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Randall Dishmon | 13 juillet 2021

Le style et la substance : pourquoi le débat opposant la croissance à la valeur ne me préoccupe pas

Selon Randy Dishmon, gestionnaire de portefeuille d’actions mondiales à Invesco, « le débat opposant la croissance à la valeur passe à côté de la question ». Voyez plutôt ce qui compte pour sa stratégie de placement.

On me questionne souvent sur les perspectives de mon équipe ou sur la manière dont le marché va se comporter à partir de maintenant.  Disons que nous ne sommes pas des professionnels en matière de prévisions relatives au marché. Je n’ai pas encore rencontré la personne dans le secteur, aussi brillante soit-elle, qui peut systématiquement faire de l’argent en prédisant correctement les fluctuations à court terme du marché.

La question de l’évaluation et de la lutte entre la « valeur » et la « croissance » pour la palme du style en particulier semble susciter beaucoup de controverse dans les médias financiers.
Les gens adorent les étiquettes. Mais les personnes qui me connaissent depuis 20 ans savent que je les déteste.  Selon moi, elles sont les ennemies d’un excellent placement.

La question du style passe à côté de l’essentiel

En général, je pense que toute la discussion sur le style passe à côté de l’essentiel. Le marché est assorti d’une évaluation, qui est parfois juste, parfois trop élevée ou trop basse. Mais nous n’achetons pas le marché, nous achetons une liste d’idées exceptionnelles, choisies avec soin, partout dans le monde. Nous recherchons des sociétés qui possèdent un avantage concurrentiel dans le cadre de tendances de croissance structurelle plus larges qui changent le monde, comme le commerce électronique, les logiciels infonuagiques, les outils de diagnostics médicaux et des sciences de la vie, les paiements numériques et l’immuno-oncologie.

À mon avis, le ratio cours/bénéfice des titres ou des secteurs individuels est inutile sans une compréhension approfondie de leurs paramètres fondamentaux. L’un ne va pas sans l’autre.  Nous ne sommes pas préoccupés par l’évaluation des titres que nous détenons; si nous les détenons, c’est parce que nous croyons que leurs paramètres fondamentaux sont très, très solides et que les sociétés qui les émettent sont dotées de caractéristiques qui nous plaisent.

Un supercycle des produits de base?

De nombreux analystes aiment bien remplir du temps d’antenne en spéculant que nous entrons dans les premiers stades d’un supercycle des produits de base, soit une dynamique semblable à celle qui a mené à la dernière période de surperformance des titres de valeur, de 2000 à 2007. Bien que cela donne lieu à de la télévision divertissante, nous pensons que les parallèles que ces analystes établissent sont erronés. Selon nous, le carburant principal de ce marché haussier des produits de base a été les importantes dépenses en immobilisations requises pour urbaniser la Chine, qui connaît une vague démographique sans précédent dans l’histoire, phénomène qui ne se répétera pas de sitôt, voire jamais.

Nous parions plutôt qu’il s’agit d’un cycle de marché qui se déroule à un rythme normal, mais qui est d’une ampleur sans commune mesure en raison de la pandémie de COVID-19.

Les premiers moments d’une période de hausse tendent à favoriser la valeur

À quelle étape du cycle économique nous situons-nous donc? Dans le passé, en période de récession, dans un contexte de faibles bénéfices et de baisse des taux d’intérêt provoquée par les politiques des banques centrales, les actions ont généralement entamé un mouvement ascendant. Les titres les plus sensibles à une reprise (comme les actions cycliques qui ont une dette inscrite au bilan) peuvent connaître une hausse des ratios rapide, car le marché se projette au-delà de la faiblesse actuelle de l’économie. Les solides bénéfices peuvent durer un an ou deux, au fur et à mesure que le cycle de marché se déroule, mais c’est généralement lors de la hausse des ratios précoce que les titres de valeur produisent leurs meilleurs rendements de tout le cycle1.

Si vous pensiez que la reprise des titres de valeur aurait lieu au sortir de la pandémie, sachez qu’elle a déjà eu lieu. Par exemple, de nombreux lecteurs seront peut-être surpris d’apprendre que l’indice de valeur Russell 1000 a surpassé l’indice de croissance Russell 1000 plutôt facilement au cours des 12 derniers mois2. La forte hausse des ratios des titres de valeur s’est produite dans la seconde moitié de 2020 et au tout début de 2021 (voir la figure 1).

Figure 1 : La reprise des titres de valeur a eu lieu avant la fin de la pandémie

Source : Bloomberg, L.P., au 24 juin 2021. Les rendements passés ne garantissent pas les résultats futurs. Il est impossible d’investir directement dans un indice.

En revanche, les titres de croissance sont habituellement moins favorisés par une hausse précoce1. La plupart des sociétés qui affichent une meilleure croissance à long terme ont des cours boursiers qui tendent à suivre la croissance des revenus au fil du temps, ce qui est tout à fait logique. Les capitaux des investisseurs ont toutefois fructifié ailleurs dernièrement, soit dans les actions cycliques. 

Les tendances de croissance structurelle persistent

Voilà où nous en sommes. Soyez assurés que les changements structurels ont continué d’être à l’œuvre en coulisses du marché au cours des derniers mois, et nous nous attendons à ce que les marchés soient attirés (comme ils l’ont toujours été) par la croissance vigoureuse et accélérée que bon nombre de ces sociétés enregistrent, malgré l’essoufflement de la reprise cyclique.
Les bénéfices des sociétés qui tirent parti de la croissance structurelle sont intéressants et devraient continuer à l’être un bon moment, à notre avis, du moins.

Comme toujours, à l’échelle des évaluations dans leur ensemble, le marché continue de faire des erreurs. Notre travail consiste à nous préparer et à agir avec confiance lorsque ces erreurs se produisent, afin d’acheter des chefs de file de la croissance structurelle à des prix intéressants. Les erreurs du marché, comme ce dont nous avons été témoins en mars 2020 et de nouveau au début de cette année, créent des occasions pour les investisseurs à long terme comme nous et bon nombre d’entre vous.

Les secteurs de croissance structurelle que j’ai mentionnés précédemment subissent des changements qui ne se produisent qu’une seule fois par génération, et nous croyons que le marché continue de sous-estimer la durabilité du potentiel de croissance des principales sociétés dans ces secteurs. Les évaluations demeurent très intéressantes. La période de publication des résultats sera à nos portes dans quelques semaines, et nous sommes emballés par le potentiel que présentent bon nombre de titres que nous détenons. 

1 Source : Bloomberg, L.P., selon l’indice de valeur Russell 1000 et l’indice de croissance Russell 1000, et la façon dont leurs ratios cours/bénéfices ont progressé ou reculé au fil des cycles de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les résultats futurs. Il est impossible d’investir directement dans un indice.

2 Source : Morningstar, au 25 juin 2021. Le rendement sur 12 mois de l’indice de valeur Russell 1000 s’est établi à 45,31 % et celui de l’indice de croissance Russell 1000, à 41,84 %. Les rendements passés ne garantissent pas les résultats futurs. Il est impossible d’investir directement dans un indice.

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Renseignements importants

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Image de l’en-tête : ACALU Studio/Stocksy

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de Randall Dishmon en date du 14 juillet 2021. Elles sont fondées sur les conditions de marché actuelles et peuvent changer sans préavis. Ces opinions peuvent différer de celles des autres spécialistes des placements d’Invesco. Randall Dishmon relève d’Invesco Advisers Inc., société affiliée à Invesco Canada Ltée et sous-conseiller des fonds.

Les commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration de thèmes généraux. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas les résultats futurs. Ils comprennent des risques, des incertitudes et des hypothèses. Il n’est pas garanti que les résultats réels ne seront pas considérablement différents des attentes. Le présent document ne constitue pas une recommandation d’une stratégie ou d’un produit de placement destinés à un investisseur en particulier. La diversification ne garantit pas de gain et n’élimine pas le risque de pertes.

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Les risques liés aux placements dans des titres d’émetteurs étrangers, y compris sur les marchés émergents, peuvent inclure les fluctuations de change, l’instabilité économique et politique et les particularités fiscales des pays étrangers.

Les actions des sociétés en croissance ont tendance à être plus sensibles aux variations des bénéfices et peuvent être plus volatiles.

Dans le cas d’un placement de style valeur, il existe un risque que les valorisations ne s’améliorent pas ou que les rendements soient inférieurs à ceux d’autres styles de placement ou de l’ensemble des marchés boursiers.

De nombreux produits et services offerts dans les secteurs liés à la technologie peuvent devenir rapidement désuets, ce qui peut réduire la valeur des émetteurs.

Le secteur de la santé est exposé à des risques liés à la réglementation gouvernementale, et à l’obsolescence causée par les progrès scientifiques et les innovations technologiques.

Les produits de base peuvent exposer un investisseur à une volatilité plus importante que celle de titres traditionnels comme les actions et les obligations, et elles peuvent fluctuer considérablement en raison de conditions météorologiques, de la conjoncture politique, de la fiscalité et d’autres faits touchant la réglementation et les marchés.

L’indice de croissance Russell 1000®, marque de commerce ou marque de service de Frank Russell Co.®, est un indice non géré considéré comme représentatif des actions de croissance à grande capitalisation.

L’indice de valeur Russell 1000®, marque de commerce ou marque de service de Frank Russell Co.®, est un indice non géré considéré comme représentatif des actions de valeur à grande capitalisation.

Le ratio cours/bénéfice mesure l’évaluation d’un titre en divisant le cours de l’action par son bénéfice par action.