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Kristina Hooper | 17 novembre 2020

Les marchés ont plus de certitude à l’égard de certains grands enjeux

Le philosophe britannique Bertrand Russell a dit un jour : « Ce que les hommes veulent en fait, ce n’est pas la connaissance, c’est la certitude ». J’ai beaucoup réfléchi à cette citation ces dernières semaines et j’en suis arrivée à la conclusion qu’en ces temps incertains, la certitude est peut être plus utile que la connaissance pour nous permettre d’avancer.

Les marchés ont autant besoin de certitude que les humains et la bonne nouvelle est que nous avons beaucoup plus de certitude à l’égard d’un certain nombre d’enjeux qu’il y a quelques semaines :

  1. Il y a eu des progrès significatifs dans l’élaboration d’un vaccin qui pourrait être distribué l’an prochain. Pfizer a annoncé la semaine dernière avoir développé un vaccin qui donne de très bons résultats à ce stade-ci des essais cliniques et a indiqué qu’il est efficace à 90 %. De plus, aujourd’hui (le 16 novembre), Moderna a annoncé que, selon les premiers résultats de son étude en cours, son vaccin contre le coronavirus est efficace à 94,5 %. Bien qu’il reste de nombreuses étapes à franchir avant la distribution à grande échelle, ces annonces changent véritablement la donne et représenteraient la certitude la plus importante de toutes. Je m’attends à ce qu’un vaccin soit distribué à grande échelle à un moment donné l’an prochain, ce qui devrait amorcer le retour à la normale auquel tout le monde aspire depuis le début de 2020.
  2. Il y a un vainqueur aux élections présidentielles américaines. La plus grande crainte des investisseurs en novembre était sans doute que l’issue des élections soit contestée et que cela plonge les États-Unis dans le chaos. Bien que des poursuites aient été intentées dans certains États pour contester la validité de certains votes, je pense qu’il est extrêmement improbable qu’elles changent le résultat des élections. Cela élimine énormément d’incertitude.
  3. Un Brexit de type « sortie pure et simple » semble de plus en plus improbable. Des progrès significatifs ont été accomplis récemment dans les négociations et les prochaines rondes de négociations seront probablement facilitées par les pressions exercées par la nouvelle Administration Biden et la démission inattendue de Dominic Cummings. Il était le Brexiteur le plus vociférant et son départ permet au premier ministre britannique, Boris Johnson, qui n’est pas un idéologue, de se montrer moins intransigeant dans les négociations. Les ambassadeurs de l’UE doivent se réunir le 18 novembre et je suis confiante qu’un accord pourra être conclu à ce moment-là.
  4. Les probabilités de hausses d’impôts aux États-Unis l’an prochain sont très faibles. De nombreuses entreprises craignaient que leur situation fiscale ne devienne moins favorable sous une Administration Biden. Après tout, pendant la campagne électorale, Joe Biden n’a pas caché son intention d’augmenter les impôts de certaines catégories de contribuables : impôts des sociétés, impôts sur le revenu des ménages gagnant 400 000 $ ou plus et impôts sur les gains en capital des ménages gagnant plus de un million de dollars, afin de financer ses ambitieux plans de dépenses. Or, il semble très peu probable qu’il puisse atteindre cet objectif, étant donné que le Sénat est le plus susceptible de demeurer à majorité républicain et aurait donc suffisamment de voix pour bloquer toute hausse d’impôts proposée. C’est une bonne nouvelle pour les investisseurs, à mon avis, car je crois que la deuxième plus grande crainte des investisseurs en novembre (après une élection contestée) était qu’il y aurait une « vague bleue » qui entraînerait des hausses d’impôts.
  5. Je m’attends à ce que la politique étrangère américaine, y compris la politique commerciale, revienne à une approche plus traditionnelle l’an prochain. Le président désigné, Joe Biden, a déclaré son intention que les États-Unis réintègrent l’Accord de Paris sur le climat et l’Organisation mondiale de la santé. Plus important encore, je m’attends à des changements majeurs en matière de politique commerciale. M. Biden n’est pas fervent des tarifs douaniers et je pense que sa façon de gérer les différends commerciaux sera plus chirurgicale, en ce sens qu’elle ciblera des enjeux commerciaux spécifiques et qu’il sera disposé à négocier avec la Chine, plutôt que d’imposer des tarifs douaniers sur l’ensemble des produits. Cela devrait engendrer une plus grande prévisibilité.

L’incertitude obscurcit encore certains enjeux

Cela ne veut pas dire que toute incertitude a été éliminée. L’augmentation rapide du nombre de cas d’infection à la COVID-19 dans la zone euro, aux États-Unis et dans certains pays des marchés émergents constitue une grande source d’incertitude. La zone euro semble être parvenue à aplatir la courbe ces derniers jours, mais il est trop tôt pour affirmer que ça va durer. On ignore encore si les États-Unis seront en mesure de contrôler cette vague du virus, mais tout semble indiquer que la situation va s’aggraver considérablement avant de s’améliorer et on ne sait pas comment les dirigeants gouvernementaux et la population vont réagir. Comme l’a expliqué le président du conseil de la Réserve fédérale, Jay Powell, la semaine dernière : « le nombre de nouveaux cas atteint des sommets records, certains États recommencent à réimposer des restrictions sur les activités et les gens pourraient commencer à se demander s’il est sûr de sortir ».1 Or, ces inquiétudes devraient être en partie apaisées par le fait qu’il y a une lumière au bout du tunnel : le vaccin.

Les mesures de relance budgétaire aux États-Unis sont une autre source d’incertitude. Même si le président Donald Trump a demandé l’adoption d’un gigantesque plan de relance budgétaire en fin de semaine, il est peu probable que cela se produise avant la fin de l’année, d’autant plus que la Maison-Blanche s’est à toutes fins pratiques retirée des négociations et que le secrétaire du Trésor, Steven Mnuchin, a joué un rôle clé dans l’adoption de plusieurs plans de relance. À mon avis, il est fort probable que le président désigné, Joe Biden, puisse conclure un plan de relance budgétaire s’il parvient à rallier plusieurs républicains modérés, mais je pense que ce plan se chiffrerait à seulement 1,5 mille milliards de dollars (comparativement à la loi CARES, adoptée plus tôt cette année, qui s’établissait à 2,2 mille milliards de dollars).

Quoi qu’il en soit, dans l’ensemble, nous savons avec beaucoup plus de certitude et de clarté de quoi l’avenir sera fait. Qu’est-ce que cette certitude accrue signifie pour l’économie? Elle signifie une plus grande confiance des entreprises et des consommateurs. Cela peut aussi signifier des dépenses en immobilisations plus élevées des entreprises, étant donné que l’avenir est plus prévisible. Cela donne de l’espoir, même si le nombre de cas de COVID-19 augmente.

Enfin, qu’est-ce que cette certitude accrue signifie pour les marchés? Cela aussi donne de l’espoir, même si le nombre de cas de COVID-19 augmente. Cela signifie que les actions pourraient bientôt commencer à escompter cet avenir plus prévisible. Bref, je crois que cela signifie beaucoup.

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Notes de bas de page

1 Source : Reuters, « U.S. data suggests economic recovery may be weakening », 12 novembre 2020

Renseignements importants

Image d’en-tête du blogue : CMB / Getty

Tous les placements comportent des risques, y compris le risque de perte.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteure au 16 novembre 2020. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.