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Perspectives, commentaire et expertise de placement

Talley Léger | 4 novembre 2020

Les investisseurs devraient-ils consacrer plus de temps à l’examen des risques de hausse?

Depuis les jours sombres de mars et d’avril, je suis demeuré constamment à l’affût de meilleures conditions à venir et je ne déroge toujours pas à cette règle. En dépit des turbulences à court terme, je continue de privilégier le positionnement du portefeuille en fonction de résultats à long terme positifs, en mettant l’accent sur la thèse de la « reprise » et en adoptant une approche cyclique. Heureusement, les principaux indicateurs de la croissance mondiale ont confirmé ces perspectives favorables.

Chaque mois, l’indice mondial des directeurs d’achat du secteur manufacturier compilé par JPMorgan prend le premier pouls de la conjoncture économique et de l’humeur des dirigeants dans le secteur manufacturier à l’échelle mondiale. Cet indice a non seulement profité d’une reprise en forme de V, mais il a atteint un degré d’optimisme plus élevé que celui observé juste avant le Grand Confinement (figure 1).

De même, la Corée du Sud est le premier grand pays exportateur à publier des données commerciales mensuelles, ce qui donne une idée précoce de l’état du commerce international. L’augmentation de la demande de puces, d’ordinateurs et de voitures à l’échelle de la planète soutient les expéditions de cette économie industrialisée à la fine pointe de la technologie et sensible à la croissance mondiale. En effet, les exportations sud-coréennes augmentent plus rapidement maintenant qu’avant la pandémie (figure 1).

Figure 1. Les principaux indicateurs de la croissance mondiale ont validé la thèse de la « reprise »

Global manufacturing activity (left axis) and South Korean export growth (right-axis) since 1998Activité manufacturière mondiale (axe de gauche) et croissance des exportations sud-coréennes (axe de droite) depuis 1998
Diffusion index (percent)Indice de diffusion (%)
70%70 %
65%65 %
60%60 %
55%55 %
50%50 %
45%45 %
40%40 %
35%35 %
30%30 %
ContractionContraction
ExpansionExpansion
50%50 %
40%40 %
30%30 %
20%20 %
10%10 %
0%0 %
-10%-10 %
-20%-20 %
-30%-30 %
-40%-40 %
-50%-50 %
Year-over-year % changeVariation sur 12 mois (%)
JPMorgan global manufacturing PMI (left-axis)Indice mondial des directeurs d’achat du secteur manufacturier de JPMorgan (axe de gauche)
South Korean exports (right-axis)Exportations sud-coréennes (axe de droite)

Sources : Bloomberg L.P. et Invesco, 28/10/2020. Remarque : Les indices de diffusion possèdent les propriétés des indicateurs avancés et sont des mesures synthétiques pratiques qui montrent l’orientation et la portée des changements en cours. Les zones grisées indiquent des contractions du secteur manufacturier mondial.

En Amérique du Nord, les ventes au détail aux États-Unis ont rebondi à un rythme record de près de 10 % depuis la grande récession et la crise financière mondiale de 2008-2009. De toute évidence, la diminution du soutien gouvernemental, les retards dans les paiements liés aux mesures de relance et le nombre de nouvelles demandes de prestations d’assurance-chômage par semaine, qui se trouve toujours au-dessus de 700 000, n’ont pas empêché les consommateurs américains de dépenser.

Risques de baisse

Mon point de vue a-t-il changé en raison du récent climat d’aversion pour le risque sur les marchés? Non. Mais les gardiens du capital responsables doivent tenir compte des risques de baisse. Je suis d’avis que seul un événement dévastateur pourrait faire dérailler la progression cyclique.

Il est vrai que la hausse des nouveaux cas de COVID-19 a pesé sur les actifs risqués, y compris l’ensemble du marché boursier. En réaction à l’augmentation des taux d’infection, l’Allemagne, la France et le Canada ont remis en place les mesures de confinement et les restrictions sociales pour freiner la propagation du coronavirus.

Malgré les inquiétudes liées aux virus, toutefois, les secteurs de l’indice S&P 500 qui avaient profité du premier confinement (c.-à-d. les actions des segments de la biotechnologie, des hypermarchés et des parcs commerciaux, du divertissement interactif à domicile, de la vente par Internet et par marketing direct ainsi que des services et infrastructures Internet) ont enregistré un rendement inférieur depuis le début de juillet à ceux qui pourraient profiter de la réouverture (p. ex., les actions des segments des compagnies aériennes, des casinos et des jeux, des hôtels, des centres de villégiature et des croisiéristes ainsi que des restaurants). Autrement dit, la diminution de la zone bleu foncé indique que les titres profitant de la « réouverture » ont surpassé ceux qui tirent parti de la « fermeture » (figure 2).

Ces indicateurs avancés de l’activité économique potentielle laissent peut-être entrevoir un nouveau sommet dans le nombre de cas, comme ce fut le cas en juin et en juillet ainsi qu’en février et en mars. Si c’est le cas, je préfère me fier à ces tendances du marché boursier et m’en tenir à la thèse de « reprise » générale.

Figure 2. Malgré les inquiétudes liées au virus, les actions américaines qui bénéficient de la réouverture ont surpassé celles qui profitent de la fermeture depuis le début de juillet

US shutdown relative to reopening trade (pushed forward, left-axis) and coronavirus cases (right-axis) since 2020Actions qui bénéficient de la fermeture par rapport à celles qui profitent de la réouverture aux États-Unis (poussées en avant, axe de gauche) et cas de coronavirus (axe de droite) depuis 2020
Ratio, advanced 15 daysRatio, avance de 15 jours
2.42,4
2.12,1
1.81,8
1.51,5
1.21,2
0.90,9
Shutdown beneficiaries outperformRendement supérieur des titres profitant de la fermeture
Reopening beneficiaries outperformRendement supérieur des titres profitant de la réouverture
80,00080 000
70,00070 000
60,00060 000
50,00050 000
40,00040 000
30,00030 000
20,00020 000
10,00010 000
00
1-day change, 5-day moving averageVariation sur un jour, moyenne mobile sur cinq jours
28-Jan-2028 janv. 2020
28-Mar-2028 mars 2020
27-May-2027 mai 2020
26-Jul-2026 juill. 2020
24-Sep-2024 sept. 2020
23-Nov-2023 nov. 2020
5&P 500 Shutdown/Reopening Industries (Left-Axis)Fermeture/réouverture des secteurs de l’indice S&P 500 (axe de gauche)
Coronavirus (2019-nCoV) US Confirmed Cases (Right-Axis)Cas confirmés de coronavirus aux États-Unis (nCoV-2019) (axe de droite)

Sources : Bloomberg L.P. et Invesco, 28/10/2020. Remarques : Les actions qui tirent parti de la fermeture sont fondées sur un panier équipondéré de composantes officielles des sous-secteurs de la biotechnologie, des hypermarchés et des parcs commerciaux, du divertissement interactif à domicile, de la vente par Internet et par marketing direct ainsi que des services et infrastructures Internet de l’indice S&P 500. Les actions qui bénéficient de la réouverture sont fondées sur un panier équipondéré de composantes officielles des sous-secteurs des compagnies aériennes, des casinos et des jeux, des hôtels, des centres de villégiature et des croisiéristes ainsi que des restaurants de l’indice S&P 500. Il est impossible d’investir dans un indice. Les rendements passés ne garantissent pas les résultats futurs.

Risques de hausse

Est-il possible que les investisseurs passent trop de temps à s’inquiéter des risques de baisse et pas assez de temps à tenir compte des risques de hausse? Pour cet exercice, examinons quelques scénarios hypothétiques :

  • Que se passera-t-il si des traitements ou vaccins potentiels contre le virus se concrétisent et modifient de façon significative les tendances relatives au nombre de cas? Selon CNBC, la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a déjà approuvé le remdésivir de Gilead Science comme premier traitement contre la COVID-191.
  • Certes, Washington se trouve dans une impasse en ce qui a trait à la prochaine série de mesures de relance budgétaire, mais je considère qu’il s’agit pour l’instant d’une difficulté qui s’effrite plutôt que d’un vent de face prenant de la vigueur. Que se passera-t-il si une « vague bleue » se matérialise le jour de l’élection, mais qu’elle donne lieu à une autre série d’importantes mesures de relance budgétaire plutôt qu’à des hausses d’impôt? Rappelons que M. Obama avait prolongé les réductions d’impôt de l’ère Bush à quelques reprises au stade de la reprise de ce cycle économique.
  • Que se passerait-il si la volatilité diminuait et que les actions progressaient à la suite de l’élection, stimulées par les tendances saisonnières de fin d’année (voir l’effet « janvier ») et les facteurs favorables en lien avec l’année électorale? Malgré toutes les craintes relatives à l’instabilité persistante entourant l’élection, l’histoire montre que l’indice de volatilité (VIX) du Chicago Board Options Exchange (CBOE) a le plus chuté en novembre (au cours de toutes les années civiles depuis 1986) et encore plus au cours des années d’élection présidentielle aux États-Unis (figure 3).

Figure 3. Historiquement, la volatilité a chuté le plus en novembre durant les années d’élection présidentielle aux États-Unis

Seasonal US stock market volatility in all years (dark blue) and presidential election years (light blue) since 1986Volatilité saisonnière du marché boursier américain pour toutes les années (bleu foncé) et les années d’élection présidentielle (bleu pâle) depuis 1986
Month-over-month % changeVariation mensuelle en %
25%25 %
20%20 %
15%15 %
10%10 %
5%5 %
0%0 %
-5%-5 %
-10%-10 %
-15%-15 %
-20%-20 %
Seasonal increaseHausse saisonnière
1.51,5
1.21,2
1.21,2
2.02,0
2.42,4
4.14,1
19.619,6
Seasonal decreaseBaisse saisonnière
-7.2-7,2
-16.7-16,7
-6.8-6,8
-9.8-9,8
-3.4-3,4
-3.3-3,3
-3.1-3,1
-2.1-2,1
-4.5-4,5
-1.5-1,5
-4.7-4,7
-1.4-1,4
-5.6-5,6
-1.3-1,3
-0.7-0,7
0.00,0
-7.0-7,0
NovNov.
MayMai
MarMars
AprAvr.
JanJanv.
FebFévr.
JunJuin
SepSept.
DecDéc.
AugAoût
JulJuill.
OctOct.
CBOE Volatility Index % Changes (1986-2019): MedianVariations en % de l’indice de volatilité du CBOE (de 1986 à 2019) : médiane
(US Presidential Election Years Since 1986): Median(Années d’élection présidentielle aux États-Unis depuis 1986) : médiane

Sources : Bloomberg L.P. et Invesco, 28/10/2020. Il est impossible d’investir dans un indice. Les rendements passés ne garantissent pas les résultats futurs.

Par conséquent, je suis porté à croire que les bouleversements survenus récemment sont temporaires et sont attribuables à une atténuation du risque, et qu’il ne s’agit pas d’un changement de tendance dangereux. Je continue de considérer ces replis à court terme comme des occasions d’achat d’actions. En fait, cet indicateur technique donne à penser que l’ampleur des secteurs de l’indice S&P 500 ou la participation de ces derniers a essentiellement touché des niveaux nuls (figure 4), ce qui pourrait entraîner une remontée intéressante.

Figure 4. L’ampleur du marché boursier américain est tombée à des niveaux nuls, et une remontée est susceptible de se produire

US Stocks (top panel) and breadth of industries (bottom panel) since 2008Actions américaines (partie supérieure) et ampleur du marché (partie inférieure) depuis 2008
IndexIndice
3,6003 600
3,0003 000
2,4002 400
1,8001 800
1,2001 200
600600
PercentagePourcentage
100%100 %
75%75 %
50%50 %
25%25 %
0%0 %
S&P 500Indice S&P 500
% of industry groups > 50 DMA% des groupes sectoriels, MM sur 50 jours.
Breadth or participation is hitting a floor.L’ampleur (ou la participation) touche un plancher.

Sources : Bloomberg L.P. et Invesco, 28/10/2020. Remarques : Rendement des cours. MM sur 50 jours = moyenne mobile sur 50 jours. Les ellipses magenta mettent en lumière des cas où, par le passé, l’ampleur et la participation extrêmement faibles de secteurs ont coïncidé avec d’importants creux du marché boursier américain. Il est impossible d’investir dans un indice. Les rendements passés ne garantissent pas les résultats futurs.

S’en tenir à la croissance cyclique

Dans les secteurs sensibles à l’économie du marché boursier, le véritable débat reste axé sur les secteurs cycliques de « croissance » (p. ex., les technologies de l’information et la consommation discrétionnaire) par rapport aux secteurs cycliques de « valeur fondamentale » (p. ex., la finance et l’énergie).

Je surveille la courbe des taux ou l’écart entre le taux des obligations d’État à 10 ans et celui des obligations d’États à 2 ans afin de déceler des signes de rotation soutenue vers les titres cycliques axés sur la valeur fondamentale. Il est vrai que la courbe des taux s’est quelque peu accentuée récemment, mais elle n’a pas réussi à passer le cap de 0,7 % jusqu’à présent dans le cadre de la reprise économique2.

De mon point de vue, il semble que les actions des secteurs de la finance et des technologies reflètent le manque de conviction des investisseurs quant au fait que l’économie soit sur le point de renouer rapidement avec une croissance durable. D’ici là, je maintiens mon engagement à l’égard de la croissance cyclique. (Non, le bas du graphique n’est pas synonyme de soutien technique.)

Figure 5. Les technologies ont été à la base du récent délestage, mais je ne crois pas que l’économie soit sur le point de renouer rapidement avec une croissance durable

US financial relative to technology stocks (left-axis) and value relative to growth stocks (right-axis) since 2010Le secteur de la finance par rapport au secteur des technologies aux États-Unis (axe de gauche) et les titres de valeur par rapport aux titres de croissance (axe de droite) depuis 2010
RatioRatio
0.600,60
0.550,55
0.500,50
0.450,45
0.400,40
0.350,35
0.300,30
0.250,25
0.200,20
0.150,15
Financials and value outperformRendement supérieur de la finance et des titres de valeur
Tech and growth outperformRendement supérieur des technologies et des titres de croissance
RatioRatio
1.001,00
0.950,95
0.900,90
0.850,85
0.800,80
0.750,75
0.700,70
0.650,65
0.600,60
0.550,55
0.500,50
0.450,45
SSP 500 Financials / Information Technology (Left-Axis)Secteurs de la finance et des technologies de l’information de l’indice S&P 500 (axe de gauche)
SSP 500 Value / Growth (Right-Axis)Titres de valeur et de croissance de l’indice S&P 500 (axe de droite)

Sources : Bloomberg L.P. et Invesco, 28/10/2020. Remarques : Les secteurs de la finance et des technologies de l’information sont des sous-composantes de l’indice S&P 500. Les indices de valeur et de croissance sont des sous-composantes de l’indice S&P 500. Il n’est pas possible d’investir dans un indice. Les rendements passés ne garantissent pas les résultats futurs.

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Notes de bas de page

1 Source : CNBC, au 22 octobre 2020.

2 Source : FRED, au 28 octobre 2020.

Définitions

L’indice CBOE VIX, ou indicateur de la « peur » des investisseurs, est un indice en temps réel qui mesure les prévisions de volatilité des marchés boursiers américains au cours des 30 prochains jours.

L’indice S&P 500 est une mesure pondérée en fonction de la capitalisation boursière de 500 actions qui représentent les sociétés de premier plan dans les principaux secteurs d’activité de l’économie américaine.

L’indice de la finance S&P 500 est une mesure pondérée en fonction de la capitalisation boursière des actions à grande capitalisation du secteur de la finance aux États-Unis. Il s’agit d’une sous-composante de l’indice S&P 500 dans son ensemble.

L’indice des technologies de l’information S&P 500 est une mesure pondérée en fonction de la capitalisation boursière des actions à grande capitalisation du secteur des technologies de l’économie aux États-Unis. Il s’agit d’une sous-composante de l’indice S&P 500 dans son ensemble.

L’indice de valeur S&P 500 mesure le rendement des actions de valeur de sociétés américaines à grande capitalisation qui affichent les ratios cours/valeur comptable les plus faibles de l’indice S&P 500.

L’indice de croissance S&P 500 mesure le rendement des actions de croissance de sociétés américaines à grande capitalisation dont les prévisions de croissance des bénéfices sont les plus élevées de l’indice S&P 500.

Renseignements importants

Image de l’en-tête du blogue : Lucas Ottone / Stocksy

Tout placement comporte un risque, y compris un risque de perte.

De façon générale, la valeur des actions fluctue, parfois de façon considérable, à la suite d’activités propres à la société concernée ou en fonction des conditions du marché ou de l’économie ou de la situation politique.

Les opinions mentionnées ci-dessus sont celles de l’auteur en date du 2 novembre 2020. Les commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration de thèmes généraux. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas les résultats futurs. Ils comprennent des risques, des incertitudes et des hypothèses. Il n’est pas garanti que les résultats réels ne seront pas considérablement différents des attentes. Le présent document ne constitue pas une recommandation d’une stratégie ou d’un produit de placement destinés à un investisseur en particulier. Les opinions exprimées dans ce document sont celles de l’auteur; elles sont fondées sur les conditions de marché actuelles et peuvent changer sans préavis. Ces opinions peuvent différer de celles des autres spécialistes des placements d’Invesco.