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Perspectives, commentaire et expertise de placement

Brian Levitt and Talley Léger | 21 août 2020

Le contexte actuel d’appétit pour le risque pourrait être là pour rester

Pour évaluer si nous nous trouvons présentement dans une période prolongée d’appétit pour le risque, nous devons analyser ce que nous savons des cycles du marché. Même si les cycles de marché ne sont jamais identiques, ils ont tendance à suivre des tendances semblables. Présentement, c’est encore le cas, malgré la pandémie mondiale.

Dans le commentaire qui suit, nous aborderons ce que nous savons à propos des stades précoces d’un cycle économique et de marché prolongé et comparerons ces tendances à la conjoncture actuelle du marché et de l’économie. Mis à part l’inévitable potentiel de volatilité accrue à court terme, nous concluons qu’un nouveau cycle s’est amorcé et qu’il représente le catalyseur fondamental d’une remontée durable à long terme des actifs risqués.

Les marchés baissiers laissent généralement entrevoir des récessions économiques plutôt que de persister jusqu’aux stades précoces et intermédiaires de la reprise. Aux États-Unis, on compte six cas depuis 1930 où les marchés boursiers ont reculé de plus de 30 %. Dans tous les cas, le cours des actions se trouvait à un niveau beaucoup plus élevé un an et trois ans après avoir atteint un creux, malgré l’inévitable volatilité et les corrections boursières1. Cette année, les actions mondiales ont connu une véritable récession en l’espace d’environ 20 jours de bourse. Comme c’est habituellement le cas, le creux du marché a coïncidé avec une volatilité extrême, un positionnement inégal des investisseurs et un pessimisme à l’échelle mondiale. Au début de mai, les investisseurs avaient largement capitulé, liquidant des milliers de milliards de dollars d’actifs en quête de la sécurité relative des obligations gouvernementales et des actifs assimilables à des liquidités.

Inévitablement, dans de telles circonstances, les mesures politiques font leur apparition et les conditions financières s’assouplissent. Si l’adage pour les investisseurs a toujours été de « ne pas se battre contre la Fed », c’est probablement tout aussi vrai pour presque toutes les autres banques centrales dans le monde, ainsi que pour la Commission européenne et le Congrès américain. Comme on a pu le constater par le passé, le début d’un nouveau cycle peut être marqué par une mauvaise combinaison de politiques.

Des périodes d’appétit pour le risque peuvent survenir, même si les économies en général demeurent aux prises avec des difficultés. Rappelez-vous qu’à la suite de la crise financière mondiale, il a fallu de nombreuses années pour que les taux de défaillance hypothécaire atteignent finalement un sommet, que les ménages réduisent leur endettement et que le plein emploi s’installe. Néanmoins, les actions ont inscrit une solide progression. Même si on observe des signes de reprise vigoureuse dans certains segments de l’économie mondiale (comme la fabrication en Chine ainsi que l’habitation et les ventes au détail aux États-Unis), d’autres segments demeurent aux prises avec des difficultés. Les conditions économiques pourraient se détériorer à court terme, car l’augmentation des cas de COVID-19 dans de nombreux États américains et dans certaines villes du monde pourrait entraîner de nouvelles mesures de confinement et une diminution des déplacements humains. Fait important, toutefois, nous ne prévoyons pas les mêmes mesures de confinement qu’au début de l’année. Nous en savons beaucoup plus sur ce virus maintenant qu’en mars 2020 (l’efficacité des masques et de la distanciation sociale ainsi que le risque moindre associé aux rassemblements en extérieur), ce qui devrait permettre de soutenir la diminution du nombre de cas et permettre une poursuite graduelle de la reprise économique. De plus, nous nous attendons à ce que les reprises lentes et intermittentes suivent les politiques monétaires et budgétaires prolongées, voire poussées à l’échelle mondiale. Comme toujours, au cours des prochains trimestres, les investisseurs devraient se concentrer non pas sur la nature favorable ou défavorable de la conjoncture économique, mais plutôt sur la probabilité d’une amélioration de cette conjoncture.

Enfin, les valorisations boursières mondiales, même si elles ne sont pas nécessairement bon marché en termes absolus, demeurent intéressantes par rapport à de nombreux autres titres, y compris les titres gouvernementaux de marchés développés. Les taux d’actualisation utilisés pour déterminer la valeur actuelle des flux de trésorerie futurs sont près de zéro dans la plupart des pays développés, ce qui donne à penser que les investisseurs seront probablement prêts à payer des ratios de bénéfices plus élevés au fil du temps. En ce qui concerne les actions, les investisseurs doivent toutefois être conscients des types de sociétés dans lesquelles ils souhaitent investir à long terme. Les titres les plus performants dépendront probablement de quelles entreprises sont les plus perturbatrices et desquelles sont touchées par ces perturbations. Les grands gagnants de ce marché viennent perturber le fonctionnement de l’économie, des entreprises et de la société. Nous pourrions finir par payer des ratios boursiers plus élevés pour ces sociétés par rapport à l’ensemble du marché, mais il semble raisonnable de s’attendre à ce que ces sociétés augmentent leurs bénéfices plus rapidement que le marché en général.

En fin de compte, nous nous attendons à ce que ce nouveau cycle économique et de marché soit l’un des plus longs jamais enregistrés, dépassant peut-être même celui de la période postérieure à 2008. Une période prolongée de faible croissance, de faible inflation, de faibles taux d’intérêt et d’importantes mesures d’assouplissement devrait favoriser un solide rendement des titres de créance et des actions. Les investisseurs devraient s’attendre à de la volatilité en cours de route, en particulier si les craintes à l’égard de la réouverture des économies persistent, mais nous croyons qu’à long terme, le fait de parier contre les titres de créance et les actions équivaudrait à parier contre la médecine, la science, l’ingéniosité humaine et l’orientation des politiques monétaires. Ce n’est pas un pari que nous sommes prêts à faire.

 

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1 Sources : Rendements de l’indice S&P 500 du 1er janvier 1939 au 28 juillet 2020, selon les données de Bloomberg L.P. et d’Invesco.

Renseignements importants

Image de l’en-tête du blogue : Hakan + Sophie / Stocksy

Les rendements passés ne garantissent pas les résultats futurs.

De façon générale, la valeur des actions fluctue, parfois de façon considérable, à la suite d’activités propres à la société concernée ou en fonction des conditions du marché ou de l’économie ou de la situation politique.

Les risques liés aux placements dans des titres d’émetteurs étrangers comprennent les fluctuations de change, l’instabilité économique et politique et les questions fiscales à l’étranger.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles des auteurs en date du 12 août 2020. Les commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration de thèmes généraux. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas les résultats futurs. Ils comprennent des risques, des incertitudes et des hypothèses. Il n’est pas garanti que les résultats réels ne seront pas considérablement différents des attentes.