Blogue Invesco Canada

Perspectives, commentaire et expertise de placement

Kristina Hooper | 3 mars 2020

Les marchés traversent une mauvaise passe, mais qu’en est-il des économies mondiales?

Nous avons assisté à une correction boursière soudaine et marquée en réaction aux nouvelles entourant l’épidémie de COVID-19. Cette réaction me semble exagérée, mais je ne serais pas étonnée si ce repli se poursuivait, compte tenu du degré élevé d’incertitude qui plane toujours sur certains enjeux clés : facilité de transmission, durée pendant laquelle une personne peut être infectée et contagieuse sans montrer de symptômes, taux de mortalité et délai avant que le taux d’infection ne se stabilise à l’échelle mondiale.

 

Les statistiques économiques chinoises ont-elles atteint un plancher?
 
La situation en Chine en ce qui concerne la contagion semble déjà s’améliorer, car les nouveaux cas d’infection se déclarent surtout en dehors de la Chine. Cela étant dit, les statistiques économiques sont peu reluisantes, en particulier les indices des gestionnaires en approvisionnement (PMI) de février qui ont été rendus publics la fin de semaine dernière. L’indice PMI manufacturier officiel de la Chine a chuté à 35,7 points, par rapport à 50,0 points en janvier, tandis que l’indice PMI du secteur tertiaire est passé de 54,1 points en janvier à 29,6 points en février.1 Cependant, c’était prévisible compte tenu des mesures extrêmes adoptées par le gouvernement chinois pour interdire les voyages et le commerce afin d’endiguer la vague d’infection.
 
Je pense que les statistiques de février vont marquer un seuil plancher et que celles de mars vont pointer vers une amélioration de la situation. Si tel est le cas, cela signifie que le gros de l’impact sur la croissance économique chinoise se fera sentir au premier trimestre de 2020. En Chine, nous nous attendons à une reprise économique en V, caractérisée par une remontée soudaine après le repli du premier trimestre.

 

Le chemin vers la reprise économique variera d’un pays à un autre
 
Cependant, dans beaucoup d’autres pays, le nombre de cas d’infections augmente rapidement. Malgré les diverses mesures déployées pour ralentir la propagation du COVID-19, en règle générale, elles seront probablement moins efficaces que celles prises par le gouvernement chinois.
 
Pour la plupart des grandes puissances économiques, tout dépendant comment le virus va se développer, nous entrevoyons le risque d’un impact négatif significatif sur la croissance jusqu’à la fin du deuxième trimestre de 2020 et peut-être pendant un peu plus longtemps. Nous croyons que certains pays connaîtront une reprise en V, tandis que d’autres connaîtront une reprise en U, ce qui signifie que la remontée sera un peu plus longue pour ces derniers. La vitesse de la reprise économique dépendra de pendant combien de temps la propagation se poursuivra sans stabilisation ainsi que de la réaction politique de chaque pays.
 
À ce stade-ci, voici ce à quoi nous nous attendons quant aux répercussions et à la réaction politique de divers pays :
 

  • Nous croyons que les États-Unis sont plus susceptibles de connaître une reprise en V, compte tenu de la conjoncture économique favorable.
  • À l’heure actuelle, nous ne prévoyons pas que le coronavirus aura de graves retombées sur l’économie mondiale au-delà de 2020. Bien que nous ne connaissions pas la durée de cette vague de contagion, nous croyons qu’elle sera de relativement courte durée.
  • En ce qui a trait aux bénéfices, nous nous attendons évidemment d’abord à une remontée sur le marché boursier chinois. La remontée des bénéfices des autres principaux marchés boursiers devrait prendre plus de temps, tout dépendant d’où ils se situent dans le cycle de contagion.
  • La Chine a maintenu des mesures de relance monétaire et budgétaire musclées pour soutenir l’économie et nous nous attendons à ce que la plupart des autres grandes puissances économiques en fassent autant.
  • Cependant, les pays industrialisés vont probablement se concentrer sur leur politique monétaire, plutôt que sur des mesures de relance budgétaire. Vendredi, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Jay Powell, a émis un communiqué rassurant qui disait ceci : « Les caractéristiques fondamentales de l’économie américaine demeurent excellentes. Cependant, le coronavirus présente des risques grandissants pour l’activité économique. La Fed surveille de près l’évolution de la situation et ses répercussions sur les perspectives économiques. » Cela indique que la Fed est prête à intervenir et à adopter des mesures d’assouplissement monétaire au besoin.
  • Il y a un risque spécifique, à savoir qu’une augmentation du nombre de cas d’infection pourrait inciter la population à s’isoler davantage, entraînant des problèmes de flux de trésorerie pour certaines entreprises et un accroissement des écarts de taux. Les autorités monétaires devront peut-être procéder à une injection de liquidités d’urgence.

 

Retombées sur les catégories d’actifs
 
Sur le plan tactique, nous croyons que les investisseurs devraient continuer de privilégier les actifs à risque, surtout les actions, tout en s’assurant d’une bonne diversification.
 
Nous estimons que nous sommes encore en présence d’un marché haussier prolongé qui favorise les actions par rapport aux obligations et les titres de créance, plutôt que les bons du Trésor. Néanmoins, les investisseurs devraient se préparer à ce que la volatilité des marchés persiste dans un avenir rapproché et à ce que les actions et des titres de créance se replient en raison des pressions accrues. La bonne nouvelle est que le taux des bons du Trésor américain à 10 ans et le ratio cuivre-or semblent déjà escompter le pire des scénarios ou presque.
 
Sur les marchés boursiers, nous préférons les actions chinoises et les actions mondiales émises par des sociétés dont une grosse partie des revenus provient de la Chine, car nous croyons que les bénéfices vont probablement remonter d’abord en Chine en raison de la trajectoire de la maladie. Il se peut que les actions américaines se comportent bien, car nous prévoyons que la Fed fera le nécessaire pour soutenir l’économie. Même si nous n’anticipons pas un creux, nous croyons que les investisseurs devraient se tenir prêts à profiter des occasions de placement au fur et à mesure qu’elles vont se présenter.
 
Sur les marchés des titres à revenu fixe, nous privilégions toujours les titres de créance par rapport aux titres d’emprunt souverains, étant donné que les taux chutent.
 
Nous continuons d’encourager une exposition adéquate aux placements alternatifs, y compris l’immobilier.

 

 

 

Autres blogues de Kristina Hooper

Une étude de cas pour réduire le chômage : La Work Projects Administration
27 mai 2020

Les tensions entre les États-Unis et la Chine pourraient être le plus gros risque pour le marché boursier américain cette année
20 mai 2020

Impact de la COVID-19 : Ce qu’en pensent nos gestionnaires de portefeuille
15 mai 2020

Les marchés mondiaux: À surveiller en mai
5 mai 2020

Alors que les États-Unis adoptent davantage de mesures de relance, des désaccords planent sur la suite des événements
28 avril 2020

Suivi de la reprise de la Chine et de la période désastreuse de déclaration des bénéfices aux États-Unis
21 avril 2020

À l’aube de la période de déclaration des bénéfices, les gestionnaires de portefeuille cherchent de bonnes occasions de placement à long terme
20 avril 2020

Commerce, mesures de relance et politique : Ce qui importe aux marchés cette semaine
14 avril 2020

Où les gestionnaires de portefeuille trouvent-ils des occasions de placement dans la conjoncture actuelle?
7 avril 2020

À quoi doit-on s’attendre du côté des actions et des obligations?
31 mars 2020

Impact et réaction au coronavirus: Point de vue mondial
24 mars 2020

La flambée de volatilité des marchés pourrait-elle signaler la fin du cycle du marché actuel?
11 mars 2020

Les marchés traversent une mauvaise passe, mais qu’en est-il des économies mondiales?
3 mars 2020

Des statistiques récentes révèlent l’impact économique du coronavirus
25 février 2020

Les retombées du coronavirus commencent à se faire sentir sur les marchés
18 février 2020

Trois éléments à retenir du rapport sur la politique monétaire de la Fed
11 février 2020

Trois enjeux qui pourraient perturber les marchés mondiaux
4 février 2020

Évaluation des conséquences du coronavirus de Wuhan sur les marchés
28 janvier 2020

L’accord commercial sino-américain comporte un paradoxe pour les marchés
22 janvier 2020

Quelles pourraient-être les retombées du conflit entre les États-Unis et l’Iran pour les investisseurs?
16 janvier 2020

S'abonner au blogue

Abonnez-vous pour être informé sur la publication de : *


Voulez-vous vous abonner an anglais?

Abonnez-vous pour recevoir des courriels d’Invesco Canada Ltée au sujet de ce blogue. Pour vous désabonner, veuillez nous envoyer un courriel à blog@invesco.ca ou communiquez avec nous.

1 Source : South China Morning Post, « Coronavirus: China’s factory activity plunges to all-time low, worse than global financial crisis, February data show », 29 février 2020

Renseignements importants

Image d’en-tête du blogue : Pop Zebra/ Unsplash

Tous les placements comportent des risques, y compris le risque de perte.

La diversification ne garantit pas un profit et n’élimine pas le risque de perte.

Les titres à revenu fixe sont exposés au risque de crédit de l’émetteur et aux retombées des fluctuations de taux d’intérêt. De manière générale, les cours des obligations baissent lorsque les taux d’intérêt augmentent, et vice versa; c’est ce que l’on appelle le risque de taux d’intérêt. Un émetteur peut être incapable de rembourser les intérêts ou le capital de ses emprunts, ou les deux, ce qui fait chuter la valeur de ses titres de créance et abaisse sa note de crédit.

Habituellement, les placements alternatifs comprennent plus de placements non traditionnels et emploient des stratégies de négociation plus complexes, y compris les opérations de couverture et l’effet de levier au moyen de produits dérivés, les ventes à découvert et des stratégies opportunistes qui évoluent au gré des conditions du marché. Les investisseurs qui envisagent les produits alternatifs doivent se renseigner sur leurs caractéristiques uniques et sur les risques additionnels auxquels les stratégies utilisées les exposent. Comme pour tous les placements, les rendements fluctueront. Vous pourriez perdre de l’argent.

Les placements dans les titres reliés à l’immobilier peuvent être influencés par divers facteurs économiques, juridiques ou environnementaux qui ont une incidence sur la valeur des propriétés, le prix des loyers et le taux d’occupation des immeubles. Les entreprises immobilières, y compris les FPI ou des structures similaires, sont généralement des sociétés à petite ou moyenne capitalisation et leurs actions peuvent être plus volatiles et moins liquides.

Les indices des gestionnaires en approvisionnement de la Chine se veulent un indicateur de l’activité économique des secteurs manufacturier et tertiaire chinois.

Les risques d’investir dans des titres d’émetteurs étrangers, y compris ceux des marchés émergents, peuvent inclure la fluctuation des devises étrangères, l’instabilité politique et économique, et les problèmes liés à l’imposition étrangère.

Les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteur au 2 mars 2020. Ces commentaires ne doivent pas être interprétés comme des recommandations, mais comme une illustration des grands thèmes. Les énoncés prospectifs ne sont pas garants du rendement futur. Ils comportent des risques et des incertitudes et sont fondés sur des hypothèses; nous ne pouvons pas vous garantir que les résultats réels ne différeront pas considérablement de nos attentes.