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Talley Léger | 25 septembre 2020

Les effets saisonniers des élections américaines et la faiblesse des taux d’intérêt soutiennent les actions

Dès la mi-juin, nous avions exprimé nos inquiétudes devant la reprise en forme de v très rapide des actions par rapport à leurs creux de mars, qui créait des conditions de surachat tactique et augmentait la probabilité d’un repli à court terme1. Quelques mois plus tard, au début septembre, l’indice S&P 500 a amorcé ce qui ressemble maintenant à un mouvement de réduction du risque abrupt, centré sur les titres de croissance et de technologie très performants.

Il est vrai que nos indicateurs temporels à court terme, y compris le ratio options de vente/options d’achat†, ont tendance à mieux fonctionner près des creux qu’autour des sommets du marché boursier.2 Par conséquent, la seule chose que nous puissions faire, c’est mettre en garde les investisseurs contre les niveaux extrêmes associés au surachat et leur signaler quelques facteurs négatifs qui pourraient rendre les actions plus vulnérables en ce moment. Un décalage de deux mois et demi est quand même plutôt bon pour nous.

 

Mesurer le risque de baisse

Nous ne prétendons pas savoir avec certitude si le délestage est terminé ou si d’autres baisses sont à prévoir. Toutefois, nous avons mis au point un nouvel indicateur de l’ampleur du marché – le pourcentage de groupes sectoriels de l’indice S&P 500 au-dessus de leurs moyennes mobiles respectives sur 50 jours – qui, selon nous, semble être un outil fiable pour mesurer les extrêmes techniques des actions.

Par exemple, les 24 groupes sectoriels de l’indice S&P 500 ont glissé sous leurs moyennes à court terme à la fin de février3. Une telle ampleur et une situation de survente extrême se sont révélées être des signaux d’achat à contre-courant pour les actions, qui ont atteint leur creux à la fin de mars.

Il est vrai que seulement 46 % des groupes sectoriels ont reculé par rapport à leurs tendances à court terme lors du repli des actions en juin.4 Néanmoins, le niveau actuel de 71 % demeure relativement élevé, ce qui donne à penser que le décrochage n’est pas terminé et que d’autres baisses pourraient survenir.

Qu’est-ce qui a provoqué la récente turbulence? Et surtout, les investisseurs devraient-ils tout vendre et attendre jusqu’après l’élection présidentielle américaine pour réinvestir?

 

Figure 1. Les actions demeurent techniquement surachetées et d’autres baisses pourraient se produire

Source : Bloomberg L.P., Standard & Poor’s et Invesco, 11 septembre 2020. Remarques : 50 DMA = moyenne mobile sur 50 jours. Il n’est pas possible d’investir dans un indice. Les rendements passés ne garantissent pas les résultats futurs.

 

Un changement de tendance ou une occasion d’achat?

Il semble raisonnable de conclure que les conditions de surachat tactique se sont heurtées à un mois reconnu pour sa faiblesse saisonnière. Depuis que l’indice S&P 500 a été créé en 1957, son rendement médian des cours en septembre a été de -0,3 %.5

Toutefois, l’analyse des tendances saisonnières du rendement durant les années d’élection présidentielle aux États-Unis depuis 1957 montre que le mois de septembre semble très différent, avec un rendement médian des cours de 0,9 %.6 Pourquoi?

Peut-être que les mesures de relance budgétaire et les promesses électorales des candidats ravivent les espoirs et les rêves des électeurs, avec des effets positifs sur l’humeur, les dépenses et l’économie. Si c’est le cas, les investisseurs pourraient profiter de la faiblesse actuelle pour étoffer leurs placements en actions.

Naturellement, la politique américaine et les élections sont des sujets populaires en ce moment, mais devraient-ils prendre le dessus sur nos processus de décision en matière de placement? Y a-t-il des forces macroéconomiques qui sont plus importantes pour les rendements boursiers à long terme?

 

Figure 2. Durant une année électorale, les investisseurs devraient envisager d’acheter les titres en baisse

Source : Bloomberg L.P., Standard & Poor’s et Invesco, 11 septembre 2020. Remarques : Rendement des cours. Il n’est pas possible d’investir dans un indice. Les rendements passés ne garantissent pas les résultats futurs.

 

Au-delà de la politique, profitez des faibles taux d’intérêt

Dans son discours de Jackson Hole, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Jerome Powell, a annoncé deux changements importants au cadre de politique monétaire de la Fed qui devraient garder les taux d’intérêt bas pendant encore un bon moment.

Premièrement, la Fed ne resserrera plus sa politique monétaire simplement en raison du faible taux de chômage. Il s’agit d’un désaveu important de la courbe de Phillips, un cadre simple mais imparfait élaboré par William Phillips, selon lequel une baisse du taux de chômage devrait entraîner une accélération de l’inflation. Deuxièmement, la Fed permettra à l’inflation de dépasser sa cible de 2 %7.

À notre avis, ces importants changements à la politique monétaire devraient aider la Fed à éviter les erreurs du passé (p. ex., le cycle de resserrement de 2015-2018) en relevant les taux d’intérêt alors que la cible d’inflation n’était toujours pas atteinte, ce qui avait eu des conséquences désastreuses pour les marchés boursiers en 2018.

La Fed a plutôt renouvelé son engagement à maintenir les taux d’intérêt bas encore longtemps afin de protéger la reprise économique naissante, tout en laissant le dollar américain s’affaiblir, les perspectives inflationnistes augmenter et le marché haussier progresser.

Nous reconnaissons que les décideurs exercent sciemment certaines pressions réflationnistes à court terme et nous estimons qu’un peu d’inflation est une bonne chose, en réduisant notamment les risques de déflation.

Cela dit, les pressions désinflationnistes à long terme sont toujours présentes : taux d’intérêt qui pourraient continuer d’être contenus par la Fed, surabondance mondiale de l’épargne, vieillissement de la population, innovations technologiques qui améliorent la productivité et « Amazonification », soit la possibilité pour les consommateurs d’obtenir des prix plus bas de détaillants en ligne comme Amazon.

En fin de compte, la faiblesse prolongée des taux d’intérêt constitue le point de départ de la thèse de la « reprise » à laquelle nous adhérons, et qui inclut une courbe des taux légèrement positive*, une dépréciation du dollar américain, un raffermissement des prix des produits de base, une performance supérieure des obligations de sociétés par rapport aux obligations d’État et une performance supérieure des marchés boursiers par rapport aux obligations gouvernementales.

 

Figure 3. Une baisse des taux obligataires (lire : taux d’actualisation) est habituellement suivie d’une hausse des cours boursiers

Source : Bloomberg L.P., FRED et Invesco, 11 septembre 2020. Remarques : La variation en % sur 12 mois des taux des obligations d’État américaines a été inversée et avancée de deux ans. Un taux d’actualisation plus faible à l’heure actuelle laisse entrevoir une hausse des flux de trésorerie des sociétés. Il n’est pas possible d’investir dans un indice. Les rendements passés ne garantissent pas les résultats futurs.

 

 

 

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Notes de bas de page

1 Source : https://www.blog.invesco.us.com/near-term-pullback-long-term-uptrend/

2 Source : Invesco, Looking for signs of a bottom in stocks, 1er avril 2020.

3 Source : Bloomberg et Invesco, 27 février 2020.

4 Source : Bloomberg et Invesco, 26 juin 2020.

5 Source : Bloomberg et Invesco, 11 septembre 2020.

6 Source : Bloomberg et Invesco, 11 septembre 2020.

7 Source : https://www.federalreserve.gov/newsevents/speech/powell20200827a.htm

† Le ratio options de vente/options d’achat est une mesure largement utilisée par les investisseurs pour évaluer l’humeur générale d’un marché. Une option de vente est un droit de vendre un actif à un prix prédéterminé. Une option d’achat est un droit d’acheter un actif à un prix prédéterminé.

‡ La déflation est une baisse généralisée des prix des biens et des services, habituellement associée à une contraction de la masse monétaire et du crédit dans l’économie.

* La courbe normale des taux est une courbe dans laquelle les titres de créance à court terme offrent un rendement inférieur à celui des titres de créance à long terme de même qualité. Cela donne à la courbe des taux une pente ascendante. Il s’agit de la forme de la courbe des taux la plus souvent observée, qu’on appelle parfois la « courbe des taux positive ».

Renseignements importants

Image de l’en-tête du blogue : Getty Images

Tout placement comporte un risque, y compris un risque de perte.

Le présent document est fourni à des fins générales et éducatives seulement.

Ce document fait référence au marché américain et son contenu peut ne pas s’appliquer au Canada. Toutes les données sont fournies par Invesco et sont exprimées en dollars américains, sauf indication contraire.

Pour déterminer s’il y a lieu d’utiliser des options et, le cas échéant, à quel moment et comment le faire, il faut recourir à diverses compétences et à son jugement; de plus, une opération sur option, même si elle est bien conçue, peut s’avérer infructueuse en raison de l’évolution du marché ou d’événements imprévus. Le prix des options peut être fortement volatil, et le recours aux options peut procurer des rendements totaux inférieurs.

De façon générale, la valeur des actions fluctue, parfois de façon considérable, à la suite d’activités propres à la société concernée ou en fonction des conditions du marché ou de l’économie ou de la situation politique.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de Talley Léger en date du 16 septembre 2020. Les commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration de thèmes généraux. Ces opinions peuvent différer de celles des autres spécialistes des placements d’Invesco. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas les résultats futurs. Ils comprennent des risques, des incertitudes et des hypothèses. Il n’est pas garanti que les résultats réels ne seront pas considérablement différents des attentes. Le présent document ne constitue pas une recommandation d’une stratégie ou d’un produit de placement destinés à un investisseur en particulier.