveiller en mai
5 mai 2020

Alors que les États-Unis adoptent davantage de mesures de relance, des désaccords planent sur la suite des événements
28 avril 2020

Suivi de la reprise de la Chine et de la période désastreuse de déclaration des bénéfices aux États-Unis
21 avril 2020

À l’aube de la période de déclaration des bénéfices, les gestionnaires de portefeuille cherchent de bonnes occasions de placement à long terme
20 avril 2020

Commerce, mesures de relance et politique : Ce qui importe aux marchés cette semaine
14 avril 2020

Où les gestionnaires de portefeuille trouvent-ils des occasions de placement dans la conjoncture actuelle?
7 avril 2020

À quoi doit-on s’attendre du côté des actions et des obligations?
31 mars 2020

Impact et réaction au coronavirus: Point de vue mondial
24 mars 2020

La flambée de volatilité des marchés pourrait-elle signaler la fin du cycle du marché actuel?
11 mars 2020

Les marchés traversent une mauvaise passe, mais qu’en est-il des économies mondiales?
3 mars 2020

Des statistiques récentes révèlent l’impact économique du coronavirus
25 février 2020

Les retombées du coronavirus commencent à se faire sentir sur les marchés
18 février 2020

S'abonner au blogue

Abonnez-vous pour être informé sur la publication de : *


Voulez-vous vous abonner an anglais?

Abonnez-vous pour recevoir des courriels d’Invesco Canada Ltée au sujet de ce blogue. Pour vous désabonner, veuillez nous envoyer un courriel à blog@invesco.ca ou communiquez avec nous.

1 Source : Bloomberg, L.P., du 1er janvier au 31 mars 2020

Renseignements importants

Image d’en-tête du blogue : Simone Hutsch / Unsplash

La diversification ne garantit pas un profit et n’élimine pas le risque de perte.

Les immeubles à vocation industrielle dits du dernier kilomètre sont des entrepôts, des centres de distribution et divers autres immeubles qui permettent la livraison des biens aux clients. Ces immeubles permettent la livraison des biens sur le « dernier kilomètre » du chemin qui mène à l’adresse du client.

L’indice S&P GSCI Light Energy est un indice de référence qui mesure le rendement des titres du marché des produits de base. Les autre indices de référence accordent une forte pondération au secteur de l’énergie, tandis que cet indice augmente la pondération relative des titres autres qu’énergétiques qui composent l’indice S&P GSCI pour procurer un indice de référence diversifié qui mesure le rendement des titres de l’ensemble du marché des produits de base.

L’indice S&P GSCI Energy est un indice de référence qui mesure le rendement des titres du marché de l’énergie.

Les placements dans des instruments immobiliers peuvent fluctuer en fonction de facteurs économiques, juridiques ou environnementaux qui se répercutent sur les valeurs des biens, les loyers ou les taux d’occupation des immeubles. Les entreprises immobilières, y compris les FPI ou des structures similaires, sont généralement des sociétés à petite ou moyenne capitalisation et leurs actions peuvent être plus volatiles et moins liquides.

Les produits de base peuvent exposer un investisseur à une plus grande volatilité que les titres traditionnels comme les actions et les obligations et leurs prix peuvent varier considérablement en fonction des conditions météorologiques, de la politique, des règles fiscales, ainsi que des changements réglementaires et de la conjoncture boursière.

Les risques d’investir dans des titres d’émetteurs étrangers, y compris ceux des marchés émergents, peuvent inclure la fluctuation des devises étrangères, l’instabilité politique et économique, et les problèmes liés à l’imposition étrangère.

Les fluctuations du prix de l’or et des métaux précieux pourraient nuire à la rentabilité des entreprises du secteur de l’or et des métaux précieux. Les changements de conjoncture politique ou économique des pays où les entreprises du secteur de l’or et des métaux précieux exercent leurs activités pourraient avoir une incidence directe sur le prix de l’or et des métaux précieux.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteur au 16 avril 2020. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.