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Kristina Hooper | 30 octobre 2019

Les données de cette semaine confirmeront-elles l’optimisme de la semaine dernière pour les actions?

Les investisseurs avaient le « goût du risque » la semaine dernière, ce qui a fait grimper les cours boursiers. L’indice MSCI Monde tous pays a clôturé la semaine en hausse, l’indice S&P 500 a frôlé son sommet record et l’indice composé NASDAQ des valeurs technologiques a bondi de 1,9 %.1 Le taux des bons du Trésor américain a également augmenté parce que les craintes se sont dissipées; les taux des bons du Trésor à 10 et à 30 ans se sont hissés respectivement à 1,8 % et 2,29 %.1 À la fin de la semaine dernière, l’écart de taux entre les bons du Trésor à 2 et à 10 ans s’élevait à un relativement confortable 18 points.1

 

Cet élan d’optimisme était propulsé par plusieurs catalyseurs, y compris l’anticipation que la Réserve fédérale américaine (Fed) va procéder à une baisse de taux à sa réunion de cette semaine et les bonnes nouvelles entourant les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine. Ces deux facteurs ont eu tellement d’impact qu’ils ont supplanté de prodigieuses déceptions en matière de bénéfices, bien qu’à mon avis, la période de déclaration des bénéfices ait été somme toute relativement positive.

 

La semaine dernière a été une période de grandes attentes, mais c’est cette semaine qu’on verra si elles vont se concrétiser. Nous verrons bien si des signes montrent que nous nous dirigeons vers la phase un d’un accord commercial. Jusqu’ici, tous les rapports sont encourageants et portent à croire que les deux parties se rapprochent de cette première étape vers un accord plus global, mais je doute encore que la phase un aboutisse rapidement. Je pense que la Chine va insister sur des allégements tarifaires avant de consentir à conclure cette phase de l’accord, ce qui pourrait constituer un obstacle majeur pour les États-Unis, qui voudront utiliser cette monnaie d’échange pour obtenir de plus grosses concessions. Je pense qu’à un moment donné, peut-être pas cette semaine, les nouvelles seront moins bonnes et que cela exercera probablement des pressions à la baisse sur les cours boursiers.

 

Les investisseurs vont également se tourner vers la Fed pour savoir si elle décidera de réduire ses taux mercredi. Un élément peut-être plus important encore que la décision elle-même ‑ puisqu’une baisse de taux semble aller de soi ‑ est la conférence de presse et le message du président du conseil de la Fed, Jay Powell, sur l’orientation de la politique monétaire. Plus précisément, il pourrait adopter un ton moins accommodant, ce qui risque d’ébranler les marchés boursiers.

 

Je suis confiante que M. Powell choisira bien ses mots pour dire que la Fed est disposée à maintenir une politique monétaire accommodante si nécessaire. Je crois que c’est tout ce que les investisseurs veulent entendre et si M. Powell les satisfait à cet égard, je m’attends à ce que les marchés boursiers aient une réaction neutre ou légèrement positive à la décision et à la conférence de presse de la Fed. Cependant, il y a toujours un risque d’erreur de communication, auquel cas j’anticipe une certaine volatilité à court terme.

 

Il y a aussi la saga du Brexit. À mon avis, l’annonce voulant que l’UE a accordé une prolongation jusqu’en janvier constitue un sursis bienvenu qui devrait donner un bon élan aux actions du Royaume-Uni à très court terme. Même si cela est bon pour les marchés boursiers, cela ne fait que prolonger l’incertitude. Or, l’incertitude à l’égard de la politique économique a toujours freiné les dépenses d’investissement des entreprises, donc je pense que cela va continuer. Malgré cela, attendez-vous à ce que les marchés boursiers, les gilts et la livre sterling demeurent volatils, parce que le premier ministre britannique, Boris Johnson, va tenter de tenir des élections en décembre et que les autres nouvelles entourant le Brexit, tant positives que négatives, vont faire fluctuer les marchés à la hausse et la baisse.

 

En outre, de nombreuses statistiques économiques importantes seront publiées cette semaine. Voici quelques-unes des statistiques que nous allons suivre de près :

  • L’indice des gestionnaires en approvisionnement (PMI) de la Chine. Nous allons suivre de près cet indice qui, je l’espère, donnera des signes de stabilisation de l’économie chinoise par suite de l’adoption des mesures de relance.
  • Les indices de confiance des entreprises et des consommateurs de la zone euro, qui sont des indicateurs clés, vont nous dire si l’économie de la zone euro est en voie de se stabiliser.

 

Les indices PMI et les indices de confiance des entreprises et des consommateurs sont de précieux indicateurs de tendance. De plus, les conseils de la Banque du Japon et de la Banque du Canada vont se réunir cette semaine et faire le point sur l’état de leur économie respective. Je m’attends à ce que les deux banques centrales disent que la situation économique de leur pays respectif s’améliore.

 

Enfin, nous assisterons à un événement historique à la fin de la semaine, à savoir qu’après huit ans à la tête de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi cédera sa place à Christine Lagarde. Je n’entrevois pas de grands changements dans l’immédiat, mais je suis persuadée que Mme Lagarde agira très différemment de M. Draghi à la tête de la BCE et qu’elle parviendra peut-être même à insuffler plus de confiance aux marchés qu’il n’a pu le faire au cours de son mandat (et ce n’est pas peu dire). Tout cela parce que je crois qu’elle va prendre au sérieux les retombées négatives des taux négatifs, ce que M. Draghi semblait vouloir ignorer, y compris lors de sa dernière conférence de presse en tant que président de la BCE. Je crois aussi qu’elle sera disposée à explorer d’autres mécanismes de gestion de la politique monétaire expérimentaux, peut-être même des mécanismes aptes à simuler des mesures de relance budgétaire, plutôt que de se contenter d’implorer les gouvernements d’adopter des mesures de relance budgétaire plus musclées.

 

Je suis confiante que la BCE pourrait être un modèle que les autres banques centrales, comme la Banque du Japon, pourraient suivre, plutôt que de s’enfoncer davantage dans les taux négatifs, ou encore la Fed, plutôt que d’avoir recours aux taux négatifs (phénomène qui inquiète de plus en plus aux États-Unis.). Quoi qu’il en soit, j’anticipe une hausse des cours boursiers européens si le message de Mme Lagarde laisse entendre qu’elle est ouverte à la fois à une politique monétaire accommodante et innovante.

 

Bref, j’anticipe quelques ratés dans les prochaines semaines, car toutes les attentes du marché ne seront probablement pas satisfaites. Cependant, je suis persuadée que les marchés boursiers mondiaux vont poursuivre leur trajectoire à la hausse.

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1 Source : Bloomberg, L.P., au 25 octobre 2019

Renseignements importants
Tous les placements comportent des risques, y compris le risque de perte.
Le goût du risque fait référence à un comportement motivé par un changement de tolérance au risque; les investisseurs se tournent vers des placements plus risqués lorsqu’ils perçoivent le degré de risque comme étant faible.
L’indice MSCI Monde tous pays est un indice non géré que l’on considère représentatif des actions des sociétés à grande et à moyenne capitalisations des marchés développés et émergents.
L’indice S&P 500® est un indice non géré considéré comme étant représentatif du marché boursier américain.
L’indice composé NASDAQ est l’indice pondéré en fonction de la capitalisation boursière d’environ 3 000 actions ordinaires cotées à la bourse Nasdaq.
L’indice des gestionnaires en approvisionnement (PMI) est un indicateur souvent utilisé pour mesurer la santé économique du secteur manufacturier.
Le Brexit fait référence à la sortie prévue du Royaume-Uni de l’Union européenne.
Les gilts du Royaume-Uni sont des obligations émises par le gouvernement britannique.
Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteur au 28 octobre 2019. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.