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Kristina Hooper | 26 janvier 2021

Les bouleversements économiques exercent des pressions sur les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Europe

Boussole hebdomadaire des marchés : Les prochains mois s’annoncent pénibles pour ces économies

Quelle semaine ce fut, les indices composés S&P 500 et NASDAQ ont atteint de nouveaux sommets jeudi dernier, mais nous avons également assisté à une inversion de la rotation des titres de croissance / défensifs vers les titres cycliques sur les marchés européens et américains. De toute évidence, les marchés réagissent aux problèmes auxquels de nombreuses économies sont confrontées alors que la COVID-19 continue de freiner la croissance.

Les récentes statistiques mettent en lumière ces problèmes.

L’Europe pourrait devoir composer avec une légère récession

L’Europe est visiblement à risque d’une récession à double creux, quoique pas trop grave. L’indice composé préliminaire PMI (indice des gestionnaires en approvisionnement) IHS Markit de la zone euro s’établit à 47,5 points, en baisse par rapport aux 49,1 points enregistrés en décembre.1 Il n’y a pas que le secteur tertiaire qui a fait reculer l’indice, il y a aussi l’indice PMI manufacturier, qui a chuté à un creux de sept mois. Et la léthargie s’est répandue dans toute l’Europe.

Cela n’a rien d’étonnant. L’indice de rigueur d’Oxford Blavatnik, qui mesure le degré de confinement économique dans divers pays, montre que les mesures de confinement dans de nombreux pays européens n’ont jamais, ou presque, été aussi strictes depuis le début de la pandémie. En d’autres termes, l’activité économique pourrait se contracter à nouveau au premier trimestre mais, si tel était le cas, je m’attends à une très faible contraction. De nouvelles mesures de soutien budgétaire s’en viennent et je suis persuadée que la Banque centrale européenne fera le nécessaire pour continuer de soutenir l’économie.

Bref, il suffit à l’Europe de passer à travers le « cinquième trimestre de 2020 » et ensuite je m’attends à ce que la situation s’améliore. Je pense que d’ici la fin du deuxième trimestre, nous constaterons une amélioration de l’activité économique à partir du moment où les vaccins seront administrés à grande échelle.

Les mauvaises nouvelles se multiplient au Royaume-Uni

Le Royaume-Uni est en moins bonne posture et risque davantage que la zone euro de subir une récession à double creux au cours du trimestre. Les données préliminaires de l’indice composé PMI IHS Markit/CIPS du Royaume-Uni, qui signalent une chute vertigineuse (de 50,4 points en décembre à 40,6 points en janvier), ont eu l’effet d’une tonne de briques.1 Chris Williamson, économiste en chef d’IHS Markit, a expliqué dans ces termes la dégringolade de l’indice composé : « Encore une fois, le secteur tertiaire a été particulièrement éprouvé et la croissance du secteur manufacturier a pratiquement stagné en raison de l’effet combiné de la COVID-19 et du Brexit, ce qui a provoqué d’autres retards d’offre, une augmentation des coûts et une chute des exportations. »1

Qui plus est, vendredi dernier, le premier ministre britannique, Boris Johnson, a annoncé d’autres mauvaises nouvelles : 1) la souche britannique du virus est non seulement plus contagieuse mais semble être plus mortelle; 2) les mesures de confinement pourraient demeurer en vigueur jusqu’à l’été. Dans ce contexte, inutile de s’attendre à une reprise économique à court terme, même si je maintiens que l’économie va fort probablement remonter substantiellement une fois que les vaccins auront été distribués.

Le Japon en arrache aussi

Les données préliminaires de l’indice PMI pour le mois de janvier montrent que le Japon n’est pas au bout de ses peines lui non plus. La semaine dernière, la Banque du Japon a déclaré que les perspectives économiques du Japon risquent de se détériorer et que les efforts déployés pour contrôler le virus pourraient avoir des répercussions qui vont au-delà du secteur tertiaire. Et, même si la COVID-19 a été mieux contrôlée que dans de nombreux pays occidentaux, aucun Japonais n’a encore été vacciné. Les vaccins en sont toujours à l’étape des essais cliniques, mais ils devraient commencer à être déployés d’ici la fin février.

Les États-Unis attendent de voir ce qu’il adviendra des mesures de relance budgétaire

Les États-Unis sont également aux prises avec de sérieux bouleversements économiques en lien avec la COVID. Récemment, les marchés américains semblent s’être concentrés sur l’adoption possible d’autres mesures de relance budgétaire. Janet Yellen, que le président Joe Biden veut nommer secrétaire du Trésor américain, a plaidé énergiquement la semaine dernière en faveur de nouvelles mesures de relance budgétaire. Elle s’est dite préoccupée par l’augmentation de la dette, mais a également fait valoir que c’est le meilleur moment pour emprunter puisque les taux sont extrêmement bas. Cependant, à la fin de la semaine, on craignait que le président Biden n’ait pas assez d’appuis pour faire adopter son plan de 1,9 mille milliards de dollars.

Les jours où les marchés sont encouragés par la perspective d’autres mesures de relance et d’un rebond plus marqué, les actions cycliques dominent. En revanche, les jours où les marchés craignent l’abolition des mesures de relance ou lorsque les données économiques déçoivent, les titres de croissance séculaire, en particulier les valeurs technologiques, prennent les devants.

Éléments à retenir

Je m’attends, à court terme, à ce que les marchés continuent de « jouer au yoyo ». Bien que je persiste à croire qu’un fort redressement économique surviendra plus tard en 2021, comme je le disais plus tôt, il y a probablement encore quelques épreuves à surmonter d’ici là. Le secteur des technologies de l’information a récemment fait montre de ses qualités défensives et j’espère que cela va continuer ainsi car, à mon avis, ces caractéristiques pourraient s’avérer précieuses au cours des prochains mois qui s’annoncent pénibles pour l’économie. Les bas taux d’intérêt contribuent à cette situation, étant donné que la valorisation des titres technologiques est évidemment exagérée; les investisseurs sont toujours plus indulgents à l’égard des valorisations lorsque les taux sont aussi bas.

À l’autre bout du spectre se trouvent les titres cycliques. Je suis particulièrement enthousiaste à l’égard d’un secteur en particulier, celui de la consommation discrétionnaire. Je pense que la reprise économique mondiale sera robuste et inclusive, qu’elle va créer et redonner des emplois, et qu’elle incitera les consommateurs à dépenser. Dans de nombreux pays, les consommateurs ont accumulé des sommes colossales d’épargne parce qu’ils n’ont pas pu dépenser pendant la pandémie. Ces sommes pourraient être déployées assez rapidement lorsque les vaccins auront été distribués à grande échelle et qu’on assistera à un retour à un semblant de « normalité ».

Dans un monde où les mesures de relance monétaire et budgétaire abondent, je m’attends à ce qu’il y ait toujours un biais à la hausse en faveur des actions. Cela ne veut pas dire que nous n’assisterons pas à un repli boursier en 2021. Un repli pourrait être déclenché par une hausse du taux des bons du Trésor américain à 10 ans (nous pourrions assister à un repli s’il augmente trop rapidement) ou par les craintes d’une hausse de l’inflation, même si je m’attends à ce que la Réserve fédérale américaine réitère cette semaine son engagement à maintenir une politique monétaire très accommodante et à tolérer un pic d’inflation au-dessus de sa cible. Il pourrait y avoir d’autres déclencheurs, notamment une augmentation soutenue du nombre de cas d’infection, en particulier des souches plus graves, ou un ralentissement du déploiement des vaccins. Nous ignorons quand cela pourrait se produire et même si je pense que ce serait de courte durée, je crois qu’il est très important de diversifier largement son portefeuille entre les actions, les obligations et les placements alternatifs.

Bien qu’une vaste diversification soit essentielle, les investisseurs pourraient envisager de surpondérer les secteurs des technologies de l’information et de la consommation discrétionnaire au sein de leur portefeuille d’actions. Les deux pourraient servir des objectifs différents dans un portefeuille, l’un offrant des qualités défensives, tandis que l’autre offrirait la possibilité de participer à la reprise.

1 Source : IHS Markit, 22 janvier 2021

2 Source : Business Insider, « Janet Yellen suggests ’curtailing’ cryptocurrencies such as Bitcoin, saying they are mainly used for illegal financing », 20 janvier 2021

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Renseignements importants

Image d'en-tête du blogue : Mauro Grigollo / Stocksy

La diversification ne garantit pas un profit et n’élimine pas le risque de perte.

En règle générale, les cours des actions fluctuent, parfois même considérablement, en réaction aux activités de la société émettrice, ainsi qu’à la conjoncture des marchés en général, à la situation économique et au climat politique.

Les titres à revenu fixe sont exposés au risque de crédit de l’émetteur et aux retombées des fluctuations de taux d’intérêt. De manière générale, les cours des obligations baissent lorsque les taux d’intérêt augmentent, et vice versa; c’est ce que l’on appelle le risque de taux d’intérêt. Un émetteur peut être incapable de rembourser les intérêts ou le capital de ses emprunts, ou les deux, ce qui fait chuter la valeur de ses titres de créance et abaisse sa note de crédit.

Habituellement, les placements alternatifs comprennent plus de placements non traditionnels et emploient des stratégies de négociation plus complexes, y compris les opérations de couverture et l’effet de levier au moyen de produits dérivés, des ventes à découvert et des stratégies opportunistes qui évoluent au gré des conditions du marché. Les investisseurs qui envisagent les produits alternatifs doivent se renseigner sur leurs caractéristiques uniques et sur les risques additionnels auxquels les stratégies utilisées les exposent. À l’instar de tous les placements, leur rendement va fluctuer. Vous pourriez perdre de l’argent.

De nombreux produits et services offerts dans les industries liées aux technologies de l’information sont soumis à une obsolescence rapide, ce qui pourrait réduire la valeur des émetteurs.

L’indice composé NASDAQ est l’indice pondéré en fonction de la capitalisation boursière d’environ 3 000 actions ordinaires cotées à la bourse Nasdaq.

L’indice composé PMI (indice des gestionnaires en approvisionnement) de la zone euro® est compilé par IHS Markit à partir de données d’un sondage original recueillies auprès d’un échantillon représentatif d’environ 5 000 entreprises des secteurs manufacturier et tertiaire de la zone euro. L’estimation préliminaire est habituellement faite à partir d’environ 85 à 90 % des réponses au sondage mensuel de PMI et vise à donner un avant-goût assez précis des données PMI finales.
Les données préliminaires de l’indice composé PMI IHS Markit/CIPS® du Royaume-Uni sont compilées par IHS Markit à partir des réponses à un questionnaire envoyé à un panel d’environ 650 gestionnaires d’entreprises du secteur manufacturier et 650 gestionnaires d’entreprises du secteur tertiaire.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteure au 25 janvier 2021. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.