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Perspectives, commentaire et expertise de placement

Kristina Hooper | 27 juillet 2021

Le moment est venu de se préparer au prochain repli

Boussole hebdomadaire des marchés : Kristina Hooper s’attend à ce que les marchés boursiers terminent l’année en hausse par rapport aux seuils actuels, mais prévient que cela ne se fera pas sans heurts.

La semaine dernière, dans la foulée d’un repli qui a secoué les investisseurs, j’ai terminé mon commentaire par cette phrase : « Restez calmes, continuez de diversifier votre portefeuille et, si vous avez de l’argent à investir, cherchez de bonnes occasions de placement ». Après avoir écrit cela, je me suis demandé si les marchés boursiers allaient rebondir avant même que les investisseurs aient le temps de chercher des occasions de placement.

Après tout, c’est ce que nous observons depuis plus d’un an; tous les replis ont été rapidement suivis d’une ruée vers les marchés boursiers par des acheteurs enthousiastes. Et c’est ce qui s’est produit encore une fois : les investisseurs ont à peine eu le temps de cligner des yeux avant que le rebond ne se produise. Mais si vous pensez que le repli estival que beaucoup anticipaient est passé, je crois que vous vous trompez pas à peu près. Je surveille de près quatre obstacles qui pourraient déclencher un autre repli.

Quatre obstacles à surveiller :

Propagation de la COVID. La COVID-19 continue de se propager partout dans le monde. En Asie du Sud-Est, région qui a échappé à la gravité des vagues d’infection précédentes, un certain nombre de pays, comme la Malaisie, la Thaïlande, l’Indonésie et même Singapour, connaissent une augmentation spectaculaire des cas du variant Delta. La situation s’est particulièrement dégradée en Indonésie, notamment en raison de graves pénuries d’oxygène à Bali et à Java. De plus, compte tenu des taux de positivité à deux chiffres, les experts médicaux craignent que l’Indonésie ne soit un terreau idéal pour l’éclosion d’autres variants de la COVID‑19.

Par ailleurs, les pays dont le taux de vaccination est élevé sont également aux prises avec une augmentation des cas, notamment le Royaume-Uni, la France, l’Espagne et Israël. Comme cela a été amplement rapporté, les États-Unis sont aux prises avec le variant Delta, étant donné l’augmentation des hospitalisations au sein de la population non vaccinée.

Cela étant dit, il n’y a pas que de mauvaises nouvelles en ce qui concerne la COVID-19. Après un pic des cas au début du mois, l’Afrique du Sud a enfin commencé à observer une diminution des cas. Aux États-Unis, les responsables de la Maison Blanche rapportent que la vaccination commence à augmenter dans certains des États où les infections à la COVID sont en hausse, comme l’Arkansas, la Floride, la Louisiane, le Missouri et le Nevada. Il semble qu’un effort accru de la part des élus, ainsi que la couverture médiatique inquiétante sur des jeunes hospitalisés et mourants, ait contribué à inciter certains Américains réticents à se faire vacciner. Cependant, comme nous l’avons vu auparavant, les manchettes négatives concernant la COVID peuvent rendre les investisseurs nerveux.

Efficacité des vaccins remise en question. Le développement de vaccins efficaces a été essentiel au redressement économique et à la forte reprise boursière de 2021. Donc, si les vaccins n’étaient plus aussi efficaces pour lutter contre la COVID, cela pourrait rendre les marchés extrêmement nerveux.

Les nouvelles d’Israël sont préoccupantes. Selon les statistiques nationales de santé, les chercheurs estiment que le vaccin Pfizer a été efficace à seulement 39 % pour prévenir les infections à la COVID-19 en Israël entre le 20 juin et le 17 juillet.1  Cela est surprenant étant donné que, pendant une période qui chevauche cette période, soit du 6 juin au 3 juillet, le vaccin a été jugé efficace à 64 %.1 Il convient de noter qu’il n’y avait qu’un nombre relativement faible de cas inclus dans cette étude, de sorte qu’elle n’est peut-être pas suffisamment fiable pour évaluer l’efficacité du vaccin. Cependant, si cette estimation est exacte, elle se compare très défavorablement aux statistiques parues au début de l’année; entre janvier et le début avril, le vaccin était efficace à 95 % pour prévenir les infections à la COVID-19.1 La bonne nouvelle est que jusqu’à présent, le vaccin Pfizer demeure efficace à plus de 90 % dans la prévention des complications graves.1

Si l’efficacité des vaccins a vraiment chuté de manière aussi substantielle, l’une des raisons pourrait être que la capacité des vaccins à prévenir les infections pourrait s’estomper. Même s’il serait onéreux de devoir déployer rapidement une dose de rappel, cela voudrait dire au moins qu’il y a probablement une solution pour contrer la baisse du taux d’efficacité des vaccins. Les données devraient être examinées dans de nombreux pays pour avoir une meilleure idée de l’efficacité des vaccins. Une grande expérience est en cours au Royaume-Uni. Les restrictions liées à la COVID-19 (port du masque, distanciation sociale, etc.) ont été levées le 19 juillet malgré l’augmentation des cas de COVID-19 alimentés par le variant Delta. Nous allons suivre la situation de près pour savoir à quel point la vaccination protège les citoyens britanniques contre le variant Delta.

Crainte d’un resserrement de la Réserve fédérale américaine (Fed). Il y a aussi la Réserve fédérale américaine. Il y aura une réunion du Federal Open Market Committee cette semaine et certains observateurs de la Fed anticipent l’annonce d’une réduction des mesures de relance lors de cette réunion, mais je pense que cela serait prématuré (à mon avis, il est plus probable que la Fed annonce une réduction des mesures de relance à Jackson Hole). Je sympathise avec le président du conseil de la Fed, Jay Powell, qui marche sur une corde raide : il doit préparer les marchés à une réduction, tout en assurant que la Fed sera très patiente et réfléchie alors qu’elle entame le processus de normalisation. Mais il n’y a pas que la réunion du FOMC. Tout comme la « semaine des requins » semble durer bien plus d’une semaine, l’été du « Fedspeak » va se poursuivre et, avouons-le, les paroles des membres du FOMC peuvent secouer les marchés, d’autant plus que nous nous rapprochons du début du retour à la normale.

Enjeu du plafond de la dette publique américaine. Un autre élément qui risque de semer la panique sur les marchés boursiers cet été est le plafond de la dette publique qui sera atteint sous peu. À la fin juin, la secrétaire du Trésor américain, Janet Yellen, a fait une mise en garde à ce sujet, car il a une incidence sur la capacité du Trésor à émettre des obligations et à payer ses factures. Le vote sur le relèvement du plafond de la dette peut être politiquement dangereux pour une partie substantielle du Congrès, ce qui accentue le dysfonctionnement de cet organe législatif déjà passablement dysfonctionnel. La date butoir officielle est le 31 juillet, mais nous savons pour l’avoir vécu récemment que le gouvernement devrait pouvoir continuer de fonctionner jusqu’à l’automne en ayant recours à des « mesures extraordinaires ». Cependant, plus il faut de temps pour conclure un accord, plus le potentiel de volatilité est élevé.

Évidemment, parfois, les catalyseurs des replis semblent sortir de nulle part ou se cacher dans l’ombre, si bien que cette liste est loin d’être exhaustive.

Préparez-vous à des replis

Autrement dit, il faut s’attendre à d’autres replis. Cela ne signifie pas nécessairement que les marchés boursiers vont obtenir de piètres rendements pendant le reste de l’année. Compte tenu des bonnes caractéristiques fondamentales et des politiques monétaires et budgétaires accommodantes, je m’attends à ce que les marchés boursiers terminent l’année en hausse par rapport aux seuils actuels, mais il pourrait très bien y avoir des ratés en cours de route. Par conséquent, d’ici le prochain repli, gardez à l’esprit ce conseil simple et familier : Restez calmes, continuez de diversifier votre portefeuille et, si vous avez de l’argent à investir, continuez de chercher de bonnes occasions de placement.

Rédigé en collaboration avec Ashley Oerth

1 Source : NY Times, « Israeli data suggests possible waning in effectiveness of Pfizer vaccine », 23 juillet 2021

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Image d’en-tête du blogue : Lisay / Getty

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Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteure au 26 juillet 2021. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.